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Par Ghaleb Kandil

Les preuves se multiplient sur la responsabilité de l’Etat libanais, plus particulièrement du gouvernement, dans la transformation du Liban en base-arrière pour agresser la Syrie. Devant ces réalités, les communiqués du Conseil des ministres sont devenus un phénomène vocal, en attendant qu’ils soient concrétisés sur le terrain à travers des mesures efficaces et tangibles ne supportant aucune ambiguïté.

La liste est longue : un avions italien s’est posé à l’aéroport de Beyrouth, il y a quelques mois, transportant officiellement des aides. Les informations assurent qu’il a livré des armes, transférées illégalement en Syrie ; un avion émirati a atterri il y a un certain temps avec des tentes et de l’approvisionnement. La chaine al-Manar avait fait la lumière sur cette affaire. L’équipement débarqué étaient-ils destinés aux insurgés syriens ? sans oublier les centaines d’opérations de trafic d’armes vers la Syrie, l’installation de chambres d’opération logistiques et médiatiques qui collaborent avec des ambassades occidentales, ou qui sont animées par le Courant du futur ou les Forces libanaises ; les cellules des services de renseignements des pays atlantistes qui s’activent au Liban et vers la Syrie et dont l’existence a été révélée par les médias occidentaux, leur tâche étant de former et d’entrainer les groupes terroristes syriens, et pour qui une grande partie du Liban-Nord a été transformée en sanctuaire... tous ces faits montrent que le Liban est devenu, sur décision américaine, une plateforme pour agresser la Syrie. Les récents propos de l’ambassadeur des Etats-Unis, Mme Maura Connelly, sommant le gouvernement d’accorder asile aux membres des groupes armés syriens infiltrés au Liban, sont venus confirmer cet état de fait que le Conseil des ministres a refusé dans un communiqué publié jeudi. Quelques heures plus tard, certains ministres ont fait des déclarations pour dire que ce n’était pas Mme Connelly qui était visée par le communiqué, alors que le siège de son ambassade, à Awkar, s’est transformé en nid d’espions ; ou encore l’ambassadeur de France, Denis Pietton, qui a osé manquer de respect au patriarche maronite et qui a en personne supervisé, à partir de Baalbeck, les opérations d’exfiltration d’officiers des services de renseignements français de Homs.

Dernier épisode de ce feuilleton, les pressions exercées sur le commandement de l’Armée libanaise afin qu’elle relâche plusieurs dizaines de terroristes syriens qui ont pénétré avec leurs armes au Liban d’une manière illégale, fuyant l’avancée de l’armée syrienne qui a repris en main la situation. Pourtant, ces hommes armés ont reconnu former des cellules terroristes pour commettre des attentats et des actes de violences en Syrie, pays avec lequel le Liban est lié par de nombreux accords dans les domaines de la sécurité, du renseignement et de la coopération militaire.

C’est une honte que la branche des renseignements des Forces de sécurité intérieure soit impliquée dans le plan de déstabilisation de la Syrie, après avoir été accusée d’avoir fabriqué les faux témoins dans l’affaire Hariri.

Le temps ne va pas tarder ou des comptes vont être demandés à tous ceux qui ont comploté contre la Résistance et contre la Syrie, un de ses principaux soutien. Ceux qui complotent dans les salles obscures et lancent des sourires en public sont désormais connus.

La tendance générale

Clinton avoue : Washington s’allie à Al-Qaïda pour renverser Bachar al-Assad

Par Michel Chossudovsky et Fanian Cunningham

La secrétaire d’Etat américaine, Mme Hillary Clinton, a reconnu qu’Al-Qaïda et d’autres organisations inscrites sur la "liste terroriste" des États-Unis, soutiennent l’opposition syrienne. Mme Clinton a déclaré : "Nous avons un ensemble très dangereux d’acteurs dans la région, Al-Qaïda, le Hamas, et ceux qui sont sur notre liste des organisations terroristes, qui prétendent soutenir l’opposition en Syrie."

Pourtant, la secrétaire d’Etat répète, dans une interview accordée à la BBC, que la situation en Syrie est celle d’une population sans défense, victime d’« attaques sans relâche » de la part des forces gouvernementales syriennes.

