Pour décrire les grandes lignes des croyances et pratiques de la Scientologie, nous allons essentiellement nous appuyer ici sur les travaux existants de ceux qui se sont livrés à une observation prolongée du mouvement plutôt que d’essayer de produire une synthèse originale qui exigerait la maîtrise complète de l’énorme corpus scientologique. Comme la description historique qui précède aura déjà permis de le comprendre, la première étape est la Dianétique et il convient donc de commencer par là[44].

1 LA DIANETIQUE : DEVENIR " CLAIR "

Selon la théorie dianétique, l’homme est bon et les problèmes qu’il connaît ont pour cause des " aberrations " qui causent un dérèglement des facultés mentales. Ce que la Dianétique nomme le " mental analytique " " est une merveilleuse machine enregistrant sur la piste du temps toutes les perceptions d’une personne au cours de sa vie, depuis sa conception jusqu’à sa mort. "[45] Tout ce qu’il mémorise doit lui permettre de prendre les décisions les plus judicieuses possibles pour sa survie. Mais le psychisme, selon l’interprétation dianétique, ne se compose pas que du mental analytique : il comprend également le mental réactif, dans lequel s’impriment des engrammes. Les engrammes sont " des enregistrements complets dans leurs moindres détails de toutes les perceptions reçues par le sujet pendant un moment d’inconscience totale ou partielle (évanouissement ou anesthésie par exemple). "[46] Lorsqu’ils se trouvent restimulés, ces engrammes se comportent de façon autonome et empêchent le mental analytique de fonctionner correctement ; ils incitent donc la personne à adopter des décisions et des comportements qui ne vont pas nécessairement dans le sens de ses intérêts en vue de sa survie.

L’être humain se retrouve ainsi " effet de toutes sortes de déterminismes conditionnant son existence ", au lieu d’être cause de sa vie[47]. Dans la terminologie dianétique, l’individu qui se trouve soumis aux injonctions engrammiques est décrit comme " aberré ". La thérapie dianétique a pour ambition de le débarrasser de ses engrammes, afin de lui permettre d’accéder au statut de " clair ", c’est-à-dire une personne qui ne souffre plus d’aberrations et trouve ainsi les meilleures solutions possibles pour sa survie ; une telle personne devrait également voir son quotient intellectuel monter, ses risques de maladie diminuer, etc.

Pour vider le mental réactif des engrammes qu’il contient, le praticien de la Dianétique, appelé " auditeur ", " invite le patient à entrer dans une rêverie consciente puis il lui demande de retourner sur la piste du temps, c’est-à-dire sur le déroulement de sa vie. A cette occasion, les circonstances qui ont produit les engramme se présentent à l’esprit. "[48] En les revivant, il s’agit d’en atténuer les effets et, optimalement, de les effacer en les réduisant à l’état de simples souvenirs et en les archivant non plus dans le mental réactif, mais dans la mémoire du mental analytique. Comme l’ont souligné plusieurs auteurs, dans la théorie de Hubbard, le psychisme humain se présente un peu comme un ordinateur qui connaîtrait des erreurs d’enregistrement perturbant son fonctionnement et que la thérapie dianétique aurait pour objectif de faire fonctionner correctement. La Dianétique (dont nous donnons ici une présentation très simplifiée) identifie les engrammes comme la cause de tous les troubles. Selon la description qu’en donne la littérature scientologique :

" L’état de Clair est un état qui n’a jamais été atteint auparavant dans l’histoire de l’homme. Le Clair possède des facultés fondamentales et innées auxquelles il n’a pas toujours accès avant d’être libéré de son mental réactif. L’existence des facultés du Clair n’a pas été soupçonnée ni mentionnée dans les nombreuses spéculations sur les aptitudes et le comportement de l’homme. [...] Le Clair jouit de la vie dans toute son intégralité. Il peut résoudre des situations qu’il aurait auparavant considérées comme désespérées. La joie de vivre et le bonheur sont l’apanage de l’état de Clair. "[49]

