Selon un témoin, des membres de l’OTS seraient passés à plusieurs reprises par Bruxelles. Quant à l’existence d’une succursale du mouvement chaussée de Charleroi, les avis divergent : un témoin affirme que cet ancrage existait encore au moment des massacres, voire même en 1996 ; d’autres déclarent qu’il n’existe aucune trace d’une quelconque activité de ce mouvement à l’endroit indiqué.

Le mouvement serait composé de plusieurs de-grés :

- premier degré : les associations " Archédia ", " La Source " en Belgique, " Amenta " en Suisse ou encore la " Golden Way " (Michel Tabachnik) ;

- deuxième degré : l’Ordre du Temple Solaire ;

- troisième degré : les maîtres de Zurich, des êtres plus ou moins immortels qui vivraient dans des souterrains et s’occuperaient, entre autres, d’initiations, selon Di Mambro. Un témoin émet des doutes quant à leur existence.

Une partie des membres de l’OTS semble avoir été recrutée parmi les adeptes de l’Ordre Rénové du Temple (ORT), dirigé par Julien Origas, un ancien membre de la Gestapo. Luc Jouret a également fait partie de l’ORT et entretenait des relations avec Origas, comme avec d’autres sectes (les Chevaliers du Lotus d’Or, Sierra 21).

Les A.S.B.L. " Archédia " et " La Source " ont été dissoutes. La première aurait entretenu des contacts avec Luc Jouret, tandis que Jouret, Di Mambro et son épouse ont été signalés dans la seconde.

" Archédia, science et tradition des Ardennes " a vu le jour au cours des années 1980. Cette association prônait le retour à la nature, l’écologie, une vie plus saine sur le plan spirituel.

De retour des Philippines, Luc Jouret y a donné des conférences (homéopathie, vie saine et naturelle), avant de gagner la France (et plus précisément Bordeaux et Annemasse) et la Suisse. Certains membres d’" Archédia " ont suivi les cours donnés par Jouret à Bordeaux.

Selon un témoin, Jouret aurait tenté de séparer les membres d’Archédia (les couples ne pouvaient arriver ensemble en France). Ces personnes ont alors décidé de rompre les liens et l’association a été dissoute.

" La Source " a été fondée par les époux Paulus-Kesseler au début des années 1980. Ceux-ci étaient désireux de vivre une nouvelle expérience spirituelle. Jouret fut l’invité de l’association pour y donner des conférences sur la médecine homéopathique, le retour à la nature, etc. Di Mambro y viendra également, en provenance de France. Di Mambro, son épouse et Jouret font partie d’un noyau qui s’adonne à des cérémonies initiatiques à Warnach. Des membres de " La Source " se sont ensuite rendus en Fran-ce ou en Suisse. Les autres sont retournés vivre dans leur village d’origine. C’est alors qu’un groupement se serait formé à Clairefontaine autour de l’abbé Motmans, ancien aumônier militaire, démis de ses fonctions sacerdotales par l’évêché de Namur-Luxembourg. Il entretenait des contacts avec Josiane Kesseler (elle y aurait suivi des cours de yoga). Josiane Kesseler et son époux, Jean Paulus, recrutés par Luc Jouret en Belgique au départ de " La Source ", ont trouvé la mort en Suisse.

Il semble que l’abbé Motmans ait paru très préoccupé lors de l’annonce des massacres de l’OTS. Il aurait été vu au moment des événements transportant des caisses de son domicile à un endroit non précisé.

Concernant le mode de vie au sein de la secte, un témoin fait remarquer que, contrairement aux dirigeants de l’OTS, les adeptes effectuaient bénévole-ment des travaux très durs (par exemple, des travaux agricoles à la pelle), en plus de leurs activités professionnelles, jusque très tard le soir. Ces travaux étaient encore suivis de cérémonies pseudo-templières. Le lendemain, les adeptes devaient se lever à 5 heures afin d’assister à d’autres cérémonies. Ils étaient également soumis à un régime alimentaire carencé.

Selon un témoin, Luc Jouret était connu des autorités bien avant les années 1980, pour son engagement politique d’extrême gauche au cours de ses études à l’ULB. Il était membre des jeunesses communistes wallonnes et de l’association Belgique-Chine. Il a ensuite effectué son service militaire au deuxième Bataillon paracommando en 1977. Il aurait également été au Zaïre, plus précisément à Kolwezi. Jouret marquait un intérêt particulier pour les médecines douces. Il s’est rendu aux Philippines en compagnie de sa mère. Il aurait été réprimandé à cet égard par l’Ordre des médecins. Il a ensuite ouvert un cabinet médical à Bruxelles. Il a quitté la Belgique en 1984 pour résider principalement en Suisse et au Canada.


Source : Chambre des Représentants de Belgique http://www.lachambre.be