Il est connu que les tireurs d’élite qui ont tué des civils au cours de la dernière année en Syrie appartiennent aux formations terroristes auxquelles Mme Clinton fait allusion.

Dès la mi-mars 2011, des groupes islamistes armés, soutenus secrètement par les services de renseignements occidentaux et israéliens, ont mené des attaques terroristes contre des bâtiments gouvernementaux. Bien renseignés, des hommes armés entrainés et des tireurs d’élite, ainsi que des mercenaires, ont pris pour cible la police, les forces armées ainsi que des civils innocents. Il est prouvé, comme il est indiqué dans le rapport de la mission des observateurs de la Ligue arabe, que ces groupes armés sont chargés de tuer des civils.

Certes, le gouvernement syrien et les militaires assument une grande part de responsabilité. Mais il est important de souligner le fait que ces actes terroristes, y compris le massacre d’hommes, de femmes et d’enfants, font partie d’un plan américano-israélo-atlantiste, qui consiste à appuyer, former et financer une entité armée à l’intérieur de la Syrie.

Les propos de Hillary Clinton, à la fin de semaine dernière, confirment que des groupes armés attaquent les civils, et que ces groupes sont terroristes, selon la définition américaine. Les déclarations de la secrétaire d’Etat prouvent que ce qui se passe en Syrie n’est pas uniquement une violence exercée par un État contre sa population, mais plutôt une insurrection armée. Les propos de Mme Clinton justifient a posteriori la position prise par la Russie et la Chine, qui ont opposé leur veto à un projet de résolution au Conseil de sécurité, le 4 février, précisément parce que le texte était fondé sur une notion fausse que la violence en Syrie était la seule responsabilité du gouvernement de Bachar al-Assad.

La secrétaire d’Etat affirme aussi à la BBC qu’il y a « une très forte opposition à l’intervention étrangère à l’intérieur de la Syrie", reconnaissant implicitement que la population syrienne est consciente que les opposants dans le pays sont des mercenaires affiliés à Al-Qaïda.

Dans le même temps, les alliés des États-Unis dans le Golfe, notamment l’Arabie saoudite et le Qatar, ont séparément fait des déclarations selon lesquelles ils seraient prêts à envoyer des armes en Syrie et à soutenir l’insurrection. Sachant que le gouvernement de Bachar al-Assad jouit d’un soutien populaire substantiel, de telles déclarations à l’intention d’un pays membre de la Ligue arabe constituent une ingérence sans précédent dans les affaires intérieures d’un État souverain. En effet, les avis juridiques pourraient faire valoir qu’elles constituent une agression.

De plus, de telles déclaration sur l’intention de l’Arabie saoudite et du Qatar d’armer les insurgés syriens servent à couvrir le fait que ces pays, ainsi que la Turquie et Israël fournissent des armes illégalement à l’Armée syrienne libre.

Jusqu’à présent, les Etats-Unis continuent de dire officiellement qu’ils ne sont pas impliqués dans les livraisons d’armes, même si Washington a demandé "un changement de régime" et en dépit des preuves que les forces spéciales occidentales, y compris des agents américains, britanniques et français, sont activement engagés avec les groupes d’opposition syriens.

Que de riches régimes fondamentalistes sunnites du Golfe, non-élus démocratiquement, soutiennent des groupes affiliés à Al-Qaïda en Syrie, pour « mettre en œuvre des réformes démocratiques", relève de l’ironie. C’est la même dynamique qui a prévalu en Libye, où le renversement du gouvernement de ce pays par l’Occident et les pays du Golfe s’est soldé par un effondrement des droits de l’homme et des conditions sociales.

Une fois de plus, la Syrie est victime de la même alliance : Washington, Londres et d’autres puissances de l’Otan, installés confortablement dans un lit avec des salafistes tyranniques et terroristes, sous prétexte de vouloir soutenir la liberté, la démocratie et les droits de l’homme.

Bien entendu, le véritable ordre du jour n’a rien à voir avec les libertés, la démocratie ou les droits de l’homme. Il s’agit plutôt pour Washington de provoquer des changements de régime dans le monde arabe, et au-delà de réaliser des objectifs géopolitiques concernant la maîtrise de l’énergie. L’Irak, l’Afghanistan, la Libye et la Syrie ne sont que des étapes sur la carte d’un monde secoué par des guerres permanentes. La Russie, la Chine et l’Iran étant les ultimes cibles.

