MARC BELLIER,

directeur central du DPS, assistant parlementaire et chargé de mission au Conseil Régional PACA.

(source : annuaire de l’association française des collaraborteurs parlementaires, juillet 1996)



ROBERT MOREAU, alias " Freddy, le boureau de Béthune",

garde du corps de Jean-Marie Le Pen, conseiller régional du Nord-pas-de Calais.

(source : Les hommes de Le Pen, supplément à National Hebdo, le 12-96)



BERNARD COURCELLE, directeur du DPS.

(source : France Soir, le 17-04-97)


COURCELLE, LE PATRON

Ancien capitaine de parachutistes, Bernard Courcelle s’est servi de ses acquis pour réussir sa reconversion civile. Rien de plus honorable... Plusieurs grosses sociétés font ainsi appel à ses services réputés excellents. Sa notoriété lui donne même l’opportunité d’organiser toute la sécurité des Musées de France.

En 1984, le premier " service d’ordre", du Front national voit le jour. Deux ans plus tard, Bernard Courcelle est " appellé " et répond présent. Depuis, il est l’officiel directeur du Département protection sécurité du parti de Jean-Marie Le Pen. Les seuls mots déplacés qu’on lui connaisse - en public- s’appliquent à des skinheads, " des petites frappes, des minables". C’est d’ailleurs à leur propos que Bernard Courcelle s’est laissé aller à son principal coup d’éclat lors de l’affaire Brahim Bouarram, le jeune Marocain noyé dans la Seine après y avoir été poussé par des skins qui étaient en queue de la manifestation du défilé du FN, le l er mai 1995. Ensuite, Bernard Courcelle se rend régulièrement au Quai des Orfèvres pour livrer aux enquêteurs sa rnoisson d’indications et de renseignements. " J’ai fourni aux enquêteurs des noms et des adresses à Reims".Cinq exactement, sans compter les bandes vidéo explicites rarnenées par le chef de la DPS. Un très bon indic, M. Courcelle.


Bernard Courcelle

(source : National Hebdo, le 28-11-96)


BERNARD COURCELLE : "LES POLITICIENS ONT DECLENCHE LA GUERRE CIVILE"

Chargé d’assurer la sécurité de Marie-France Stirbois, de ses militants et sympathisants, lors des deux tours de l’élection de Dreux, le patron du DPS (Département protection sécurité), Bernard Courcelles, a été le témoin d’actes extrêmement graves, perpétrés par des bandes manipulées, avec la complicité des politiques locaux - et sans doute nationaux.

National Hebdo : La presse a fait l’écho de voitures endommagées et d’échauffourées. Qu’avez-vous vu ?

Bernard Courcelle : vers vingt heures, une bande de cent cinquante jeunes armés de batte de base-ball, de couteaux et de pistolets à balles de caoutchouc ont opéré une charge sur la place, devant la Salle des Fètes. Ils ont pu se disperser sans être encerclés par les forces de l’ordre et leur identité n’a pas été contrôlée. Cela n’a rien à voir avec les frictions habituelles d’après scrutin : il n’y avait pas de passion politique sur place. La preuve : à 21 heures, les lieux étaient déjà déserts. Mais, jusqu’à une heure du matin, des groupes ont quadrillé la ville, cassé des vitrines. flambé des voitures. Ce n’est que plus tard, après des affrontements entre bandes, que les forces de l’ordre sont "descendues" dans les cités.

- Les forces de l’ordre étaient-elles débordées ?

- Pas du tout. Leur dispositif, composé de nombreux gardes mobiles et CRS, a remarquablement assuré sa mission de protection, maitrisant les périmètres sensibles, et empêchant que les manifestations belliqueuses manifestées par les bandes ne tournent à l’émeute et au massacre. je chiffre à quatre cents environ les jeunes armée qui ont tourné dans Dreux pour casser et semer la terreur. Jusque vers six heures, les rues étaient restées désertes. Puis ils sont venus. ils interpellaient les passants, les policiers et nous : "ce soir, belle bagarre, on va vous niquer. Attendez ce soir, on revient". Ils ont planté un couteau dans les reins d’un de nos gars qui en a eu pour deux heures et demie de billard.

- C’est dur pour lui, et tout cele est inadmissible, mais enfin on à vu plus grave.

