12.32. Les États-Unis se sont engagés de longue date en Afrique centrale et dans la région des Grands Lacs, leur soutien incessant à Mobutu du Zaïre et à Savimbi de l’UNITA étant les exemples les mieux connus. Quant au rôle américain dans le génocide rwandais, il a été spécifiquement bref, important et peu glorieux. Il y a très peu de controverse à ce sujet. Non seulement les autorités en la matière sont d’accord sur ce point, mais c’est aussi maintenant l’avis du Président des États-Unis qui était chargé des politiques qu’il trouve un peu tardivement si répréhensibles. Contrairement à la France, les États-Unis ont présenté des excuses officielles pour leur incapacité à prévenir le génocide, bien que le Président Clinton insiste sur le fait qu’il a péché par ignorance[52]. Disons plutôt par souci de politique intérieure et par indifférence géopolitique. Aux dires d’un chercheur américain, c’était simplement "la crainte d’un contrecoup politique[53]." 12.1.

12.33. La politique était assez simple. En octobre 1993, au moment précis où le Rwanda était inscrit à l’ordre du jour du Conseil de sécurité, les États-Unis perdaient 18 Rangers en Somalie. Il devint politiquement embarrassant pour les États-Unis de s’impliquer immédiatement une fois encore dans une autre mission de maintien de la paix. Les Républicains du Congrès étaient hostiles à presque toute initiative des États-Unis quelle qu’en soit le but, et la débâcle en Somalie ne faisait que renforcer leurs préjugés[54]. Mais il est également vrai que l’administration Clinton, comme tout gouvernement occidental, savait très bien qu’une terrible calamité était imminente au Rwanda. Sur ce point, les preuves ne sont pas contestables[55]. Le problème n’était pas l’ignorance des Américains au sujet du Rwanda. Le problème était que les États-Unis n’avaient aucun intérêt à défendre au Rwanda. Les Tutsi du Rwanda n’avaient pas de puissant groupe de pression. Par contre, il y avait des intérêts à défendre en politique intérieure.

12.34. Même avant la débâcle de Somalie, les problèmes du Rwanda n’étaient pas visibles à Washington. Chaque année, l’administration devait rendre compte au Congrès et justifier ses programmes d’aide militaire ; dans son dernier rapport en 1992, le Président George Bush affirmait que les relations entre le Rwanda et les États-Unis étaient excellentes et indiquait qu’il n’y avait pas de preuve de violation systématique des droits de l’homme par les militaires ou par une autre faction du gouvernement du Rwanda[56].

12.35. Au printemps 1993, peu après l’investiture de Bill Clinton, "on demanda à chaque région de politique étrangère au Pentagone de préparer des listes de crises graves auxquelles cette administration aurait éventuellement à faire face". Selon James Woods, qui était sous-secrétaire adjoint aux Affaires africaines depuis 1986, "j’ai mis le Rwanda-Burundi sur ma liste. Je ne citerai pas de noms, mais j’ai reçu la consigne d’ôter le Rwanda-Burundi de la liste parce que, si quelque chose se passait là, cela ne regardait pas les États-Unis. Les intérêts nationaux n’étaient pas impliqués, et on ne pouvait pas faire figurer toutes ces questions humanitaires à côté de problèmes importants comme le Moyen-Orient, la Corée du Nord et ainsi de suite. Il me paraît assez évident, compte tenu du fiasco à la fin de notre intervention en Somalie [quelques mois plus tard], que nous n’allions probablement pas intervenir [au Rwanda][57]." Sous Clinton, la politique américaine resta essentiellement la même qu’auparavant : un modeste empressement à encourager les réformes conventionnelles - le processus d’Arusha, la démocratisation et les réformes économiques "libérales" - mais peu d’intérêt pour ce qui est des droits de l’homme, des fractures ethniques ou des massacres[58].

