Les masques tombent : Israël et les terroristes combattent ensemble

Par Pierre Khalaf

Les masques sont tombés en Syrie. L’armée israélienne est directement entrée dans la bataille aux côtés des groupes terroristes après que ces derniers eurent échoué dans la mission qui leur a été impartie par l’alliance composée de l’Otan, les pétromonarchies du Golfe et Israël, sous la direction des États-Unis.
L’aviation israélienne a violemment bombardé, dans la nuit de samedi à dimanche, plusieurs objectifs militaires et civils syriens, faisant des dizaines de morts. La télévision russe Russia Today évoque un bilan de 300 morts, dont de nombreux militaires, dans ces attaques qui ont visé des dépôts d’armes et de munitions, des casernes et des positions de la défense anti-aérienne dans la périphérie de Damas. Selon des informations sûres, près de 40 avions ont participé à ces raids qui constituent une violation flagrante de la souveraineté d’un pays indépendant.
Les raids israéliens interviennent donc après les revers stratégiques infligés aux groupes terroristes dans les régions de Damas et de Homs, où leurs structures de commandements, bâties ces 15 derniers mois à grands renforts de milliards de dollars provenant du Golfe et des milliers de tonnes d’armes venant des entrepôts de l’Otan, de Libye et de Croatie, se sont effondrés en quelques semaines. Et avec eux se sont envolés les espoirs de l’Otan de renverser le régime syrien.
Devant la débandade de ses auxiliaires, Israël n’avait plus le choix que de se jeter directement dans la bataille, sous de futiles prétextes : empêcher les armes chimiques de tomber entre des « mains peu sûres », lutter contre l’approvisionnement du Hezbollah en armes... tous ces arguments ont été avancés dimanche pour justifier l’agression israélienne. Mais la véritable explication est ailleurs : depuis des semaines, les responsables israéliens multiplient les déclarations, appelant l’Occident à prendre des mesures urgentes pour renverser le régime du président Bachar al-Assad, surtout depuis que son armée a repris l’initiative militaire.
La coordination entre les Israéliens et les groupes terroristes s’est clairement manifestée lors des raids de samedi-dimanche. A peine les avions israéliens avaient-ils largué leurs missiles et leurs bombes que des centaines de terroristes ont tenté de prendre d’assaut les check-points de l’armée pour entrer dans Damas. Ils se sont cependant heurtés à l’armée syrienne qui les a repoussé facilement. L’apparition publique du président syrien, samedi, pour la deuxième fois en trois jours, illustre ce changement stratégique sur le terrain. Le leader syrien a eu droit a un véritable bain de foule à l’université de Damas, où il a été accueilli en héros par des milliers d’étudiants lors de l’inauguration d’une stèle érigée à la mémoire des dizaines d’étudiants tués par les terroristes à Alep, Damas et ailleurs.
Malgré les pressions exercées par le lobby pro-israélien à Washington, Barak Obama n’est pas enthousiaste à l’idée de se lancer dans une nouvelle guerre pour le compte d’Israël, alors qu’il vient juste de quitter le marécage irakien et s’apprête à évacuer le bourbier afghan. Il a d’ailleurs clairement déclaré, samedi au Costa Rica, ne pas prévoir d’envoyer des GI’s sur le territoire syrien s’il était prouvé que le régime de Bachar al-Assad avait eu recours à son stock d’armes chimiques. « Je n’envisage pas de scénario dans lequel des soldats américains sur le sol syrien seraient une bonne chose pour les États-Unis, et même une bonne chose pour la Syrie », a déclaré M. Obama. D’autant plus que les sondages montrent que les États-uniens sont majoritairement hostiles à une intervention de Washington en Syrie. 10 % seulement des personnes interrogées dans ce sondage réalisé en ligne entre le 16 avril et le 1er mai estiment que Washington devrait intervenir dans les combats. 61 % sont hostiles à toute intervention. Mais Obama a donné son feu vert à Tel-Aviv en ressassant l’éternel refrain sur « le droit d’Israël à se défendre ».
Devant la gravité de l’agression israélienne, le commandement politique et militaire syrien s’est réunit d’urgence dimanche pour examiner les moyens de riposter, alors que la Ligue et les pays arabes se muraient dans un silence de mort, après avoir remué ciel et terre pendant plus de deux ans pour soi-disant « défendre le peuple syrien et son droit à la liberté ». Seul l’Iran a réagi en condamnant vigoureusement l’agression israélienne, affirmant que la Syrie « n’est pas et ne sera pas seule face aux agressions israéliennes ».
Le vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Fayçal al-Moqdad, a qualifié les raids de « déclaration de guerre », affirmant que la Syrie se réserve le droit de riposter « à l’endroit et au moment qu’elle juge opportun ».
Malgré l’aide israélienne venue du ciel, les terroristes ont poursuivi leur recul face à l’armée syrienne sur tous les fronts. Au sud d’ Alep, les troupes régulières ont pris la localité de Hreibil, dans la province de Homs, elles sont entrées dans les quartiers Sud et Est de la ville de Qoussair, dernière position où les terroristes sont encore présents après avoir été chassés de l’ensemble de la région. Selon les premières informations, de nombreux terroristes de diverses nationalités ont été tués ou arrêtés.

