Alors que commence la conférence de révision du Traité de non-prolifération à l’ONU, on ne peut qu’être frappé de l’indifférence des États-Unis et des autres puissances nucléaires. Dans cette conférence, un groupe d’États moyens a un objectif simple : pousser les puissances nucléaires à prendre les mesures nécessaires pour sauver le Traité.
L’année passé, ces États disposant des capacités pour devenir des puissances nucléaires ont voté une nouvelle résolution pour appliquer les engagements pris, mais les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France ont refusé ce texte. Il n’existe même pas d’agenda fixé, tant les contradictions sont fortes en matière d’application des promesses des puissances nucléaires et à propos de l’arsenal israélien. Les États-Unis sont les principaux responsables de l’érosion du Traité car ils s’affranchissent des textes en vigueur et développent de nouvelles armes. Ils ont même abandonné le vieil engagement de ne menacer que des puissances nucléaires.
Il faut prendre des mesures :
- Nous devons nous assurer de la sécurité des sites russes.
- Les États-Unis doivent s’engager à s’interdire toute utilisation des armes nucléaires en premier.
- L’OTAN doit moins mettre l’accent sur ses armes nucléaires et les retirer d’Europe de l’Ouest.
- Il faut respecter l’interdiction des tests alors que l’administration Bush va précisément dans le sens inverse.
- Washington doit soutenir un traité interdisant la création et le transport d’uranium et de plutonium enrichi.
- Les États-Unis doivent renoncer au mythe de la défense antimissile.
- Il faut être ferme avec l’Iran, mais aussi avec Israël.
Sans ses mesures, les risques ne feront qu’augmenter.

Source
International Herald Tribune (France)
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« Erosion of the Nonproliferation Treaty », par Jimmy Carter, International Herald Tribune, 2 mai 2005.