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Le 24 mars, le secrétaire d’État Antony J. Blinken et le haut représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité / vice-président de la Commission européenne Josep Borrell se sont réunis à Bruxelles pour discuter des moyens de renforcer les relations entre les États-Unis et l’UE, et coordonner les réponses aux questions prioritaires en matière de politique étrangère, de sécurité et en matière économique. Ils se sont également engagés à coopérer face aux défis mondiaux, notamment à faire face à la crise climatique mondiale, à mettre fin à la pandémie de COVID-19, à faciliter une reprise économique durable et à défendre les valeurs démocratiques et les libertés fondamentales, en particulier au sein des structures multilatérales.

Au cours de la réunion, les deux parties ont décidé de relancer le dialogue bilatéral sur la Chine qui servira de forum de discussion sur toute la gamme des défis et opportunités connexes. Ils ont pris acte de leur compréhension commune selon laquelle les relations avec la Chine comprennent de nombreuses facettes, dont des éléments de coopération, de concurrence et de rivalité systémique. Ils ont également décidé de poursuivre les réunions dans le cadre du dialogue au niveau des hauts fonctionnaires et des experts sur des sujets tels que la réciprocité, en particulier en matière de questions économiques ; la résilience ; les droits de l’homme ; la sécurité ; le multilatéralisme ; et des domaines qui se prêtent à un dialogue constructif avec la Chine, tels que le changement climatique.

Le secrétaire Blinken et le haut représentant Borrell ont confirmé qu’une démocratie multipartite crédible, la protection des droits de l’homme et le respect du droit international favorisent la stabilité et la prospérité de la région indopacifique. Tous deux entendent coopérer pour promouvoir des voies d’approvisionnement maritimes et des chaînes d’approvisionnement sûres, durables, libres et ouvertes, et espèrent approfondir la coopération avec des partenaires attachés aux mêmes principes, lorsque leurs intérêts et leurs approches se rencontrent.

Les deux dirigeants ont également discuté du partenariat États-Unis-UE en matière d’action climatique et de la coopération pour que le monde vise plus haut sur la voie de la neutralité carbone d’ici 2050.

Les deux parties prévoient de travailler ensemble au sein de forums multilatéraux, comme par exemple dans le cadre de l’initiative de l’OMS COVAX pour relever conjointement les défis mondiaux de la pandémie de COVID-19, notamment s’agissant de la distribution mondiale de vaccins sûrs et efficaces, de la lutte contre les impacts sur la situation humanitaire et de la préparation en vue de pandémies futures en œuvrant entre autres en faveur des progrès de la sécurité sanitaire mondiale.

Le secrétaire Blinken et le haut représentant Borrell ont reconnu que le Plan d’action global conjoint (JCPOA) demeurait une réalisation clé de la diplomatie multilatérale malgré les difficultés existantes. Ils ont fait part de leurs préoccupations quant aux manquements croissants par l’Iran à ses engagements nucléaires dans le cadre du JCPOA et ont souligné leur plein appui aux travaux de l’AIEA visant au contrôle indépendant des engagements nucléaires de l’Iran. Le secrétaire Blinken a réaffirmé la volonté des États-Unis de reprendre le dialogue diplomatique de manière significative pour parvenir à un retour mutuel à la pleine mise en œuvre du JCPOA par les États-Unis et l’Iran. Le haut représentant s’est félicité de la perspective d’un retour des États-Unis au sein du JCPOA. Les deux parties ont exprimé leur soutien aux efforts diplomatiques en cours et aux contacts du haut représentant en tant que coordonnateur du JCPOA avec tous les partenaires concernés, afin de garantir la pleine mise en œuvre des engagements du JCPOA en matière nucléaire et de levée des sanctions. Les États-Unis se sont déclarés prêts à entreprendre des discussions axées sur des résultats à cette fin.