L’Occident contre les chrétiens d’Orient

Par Ghaleb Kandil

Le changement politique qualitatif qui est apparu à la faveur des discussions autour de la loi électorale est l’unanimité interchrétienne autour d’une représentation électorale juste et équitable, contrairement aux règles appliquées depuis les élections de 1992.
Il est clairement apparu, à travers les déclarations et les interventions de l’ambassadeur des États-Unis, que l’Occident, y compris la France, refusent de satisfaire cette revendication chrétienne exprimée dans des communiqués publiés par l’Église maronite, avec l’appui des principales forces politiques et sous l’égide du cardinal Béchara Raï. L’attachement de Washington à la loi dite de 1960 illustre sa crainte de voir de nouveaux rapports de force émerger au Liban à la faveur de la loi orthodoxe ou de l’introduction du mode de scrutin proportionnel, au détriment de l’influence occidentale. Cette influence, qui était cristallisée par le haririsme, s’est repliée aujourd’hui vers le bloc dit des « centristes ».
Les États-uniens lient leur vision de la situation au Liban à l’évolution de leur guerre contre la Syrie. Les tentatives de frapper la Résistance au Liban et dans la région sont au cœur du plan américano-sioniste et de leurs auxiliaires locaux. Depuis deux ans et demi, l’Occident, Israël et leurs instruments, attendent des développements dramatiques sur le champ de bataille syrien, qui leur permettraient d’imposer un retournement de la situation politique au Liban, pavant la voie à une invasion israélienne pour liquider la résistance. C’est pour cela que l’Occident préfère, pour le moment, maintenir les équations existantes, car l’adoption de toute loi rendant justice aux chrétiens permettraient aux courants patriotiques au sein des communautés sunnites et druzes d’être mieux représentés. Les réalités qui émergeraient d’une loi électorale juste imposeraient de nouveaux rapports de forces politiques qui créeraient un filet protecteur national autour de la Résistance.
L’attitude actuelle des pays occidentaux vis-à-vis des chrétiens du Liban dément une illusion qui prévalait depuis des siècles selon laquelle l’Occident est le protecteur des chrétiens. Il est clair que les nouvelles options occidentales sont bâties sur une alliance avec l’organisation internationale des Frères musulmans, basée sur la protection d’Israël, et le soutien aux groupes terroristes takfiris qui minent l’État syrien. Ce plan constitue une menace on ne peut plus claire pour la présence chrétienne d’Orient, qui a prouvé son attachement à sa terre et aux constantes nationales, à travers des chefs comme Michel Aoun et Sleiman Frangié, avec la bénédiction du patriarche Béchara Raï.
Des informations véhiculées par diverses sources ont indiqué que l’ancien président français, Nicolas Sarkozy, a proposé au patriarche Raï une solution bizarre pour protéger les chrétiens du danger takfiri. Elle consiste à organiser leur exode vers l’Occident. Sarkozy aurait été surpris par l’attachement du cardinal aux racines orientales et son refus de l’agression contre le seul État laïque du Levant, la Syrie. Depuis, l’éveil des chrétiens d’Orient ne cesse de croitre, face au danger takfiri, alors que l’Occident est plongé jusqu’au cou dans ses calculs qui ne prennent en compte que les intérêts d’Israël.