12.36. Comme ne tarda pas à le montrer l’établissement par le Conseil de sécurité de la MINUAR (Mission des Nations Unies pour l’assistance au Rwanda), les Tutsi du Rwanda, qui étaient déjà victimes dans leur pays, devinrent aussi les victimes tragiques d’un terrible concours de circonstances et d’un syndrome de bouc émissaire à l’étranger. Le 3 octobre, 18 soldats américains furent tués en Somalie, et ce meurtre traumatisa le gouvernement des États-Unis. La résolution décidant la création de la MINUAR fut votée par le Conseil de sécurité le 5 octobre. Le lendemain, l’armée américaine quittait la Somalie. Cette coïncidence eut des conséquences désastreuses pour le Rwanda. À partir de là, une alliance malsaine entre le Congrès républicain et le Président démocrate dicta la plupart des décisions du Conseil de sécurité sur les missions de maintien de la paix et s’efforça de dissuader le Secrétariat des Nations Unies de prendre des mesures plus concrètes pour protéger les citoyens rwandais[59]. Les considérations de politique intérieure à Washington allaient avoir la priorité sur les catastrophes à l’étranger - à moins que les victimes n’aient la chance de passer à la télévision.

12.37. Ce qui rend cet épisode encore plus troublant est la manière dont il a été déformé par presque toute la classe dirigeante américaine dans les deux partis politiques. La tactique consistait simplement à blâmer les Nations Unies pour ce qui était en réalité un désastre purement américain. Les Nations Unies étaient depuis longtemps l’une des bêtes noires du conservatisme américain. Le sénateur républicain Jesse Helms, président du puissant Comité du Sénat sur les relations avec l’étranger, avait l’habitude de s’insurger contre le fait que les États-Unis paient leur cotisation annuelle aux Nations Unies et, lors de la campagne présidentielle de 1996, le candidat républicain Robert Dole ne manquait jamais de susciter les ricanements de son auditoire en tournant en dérision le nom du Secrétaire Général. Ceci montre à quel point l’antagonisme contre les Nations Unies dans la droite politique se traduisait par des attaques personnelles contre Boutros-Ghali, sans parler de la débâcle en Somalie. De manière tout à fait injuste, on racontait que le Secrétaire général qu’il avait traîné l’Amérique en Somalie, qu’il y avait gardé les troupes américaines plus longtemps qu’il n’était nécessaire et que les États-Unis avaient assumé des responsabilités qui étaient en fait celles des Nations Unies[60].

12.38. Les médias américains renforcèrent cette impression en diffusant à plusieurs reprises des photos d’un soldat américain mort traîné dans les rues de Mogadiscio par des Somaliens jubilants vociférant contre les Yankees. Quelques Américains seulement ont eu accès à la vérité. Les commandos américains à Mogadiscio s’engagèrent dans une lors d’une opération au cours de laquelle 18 Rangers et entre 500 et 1000 Somaliens ont été tués. Les Nations Unis n’y jouèrent aucun rôle. Le New York Times admit : "les États Unis ne pouvaient faire de reproches aux Nations Unies concernant l’attaque de dimanche dernier, car l’assaut qui s’en suivit a été lancé exclusivement sur ordre américain[61]" et les troupes américaines n’avaient aucun contact avec l’ONU.

12.39. C’est effectivement ce qui s’était passé. Comme l’a fait remarquer avec cynisme le journal The Economist, "trop d’Américains ont été tués au cours de [la mission] ; il faut bien trouver un responsable ; on accuse donc les Nations Unies [...] Avec une impudence rare, même pour des Américains, les membres du Congrès et les journalistes s’attachent à réécrire l’histoire pour nous faire découvrir que l’Amérique a été détournée par les Nations Unies de ses buts purement humanitaires en Somalie [...][62]." Les conséquences furent désastreuses pour le Rwanda ; comme l’a dit un sénateur américain, "le multilatéralisme est mort [...] dans les ruelles de Mogadiscio[63]." Un initié du Pentagone parlait avec ironie de la nouvelle politique en disant : "Nous irons seulement là où l’on n’a pas besoin de nous[64]." Boutros-Ghali avait tout à fait raison en déclarant que les nouvelles règles étaient si strictes sur le champ d’application, la mission, la durée, les ressources et les risques qu’elles ne permettaient d’approuver que les opérations de maintien de la paix les moins coûteuses, les plus faciles et les moins dangereuses[65]. Même une mission qui ne faisait pas appel aux troupes américaines était inacceptable puisque dans toute opération, "il y avait toujours le risque que [...] le personnel des États-Unis soit entraîné par la suite[66]."

