A.R.E.V.

Collectif des Chômeurs et Précaires en lutte

D.A.L. Mulhouse

L.C.R.

Ras l’ Front Strasbourg

Ras l’ Front Colmar

Ras l’ Front Mulhouse

Solidarité Ecologie

a M.D. Prieur, Préfet du Haut-Rhin,

à M.Bockel, Maire de la ville de Mulhouse,

à Mmes et MM. les conseillers municipaux de la ville de Mulhouse,

à MM. Bockel et Weber, députés de Mulhouse,

à Mmes et MM. les Conseillers Généraux.

Le 25 février 1998,

Lettre ouverte

Madame, Monsieur,

Vous n’êtes certainement pas sans savoir que Mulhouse se verra imposer la le 7 mars la présence du délégué générale du Front national en la présence de B. Mégret. La forme que prendra sa venue n’a pas encore été rendue publique. Néanmoins, et indifféremment de ce quelle sera, sa venue sera probablement encadrée par le "service d’ordre" du FN, le DPS (Département protection sécurité).

Aussi,

considérant la structuration paramilitaire du DPS (1) ;

considérant sa fonction s’apparentant à celle d’un groupe de combat (2) ;

considérant les multiples atteintes à la sécurité publique et à la légalité républicaine :

- le 26 mai 1991 à saint-Franc des membres du DPS chargent violemment des contre-manifestants

- le 25 octobre 1996 intervention violente du DPS à Montceau-les-Mines lors d’une contre-manifestation

- le 31 mars 1997 quatre membre du FN, dont trois du DPS, se font passer pour des policiers et procèdent à des contrôles d’identité

- le 30 mai 1997 J.M. Le Pen avec ses gardes du corps du DPS fait le coup de poing contre des opposants ainsi que contre A. Peulvast-Bergeal députée P.S ;

considérant les dispositions légales, loi du 10 janvier 1936 sur les groupes de combat et les milices privées ;

considérant qu’à plusieurs reprises la dissolution du DPS a été réclamée : le 30 octobre par D. Mathus, député (P.S) de Saône-et-Loire, suite à l’affaire de Montceau-les-Mines ; après le Xe congrès du FN à Strasbourg par F.Hollande, porte-parole du P.S qui a plaidé pour la dissolution du DPS ; par J.L. Arajol secrétaire général du SGP-CUP (syndicat de police) qui trouve que "cette milice politique tombe sous le coup de la loi du 10 janvier 1936 sur les ligues factieuses..." (3) :

nous , citoyens, vous demandons d’interdire explicitement la présence du DPS à Mulhouse, afin que ni la démocratie, ni la sécurité des citoyens, ni la légalité républicaine ne soient menacés par ce groupement factieux.

Par ailleurs, la réponse de M. Chevènement, ministre de l’intérieur, à l’interpellation de la sénatrice J. Dusseau (23.10.97) à propos de la dissolution du DPS ne nous semble pas satisfaisante, car reconnaissant les méfaits de certains membres du DPS, le ministre se refuse à prendre ses responsabilités. Aussi, nous paraît-il nécéssaire de créer une commission d’enquête en vue de la dissolution du DPS. Nous espérons que vous saurez en soutenant cette proposition prendre à coeur la défense de la démocratie.

Salutations citoyennes.

Pour contact : COMITE ANTIFASCISTE RAS L’FRONT MULHOUSE, BP 2106, 68059 Mulhouse Cedex

(1) : D’après les propos du responsable du DPS, B.Courcelle (Source : Présent, 05.04.97)

(2) : "Notre rôle n’est pas de nous substituer aux forces de l’ordre. Nous sommes parfois contraints, cependant, d’intervenir afin de protéger les militants se redant sur les lieux de réunion." B.Courcelle (Source : Présent, 05.04.97)

(3) : Source : Libération, 13.11.97

Dossier du Réseau Voltaire

"Le DPS : une milice contre le République"