Déclarations et prises de positions

Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah
« On parle de mobilisation militaire dans la région. Selon notre vision, il existe des signes inquiétants sur une attaque contre Gaza surtout suite à des propos états-uniens et des pays du Golfe sur une relance du processus de paix. D’habitude quand on tient des propos pareils, ceci signifie qu’il y a une guerre qui se prépare contre Gaza pour changer les règles du jeu. J’appelle donc les combattants et frères de Gaza à la vigilance. Bref, celui qui pense que la Résistance libanaise est actuellement affaiblie par la crise syrienne a tort. La Résistance est toujours vigilante, et possède la volonté et la décision nécessaires pour défendre la patrie et les exploits réalisés pendant les trente dernières années, et nous allons sortir victorieux de toute éventuelle guerre. Au sujet de la Syrie : Ce dossier est très dangereux non seulement pour la Syrie, mais aussi pour le Liban, Gaza et tous les pays de la région. Si nous prenons en considération les développements sur le terrain en Syrie et les positions politiques internationales depuis deux ans, nous parviendrons à un seul constat : l’objectif de ce qui se passe en Syrie n’est plus de chasser la Syrie de l’Axe de la Résistance ou de l’équation du conflit israélo-palestinien. Le seul objectif de ceux qui se tiennent derrière cette guerre est la destruction de la Syrie en tant que société, direction et armée pour faire de la Syrie un pays faible, incapable de gérer ses propres ressources naturelles, à l’instar de ce qui a lieu dans plusieurs pays du "printemps arabe". On cherche à instaurer des régimes dirigés par des groupes armés qui reçoivent les directives des pays étrangers. Je m’adresse au peuple syrien pour lui dire que la destruction de la Syrie vise à affaiblir le rôle régional de la Syrie. Ce pays qui était un partenaire essentiel dans la prise de décision concernant le Liban, la Palestine ou autre, on veut l’affaiblir à travers son déchirement. Ce qui se passe en Syrie menace la Syrie, la cause palestinienne est menacée de liquidation, elle menace le Liban, la Jordanie, l’Irak et tous les autres pays dans la région, alors qu’Israël se met sur son trône et attend le moment propice pour cueillir le fruit de cette crise.
Les soi-disant amis de la Syrie ne cessent de soutenir en armes et argent les groupes armés et empêchent toute personnalité de l’opposition de s’exprimer en faveur du dialogue. Sur le terrain, de mauvais calculs ont été faits sur la Syrie. On disait que le régime en Syrie va être renversé dans deux mois, et ensuite deux autres mois. Mais ça fait deux ans, et la guerre sanglante se poursuit en Syrie. Certains attendent le sommet Obama-Poutine pour imposer de nouvelles conditions sur le terrain. Face à ce qui a été dit, je peux vous dire : vous êtes incapables de renverser militairement Damas, et tout notre camp n’a jamais appelé le régime à trancher militairement la bataille pour des raisons de principe et de vision. Donc, après deux ans, vous êtes incapables de trancher militairement le conflit, bien que vous poursuiviez à combattre seulement l’armée syrienne et les comités populaires. Pour le moment, les forces iraniennes n’ont pas encore pris part aux affrontements. Sachez que la Syrie possède dans la région et dans le monde de vrais amis qui ne permettront pas que la Syrie tomber dans les mains d’Israël, des États-uniens et des groupes takfiris. Je m’adresse à toute personne qui se dit inquiète et soucieuse pour la Syrie dans le monde arabe : vous devez œuvrer pour une solution politique et le dialogue en Syrie.
Passons à l’affaire du rif de Qousseir : Le retrait de l’armée syrienne de certains points a placé les familles libanaises en face des groupes armés. On appelait à une trêve entre les deux camps mais à chaque fois, les groupes armés rompaient cette trêve, avec l’aide de certaines parties libanaises. Certains ont commencé à décréter des fatwas qui appellent au jihad dans le rif de Qousseir. Sachez que ceux qui décrètent des fatwas ont fait tout leur possible pour changer la donne en Syrie, mais en vain. Sachez que des Libanais ont participé aux combats contre les Libanais. Pour ceux qui nous demandent de reléguer la mission de la protection des familles libanaises à l’État libanais, je leur dis que l’État est incapable de les protéger.
Nous n’allons pas laisser les Libanais dans le rif de Qousseir exposés aux dangers des groupes armés. À Damas se trouve le mausolée de Sayeda Zaynab, la fille du prophète Mohammad. Actuellement, des positions de groupes armés se situent à quelques centaines de mètres du mausolée, et c’est une question très sensible, parce que ces groupes, qui comprennent des groupes salafistes, ont averti qu’ils allaient détruire le mausolée dès qu’ils seront à ses abords. En Irak, les takfiris ont bombardé les mausolées des deux imams à Samarra. La destruction du mausolée de Sayeda Zaynab aura des répercussions très graves et tout le monde perdra le contrôle de la situation. Les pays qui financent ces groupes assument la responsabilité et doivent les empêcher de détruire le mausolée. Par ailleurs, des jeunes tombent en martyre pour défendre cette terre et ceux-ci empêchent l’éclatement du conflit confessionnel. Notre problème réside avec les groupes takfiris qui détruisent les lieux saints chiites et sunnites.
 »

Barak Obama, président des États-unis
« Je n’envisage pas de scénario dans lequel des soldats américains sur le sol syrien seraient une bonne chose pour les États-Unis, et même une bonne chose pour la Syrie. En général, je n’exclus rien en tant que commandant en chef, parce que les circonstances changent, et il faut être sûr que je dispose toujours des pleins pouvoirs des États-Unis pour défendre les intérêts de sécurité nationale américains.  »

Béchara Raï, patriarche maronite d’Antioche et de tout l’Orient
« Les Libanais sont des gens de paix et non de guerre. Le Liban est un petit pays mais son message est grand dans le monde. Les Libanais sont attachés à la coexistence et à l’union nationale. Les crimes contre l’humanité commis en Syrie sont intolérables. Assez de guerre, de meurtres et d’émigration dans ce pays. La communauté internationale doit libérer les deux évêques qui ont été pris en otage. »

Walid Joumblatt, chef du Parti socialiste progressiste
« Quel que soit le soutien qu’il reçoit de l’Iran, l’oppresseur ne peut rester au pouvoir. Les Iraniens ne font que retarder l’inévitable. Au lieu de soutenir l’oppresseur, la République islamique devrait plutôt soutenir les faibles et la cause palestinienne qu’elle prétend défendre. Il est très décevant que sayyed Nasrallah ait choisi de soutenir le régime et il est encore plus décevant que ses armes, qui étaient dirigées contre Israël, soient aujourd’hui mises au service d’un régime agonisant. J’ai été attristé par le dernier discours du chef du Hezbollah, parce que le sayyed qui était un héros dans le monde arabe et islamique en 2006, insiste à ruiner sa propre réputation. Pourquoi insiste-t-il à défendre un régime agonisant ? »

