Les États-Unis viennent de reconnaître officiellement qu’il y a des mercenaires étrangers en Tchétchénie, financés aussi de l’étranger. C’est ce que nous disons depuis longtemps. Nous ne connaissons pas leur nombre exact, mais plus d’une dizaine d’instructeurs étrangers ont été éliminés. Ils venaient essentiellement de Turquie, du Canada, d’Algérie et du Royaume-Uni. Les pays arabes comme l’Arabie saoudite et l’Algérie sont les plus présents en Tchétchénie. D’après nos données, des ressortissants de 52 pays ont séjourné dans le pays depuis le début de l’insurrection. Le dernier Afghan abattu, Abu Saïax, avait combattu avec Khattab au Tadjikistan. Les Saoudiens et les Jordaniens occupent les échelons supérieurs, au milieu on trouve des Algériens ou des Européens d’origine algérienne, ensuite viennent les Turcs, les Africains et les Pakistanais qui sont des spécialistes en explosifs, des snipers ou autres. La présence de ces étrangers est due au fait que ces actions terroristes sont financées de l’étranger et qu’il ne s’agit pas d’une guerre véritable.
Ils utilisent des courriers pour franchir les frontières avec des petites sommes, 1000 ou 2000 dollars, qu’ils réunissent ensuite. Le conseil des Cheikh (l’organe de direction des Frères musulmans, basé en Arabie saoudite) donne entre 500 000 et 2 millions de dollars toutes les deux ou trois semaines selon les besoins. Les mercenaires étrangers ne sont pas tous des wahhabites, il y a aussi des croyants traditionnels que l’on a trompés et qui ne connaissaient pas la situation en Tchétchénie. Ils sont souvent recrutés dans les mosquées en Europe, à Londres par exemple, ensuite ils sont entraînés et tous dotés d’une spécialité militaire.
Je pense que les services spéciaux étrangers leurs apportent une aide technique et logistique. On le voit à leurs méthodes. L’un des mercenaires tués, appelé Abou Yakoub, avait été capitaine dans les forces armées en Arabie saoudite et membre des services spéciaux, c’est simplement ensuite qu’on a déclaré qu’il avait été renvoyé. D’anciens militaires turcs ont aussi été supprimés. En 2002, un journaliste anglais avait été tué avec une bande armée en tentant de pénétrer en Tchétchénie ; ni sa famille ni le gouvernement anglais ne l’ont jamais reconnu. Je soupçonne fortement qu’il ait été un membre des services secrets.

Source
Strana.ru (Fédération de Russie)
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« Уничтоженные в последнее время наемники - граждане Турции, Канады, Алжира и Великобритании », par Ilya Chabalkine, Strana.ru, 29 avril 2005. Ce texte est adapté d’une interview.