JPEG - 17.7 ko

PRÉVENTION DES CONFLITS ARMÉS

M. BAN KI-MOON, Secrétaire général des Nations Unies, a d’emblée promis à l’Assemblée générale de l’informer régulièrement compte tenu de la gravité des faits. Nous avons, a-t-il dit, suivi la situation en Syrie, avec une inquiétude croissante. Nous avons vu des tirs d’artillerie lourde, des tanks se diriger vers des quartiers très peuplés et, hier, une attaque foudroyante sur la ville de Homs.

Les pertes en vies humaines sont lourdes et nous continuons à recevoir des informations sur des exécutions sommaires, des détentions arbitraires et des cas de torture. À Homs et à Hama, entre autres, des combats brutaux ont piégé la population. Ces attaques « atroces » sont d’autant plus horribles qu’elles sont menées systématiquement par le Gouvernement contre sa propre population.

Se félicitant de la déclaration « claire et forte » que le Conseil de sécurité a rendue publique hier, et de la position du Conseil des droits de l’homme, le Secrétaire général s’est dit déçu que la Coordonnatrice des secours d’urgence, Mme Valerie Amos, n’ait pu se rendre en Syrie malgré les multiples promesses. Aujourd’hui, des équipes du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et de la Société syrienne du Croissant-Rouge ont été autorisées à pénétrer à Homs mais elles attendent toujours un accès à Bab Amr.

Le Secrétaire général a annoncé que l’Envoyé spécial conjoint de l’ONU et de la Ligue des États arabes, M. Kofi Annan, quitte New York ce soir. Pendant son séjour de deux jours, il a consulté les États Membres, dont ceux du Conseil de sécurité et de la Ligue des États arabes ainsi que les représentants de la Mission syrienne et d’autres parties prenantes. Il doit se rendre, la semaine prochaine, au Caire pour des consultations avec le Secrétaire général de la Ligue des États arabes et dans d’autres capitales dont Damas.

M. Ban a aussi annoncé que le Secrétariat de l’ONU a reçu hier la réponse de la Mission syrienne à la note verbale lui demandant des réponses aux exigences claires de la résolution 66/253 de l’Assemblée générale. Quant aux informations sur ce que font exactement les pays de la Ligue arabe pour appuyer leur Initiative, le Secrétaire général a indiqué qu’il devrait s’entretenir, la semaine prochaine à Londres, avec le Secrétaire général de la Ligue à qui il a encore parlé hier.

M. Ban s’est voulu clair : la puissance de feu de l’opposition syrienne est de loin inférieure aux armes lourdes de l’armée syrienne. Il a reconnu que des groupes extrémistes ont abusé de la situation pour mener des attaques, en particulier à Damas et à Alep.

Mais, a-t-il poursuivi, des sources crédibles laissent entendre que depuis le mois de mars, plus de 7 500 personnes auraient perdu la vie, dont des femmes et des enfants. Dans de nombreux cas, le nombre de morts par jour a dépassé la centaine. Celui des réfugiés s’établit désormais à 25 000 et celui des personnes déplacées entre 100 000 et 200 000.

Après s’être attardé sur les nombreuses violations des droits de l’homme, le Secrétaire général a dit : « nous devons faire ce qui est en notre pouvoir pour mettre fin à la crise. Nous devons encourager une transition conduite par les Syriens eux-mêmes vers un système politique démocratique et pluraliste ». Malheureusement, a souligné le Secrétaire général, la communauté internationale a échoué jusqu’ici et son action ou plutôt son inaction semble avoir encouragé les autorités syriennes à réprimer brutalement son peuple.

La militarisation de l’opposition n’est pas non plus la solution, a tranché le Secrétaire général. La communauté internationale, a-t-il préconisé, doit recouvrer de toute urgence son unité pour presser les autorités syriennes et toutes les autres parties de mettre fin à la violence. D’une même voix, a-t-il ajouté, elle doit insister pour que les autorités syriennes ouvrent l’accès aux agents humanitaires comme une première étape essentielle vers une solution pacifique.

C’est dans cet esprit et dans ce but que l’Envoyé spécial a été nommé, pour travailler à la fin de la violence et des violations des droits de l’homme et promouvoir une issue pacifique à la crise, a précisé le Secrétaire général. Il est important que la communauté internationale ne garde qu’une seule voie de médiation. Dans ce contexte, il a cité la réunion des « Amis du peuple syrien » qui vient de se dérouler à Tunis où étaient représentés 65 pays et organisations.

La voie vers une solution pacifique à la crise syrienne est « difficile mais claire » : l’arrêt immédiat des tueries et de la violence, l’accès des agents humanitaires et la tenue d’un dialogue politique entre tous acteurs syriens. À cet égard, l’Envoyé spécial conjoint aura besoin de l’appui de toute la communauté internationale qui doit parler d’une seule voix « claire et forte ».

La poursuite de la violence, a prévenu le Secrétaire général, risque de plonger la Syrie dans une véritable guerre civile et dans un conflit communautaire qui hantera le pays pendant longtemps.