Amine Gemayel, chef du Parti Kataëb
« La prorogation du mandat de la Chambre est un fait acquis ou, disons, très probable, quels que soient les développements pouvant intervenir d’ici le 20 juin, même si un accord sur une loi électorale est encore possible, Un tel accord combinerait les scrutins majoritaire et proportionnel. »

Gebran Bassil, ministre libanais (CPL) de l’Énergie
« Nous avons jusque-là effectué des études sismiques en 3D sur plus de 70 % de notre zone exclusive d’exploitation (ZEE). Nous pensions n’avoir du gaz que dans le sud du pays, mais aujourd’hui nous pouvons affirmer avec certitude que nous possédons du gaz et du pétrole dans le nord, le centre et le sud du Liban. Nous avons commencé avec très peu de ressources, mais nous espérons que nous réaliserons d’importants bénéfices dans un futur proche afin d’investir dans les infrastructures libanaises et régler une part de notre dette publique. Une partie des revenus tirés de l’exploitation des ressources offshores sera affectée à un fonds souverain. Le Liban est sur le point de devenir un État pétrolier. Nous ne permettrons à personne de nous empêcher d’exploiter nos ressources. »

Événements

• Cinq GI’s ont été tués lorsque leur véhicule blindé a été touché par la puissante explosion d’une mine dans le district de Maiwand, a déclaré à l’AFP le général Abdul Razeq, chef de la police afghane. Deux autres militaires de l’Otan ont été tués samedi dans l’ouest du pays par un soldat afghan qui a retourné son arme contre eux, a annoncé par ailleurs l’ISAF. « L’incident est actuellement en cours d’investigation », a indiqué la force de l’Otan. Des soldats états-uniens, italiens et espagnols sont déployés dans l’ouest du pays. Il s’agit de la journée la plus meurtrière pour les troupes de l’Otan depuis en août 2012. Sept GI’s avaient alors perdu la vie dans le crash d’un hélicoptère, abattu par un tir hostile dans la province de Kandahar.

• Le quotidien libanais Al-Akhbar rapporte que le directeur d’un service de sécurité libanais « peu productif » a demandé à une des unités relevant de son département d’œuvrer à la collecte d’informations sur le réseau de télécommunication de la Résistance. Des officiers de ce service se sont étonnés des directives de leur chef, se demandant s’il ignorait les événements provoqués en 2008 par ce dossier. Ils se sont également demandés pour le compte de qui ces renseignements sont collectées.

• Selon le quotidien syrien Al-Baas, les terroristes ont rassemblé les habitants de Sarakeb dans la province d’Idlib près des portes sud de la ville et ont répandu sur eux de la poudre d’origine inconnue, qui était contenue dans des sacs, ce qui a provoqué chez les gens une asphyxie, des tremblements et des troubles respiratoires. Des personnes souffrantes avaient été hospitalisées sur le territoire de la Turquie afin de s’en servir pour accuser les troupes gouvernementales d’avoir utilisé des armes chimiques.

Revue de presse

As-Safir (Quotidien libanais proche de la majorité, 3 mai 2013)
Le chef du Parti socialiste progressiste (PSP), Walid Joumblatt, estime toujours possible de parvenir à l’élaboration d’une nouvelle loi électorale, d’autant que toutes les parties sans exception approuvent l’adoption d’une loi fondée sur une formule mixte combinant les modes de scrutin majoritaire et proportionnel. Les divergences portent uniquement sur les proportions, dit-il, considérant qu’il suffit de s’entendre sur ce point pour parvenir à une loi. Dans ce contexte, il considère que la loi orthodoxe fait partie du passé et que la loi mixte constitue l’essentiel. Joumblatt précise qu’il n’a aucune demande spécifique concernant la loi électorale, soulignant qu’il appartient à tous les protagonistes et non pas à lui seul de prendre une décision à cette égard. Il rejette dans ce contexte catégoriquement l’idée de la prorogation du mandat du Parlement et du président de la République.
Sur ses contacts avec les différentes formations politiques, le chef du PSP indique qu’il est en constante coordination avec le chef du Législatif, Nabih Berry, affirmant que ses contacts avec le Hezbollah sont continus. Par contre, il affirme ne pas avoir de contacts avec le chef du Courant du futur, Saad Hariri. Il dément les informations annonçant la formation d’un cabinet de fait accompli, insistant en même temps sur l’octroi d’une part importante aux forces centristes au sein du nouveau cabinet.