Washington est manifestement prêt à utiliser tous les moyens nécessaires pour réaliser cet ordre du jour : des guerres injustes, des morts à grande échelle, et, éventuellement, déclencher une guerre mondiale qui verrait l’utilisation des armes nucléaires. Mais la couverture la plus absurde est sans doute la "guerre contre le terrorisme", surtout que les propos de Mme Clinton prouvent que Washington collabore désormais ouvertement avec le supposé « ennemi terroriste », pour provoquer un changement de régime en Syrie.

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Déclarations et prises de positions

Saad Hariri, ancien Premier ministre libanais (pro-américain)

« Les Libanais doivent éviter des lectures erronées sur le cheminement du printemps arabe, et particulièrement sur le changement inévitable en Syrie. Il existe des régimes politiques aveugles, otages de l’amour du monopole éternel du pouvoir, qui ont choisi de diriger leurs pays sur base de la surenchère au service du parti unique et du président-chef. Et il existe des peuples qui ont décidé de forcer les portes de la grande prison et de conduire leur pays vers le processus démocratique, pour ôter de leurs yeux les voiles des dizaines d’années d’oppression, d’injustice et de tyrannie, et pour en finir, sans espoir de retour, avec l’époque de la peur éternelle et de l’obéissance absolue aux chefs et à leurs partis d’un autre âge. Les Libanais, face à cette situation, ont deux choix. Soit ils choisissent de se joindre aux régimes aveugles pour embellir le visage criminel et laid de ces régimes, ou alors ils se solidarisent avec les peuples libres qui réclament la liberté et la justice. Je pense que le peuple du Liban, dans son authenticité démocratique, ne choisira que le chemin des peuples. S’il y a, malheureusement, parmi les Libanais, certains qui s’entêtent à lire les développements en Syrie avec les yeux du régime aveugle, cette lecture est le moins que l’on puisse dire immorale. Il existe un meurtrier nommé le régime de Bachar el-Assad, qui commet tous les jours des dizaines de meurtres, dans tous les coins de la Syrie Où est l’intérêt du Liban de miser sur un système qui se noie dans les champs de la mort qu’il a créés ? Ce pari et cette justification sont immoraux, a ajouté M. Hariri. Et ce n’est point honorable pour les Libanais d’avoir parmi leurs dirigeants certains qui couvrent le massacre du peuple syrien. Les amis du régime syrien au Liban doivent réaliser cela et comprendre que la force du fer et du feu ne sera pas en mesure de faire reculer les aiguilles de la montre. Ce régime peut vivre encore quelques semaines ou quelques mois, mais c’est le peuple syrien qui demeurera à tout jamais. Notre volonté au Liban est de vivre dans un pays uni, où aucun citoyen ne doit rien à un autre, où aucune communauté ne donne de garantie à une autre, la seule garantie étant celle de l’État responsable de tous les citoyens et de la mise en place d’un équilibre de justice, de liberté et d’égalité. »

Mgr Béchara RaÏ, patriarche maronite

« En tant qu’État, nous prenons nos décisions en toute indépendance. L’État libanais sait assumer ses responsabilités, sans négliger de recourir à des consultations pour déterminer ce qu’il doit faire. Nous sommes un pays indépendant, libre et souverain, et le gouvernement prend ses décisions en fonction des intérêts du Liban. »

Général Jean Kahwaji, commandant en chef de l’Armée libanaise

« Ceux qui demandent de faciliter le passage des personnes armées du Liban vers la Syrie et vice versa se sont trompés de demande et d’adresse. L’armée renforce sa présence militaire à Wadi Khaled et les forces militaires font de leur mieux pour contrôle les frontières, empêcher le trafic dans les deux sens et dissuader toute opération d’infiltration. »

Samir Geagea, chef des Forces libanaises (pro-américain)

Les Libanais ne peuvent pas être en faveur d’une démocratie au Liban et d’une dictature à Damas, sous prétexte que des extrémistes peuvent accéder au pouvoir dans ce pays. Il faut écourter la crise syrienne. Plus elle se prolonge, plus le risque d’une accession des islamistes au pouvoir deviendra important.