2 LA SCIENTOLOGIE : DEVENIR " THETAN OPERANT "

Cette perspective d’épanouissement et de développement des capacités personnelles pour fonctionner optimalement dans l’existence est ce qui motive au départ des gens à s’intéresser à la Scientologie. On constate qu’il n’y a, à ce stade, qu’une théorie psychothérapeutique (dont il ne nous appartient pas de juger la qualité), mais rien encore d’une religion ou prétendue telle. L’audition dianétique ne se limita cependant pas à identifier et effacer des engrammes provenant de la phase prénatale : il apparut bientôt que certains cas pouvaient trouver des solutions en remontant à des vies antérieures, pas simplement sur des centaines, mais des milliards d’années, bien avant l’univers physique que nous connaissons. L’homme n’était donc ni son corps ni son mental. Hubbard pénétrait ainsi " dans un domaine qui appartenait traditionnellement à la religion : celui de l’âme "[50]. L’homme n’a pas une âme, il est un être spirituel. Celui-ci est appelé en Scientologie le " thétan "[51]. Le thétan est l’esprit immortel, créateur des choses : alors que la Dianétique s’intéresse au mental, la Scientologie s’adresse au thétan. Le statut de " clair " ne devient ainsi qu’une étape dans un processus beaucoup plus long : la promesse d’états supérieurs s’ouvre à ceux qui s’engagent dans la démarche scientologique. Il s’agit de devenir " thétan opérant " (OT [Operating Thetan]), c’est-à-dire un individu capable d’opérer de façon totalement indépendante de son corps et de ne plus dépendre de l’univers qui nous entoure. L’une des capacités de l’OT est de s’extérioriser, de quitter le corps sans causer la mort et d’y retourner.

" Hubbard commença à élaborer une toile de fond suffisamment vaste pour le déroulement d’un drame cosmique : les efforts de l’OT pour échapper, à travers une série d’existences, à la prison du MEST (matter, energy, space, time [c’est-à-dire l’univers physique]) et découvrir son identité en tant qu’esprit qui habite différents corps au cours de milliards d’années et de nombreuses existences. [...] La catégorie d’OT a fourni à la Scientologie un véhicule pour multiplier le nombre de statuts qu’un individu peut atteindre. Les niveaux d’OT continuent de s’accroître, chacun apportant avec lui de nouveaux pouvoirs — certains d’entre eux à des niveaux plus élevés qui n’ont pas encore été révélés. Atteindre ces niveaux supérieurs demande de nouvelles séances d’audition et des cours spéciaux. "[52]

La pratique de l’audition continue donc, mais, aux niveaux d’OT, les membres s’auditent eux-mêmes au lieu de se trouver face à un " auditeur ". Tant la Dianétique que la Scientologie utilisent pour l’audition un appareil appelé électromètre ou électropsychomètre (E-meter), supposé " mesurer l’état mental ou le changement d’état d’une personne " et aidant donc l’auditeur " à mesurer les zones auxquelles il faut s’adresser " ; la personne auditée tient entre ses mains des électrodes à travers lesquels passe un très léger flux d’énergie électrique (1,5 volts), et les déplacements de l’aiguille révèlent des réactions émotionnelles permettant de localiser les engrammes, selon la théorie scientologique. L’électromètre fonctionne un peu à la manière d’un détecteur de mensonge et confère en même temps à la procédure une aura " scientifique " et moderne. Ce n’est pas pour rien que la pratique offerte par le mouvement est décrite comme " technologie " dans son jargon.

Avec l’introduction des niveaux d’OT, le cursus scientologique se transforme en une sorte d’" alpinisme spirituel "[53]. Le " pont vers la liberté totale ", pour reprendre le vocabulaire du mouvement, se compose désormais d’une multiplicité de statuts possibles, d’un nombre d’étapes à la fois considérables et prometteuses aux yeux des membres, puisqu’elles leur font miroiter la perspective d’états que l’humanité n’avait jamais réussi à atteindre auparavant. Cette progression exige que soient menés de front, en parallèle, l’" entraînement " (c’est-à-dire l’étude des enseignements de Hubbard en vue de l’utilisation de la technologie), et l’audition (c’est-à-dire l’amélioration supposée des capacités). Le cursus scientologique ne se limite donc pas à une pratique, mais familiarise progressivement celui qui s’y engage avec toute une doctrine dont il va s’imprégner.

Après des cours introductifs (en général le cours de communication, destiné à aider celui qui le suit à mieux communiquer), le néophyte franchit toute une série d’étapes, commençant par le " Rundown de Purification " (composé d’exercice physique, de séances de sauna, de prise de vitamines et de nutrition pour libérer celui qui le suit " des effets restimulants des résidus de drogues et d’autres toxines "). Certaines formations peuvent être suivies dans n’importe quel centre de Scientologie, d’autres seulement dans des " organisations avancées " (et les niveaux les plus élevés d’OT dans un seul lieu au monde). Après toute une série d’étapes conduisant au statut de " clair " (et qui prennent plus ou moins longtemps selon les personnes, leurs disponibilités, les moyens qu’elles peuvent investir), commence la progression vers les niveaux d’OT. La tableau de classification actuellement en vigueur va jusqu’à OT XV, mais il n’est possible pour l’instant que d’arriver à OT VIII, les niveaux suivants ne sont pas accessibles. Pour arriver à OT VIII, certaines personnes affirment avoir déboursé au total des centaines de milliers de francs. Si l’on peut introduire ici un jugement de valeur, on a l’impression que Hubbard a repoussé sans cesse plus loin l’étape ultime : " Le système inclut toujours des statuts qu’aucun membre n’a encore atteints. "[54]