As-Safir (1er mai 2013)
Elie Ferzli
Le chef du Courant patriotique libre (CPL), le général Michel Aoun, a affirmé que tous les projets de loi qui ont été présentés ne constituent qu’une autre facette de la loi de 1960. Il ne fait guère de doute que cette position est susceptible de renflouer la loi de 1960. Le Hezbollah et le mouvement Amal considèrent jusqu’à l’heure actuelle que les élections n’auront pas lieu sur la base de la loi de 1960. Ils ont même fait le deuil à plusieurs reprises de cette loi. Toutefois, ils n’ont jamais annoncé qu’ils boycotteraient le scrutin dans l’hypothèse où il se déroulerait sur la base de la loi actuelle.

An-Nahar (Quotidien libanais proche du 14-Mars)
Sabine Oueiss (3 mai 2013)
Le Premier ministre désigné, Tammam Salam, a déclaré qu’il « n’attendrai(t) pas indéfiniment » pour former son gouvernement. La semaine allant du 9 mai, date annoncée de la prochaine intervention télévisée de Hassan Nasrallah, portant cette fois sur les dossiers internes, à la séance prévue le 15 mai au Parlement sera décisive pour la formation du cabinet. Les milieux liés au Premier ministre désigné font état de sa détermination à former son gouvernement, sans lier cette question au dossier électoral, ni même au discours qui sera prononcé par Nasrallah et qui selon certaines sphères politiques donnera le mot de passe relatif au dossier gouvernemental.
Le Premier ministre désigné a indiqué qu’il attend la réponse du 8-Mars. Il semble que sa prochaine rencontre avec ce bord aura lieu dans les jours à venir juste après les fêtes, sauf si un développement inattendu survient impliquant la tenue de la rencontre dans les prochaines 48 heures.

An-Nahar (1er mai 2013)
Rosanna Bou Mouncef
Le président de la République, Michel Sleiman, a évoqué des « éléments positifs » concernant la formation du gouvernement. Selon lui, « le besoin d’un tiers de blocage n’a plus lieu d’être avec la déclaration de Baabda et la table du dialogue, chargée d’examiner la stratégie de défense nationale ». Le président a réaffirmé son opposition à toute prorogation du mandat du Parlement. Si elle devait avoir lieu, il a annoncé son intention de saisir le Conseil constitutionnel pour l’invalider, « car la prorogation des échéances constitutionnelles et le fait de les prendre à la légère ferait perdre la confiance dans le Liban et la confiance des Libanais dans leur pays et, par conséquent, porterait atteinte à la stabilité économique ». M. Sleiman n’est cependant pas opposé à une prorogation du mandat du Parlement « pour des raisons techniques de forces majeures », à condition qu’elle soit limitée et mise à profit pour élaborer une nouvelle loi électorale. Le chef de l’État a réaffirmé son opposition au projet de loi électorale orthodoxe, réaffirmant son intention de déposer un recours en invalidation s’il venait à être voté par la Chambre. Si son recours est rejeté, M. Sleiman a affirmé qu’il combattrait cette loi, « qui favorise les extrémismes au sein des communautés », en parrainant des listes électorales dans tout le Liban.

Al-Akhbar (Quotidien libanais proche de la majorité, 3 mai 2013)
Le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, qui se trouve au Brésil, a entamé des contacts pour réunir les quatre principaux leaders maronites à Bkerké, afin qu’ils s’entendent sur le projet électoral du président de la Chambre Nabih Berry —qui prévoit une scrutin mixte au niveau des modes majoritaire et proportionnel— après y avoir introduit les amendements adéquats. Selon des sources bien informées, le prélat a dépêché l’évêque Samir Mazloum auprès des leaders maronites pour les sonder sur la possibilité d’unifier les positions et de conjuguer les efforts chrétiens pour soutenir le projet mixte afin qu’il soit voté en séance plénière pour faciliter la tenue des élections à la date prévue. La position de Raï, qui consiste à assurer un consensus autour du projet de Berry, constitue une surprise, car il soutenait le projet orthodoxe (chaque communauté élit ses députés, ndlr). Mais des milieux responsables de la démarche patriarcale indiquent que Bkerké veut faire en sorte que les élections soient organisées sur la base d’une loi différente de celle de 1960 si un consensus sur une nouvelle loi reste difficile,
Des sources du 8-Mars ont précisé que le patriarche, à travers son émissaire, a interrogé les leaders maronites sur les démarches susceptible de sortir de l’impasse électorale. C’est dans ce cadre que s’inscrit l’idée d’appuyer le projet mixte.