Ali Abdel Karim Ali, ambassadeur de Syrie à Beyrouth

Il existe au Liban un refuge pour les groupes extrémistes. Nous exhortons l’Etat libanais à garder un œil sur ce paradis. Le gouvernement et les autorités doivent respecter les accords conclus entre le Liban et la Syrie. Les mesures sécuritaires et les efforts déjà entrepris ne sont pas suffisants. Nous savons qu’ils tentent de résoudre ce problème, mais nous espérons qu’ils seront plus sérieux car la situation est très sensible au Liban. Tout ce qui menace la sécurité du Liban devrait être pris au sérieux car nos deux pays ne font qu’un.


Revue de presse

As Safir (Quotidien libanais proche de la majorité-09 mars 2012)

Après l’appel adressé par l’ambassadeur américain Maura Connelly aux autorités libanaises à protéger les éléments de l’Armée syrienne libre réfugiés au Liban, les autorités syriennes ont demandé officiellement au Liban de lui remettre les éléments armés venant au Liban, en particulier ceux capturés par l’Armée libanaise.

Cette demande a été formulée dans une lettre officielle et adressée au procureur général près la Cour de Cassation, Saïd Mirza. Elle survient suite à la déclaration des autorités libanaises de l’arrestation par l’Armée libanaise de groupes armés. L’Etat libanais est dans l’obligation de répondre favorablement à la demande syrienne, car elle s’inscrit dans le cadre d’une convention juridique signée par les deux pays en 1951, ainsi qu’une convention défensive signée en 1991. L’ambassadeur Connelly a renouvelé son appel à protéger les déplacés, cependant elle a clarifié qu’elle n’avait pas demandé la protection des éléments armés mais plutôt la protection des déplacés désarmés conformément aux normes humanitaires, avant d’ajouter que les éléments de l’ALS ont également droit à la protection conformément à la loi internationale s’ils remettent leurs armes.

As Safir (07 mars 2012) Imad Marmal

Une importante source de sécurité assure que la situation sécuritaire au Liban est sous contrôle et que le statu quo est relativement acceptable, au vu de l’ébullition dans la région. Cette source a expliqué que les personnes qui arrivent de Syrie à travers les frontières sont pour la plupart des civils ayant fui les combats. Quant aux éléments armés qui tentent de s’y infiltrer pour échapper aux poursuites, ils sont arrêtés par l’Armée libanaise et déférés devant les autorités judiciaires compétentes. La même source fait état d’une coordination quotidienne entre officiers libanais et syriens pour sécuriser les frontières. Toutefois, la Syrie n’a remis au Liban aucun document qui prouverait que des Libanais ont pris les armes aux côtés des opposants syriens. Rien n’indique non plus que des Libanais sont en train de combattre dans les rangs des forces pro-régime.

As Safir (07 mars 2012) Daoud Rammal

Une délégation composée de cinq magistrats et quinze officiers des Forces de sécurité intérieure (FSI) a été récemment invitée par le Département d’Etat américain pour participer à un atelier international sur la lutte anti-terroriste à Washington.

Les responsables américains qui ont accueilli la délégation ou rencontré ses membres lui ont réservé un accueil chaleureux. A cette occasion, ils ont fait parvenir aux Libanais, par le biais de leurs interlocuteurs, un message selon lequel les Etats-Unis sont rassurés par la présence à la tête du gouvernement de Najib Mikati, qualifié d’homme d’Etat compétent et digne de confiance. Ils n’ont pas manqué non plus de se réjouir du fait que le Liban respecte les résolutions internationales, notamment celles qui concernent le Tribunal spécial pour le Liban (TSL).

Autre message transmis aux membres de la délégation : les Etats-Unis rendent hommage à l’armée, aux Forces de sécurité intérieure et à la magistrature, pour les mesures prises afin de lutter contre les groupes terroristes armés. Le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, aurait également eu droit aux fleurs des responsables américains qui se félicitent du respect par le secteur bancaire libanais des sanctions internationales adoptées contre la Syrie.

As Safir (05 mars 2012) Ghasseb Al Moukhtar

Après la chute de Baba Amr, les autorités libanaises sont appelées à renforcer les mesures de sécurité aux frontières libanaises-syriennes pour prévenir l’infiltration de combattants armés syriens ou autres vers les régions frontalières au Nord du Liban et dans la Békaa.