Que se passe-t-il aux niveaux d’OT ? La Scientologie considère ces matériaux comme confidentiels et se lance dans d’impitoyables procédures contre ceux qui les révèlent, arguant qu’ils lèsent ainsi des " secrets commerciaux " ou portent atteinte aux convictions religieuses des scientologues pour lesquels il s’agit d’écrits à ne pas divulguer. Cependant, il y a aujourd’hui suffisamment de dissidents qui ont révélé leur contenu pour qu’on sache assez précisément de quoi il s’agit. Pire encore (pour la Scientologie), les textes d’OT I à OT VII ont été répandus en 1995 sur le réseau Internet, non sans susciter de vives réactions du mouvement et des menaces de poursuites ou procès pour faire retirer ces documents. Les niveaux d’OT sont un mélange de pratique d’audition à l’aide de l’électromètre, de différents exercices à effectuer et d’informations sur l’histoire de l’univers[55]. En donner ici la description serait trop long et ne présenterait de toute façon guère d’intérêt pour les lecteurs peu familiers avec les pratiques de la Scientologie.

3 UN SYSTEME DE VENTE INSISTANT

Ce ne sont évidemment pas les croyances de la Scientologie qui ont suscité des controverses depuis de longues années, mais le fait que toute cette pratique a pour contexte un groupe fortement structuré et hiérarchisé. Lors du premier contact, la personne nouvelle venue est invitée à répondre aux 200 questions[56] d’un " test de personnalité " (" Oxford Capacity Analysis ", mais il n’y a aucun rapport avec l’Université d’Oxford), utilisé comme moyen de recrutement depuis les années 1950 déjà. Quels que soient les résultats du test (dont la valeur réelle est considérée avec scepticisme par les professionnels de la psychologie), la conclusion sera que la personne l’ayant rempli va plus ou moins bien, mais ne pourrait qu’améliorer ses capacités avec la Scientologie. En introduisant une personne dans un centre de Scientologie pour remplir un " test de personnalité gratuit ", le recruteur qui l’a abordée sait donc d’avance qu’on lui proposera ensuite de suivre des cours. L’Eglise de Scientologie est en effet une organisation de vente bien au point, dont les " missionnaires " sont formés à l’application de principes définis sans équivoque par le fondateur du mouvement : pour " manier " l’individu dans le " public ", il ne faut jamais lui demander de décider ou de choisir, mais adopter une approche affirmative, " didactique mais plaisante "[57].

" L’art de la vente à la dure [hard sell] consiste à dire aux gens de faire quelque chose. La vente à la dure est basée sur le fait de savoir et de promouvoir selon la vérité et non d’être `raisonnable’ avec des gens qui veulent `autre chose’ et `d’autres pratiques’. Il n’existe rien qui puisse être comparé à la Dianétique et à la Scientologie. Leur valeur est incommensurable et elles transcendent même le temps. "[58]

Les recruteurs sont d’autant plus incités à pousser le " client " à acheter que la Scientologie a mis au point un système axé sur leurs résultats statistiques ; ceux-ci sont relevés chaque jeudi après-midi dans toutes les organisations de Scientologie du monde. Il s’agit, explique Hubbard, d’avoir une production (des statistiques) toujours à la hausse ; celui dont les statistiques sont en hausse a pour ainsi dire tous les droits, tandis que celui dont les statistiques sont à la baisse doit être surveillé de près[59].

" Nous récompensons la production et les statistiques en hausse et nous pénalisons les statistiques en baisse et la non-production. Toujours. Nous faisons donc tout sur la base de statistiques — pas de rumeurs ou de questions de personnes ou qui connaît qui. Et nous nous assurons que chacun ait une statistique de quelque espèce. Nous promouvons seulement sur la base de statistiques. Nous pénalisons seulement les statistiques en baisse. "[60]

Ces pratiques de vente valent à la Scientologie le plus grand nombre de conflits et de problèmes pour ses membres. Bien des personnes ont en effet été incitées à acheter des cours et du matériel de la Scientologie non seulement jusqu’à la limite de leurs moyens, mais au-delà (encouragement à prendre de petits crédits). Dans les cantons où des gens ont eu lieu de se plaindre de la Scientologie, il s’agissait surtout d’affaires de cette nature. A noter que la Scientologie prévoit une procédure de remboursement de personnes renonçant à poursuivre ou insatisfaites et qu’il existe des directives de Hubbard instruisant très clairement de rembourser jusqu’au dernier centime[61] : il y a donc effectivement des gens remboursés à leur demande ; mais il faut pour cela passer par plusieurs services de la Scientologie et répondre à des questions, ce qui a un effet intimidant et chicaneur, et ne conduit donc pas toujours au succès[62].