Le secrétaire Blinken et le haut représentant Borrell ont fait part de leur détermination à faire davantage face, et de manière coordonnée, au comportement difficile de la Russie, en particulier son agression actuelle contre l’Ukraine et la Géorgie ; aux menaces hybrides, telles que la désinformation ; à l’ingérence dans les processus électoraux ; aux cyber-activités malveillantes ; et aux élans militaires. Les deux parties ont également décidé de coordonner leur réponse au rétrécissement de l’espace dont disposent en Russie les voix politiques indépendantes, la société civile et les médias, et aux atteintes au respect des droits de l’homme et à l’état de droit. Les deux parties ont également déclaré qu’elles étaient prêtes à dialoguer avec la Russie sur des questions d’intérêt commun et à encourager la Russie à abandonner ses approches agressives.

Ils ont également décidé de poursuivre leur étroite coopération pour encourager des réformes globales à l’est de l’UE, en particulier dans les pays du Caucase du Sud.

Les deux dirigeants ont souligné que les États-Unis et l’UE ont tous deux clairement intérêt à ce que la région des Balkans occidentaux soit stable et prospère. Ils ont réaffirmé leur engagement à travailler ensemble pour faciliter la réconciliation et améliorer la gouvernance, renforcer la résilience et faire avancer des réformes clés en faveur de l’intégration à l’UE dans toute la région. La coopération entre les États-Unis et l’UE sur le terrain est vitale pour le progrès, notamment en ce qui concerne le dialogue facilité par l’UE sur la normalisation des relations entre le Kosovo et la Serbie.

Le secrétaire Blinken et le haut représentant Borrell ont affirmé que les États-Unis et l’UE ont un intérêt stratégique à un environnement stable et sûr en Méditerranée orientale et travailleront main dans la main en vue d’une désescalade durable. Les États-Unis et l’UE ont tous deux intérêt à ce que soit instaurée une relation de coopération mutuellement bénéfique avec la Turquie, sur la base de l’état de droit et du respect des droits fondamentaux.

Les deux dirigeants ont fait part de leur inquiétude face à la tragédie humanitaire et aux violations des droits humains qui continuent à avoir lieu dans le Tigré. Ils ont discuté de diverses mesures pour faciliter un accès sans entrave à l’aide humanitaire, les enquêtes sur les atteintes aux droits de l’homme, la cessation des hostilités et le retrait immédiat de l’Érythrée du territoire éthiopien.

En ce qui concerne les négociations sur le barrage de la Renaissance, ils ont appelé toutes les parties à faire preuve de flexibilité et à agir rapidement pour reprendre des négociations productives dans les semaines à venir. Ils se sont déclarés préoccupés par l’intensification des tensions entre le Soudan et l’Éthiopie et ont encouragé les deux pays à résoudre leur différend par des moyens pacifiques. Ils ont également discuté de la situation en Somalie, où ils attendent un consensus politique quant à l’organisation d’élections sans délai.

Les États-Unis et l’Union européenne entendent intensifier leur coopération en Afghanistan, avec des partenaires clés, pour faire avancer le processus de paix et garantir la stabilité et la prospérité à long terme du pays. L’Union européenne et ses États membres sont les principaux donateurs d’assistance civile à l’Afghanistan qui contribue à l’objectif commun de stabilité dans la région.

Le secrétaire Blinken et le haut représentant Borrell ont exprimé leur soutien à la poursuite de la coopération OTAN-UE. Ils ont convenus que l’OTAN et l’UE doivent trouver de nouvelles façons de travailler ensemble et de manière plus ambitieuse, car les défis de sécurité multiples et en constante évolution auxquels les Alliés de l’OTAN et les États membres de l’UE sont confrontés rendent une solide coopération OTAN-UE essentielle à notre sécurité commune. Les deux dirigeants ont rappelé que les capacités déployées grâce aux initiatives de défense de l’UE et de l’OTAN doivent rester cohérentes, complémentaires et interopérables. Ils ont également noté que les initiatives de défense de l’UE doivent renforcer la contribution européenne à la sécurité transatlantique et peuvent offrir des opportunités concrètes de coopération entre l’UE et les États-Unis. Dans cet esprit, les dirigeants se sont dits favorables à la participation la plus complète possible des États-Unis aux initiatives de défense de l’UE et à un dialogue renforcé sur ces questions.