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Le Gouvernement syrien, qui est attaché à la Charte des Nations Unies et au droit international humanitaire et résolu à s’associer pleinement aux initiatives internationales constructives prises dans l’intérêt du peuple, notamment pour mettre fin au bain de sang que connaît le pays et protéger la vie des citoyens, se déclare satisfait des dispositions de la résolution 2401 (2018) du Conseil de sécurité, en particulier des orientations positives qui s’y dégagent.

La République arabe syrienne se félicite tout particulièrement que, dans cette résolution, le Conseil de sécurité réaffirme son ferme attachement à la souveraineté, à l’indépendance, à l’unité et à l’intégrité territoriale de la Syrie, conformément aux principes énoncés dans la Charte des Nations Unies, et qu’il y exige l’imposition d’une trêve humanitaire sur l’ensemble du territoire pour permettre d’acheminer l’aide humanitaire durablement, en toute sécurité et sans entrave, comme le prescrit le droit international humanitaire. En outre, la Syrie voit d’un bon œil la disposition selon laquelle « la cessation des hostilités ne s’appliquera pas aux opérations militaires dirigées contre l’État islamique d’Iraq et du Levant (EIIL, également connu sous le nom de Daech), Al-Qaida et le Front el-Nosra et tous les autres individus, groupes, entreprises et entités associés à Al-Qaida ou à l’EIIL, ainsi que les autres groupes terroristes qu’il a désignés comme tels ».

La République arabe syrienne réaffirme que ses forces armées qui, dans le cadre de l’exercice de leur droit et de leur devoir de lutte contre le terrorisme et dans le respect du droit international humanitaire, mènent des opérations contre les terroristes dans la Ghouta orientale, ont pris toutes les mesures exigées pour protéger les civils. À cet effet, quelques heures seulement après l’adoption de la résolution 2401 (2018), elles ont instauré une trêve humanitaire quotidienne de cinq heures et mis en place un couloir humanitaire sécurisé, assurant la sûreté des habitants et permettant aux civils de quitter les zones où des terroristes sont présents. Elles ont également mis des centres à la disposition des civils et leur ont assuré l’accès à des soins de santé.

Le 1er mars 2018, le Gouvernement syrien a facilité l’acheminement d’un convoi d’aide humanitaire jusqu’à la ville d’Afrin et ses environs, qui subissent en permanence des attaques barbares de la Turquie, que les Occidentaux font mine d’ignorer. Ces attaques ont engendré des pertes en vies humaines, en particulier parmi les femmes et les enfants, des dégâts matériels, des déplacements de population et un manque sévère de ressources pour répondre aux besoins humanitaires, notamment en vivres et en médicaments. Le 5 mars 2018, le Gouvernement syrien a également facilité l’accès à la Ghouta orientale d’un convoi d’aide humanitaire de 46 camions chargés de divers produits nécessaires, et il fait des préparatifs en vue de l’entrée d’un nouveau convoi dans la région. Le comportement criminel des terroristes armés qui se trouvent dans cette zone s’est manifesté lorsqu’ils ont bombardé le convoi qui s’en retournait vers Damas.

Chaque jour, les hélicoptères de l’Armée arabe syrienne lâchent des prospectus sur les villes et villages de la Ghouta orientale pour faire parvenir aux habitants désireux de fuir les zones où les terroristes sont déployés des informations sur les moyens d’atteindre le couloir sécurisé prévu pour l’évacuation des civils. Cependant, depuis huit jours, les groupes terroristes armés tirent sur le couloir humanitaire établi par l’État syrien, empêchant ainsi les civils d’y accéder. Ce comportement criminel bénéficie du silence et de l’appui des États qui manipulent les groupes terroristes présents dans la région.

Ce mépris de la vie des civils et des règles du droit international humanitaire par les organisations terroristes et leurs commanditaires à Washington, Londres, Riyad et Ankara n’a rien d’étonnant. Il est en revanche déplorable que les États-Unis, le Royaume-Uni et la France, qui ont exhorté à adopter la résolution 2401 (2018), n’aient pas publié un seul communiqué condamnant les violations de cette résolution par les groupes terroristes ni leurs attaques sur la ville de Damas et ses environs, qui ont fait des centaines de morts et de blessés parmi des civils innocents. Au lieu de cela, ces États ont lancé une campagne médiatique insidieuse et mensongère et des rumeurs sur le prétendu emploi d’armes chimiques.

Le comportement des États qui ont réclamé à cor et à cri l’adoption de la résolution 2401 (2018) par le Conseil de sécurité et les déclarations qui ont suivi montrent que l’objectif n’était pas d’obtenir une trêve réelle ni de protéger les civils et de pourvoir à leurs besoins, mais de se servir de l’Organisation des Nations Unies pour freiner l’avancée de l’Armée arabe syrienne et de ses alliés face aux groupes terroristes et de protéger ces derniers.

En portant ces faits à l’attention du Secrétaire général et du Conseil de sécurité, le Gouvernement syrien leur demande d’assumer leurs responsabilités et d’amener les pays qui soutiennent les groupes terroristes de la Ghouta orientale et leurs commanditaires à respecter les dispositions de la résolution 2401 (2018) et de réprimer les groupes terroristes qui bombardent les quartiers résidentiels et les établissements civils et médicaux, faisant nombre de victimes civiles, dont une majorité de femmes et d’enfants, notamment le 5 mars 2018, lorsqu’ils ont pilonné plusieurs établissements médicaux de la ville et des environs de Damas, à savoir les hôpitaux Techrine, Birouni et Avicenne, alors qu’ils avaient auparavant pris l’hôpital chirurgical pour cible. De nombreux patients ont été tués ou blessés dans ces attaques, qui ont fait des dégâts matériels considérables.

La désinformation et la politique du deux poids, deux mesures, ne sont pas parvenues à détourner l’opinion publique des problèmes fondamentaux. Les pays qui manipulent les groupes terroristes armés doivent cesser ces agissements pour empêcher toute nouvelle dégradation de la situation dans la région et dans le monde.

Je vous serais reconnaissant de bien vouloir faire distribuer le texte de la présente lettre comme document du Conseil de sécurité.

Référence : Onu S/2018/194