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Déclaration de Barack Obama sur la Libye

| Washington D. C. (États-Unis)
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Bonjour, tout le monde. La secrétaire d’État et moi venons d’avoir un entretien consacré à la situation en Libye. Depuis quelques jours, mon équipe de la sécurité nationale travaille 24 heures sur 24 pour suivre le cours des événements et agir en coordination avec nos partenaires internationaux.

En premier lieu, nous faisons tout notre possible pour protéger les citoyens américains. C’est ma plus haute priorité. Nous exhortons nos ressortissants en Libye à quitter le pays, et le département d’État apporte son concours à ceux qui ont besoin d’aide. À cette occasion, je pense que tous les Américains doivent saluer le travail héroïque qui est accompli par les membres de notre service diplomatique et par tous les hommes et les femmes qui travaillent dans nos ambassades et nos consulats à travers le monde. Ils représentent la fine fleur de notre pays et de ses valeurs.

Depuis le début de cette période d’agitation et de soulèvements dans la région, les États-Unis appliquent un ensemble de principes fondamentaux qui guident leur stratégie. Ces principes s’appliquent à la situation en Libye. Comme je l’ai dit la semaine dernière, nous condamnons fermement le recours à la violence en Libye.

Le peuple américain offre ses sincères condoléances et toute sa sympathie aux familles et aux êtres chers de tous ceux qui ont été tués ou blessés. La souffrance et les effusions de sang sont révoltantes et elles sont inacceptables. Il en va de même des menaces et des ordres de tirer sur des manifestants pacifiques et de punir encore davantage le peuple libyen. De tels actes contreviennent aux normes internationales et à toute règle de comportement acceptable. Cette violence doit cesser.

Par aillleurs, les États-Unis appuient fermement les droits universels du peuple libyen, et notamment le droit qu’il a de se rassembler pacifiquement, de s’exprimer librement et de déterminer son avenir. Il s’agit de droits de l’homme. Ils ne sont pas négociables. On doit les respecter dans tous les pays et on ne saurait les dénier par la violence et la répression. Des habitants Benghazi (Libye) font le signe de la paix le 21 février 2011.

Dans une situation aussi volatile que celle-ci, il est impératif que les pays et les peuples du monde s’expriment d’une voix unanime, et c’est ce sur quoi nous faisons porter nos efforts. Hier, le Conseil de sécurité de l’ONU a envoyé un message clair et unanime qui condamne le recours à la violence en Libye, souligne l’obligation faite aux auteurs d’exactions de rendre des comptes et affirme sa solidarité avec le peuple libyen.

C’est d’ailleurs le discours que tiennent l’Union européenne, la Ligue arabe, l’Union africaine, l’Organisation de la conférence islamique et un grand nombre de pays. Du nord et du sud, de l’est et de l’ouest, les voix s’élèvent pour condamner la répression et soutenir les droits du peuple libyen.

J’ai aussi demandé à mon gouvernement de préparer toute la gamme des options dont nous disposons face à cette crise. Elles comprendront des mesures que nous pourrons prendre seuls, d’autres que nous coordonnerons avec nos alliés et partenaires ou que nous exécuterons par le biais d’institutions multilatérales.

Comme tout gouvernement, celui de la Libye a le devoir d’éviter la violence, de permettre à l’aide humanitaire de parvenir à ceux qui en ont besoin et de respecter les droits de son peuple. Il a des comptes à rendre pour ses manquements à ses responsabilités et des conséquences à payer pour ses violations continues des droits de l’homme.

Cette situation n’intéresse pas que les États-Unis. Le monde entier la suit, et nous coordonnerons notre aide et nos mesures de responsabilisation avec la communauté internationale. À cette fin, la secrétaire d’État Hillary Clinton et moi avons demandé à Bill Burns, notre sous-secrétaire d’État aux affaires politiques, de faire un certain nombre d’escales en Europe et dans la région pour intensifier notre concertation avec nos alliés et nos partenaires au sujet de la Libye.

J’ai également demandé à la secrétaire d’État de se rendre lundi à Genève, où un certain nombre de ministres des affaires étrangères se réuniront dans le cadre d’une séance du Conseil des droits de l’homme. Là, elle s’entretiendra avec ses homologues des événements de l’ensemble de la région et continuera de s’assurer que nous nous unissons à la communauté internationale pour ne parler que d’une seule voix au gouvernement et au peuple libyens.

Alors même que nous concentrons nos efforts sur la situation urgente en Libye, je voudrais dire aussi que nous continuons à réagir aux événements qui se déroulent ailleurs, notamment sur la manière dont la communauté internationale pourra appuyer le plus efficacement la transition à la démocratie tant en Tunisie qu’en Égypte.

Je tiens à le dire clairement : les changements qui se produisent de par la région sont mus par les peuples de la région. Ils ne sont pas l’œuvre des États-Unis, ni de toute autre puissance étrangère. Ils traduisent les aspirations des peuples à une vie meilleure.

Ainsi que l’a déclaré un Libyen, « nous voulons simplement vivre comme des êtres humains ». Oui, nous voulons tout simplement vivre comme des êtres humains. C’est la plus fondamentale des aspirations qui motive ces changements. Et tout au long de cette période de transition, les États-Unis ne cesseront de militer pour la liberté, de promouvoir la justice et de défendre la dignité de tous les peuples.

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