12.40. De façon assez significative, le seul débat ou presque parmi les experts américains est l’étendue des responsabilités américaines dans le génocide rwandais. Il n’y a aucune autorité qui prétendait en assumer moins. Il y a un seul point sur lequel les autorités ne sont pas d’accord au sujet du rôle des États-Unis dans le génocide au Rwanda : la question de savoir si les États-Unis ont été le principal responsable ou s’ils n’ont joué qu’un rôle majeur. Un auteur estime que la "désertion du Rwanda par la force des Nations Unies [MINUAR] fut la plus grande victoire diplomatique du Hutu Power, qui la doit presque entièrement aux États-Unis[67]." Un autre auteur tire une conclusion similaire : "Les États-Unis ont fait presque unilatéralement obstruction à une intervention internationale au Rwanda six semaines avant le génocide, intervention qui aurait pu empêcher les effusions de sang[68]." Un troisième auteur admet que les États-Unis ont "joué un rôle considérable en empêchant de prendre des mesures pour arrêter ou atténuer le génocide", mais il insiste sur le fait que les États-Unis ne sont pas "les seuls responsables" et que d’autres portent une part de responsabilité[69].

12.41. Comme Puisque, nous l’avons indiqué clairement, dans notre analyse du rôle de la France et parce qu’à notre avis, de nombreux pays, organisations et institutions ont directement ou indirectement contribué au génocide, nous pouvons difficilement faire porter la responsabilité de la catastrophe uniquement aux États-Unis. Mais, il est incontestable qu’aucun pays n’a fait plus que les États-Unis pour saper l’efficacité de priver la MINUAR. de moyens d’agir. Les Rwandais terrifiés espéraient avoir la protection de la MINUAR, mais "à l’exception de la Grande-Bretagne, les États-Unis sont le seul pays absolument insensible" à leurs appelsde tels espoirs[70]. Plus généralement, le rôle subversif des États-Unis aux Nations Unies dans cette terrible crise condamne l’administration Clinton et le Congrès contrôlé par les Républicains.

12.42. Même en plein cœur du génocide, la politique américaine n’accorda aucune priorité aux vies des Rwandais. Lorsque dix Casques Bleus belges furent tués par les forces du gouvernement le lendemain de l’attentat contre Habyarimana, le gouvernement belge se hâta dans la panique de retirer tout son contingent du Rwanda. Embarrassée, la Belgique tenta de faire pression pour le retrait de toute la mission MINUAR[71]. L’ambassadrice américaine Madeleine Albright a tôt fait d’exploiter cette proposition. Peut-être sans peser la signification réelle de ses propres termes, elle proposa de laisser à Kigali une "petite opération squelettique" pour "montrer la volonté de la communauté internationale" ; "plus tard, ajouta-t-elle, le Conseil de sécurité pourrait aviser sur l’attribution d’un mandat effectif". C’est d’ailleurs exactement ce qui s’est passé et le Conseil de sécurité, au milieu du génocide, décida de réduire la MINUAR à un effectif ridicule de 270 personnes et de restreindre son mandat à la médiation et à l’aide humanitaire[72]. Cette décision fut prise en dépit de fortes protestations qui soutenaient l’avis contraire.

12.43. Boutros-Ghali a eu au cours de son mandat de vives altercations avec les États-Unis et ses souvenirs sont beaucoup plus durs envers les Américains qu’envers les Français, dont nous avons décrit en détail le rôle négatif ignominieux au Rwanda. Au chapitre suivant, nous poserons également de sérieuses questions sur son propre rôle au Rwanda au moins pendant le premier mois du génocide. Nous sommes néanmoins persuadés, preuves à l’appui, que la description de dont nous disposons, que la description faite par Boutros-Ghali de la politique américaine de cette époque faite par Boutros-Ghali est foncièrement exacte durant cette période est fondamentalement exacte :

"Pour les États-Unis, c’était une chose d’imposer des conditions sur leur propre participation au maintien de la paix par les Nations Unies. C’en était tout à fait une autre d’essayer d’imposer leurs conditions à d’autres pays. C’est pourtant ce qu’a fait Madeleine Albright. Avec la publication de PDD 25, elle essaya de faire pression auprès des membres du Conseil de sécurité pour que les nouvelles conditions de Clinton soient mises en application avant l’entrée en vigueur de la Résolution 918 du 17 mai 1994 visant à élargir le mandat et à accroître les moyens de la MINUAR. Par exemple, un cessez-le-feu devait être en place ; les parties devaient convenir d’une présence des Nations Unies ; la MINUAR ne devait participer à des opérations d’imposition de la paix que si les événements du Rwanda menaçaient sérieusement la paix et la sécurité internationales. Les troupes, les fonds et l’équipement étaient-ils disponibles ? Quelle était la ’stratégie de désengagement’ ?[73]"

