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Bonjour à tous. Je viens de m’entretenir avec mon Conseil de sécurité de la situation en Libye. J’avais auparavant, aujourd’hui, discuté avec le premier ministre (britannique) David Cameron des événements extraordinaires qui se déroulent dans ce pays.

La situation reste très instable. Il y a toujours un certain niveau d’incertitude, et certains éléments du régime continuent de constituer une menace. Mais ceci au moins est clair : le régime Kadhafi touche à sa fin. L’avenir de la Libye est entre les mains de son peuple.

En six mois seulement, le règne de 42 ans de Mouammar Kadhafi s’est effondré. Plus tôt, cette année, nous avons été inspirés par les manifestations pacifiques qui se sont déclenchées à travers la Libye. Cette aspiration fondamentale et joyeuse à la liberté humaine faisait écho aux voix que nous avions entendues dans toute la région, de Tunis au Caire. Confronté à ces protestations, le régime Kadhafi y a réagi par des répressions brutales. Des civils ont été massacrés dans les rues. Une campagne de violence s’est déchaînée contre le peuple libyen. Kadhafi a menacé de traquer les manifestants pacifiques comme des rats. À mesure que ses forces avançaient dans le pays, on a vu surgir le risque de massacres généralisés de civils innocents.

Devant cette agression, la communauté internationale est passée à l’action. Les États-Unis ont contribué à l’élaboration d’une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies ordonnant la protection de la population civile libyenne. Une coalition sans précédent s’est constituée, comprenant les États-Unis, leurs partenaires au sein de l’OTAN et des États arabes. En mars, la communauté internationale a lancé une opération militaire visant à sauver des vies et à stopper l’avancée des forces de Kadhafi.

Durant les premiers jours de cette intervention, les États-Unis ont fourni le gros de la puissance de feu, puis nos amis et alliés se sont engagés. Le Conseil national de transition s’est constitué en représentant digne de foi du peuple libyen. Les États-Unis, ainsi que leurs alliés européens et leurs amis à travers la région, ont reconnu le CNT comme l’autorité gouvernante légitime en Libye.

Kadhafi s’est vu couper ses sources d’armements et de liquidités et ses forces se sont progressivement dégradées. De Benghazi à Misrata et jusqu’aux montagnes de l’ouest, l’opposition libyenne s’est courageusement mesurée aux forces du régime et la lutte a fini par tourner à son avantage.

Au cours des derniers jours, la situation en Libye a atteint un point de non-retour, au fur et à mesure que l’opposition a accru sa coordination de l’est à l’ouest, s’est emparée d’une ville après l’autre et que la population de Tripoli s’est levée pour revendiquer sa liberté.

Pendant plus de quatre décennies, le peuple libyen a vécu sous le joug d’un tyran qui leur interdisait les droits les plus élémentaires de l’homme. À présent, les célébrations que nous avons vues dans les rues de Libye montrent que la quête de la dignité humaine est bien plus forte que n’importe quel dictateur. Il faut souligner que tout n’est pas encore fini. Alors que le régime s’effondre, les batailles font encore rage dans certaines zones, et nous recevons des rapports indiquant que des éléments du régime menaceraient de poursuivre le combat.

Bien qu’il ne fasse aucun doute que le règne de Kadhafi est terminé, ce dernier a encore la possibilité d’empêcher un nouveau bain de sang en renonçant expressément au pouvoir en faveur du peuple libyen et en demandant aux forces qui continuent à se battre de déposer leurs armes pour le salut de la Libye.

Durant la période qui suivra cette phase charnière, l’opposition devra continuer à prendre des mesures capitales destinées à assurer une transition pacifique, juste et rassemblant toutes les parties. Ainsi que l’ont affirmé les chefs du CNT, les droits de tous les Libyens doivent être respectés. La vraie justice ne découlera pas de la violence et des représailles, mais de la réconciliation et d’un État libyen qui permettra à ses citoyens de déterminer eux-mêmes leur destin.

À cette fin, les États-Unis seront un ami et un partenaire. Nous nous joindrons à nos alliés et partenaires pour continuer d’assurer la protection du peuple libyen. Alors que des éléments épars du régime menacent encore certaines parties du pays, j’ai demandé à mon équipe de se tenir en contact étroit avec l’OTAN ainsi qu’avec l’ONU afin de décider d’autres mesures que nous pourrions prendre. Quant à la situation humanitaire, nous veillons à ce que les fournitures essentielles parviennent à ceux qui en ont besoin, et en particulier aux blessés.

La secrétaire d’État Hillary Clinton a discuté aujourd’hui de toutes ces questions avec ses homologues des principaux États membres de la coalition. De plus, j’ai prié notre représentante permanente à l’ONU Susan Rice de demander au secrétaire général d’utiliser l’Assemblée générale des Nations unies, le mois prochain, pour soutenir cette importante transition.

Voici de nombreux mois qu’une collaboration s’est instaurée entre le CNT et la communauté internationale en vue de préparer l’après-Kadhafi. À mesure que ces efforts se poursuivront, nos diplomates travailleront avec le CNT à s’assurer que les institutions de l’État libyen seront sauvegardées, et nous les appuierons grâce aux avoirs du régime Kadhafi qui ont été gelés plus tôt cette année. Par-dessus tout, nous appellerons à une transition participative qui conduise à une Libye démocratique.

Pendant la période à venir, nous devrons aussi saluer le travail extraordinaire qui a déjà été fait. Pour le peuple des États-Unis, ces événements résonnent d’un son particulier. Le régime de Kadhafi a assassiné des dizaines d’Américains lors d’actes terroristes passés. Aujourd’hui, nous rappelons à notre mémoire ces vies qui nous ont été arrachées dans ces actes de terreur et réaffirmons notre solidarité avec leurs familles. Nous rendons également hommage à l’amiral Sam Lacklear et à tous les militaires, hommes et femmes, qui ont sauvé tant de vies ces mois derniers, notamment nos courageux pilotes qui ont exécuté leur mission avec brio et avec un courage extraordinaire. Et tout cela s’est accompli sans qu’un seul soldat américain ait posé le pied sur le sol libyen.

Je veux dire à nos amis et alliés que l’intervention libyenne montre ce que la communauté internationale peut accomplir lorsqu’elle agit à l’unisson - encore que le travail ne soit pas encore achevé en Libye. Une fois de plus, l’OTAN a démontré qu’elle est l’alliance la plus capable du monde et qu’elle tire sa force tant de sa puissance de feu que du pouvoir de ses idéaux démocratiques. Pour leur part, les membres arabes de notre coalition sont montés au créneau : ils ont montré ce qu’il est possible d’accomplir lorsque nous agissons en partenaires, sur un pied d’égalité. Leurs actions ont envoyé un message puissant concernant l’unité de nos efforts et notre appui à l’avenir de la Libye.

Enfin, un mot au peuple libyen : Votre courage et votre force de caractère ont été indéfectibles face au tyran. Un océan nous sépare, mais nous sommes unis dans l’aspiration humaine fondamentale à la liberté, à la justice et à la dignité. Votre révolution vous appartient et vos sacrifices ont été extraordinaires. Aujourd’hui la Libye que vous méritez est à votre portée. Durant les temps à venir, nous resterons en coordination étroite avec le CNT afin de favoriser ce devenir. Et bien que des défis colossaux nous attendent, les événements extraordinaires en Libye nous rappellent que la peur peut laisser la place à l’espoir et que la force d’un peuple tendu vers la liberté peut apporter le renouveau.

Je vous remercie.