- Il y a beaucoup plus grave. D’abord, les forces de l’ordre, qui maitrisaient la situation, avaient reçu des consignes pour ne pas les prendre à revers et les boucler. Ensuite, surtout, deux des meneurs de la charge ont été vus en train de serrer la main d’un des adjoints au maire dans la Salle des Fêtes. De là à penser à une collusion... Il y a en tout cas impunité : un monsieur, sans doute RPR, a été frappé d’un coup de couteau dans la Salle des Fêtes. D’après un témoin appartenant au PS, il s’agit " d’un gars à Hakim" (c’est le nom d’un chef de bande locale). Le climat politique et moral est tel qu’ils se sentent, sinon explicitement encouragés, du moins autorisés à n’importe quel comportement, à n’importe quelle violence. ils nous l’ont criés expressément. "On a le droit pour nous". Tournez vos regards vers les vrais responsables, les associations et les vedettes qui piétine la loi française, Jacques Toubon qui fait appel du jugement condamnant Nique Ta Mère, Philippe Doustte-Blazy, qui proclame la guerre sainte contre le FN. Les bandes armées se sentent soutenues lorsqu’elles nous combattent " par tous les moyens". Ce sont les responsables politiques qui sont responsables de cette violence et qui poussent à la guerre civile. Beaucoup de jeunes ne sont que de la chair à canon.

- Ce ne sont pas des enfants de coeur tout de même. ils crient des slogans plein de haine.

- C’est exact. De haine anti-nationale, on les voit brandir leur carte d’identité française en hurlant :"on nique la France". Ou bien de haine raciale : "sale race, on va tous vous métisser... Allez-y les blancs, pendant que vous travaillez, on va violer vos vos filles, vos femmes, vos mères, et bientôt en France il n’y aura plus de cheveux clairs." Derrière ces mots, certains s’organisent. On entend crier en masse " Allah Akbar" sous des dizaines de drapeaux verts. La plus grande masse reste cependant entraînée et manipulée par des meneurs qui ne sont pas beurs, qui appartiennent généralement à la LCR et à Ras-le-Front, et qui s’évanouissent comme par hasard quand ça fritte vraiment. Les jeunes beurs, fous de détresse et de violence, servent de harkis à l’Anti-France - et elle les abandonne au combat. On en a chopé quelques-uns. Les plus jeunes, ce sont des gamins, tombent des nues quand on leur explique, on dirait des moineaux qui se cognent aux vitres, ils ne savent plus qui ils sont, on finirait par avoir de la sympathie pour eux - malgré ce qu’ils nous envoient - de se faire ainsi manipuler et envoyer au cassepipe par la Canaille gauchiste et par les autres. Nous, les DPS, occupons un poste d’observation incomparable : depuis les déclarations d’Alain Juppé aux jeunes sur le FN, parti "xénophobe, raciste, antisémite ", nous sentons une recrudescence de violence contre nous. La plus flagrante a été l’attaque menée contre nos anciens à la manifestation des retraités. Et surtout ils nous canardent en toute tranquillité d’esprit : ils ont pour eux tout le système politique français, et la conscience du monde. C’est cela le plus grave. Par opportunisme politicien, les gens de l’Etablissement sont prêts à allumer la guerre civile, exploiter la détresse des banlieues, renforcer les islamistes et les gauchistes, propager la haine raciale.

Propos recueillis par

Muriel Plat


Bernard Courcelle

(source : Le Monde, 21-02-98)


PROFIL

BERNARD COURCELLE, " M. SECURITE "

Bernard Courcelle, l’homme que Jean-Marie Le Pen a embauché en mars 1994 pour " professionnaliser " le DPS, aime se montrer courtois avec la presse et cultive le mystère. Le secret est bien gardé sur le détail de ses relations au sein de certains services de l’armée, avec lesquels il a travaillé, avec les services de renseignements, où il a de nombreux contacts, avec les milieux de mercenaires et les,Tchétchènes, parmi lesquels il comptait des amis - notarnment le président Djokhar Doudaev, tué par un missile russe en avril 1996.

Né le 23 octobre 1956 à N ’Gaoundere (Cameroun), Bernard Courcelle est un ancien lieutenant du sixième régiment parachutiste d’infanterie de marine (Prima), où il officiait comme correspondant de la sécurité militaire. Capitaine de réserve depuis octobre 1985, il a rapidement séduit le chef du parti d’extrême droite. Parmi ses références figurent un passage comme garde du corps d’Alain Juppé, pendant la campagne municipale de 1983, et de Simone Veil lors des élections européennes de 1988. Entre temps, il a fait un séjour au Maroc où, laisse-t-il entendre, il a rendu quelques services à Etat français.

Bernard Courcelle a également été responsable de la sécurité de la société Luchaire, société d’armement qui, en 1987, a été mêlé à une affaire de ventes d’arme à l’Iran. De même il a à plusieurs reprises rendu "quelques services" à son frère Nicolas, directeur du Groupe Onze, société de sécurité.