12.44. Le 9 mai, une proposition informelle suggéra la possibilité d’une force des Nations Unies de quelque 4 000 soldats. La réaction américaine fut présentée par Madeleine Albright : "Nous avons de sérieuses réserves sur les propositions visant à établir une vaste mission d’imposition de la paix pouvant opérer partout au Rwanda avec le mandat de mettre fin aux combats, de restaurer l’ordre et le droit et de pacifier la population [...]. La nature de la mission d’imposition de la paix n’est pas clairement définie." Cette déclaration était choquante puisqu’il était parfaitement évident que l’objectif était d’arrêter le génocide. Mais puisque l’administration Clinton aurait pris n’importe quelle mesure faisait l’impossible pour refuser de reconnaître l’existence même d’un génocide, jusqu’en juin, ses porte-parole étaient obligés d’avoir recours publiquement à des termes ambigus et de parler d’"actes de génocide", se ridiculisant ainsi aux yeux du reste du monde - sauf bien sûr de leurs collègues du Conseil de sécurité qui avaient adopté la même attitude honteuse[74]."

12.45. Mais paraître le ridicule semblait préférable à l’autre alternativen’était qu’un moindre mal. Un haut fonctionnaire qui avait participé aux entretiens de l’administration à ce sujet expliqua par la suite que "le fait de reconnaître qu’il s’agissait d’un génocide aurait obligé les États-Unis à agir en vertu du droit international [...] Admettre le génocide et ne rien faire [...] quelles auraient été les répercussions sur les relations de politique étrangère des États-Unis avec le reste du monde [...][75]."

12.46. Un conseiller militaire au Département d’État américain, Tony Marley, a révélé par la suite qu’une autre considération entrait également en jeu. Lors d’une série de réunions visant à analyser la politique de Clinton et auxquelles participait Marley, "un membre du gouvernement demanda [...] quel serait l’impact éventuel sur les élections du Congrès prévues plus tard dans l’année si le gouvernement admettait qu’un génocide avait lieu au Rwanda et si l’on constatait que l’administration ne réagissait pas. Il fallait semble-t-il s’inquiéter du risque de perdre des voix pour le parti du Président, et donc se demander si le terme ’génocide’ devait être utilisé ou non [...]. La tactique était de savoir si l’opinion publique était en faveur d’une intervention au lieu d’agir parce que c’était la chose à faire[76]."

12.47. Enfin, le Conseil de sécurité approuva la MINUAR II avec 5 500 hommes et un mandat élargi. Mais Boutros-Ghali nous a dit : "Albright eut recours aux exigences de la Directive présidentielle 25 pour faire pression sur les autres membres du Conseil de sécurité en vue de retarder le déploiement du contingent de 5 500 hommes au Rwanda jusqu’à ce que je l’assure que toutes les conditions des États-Unis étaient satisfaites [...]. Les efforts des États-Unis réussirent à empêcher le déploiement effectif d’une force de l’ONU au Rwanda, avec l’appui massif [du gouvernement Thatcher] de Grande-Bretagne [...]. La communauté internationale fit peu de choses alors que les massacres se poursuivaient[77]." Disons que le Groupe considère simplement incroyable et un scandale de la nature la plus choquante Il est absolument scandaleux que le génocide ait pris fin pu se terminer avant qu’un seul Casque Bleu représentant la MINUAR II ne se soit montré.