Al-Akhbar (1er mai 2013)
Firas el-Choufi
L’ambassadeur de Russie à Beyrouth, Alexander Zasypkine, a refusé de comparer le nouveau rôle de la Russie au Liban à celui des États-Unis, plus particulièrement à celui de l’ancien secrétaire d’État adjoint Jeffrey Feltman. Il a précisé, dans ce cadre, que le vice-ministre des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov, a rencontré des personnalités libanaises de tous bords sans distinction. « Ce qui nous importe, c’est la sécurité et la stabilité du Liban, a-t-il dit. Nous n’avons pas de problème ni avec le 8-Mars ni avec le 14-Mars. Nous soutenons la déclaration de Baabda et la distanciation du Liban à l’égard de la crise syrienne ».
Selon M. Zasypkine, la Russie a appris du printemps arabe que « les élections libres ne sont pas le moyen idéal pour arriver à la démocratie, car la démocratie est un processus complexe qui nécessite des institutions et l’éveil des peuples et non pas seulement des élections libres ». « Certains tentent d’affirmer que la Russie se tient aux côtés de l’axe chiite, a-t-il déclaré. Nous ne sommes pas avec les chiites contre les sunnites. Nous sommes un pays laïque à majorité orthodoxe avec des citoyens sunnites. Nous ne pouvons pas soutenir une communauté contre une autre », a-t-il dit avant de poursuivre : « Certains focalisent sur le rôle du Hezbollah en Syrie et sur les informations selon lesquelles il se battrait aux côtés du régime syrien, et ferment les yeux sur l’envoi d’armes et de combattants au profit de ceux qui combattent le régime. C’est au régime syrien de décider qui viole sa souveraineté et il est libre, s’il le souhaite, de demander l’aide du Hezbollah ».
Selon M. Zasypkine, « le grand péché de l’Occident est d’avoir annoncé que le régime syrien n’était plus légitime ». « Jusqu’à présent, la Russie estime que le régime est la seule partie légitime en Syrie, a-t-il poursuivi. Les Russes ne défendent pas le régime car il est leur allié. Bachar al-Assad était très proche de Paris et il n’a visité la Russie qu’après le retrait syrien du Liban. Et les régimes arabes qui ont été renversés étaient des alliés de l’Occident. Lorsque nous avons accepté l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne en Libye, c’était pour protéger les civils. Mais l’Occident à défiguré la résolution, et l’Otan a tué plus de civils que ne l’a fait Kadhafi. La Russie empêchera toute intervention dans les affaires internes des pays. Nous n’avons pas réussi à empêcher l’ingérence étrangère en Yougoslavie et l’invasion de l’Irak. Mais les choses ont changé maintenant. »
M. Zasypkine a déclaré que la Russie n’« acceptera aucune agression étrangère contre la Syrie ou ingérence dans ses affaires internes, de même que dans l’avenir nous n’accepterons aucune intervention dans les affaires de pays asiatiques, par exemple ».
Le diplomate a indiqué que des terroristes du monde entier vont en Syrie pour combattre le régime syrien. « Affirmer qu’armer les rebelles ne signifie pas soutenir le terrorisme est illogique, a-t-il dit. Car mêmes s’il existe des nuances entre les différents mouvements rebelles, ils se battent tous dans la même tranchée et les armes tombent inéluctablement entre les mains des terroristes ».

Al-Akhbar (30 avril 2013)
Nasser Charara
L’exode des Palestiniens du camp de réfugiés de Yarmouk, près de Damas, se poursuit. 90 % d’entre eux se sont installés dans le camp d’Aïn el-Héloué, à l’Est de Saïda. Les services libanais compétents ont recensé quelque 2 500 à 3 000 familles, soit 10 000 à 13 000 personnes.
Des rapports de sécurité indiquent que des émissaires d’Al-Qaïda sont arrivés à Aïn el-Héloué pour y rencontrer des responsables locaux. L’un de ces émissaires serait Toufic Taha, surnommé Abou Mohammad. La délégation est porteuse d’un message du haut commandement d’Al-Qaïda appelant à « resserrer les rangs » en prévision de l’annonce de la « mobilisation générale à l’approche de l’heure H ». Pour interpréter ce message, les informations précisent que Aïn el-Héloué ne peut être qu’une source de « soutien », c’est-à-dire un réservoir d’appui logistique.
En parallèle, des sources de sécurité libanaises et palestiniennes rapportent que le camp d’entrainement installé à l’école Al-Bahaa a promu, il y a peu, un premier groupe de combattants recrutés parmi les réfugiés palestiniens. Ces éléments armés ont été aperçus pour la première fois, en uniformes noirs, se battant aux côtés des hommes de Bilal Badr —lequel est impliqué dans la préparation du projet du Front al-Nosra-branche libanaise— lors du dernier accrochage avec le Fateh dans le camp. Ce groupe d’une quarantaine de miliciens est dirigé par Haïtham al-Chohabi et s’est déployé dans le quartier d’al-Tiri, considéré comme la ligne de démarcation entre les zones tenues par les islamistes et celles sous le contrôle du Fateh. Ces miliciens ont pris des positions permanentes dans ce quartier, ce qui laisse penser que la mission qui leur est attribuée est de prendre le contrôle de ce secteur après en avoir chassé les organisations non-islamistes. Il semble qu’al-Nosra veuille rééditer à Aïn el-Héloué le même scénario que dans le camp de Yarmouk, d’où il a chassé le Front populaire de libération de la Palestine-Commandement général, et s’est autoproclamé principale formation dirigeante, concluant des alliances avec des groupes islamistes palestiniens de moindre importance.
L’objectif du Front al-Nosra est de prendre le contrôle de deux des plus grands camps de réfugiés palestiniens, au Liban et en Syrie, ce qui lui donnera des atouts et des cartes dans le projet de proclamation d’un émirat islamique à « Bilad al-Cham », auquel a appelé l’émir d’Al-Qaïda en Irak, Abou Bakr al-Baghdadi, et le chef de cette organisation, Ayman al-Zawahiri.