Selon certaines informations, les confrontations militaires entre l’armée syrienne et les

combattants de l’opposition se dérouleront prochainement dans les régions frontalières, chose qui pourrait donner lieu à l’affluence des combattants blessés, en l’occurrence des éléments d’Al-Qaïda et des salafistes vers les territoires libanais. Dans ce cadre, des sources auraient fait état du mécontentement de la Syrie de l’absence de toute enquête de la part des autorités libanaises quant à l’infiltration des combattants blessés au Liban, surtout que l’existence d’une coordination et coopération entre les personnes armées et leur commandement d’une part et certaines parties libanaises de l’autre afin de faciliter le passage des armements par les frontières est établie. Des officiers européens y seraient également impliqués. Selon des sources syriennes fiables, des officiers européens auraient été arrêtés à Baba Amr dont l’identité sera dévoilée plus tard. Dans ce cadre, le ministère syrien des Affaires étrangères aurait envoyé au Secrétaire général des Nations unies un rapport détaillé sur les Etats européens qui auraient envoyé des effectifs et des armements en Syrie.

An Nahar (Quotidien libanais proche du 14-Mars) Mazen Hayeck (09 mars 2012)

Une approche critique aux relations arabo-françaises est nécessaire pour savoir si la France réitèrera son soutien aux pays arabes, car la politique adoptée par la France sous Nicolas Sarkozy s’est illustrée par le refroidissement des relations avec les pays arabes et au recul de son rôle dans la région. La France a voulu donner la priorité à ses relations stratégiques avec Israël et à son amitié avec Benyamin Netanyahu, au grand dam des Arabes et a mis tout son poids pour consolider sa relation quasi-exclusivement avec le Qatar, aux dépens des autres pays du Golfe, en particulier l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, où les grandes compagnies françaises ont perdu de nombreux contrats. Le retour de la France au giron arabe est un besoin français qui requiert le renforcement des relations avec l’Arabie saoudite, les EAU et le Liban, le soutien des démocraties émergentes de façon continue et non pas de manière circonstancielle ou ponctuelle et surtout la reprise de la position française quant au processus de paix et des droits légitimes du peuple palestinien.

Al Akhbar (Quotidien proche de la majorité-09 mars 2012) Fidaa Itani

L’acharnement du Tribunal Spécial pour le Liban à impliquer par tous les moyens le Hezbollah dans l’assassinat de Rafic Hariri est déplorable. Les quatre accusés nommés dans l’acte d’accusation étaient qualifiés de militants et de membres de Hezbollah. L’arrivée d’une délégation du Bureau de la Défense du TSL, chargé de défendre les accusés, dont le nombre s’élèvera bientôt à cinq, suscitera une vive polémique sur la scène libanaise car elle tentera de solliciter la coopération de Hezbollah dans l’établissement des faits et la collecte des informations nécessaires pour la défense des accusés. Le parcours du TSL a montré qu’il représente la facette versatile de la justice occidentale, qui est consacrée dans la structure même du Tribunal. De 362 employés étrangers, seuls 8 proviennent du Brésil, de la Chine, de l’Inde, de la Russie et de l’Indonésie, des pays qui représentent plus que la moitié de la population mondiale. En outre, le travail du TSL suit le rythme des évènements de la région, en particulier en Syrie, dans la mesure où il se retire de la scène quand la situation s’embrase dans ce pays et refait surface quand les choses se tassent à Damas, sachant que la Syrie et le Hezbollah sont dans sa ligne de mire. En effet, l’acte d’accusation établit explicitement le lien entre les accusés et le Hezbollah et a mentionné l’implication de ce dernier dans des opérations terroristes et criminelles dans le passé. Pour toutes ces raisons, il semble évident que l’objectif du TSL est de condamner le Hezbollah, et le rapport annuel du tribunal qui souligne que le chef de l’organisation doit assumer la responsabilité des actes des accusés confirme ce constat.