4 IMPORTANCE QUANTITATIVE DU MOUVEMENT

Combien de membres la Scientologie rassemble-t-elle à travers le monde ? Le mouvement donne le chiffre de 8 millions, dont près de 13 000 permanents[63]. S’il est difficile de juger de l’exactitude du second chiffre, qui correspond peut-être plus ou moins à la réalité, il ne fait en revanche aucun doute que le premier est largement surévalué[64]. Le nombre de " clairs " serait à ce jour de 50 000 environ, si l’on en croit les statistiques régulièrement publiées par le journal de la Scientologie et accompagnées chaque fois des noms des nouveaux " clairs "[65] ; si l’on élimine les défunts et ceux qui ont abandonné la Scientologie entre-temps, cela montre que le nombre de gens ayant progressé au sein du mouvement demeure relativement modeste et autorise à penser que le nombre réel de membres doit être nettement inférieur aux 8 millions annoncés. On ne dispose d’aucun chiffre exact, mais des indications convergentes d’anciens membres laissent supposer que le nombre total de scientologues réellement actifs à travers le monde est inférieur à 300 000[66], sans qu’on puisse avancer un chiffre avec certitude.

Le mouvement cultive un mythe d’expansion permanente en accord avec son obsession d’une validation par des résultats statistiques, mais la réalité apparaît comme sensiblement différente : dans plusieurs pays, le nombre de membres semble stagner plus ou moins, les nouvelles adhésions ne faisant apparemment guère que compenser les départs. Nombre de groupes locaux de Scientologie, loin de s’étendre, ont disparu[67].


[44] Pour une bonne présentation et analyse brève de la Dianétique, on peut par exemple lire Hansjörg Hemminger, " Das Buch Nr. 1 - Dianetik ", in Friederike Valentin et Horand Knaup, Scientology - der Griff nach Macht und Geld, Freiburg / Basel / Wien, Herder, 1992, pp. 32-52.

[45] Roland Chagnon, La Scientologie : une nouvelle religion de la puissance, Ville de LaSalle (Québec), Ed. Hurtubise HMH, 1985, p. 21.

[46] Régis Dericquebourg, Religions de guérison, Paris / Montréal, Cerf / Fides, 1988, p. 81.

[47] R. Chagnon, op. cit., p. 22.

[48] R. Dericquebourg, op. cit., p. 83.

[49] Qu’est-ce que la Scientologie ?, p. 146.

[50] Ibid., p. 147.

[51] " Le thétan (l’esprit) est décrit en Scientologie comme n’ayant ni masse, ni longueur d’onde, ni énergie, temps, localisation dans l’espace, si ce n’est par considération ou postulat. L’esprit n’est donc pas une chose. Il est le créateur des choses. Le thétan réside habituellement dans la cervelle ou à proximité du corps. Il peut être dans l’une ou l’autre des quatre situations suivantes. La première serait d’être entièrement séparé d’un corps ou de corps, ou même de cet univers. La seconde serait d’être près d’un corps et en train de le contrôler en toute connaissance de cause. La troisième serait d’être dans le corps (dans le crâne). Et la quatrième serait une inversion dans laquelle le thétan aurait une compulsion à s’éloigner du corps et ne pourrait pas l’approcher. Il y a des degrés dans chacune de ces quatre situations. En ce qui concerne l’homme, la situation optimale est la deuxième. " (L. Ron Hubbard, Scientologie : les fondements de la pensée, Copenhague, Scientology Publications Organization, 1977, pp. 54-55)

[52] Mary Farrell Bednarowski, " The Church of Scientology : Lightning Rod for Cultural Boundary Conflicts ", in Timothy Miller (dir.), America’s Alternative Religions, Albany (New York), State University of New York Press, 1995, pp. 385-392 (p. 387).

[53] Pour reprendre une expression R. Chagnon, op. cit., p. 46.