Ad-Diyar (Quotidien libanais proche du 8-Mars)
(3 mai 2013)
Les informations transmises au président de la Chambre, Nabih Berry, le mettant en garde contre un plan d’assassinat dont il serait la cible, proviennent des services de renseignement français. Ces services auraient arrêté en France un fondamentaliste tunisien qui s’était rendu à Beyrouth à plusieurs reprises. Il aurait avoué travailler pour un réseau basé dans le camp de réfugiés palestinien d’Aïn El Heloué, qui préparait des plans en vue d’assassiner Berry sur la route vers le Sud lors d’un de ses déplacements entre sa résidence de Aïn el-Tiné, à Beyrouth, et Msayleh à Nabatiyé. Les Français n’auraient pas donné de détails sur les parties impliquées dans ces projets. Mais certains indices suggèrent qu’Israël s’emploie à frapper les chiites modérés au Liban, vu notamment le rôle joué par Nabih Berry auprès de nombreux pays du Golfe et en Europe pour plaider en faveur du Hezbollah, d’autant qu’il a réussi à convaincre plusieurs pays du soutenir le Hezbollah sur le plan diplomatique.

L’Orient-Le Jour (Quotidien libanais francophone proche du 14-Mars)
Elie Masbounji, Paris
Selon une source proche du Quai, la France ne discutera pas de la question de l’inscription du Hezbollah sur la liste européenne des organisations terroristes avant que les autorités bulgares ne publient des conclusions incriminant des personnes impliquées dans l’attentat. La participation de membres du Hezbollah aux combats en Syrie ne saurait être prise en compte dans ce dossier, a encore dit cette source.

L’Orient-Le Jour (1er mai)
Scarlett Haddad
La stagnation au Liban serait appelée à se prolonger. C’est la conclusion à laquelle ont abouti de nombreux observateurs qui suivent de près les développements au Liban et dans la région. Selon ces observateurs, c’est surtout la situation en Syrie qui détermine la suite des événements. Ainsi, la récente percée de l’armée syrienne sur le terrain, notamment autour de Damas, et dans la région de Qousseir et de Homs, ainsi que la reprise en main par les forces du régime de la ligne frontalière au niveau de Ersal et de son jurd ont constitué une grande déception pour les forces de l’opposition et leurs alliés régionaux et internationaux. Alors que les médias favorables à l’opposition parlaient de l’imminence de la « grande bataille de Damas », celle-ci est désormais reléguée aux calendes grecques, alors que c’est l’armée régulière qui avance sur le terrain. C’est d’ailleurs fort de ces percées sur le terrain que le président syrien Bachar el-Assad s’est adressé à la chaîne officielle syrienne, posant ses conditions et donnant sa vision de la solution. Pour les États-Unis —qui étaient restés en retrait du dossier syrien ces derniers temps—, les pays arabes qui soutiennent l’opposition syrienne se sont donc montrés incapables d’enregistrer des victoires décisives sur le terrain. En dépit des armes et des combattants envoyés en quantité en Syrie, c’est l’armée qui est en train de marquer des points.
Les observateurs estiment donc qu’en voyant que l’opposition est en train de perdre du terrain, les États-Unis ont décidé de réagir en relançant la question de l’utilisation par le régime d’armes chimiques. Alors qu’il avait été évoqué il y a quelque temps avant d’être rapidement refermé car il y avait des possibilités que les gaz chimiques aient été utilisés par des forces de l’opposition, à Khan el-Assal notamment, ce dossier est donc de nouveau sur le tapis. Selon ces mêmes observateurs, l’idée serait d’utiliser ce dossier comme prétexte à une intervention directe en Syrie suivant deux axes, l’un via la Jordanie limitrophe de la province de Deraa, où 200 marines américains entraînent des membres de l’opposition, et l’autre via le Golan et une partie du Sud-Liban, où Israël commence à préparer une action qui, par la même occasion, couperait la voie au Hezbollah. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si, dans l’interview précitée, le président syrien a adressé une sorte d’avertissement à la Jordanie qui est en train de s’engager ouvertement aux côtés de l’opposition, allant même jusqu’à permettre aux drones israéliens d’utiliser ses propres couloirs aériens.
Toutefois, le camp qui appuie le régime syrien a aussitôt réagi, multipliant l’envoi de messages dans toutes les directions. Il y a eu d’abord la publication de la photo de l’entretien entre l’ayatollah Khamenei et le secrétaire général du Hezbollah, debout côte à côte, évoluant d’égal à égal. Il y a eu ensuite la déclaration de l’ayatollah Khamenei selon laquelle toute attaque contre la Syrie embrasera la région et englobera Tel-Aviv. Enfin, il y a eu aussi la tournée prolongée de l’émissaire du président russe Mikhaël Bogdanov dans la région, et en particulier au Liban.
Bogdanov connaît bien certaines personnalités libanaises, du temps où il était diplomate à l’ambassade de l’URSS à Beyrouth dans les années 60-70. Le message principal de Bogdanov est que la Russie a pignon sur rue au Liban et que ce pays ne sera pas livré à l’influence américaine. En même temps, Bogdanov a eu un long entretien qui s’est prolongé jusqu’à l’aube avec sayyed Hassan Nasrallah. Cela donne d’ailleurs une idée de l’importance de cet entretien et de son contenu stratégique puisque les deux hommes ont parlé pendant des heures. L’émissaire du président Poutine a marqué une attention particulière au Hezbollah. Ce qui est déjà en soi un message politique. Selon un diplomate qui a suivi de près les entretiens de l’émissaire de Vladimir Poutine au Liban, celui-ci était nettement plus bavard avec les représentants du 8-Mars et du CPL. Le diplomate précise ainsi que Bogdanov a affirmé à ses interlocuteurs que la crise syrienne est encore longue et qu’il ne faut pas attacher trop d’espoir sur les résultats du prochain sommet entre les présidents américain et russe, Barack Obama et Vladimir Poutine, prévu en juin. Contrairement à ce qu’ont rapporté les médias du 14-Mars, il n’a certainement pas demandé au Hezbollah de cesser d’aider le régime syrien. Au contraire, la Russie et le Hezbollah se retrouvent ici dans la même tranchée. Et l’émissaire russe a insisté sur le fait que la seule solution possible en Syrie est politique. Il faut donc tout faire pour favoriser le dialogue sur la base de l’accord de Genève que les États-Unis interprètent, selon lui, à leur manière, puisque cet accord ne prévoit pas le départ préalable du président syrien.