Al Akhbar (06 mars 2012)

Yéhia Bbouk

La chute relativement facile et rapide de Baba Amr est la preuve que les paris sur la chute du régime de Bachar al-Assad ont échoué. Ceux qui les ont tenus ont dû se rendre à l’évidence : même si l’armée syrienne n’a pas mis un terme à l’insurrection armée en Syrie et n’a pas proclamé sa victoire, la bataille de Baba Amr a illustré la force et la ténacité du régime syrien, la cohésion de l’armée syrienne et sa loyauté vis-à-vis du régime, et le pari perdant sur l’opposition armée à l’intérieur. Certes, la crise en Syrie pourrait encore durer, mais elle vient de s’engager dans un nouveau tournant. Le paysage n’est plus le même : le régime a repris la main alors que ses ennemis à l’intérieur et à l’extérieur se replient, les options dont ils disposent se rétrécissant de jour en jour.

Al Hayat (09 mars 2012) Paris, Randa Takieddine

Les Etats arabes qui avaient pris la décision d’imposer des sanctions à la Syrie ne les ont pas appliquées jusqu’à présent, car elles ne portent pas seulement sur les investissements arabes qui se sont arrêtés en Syrie, mais également sur les relations commerciales qui sont toujours maintenues avec certains pays qui n’ont toujours pas mis en œuvre les mesures décidées par la Ligue arabe.

L’Orient-Le Jour (Quotidien francophone proche du 14-Mars) Paris, Elie Masbounji (09 mars 2012)

En visite de travail en France où il a eu des entretiens avec des députés membres des groupes d’amitié France-Syrie et France-Liban à l’Assemblée nationale, le patriarche grec-catholique d’Antioche, Mgr Grégoire III Laham, a été reçu hier au Quai d’Orsay par M. Henri de Raincourt, ministre chargé de la Coopération.

L’entretien a permis au ministre de réitérer, selon un communiqué officiel, « la très vive préoccupation de la France concernant la situation en Syrie et la condamnation des crimes contre l’humanité commis par le régime de Bachar al-Assad ». M. de Raincourt a rappelé l’engagement de la France et de ses partenaires européens en faveur du plan de paix de la Ligue arabe en Syrie.

Toujours selon le communiqué, le ministre a rappelé à cette occasion l’attention particulière de la France au sujet de la situation des chrétiens de Syrie et la protection des droits des minorités au Proche-Orient.

De source proche du ministère des Affaires étrangères et européennes, on apprend que le patriarche Laham a affirmé lors de cette réunion que « les peurs des chrétiens de Syrie et les inquiétudes des chrétiens du Liban ne sont pas exagérées et qu’elles se justifient par l’apparition sur la scène syro-libanaise de dirigeants de cellules islamistes et salafistes jusqu’ici » dormantes « mais dont on entend progressivement le réveil ».

Mgr Laham aurait, selon cette même source, invité la diplomatie française à suivre de près l’apparition de groupuscules islamistes radicaux tant en Syrie qu’au Liban et à alerter ses partenaires européens sur ce phénomène relativement nouveau.

Al Watan (Quotidien syrien indépendant)

Le mystère le plus épais de Baba Amr reste celui du cadavre découvert par l’Armée arabe syrienne, qui avait annoncé qu’il appartenait au journaliste espagnol d’El Mundo, Javier Espinosa. Apparu vivant à Beyrouth, ce dernier a déclaré avoir perdu son passeport et sa carte d’identité.

Des experts de la sécurité affirment que le corps appartiendrait à un individu européen qui était un des dirigeants de Baba Amr. Encerclé et blessé au pied, il aurait pris les papiers d’identité d’Espinosa pour tenter de se faire évacuer par le Croissant-Rouge syrien. Ces mêmes sources indiquent que le journaliste espagnol était arrivé à Beyrouth deux jours avant ses collègues français et avait disparu sous prétexte qu’il n’était pas en sécurité. Il serait une des rares personnes à connaitre la véritable identité de celui qui avait sur lui ses papiers d’identification.

Les mêmes sources ajoutent que le corps découvert est celui d’un Européen du Sud, qui dirigeait les groupes armés de Baba Amr, ou d’un agent d’un service de sécurité ou d’une compagnie de sécurité, qui s’activaient au Liban, ces dernières semaines, pour évacuer de Baba Amr le plus grand nombre d’hommes armés. Personne n’est venu réclamer le corps qui est toujours aux mains des autorités syriennes compétentes.

Les prochains jours, de nombreuses informations vont être révélées sur les groupes armés, les armes, les explosifs et le matériel de communication saisis à Baba Amr.

Source
New Orient News