Il était chef de la sécurité du Musée d’Orsay et membre du comité de sécurité des musées de France quand il a appris par Charles Pelligrini, ancien responsable de la brigade de répression du banditisme, que Jean-Marie Le Pen recrutait. Il s’est alors employé à structurer le DPS et à tenir à distance les skins à l’égard desquels il ne cache pas son antipathie. Cette attitude ne manquera pas de lui attirer quelques animosités au sein du Front national.

Bernard Courcelle devenu, la bête noire des skinheads, a essuyé deux coups de feu, le 23 septembre 1995, alors qu’il sortait en voiture du siège du FN. Sa collaboration avec la police lors de la campagne pour l’élection municipale partielle de Dreux, en novembre 1996, n’a pas été appréciée de tous au FN. Ses adversaires ont, à nouveau, trouvé des griefs à son encontre quand il a été récemment cité dans une affaire d’escroquerie de vente d’armes aux Tchétchènes. Peu intéressé par une carrière politique, Bernard Courcelle est, depuis 1995, conseiller municipal de Stains (Seine-Saint-Denis), où on ne l’a plus vu depuis juillet 1997.

Christiane Chombeau


ROGER HOLEINDRE, fondateur du DPS,conseiller régional d’Ile-de-France.

(source : France-Soir, le 17-04-97)


"POPEYE", FONDATEUR

A côté des siennes, les envolées verbales de Jean-Marie Le Pen peuvent paraître bien pâles. Roger Holeindre l’avoue : " Je ne suis pas un politologue, il y a des spécialistes pour ça." La sienne, de spécialité ? La violence du propos. Il ne parle pas, " Popeye " - les épinards en moins, la virulence en plus - éructe. Il prévoit de tous nous " mettre au pas ", de nous faire " pleurer des larmes de sang " et de faire rendre gorge aux voleurs " !

fondateur du Front national en 1972, dont il est toujours membre du bureau politique, créateur du premier service d’ordre de ce parti en 1984, cet ancien para au physique de catcheur débite le mot " abruti " comme un totem et arbore ses décorations militaires en toute occasion. A 68 ans, il n’a plus l’âge des’embarrasser des paradoxes. Il fonce. Cette fougue développée au sein de l’OAS, il la conserve intacte pour servir sa cause. Elu député de Seine-Saint’Oenis en 1986, il est actuellement conseiller régional d’Ile-de-France et conseiller municipal de Sevran. Le retour du scrutin majoritaire a sauvé l’Hémicycle de ses de gueule. La dernière fois qu’il y a donné on opinion, on a retenu les mots " voyous ", "pauvre type"," putains". Tout un poème...

J.A


WILIAM KOMEN, gardien de la paix mis en cause pour son rôle officieux dans la police municipale de Vitrolles.

(source : IGPN, 28-04-97)



PATRICK BUNEL, cadre national du DPS chargé de mission à la sécurité au cabinet du maire de Vitrolles.

(source : IGPN, 06-05-97)



Quelques membres du DPS

(Source : Le Pli, 18-11-97)


Le DPS, une troupe de 1 700 hommes...

Après la confession à Libération d’un de ses ex-membres, le service d’ordre du FN redevient un objet d’enquête. Mais les ministres attentifs à la violence politique doivent-ils encore approfondir leur connaissance ? Un travail rigoureux ayant, semble-t-il, été déjà mené par les administrations compétentes. A ce sujet, les réactions et dénégations de Bernard Courcelle, "chef du DPS, nous en apprennent autant sur se zones d’ombre, que bien de commentaires. Même s’il estime avoir nettoyé le DPS d’éléments douteux, cet ex-officier para, ami de Paul Barril, n’est sans doute pas allé au bout de sa démarche. En Alsace, son encadrement semble ainsi avoir conservé des liens avec le HVE clandestin implanté sur les deux rives du Rhin. L’influence de groupes néo-nazis ou "pan-européens" en marge du FN est d’ailleur une constante. Dans le Rhône, Daniel Fal..., élu local et ’chef" du DPS depuis 1989, participe ainsi aux " fêtes du solstice" de Saint-Genix-sur-Guiers. De même, en invoquant le "casier judiciaire vierge" des membres du DPS, oublie-t-on qu’au moins huit de ses animateurs ont eu affaire à la justice ces dernières années ! Il n’y aurait aussi aucune relation, entre le DPS et Groupe Onze France - tenu par Nicolas Courcelle (frère de Bemard) et cité, assurément par erreur, lors du recrutement de "soldats de fortune" pour Mobutu, fin 1996. L’emploi par cette société de sécurité du successeur désigné de Bernard Courcelle, Eric S., est dès lors un simple effet du hasard !

Dossier du Réseau Voltaire

"Le DPS : une milice contre le République"