The Guardian (Quotidien britannique, 2 mai 2013)
Ian Black
L’une des caractéristiques de la crise syrienne est que Bachar al-Assad s’est avéré beaucoup plus résistant que beaucoup ne l’imaginaient. Les journalistes et les commentateurs ont passé les deux dernières années à jongler avec un paysage parsemé de propagande, d’illusions et d’importantes doses de vœux pieux, pour saisir enfin que le président syrien possède une réel pouvoir de rester en place.
Le président el-Assad a toujours de fidèles et puissants alliés, comme Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah. Ce dernier a affirmé, mardi, que la Syrie possède de vrais amis dans l’axe de la Résistance- comme la Russie et l’Iran-, qui ne permettront pas qu’elle tombe.
La Syrie illustre un Proche-Orient où tout ce qui peut aggraver les choses se passe invariablement : massacres, exode des réfugiés vers la Jordanie, tensions au Liban et en Irak, utilisation d’armes chimiques, risque de conflit avec Israël. La diplomatie est inexistante. Personne ne croit à une solution négociée. La Syrie est détruite.
Il serait faux de décrire une ambiance optimiste à Damas —c’est une ville tendue et effrayée, où résonne constamment le bruit de la guerre—. Mais les cercles gouvernementaux syriens pensent que leurs arguments commencent à porter leurs fruits auprès de l’opinion publique locale. El-Assad a insisté dès le début qu’il ne faisait pas face à un soulèvement populaire pour la démocratie et la liberté —le modèle des premiers jours du printemps arabe— mais à des « gangs terroristes armés », financés par l’Arabie saoudite et le Qatar, supposément alliés aux États-Unis, à la Turquie et à Israël.
Comme toute propagande réussie, certaines parties de ces arguments étaient vraies, d’autres totalement faux. L’inimitié arabe est bien réelle. Mais le caractère islamiste de l’insurrection a été exagérée. Les États-Unis ont fait un peu plus que de coordonner les livraisons d’armes avec les pays du Golfe.
Maintenant, el-Assad dit que l’ennemi est Al-Qaïda et que la Syrie et l’Occident devraient être dans la même tranchée. Il y a certainement des signaux que l’Armée syrienne libre (ASL) perd du terrain au profit du front jihadist Jabhat al-Nusra.
Mis à part la présence des amis étrangers, la résistance du régime est toujours un trait marquant de la grande image. Des avancées militaires ont été réalisées par l’armée régulière lors de contre-attaques près de Idlib et Damas et les lignes d’approvisionnement des rebelles ont été durement touchés.

Ria Novosti (Agence de presse russe, 4 mai 2013)
Moscou perçoit la préparation à une ingérence dans les affaires de la Syrie dans l’idée du Conseil de sécurité de l’Onu d’exploiter la situation avec les réfugiés pour créer des corridors humanitaires et des zones d’exclusion aérienne, a indiqué le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov. « Si le Conseil de sécurité de l’Onu veut utiliser la situation avec les réfugiés syriens pour promouvoir certaines idées sur la création de corridors humanitaires et de zones d’exclusion aérienne, nous, les Chinois et certains autres pays percevons en cela la préparation à une intervention extérieure », a déclaré M. Lavrov lors d’une conférence de presse à l’issue de négociations avec son homologue slovène à Ljubljana.
Par ailleurs, le ministre russe a tenu à rappeler que la visite des camps de réfugiés relevait de la compétence du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

Source
New Orient News