[54] Rodney Stark et William Sims Bainbridge, The Future of Religion : Secularization, Revival, and Cult Formation, Berkeley, University of California Press, 1985 (chap. 12 : " Scientology : To Be Perfectly Clear "), p. 276. C’est le problème d’un mouvement qui promet des résultats atteignables dès cette existence, et les deux auteurs suggéraient qu’une solution pour permettre à la Scientologie de sortir de ce dilemme serait d’utiliser la doctrine de la réincarnation pour renvoyer à une vie future la promesse de l’atteinte du statut ultime (p. 281)...

[55] C’est ainsi que toutes les publications critiques à l’égard de la Scientologie ne se font pas faute de souligner le contenu du niveau OT III (" Le Mur du Feu "), qui raconte notamment l’histoire de la " Confédération galactique " formée de 76 planètes, il y a 75 millions d’années, et de la tentative d’extermination par un tyran dont furent victimes un grand nombre d’habitants de cette Confédération. Ce dramatique incident aurait jusqu’à aujourd’hui des conséquences pour chaque individu et doit être résolu à travers une procédure d’audition, mais il serait trop long d’expliquer tout cela en détail ici.

[56] On trouvera en annexe (6.8) la liste des 200 questions, aussi variées que " Feuilletez-vous des horaires de train, des annuaires ou des dictionnaires pour le plaisir ? ", " Accepteriez-vous une discipline stricte ? ", " Méditez-vous souvent sur la maladie, la mort, la douleur et le chagrin ? ", " Voyez-vous d’un mauvais oeil les gens qui désirent vous emprunter de l’argent ? ", " Riez-vous et souriez-vous facilement ? ", " Etes-vous habituellement sincère avec les autres ? ", " Considérez-vous avoir beaucoup d’amis intimes ? " On ne peut éviter de se demander si, à travers certaines questions (mêlées à d’autres beaucoup plus anodines), le recruteur de la Scientologie n’obtient pas ainsi d’intéressantes indications sur son interlocuteur.

[57] HCO PL du 16 avril 1965. " HCO PL " est l’abréviation usuelle pour " Hubbard Communications Office Policy Letter ". La validité de ces documents est permanente, non limitée dans le temps.

[58] HCO PL du 19 septembre 1979.

[59] " Ethics Protection ", HCO PL du 1er septembre 1965.

[60] " We award production and up statistics and penalize non-production and down statistics. Always. Also we do it all by statistics — not rumour or personality or who knows who. And we make sure every one has a statistic of some sort. We promote by statistics only. We penalize down statistics only. " (" Rewards and Penalties. How to Handle Personnel and Ethics Matters ", HCO PL du 6 mars 1966) [Lorsque nous citons des textes internes au mouvement et ne disposons pas d’une traduction officielle, nous répétons en note le texte original anglais.]

[61] " Refund Policy ", HCO PL du 23 octobre 1963.

[62] Voici quelques passages du récit concernant un cas qu’a suivi la Fédération romande des consommatrices et qui portait sur une somme de 18.000 francs (grâce à un petit crédit signé dans les locaux de la Scientologie) : " Après moult tractations, l’Eglise admet la démission de Mlle X et lui demande de prendre contact directement avec elle pour mettre au point les formalités de remboursement des sommes versées qui n’ont pas été utilisées (Fr. 13 000.-). [...] Pendant toutes ces tractations, les disciples de Ron Hubbard tentent de relancer, de récupérer leur futur ex-membre par des téléphones ou des visites, à son domicile ou sur son lieu de travail. C’est une guerre des nerfs extrêmement pénible pour la jeune femme [...] Les scientologues [...] proposent d’abord de restituer en plusieurs fois la somme reçue, mais finissent par accepter, après de nombreuses semaines, un versement unique de Fr. 13 000.-. " (J’achète mieux, N° 208, décembre 1992-janvier 1993, p. 35)

[63] L’Eglise de Scientologie - 40e anniversaire, p. 2.

[64] Cf. Tom Voltz, Scientology und (k)ein Ende, Solothurn / Düsseldorf, Walter-Verlag, 1995, pp. 238-243.

[65] " Il y a maintenant 49 764 clairs " (The Auditor, N° 275, 1996, p. 4).

[66] Cf. Materialdienst der Evangelischen Zentralstelle für Weltanschauungsfragen, 57/10, octobre 1994, p. 295.

[67] Selon une tentative de statistique du nombre d’organisations locales de Scientologie aux Etats-Unis entre 1954 et 1994, que nous avons trouvée sur Internet et qui détaille la situation Etat par Etat, la moitié environ de ces organisations n’auraient pas survécu.


Source : Office fédéral suisse de la police : http://www.admin.ch/bap