12.48. Boutros-Ghali prend bien soin de montrer dans son mémoire que Madeleine Albright s’est simplement comportée comme un bon coéquipier de Clinton durant toute cette période d’opportunités trahies. Elle n’aurait pas pris position pour l’obstruction, "j’en suis certain, sans autorisation formelle de la Maison Blanche. Alors que le génocide se poursuivait au Rwanda, il semble qu’elle n’ait fait qu’obéir aux ordres[78]." Mais c’est justement le problème. En tant que membre du cabinet Clinton directement responsable auprès de l’ONU, Albright a choisi d’obéir aux ordres même si les conséquences étaient fatales pour des centaines de milliers de Rwandais, et il était hors de doute qu’elles le seraient. Jusqu’à présent, aucun membre d’un gouvernement ou d’une institution les plus directement responsables d’avoir laissé le génocide se produire n’a jamais démissionné pour raison de principe. en signe de protestation. 11.10Au contraire, il est remarquable de constater combien d’entre eux ont grimpé des échelons pour occuper des postes plus prestigieux et plus élevés, comme si leur conduite à propos du Rwanda n’avait aucune importance. À titre de récompense, le Président Clinton, malgré ses profonds regrets pour l’inaction des États-Unis au Rwanda, a ainsi promu Madeleine Albright secrétaire d’État des États-Unis, l’un des postes les plus élevés de l’administration américaine.

12.49. En mai 1994, cinq semaines après le déclenchement du massacre, un influent journal américain reconnaissait que ce qui se déroulait au Rwanda était en fait un génocide, une catastrophe dépassant de loin celle qui advint se passait en Bosnie, laquelle était alors la priorité à l’ordre du jour international. Mais ce journal prévoyait aussi sans se tromper qu’il n’y aurait pas d’intervention des États-Unis puisque le "chaos du Rwanda risquait de déclencher un désastre parallèle au [...] Burundi, mais nulle part ailleurs", tandis que la neutralité américaine dans les Balkans risquait de déstabiliser des "parties du monde d’une importance stratégique vitale[79]."

12.50. Les intérêts américains étant négligeables, Clinton eut le choix entre la complaisance servant ses intérêts de politique intérieure ou la décision d’essayer de sauver un nombre inconnu de vies au Rwanda.

12.51. Malgré les innombrables preuves, la position américaine ne changea jamais. Nous allons voir que tout au long du génocide, les Américains eurent recours à des machinations répétées au Conseil de sécurité contre les tentatives de renforcer la présence militaire de l’ONU au Rwanda ; en fin de compte, pas un seul nouveau soldat ou une seule pièce d’équipement militaire ne put atteindre le pays avant la fin du génocide[80]. Dressant le bilan, un célèbre chroniqueur américain sur le génocide rwandais conclut amèrement que "tous ceux qui croient qu’il n’y aura ’plus jamais’ d’holocauste se trompent dangereusement[81]." Au début de l’an 2000, lors de la rédaction du présent rapport, le principal candidat républicain à la présidence, George W. Bush, interrogé par un journaliste de la télévision qui lui demandait ce qu’il ferait en tant que président "si jamais, Dieu nous en préserve, un autre Rwanda devait se produire", répondit : "Nous ne devrions pas envoyer nos troupes mettre fin à des purifications ethniques et à des génocides qui ne concernent pas nos intérêts stratégiques [...]. Je n’enverrais pas de troupes américaines au Rwanda[82]."


[52] Maison Blanche, Bureau de l’attaché de presse, "Remarks by the President to Genocide Survivors".

[53] Richard N. Haas, "The Squandered Presidency : demanding more from the Commander-in-Chief", Foreign Affairs, 79, no 3, mai-juin 2000.

[54] Millwood, Étude 2, 36.

[55] Des Forges, 176.

[56] Human Rights Watch, "Arming Rwanda", 17.

[57] Entrevue du Frontline.

[58] Herman Cohen, présentation au GIEP, 1999.

[59] James Woods, entrevue du Frontline ; Tony Marley, conseiller politique militaire pour le Département d’État américain de 1992 à 1995, entrevue au Frontline.

[60] James Woods, entrevue au Frontline.

[61] Boutros Boutros-Ghali, Unvanquished : A US-UN Saga (New York : Random House, 1999).

[62] Ibid.

[63] Ibid

[64] James Woods, entrevue au Frontline.

[65] Boutros-Ghali, Unvanquished.

[66] Tony Marley, entrevue au Frontline.

[67] Philip Gourevitch, We wish to inform you that tomorrow we will be killed with our families. Stories from Rwanda (New York : Fairer Straus & Giro, 1998), 150.

[68] Alan Kuperman, dans le Washington Post, 24 décembre 1998.

[69] Adelman, "Role of Non-African States", 1.

[70] Ibid., 18-19.

[71] Sénat de Belgique, Rapport fait au nom de la Commission d’enquête par MM. Mahoux et Verhofstadt, session de 1997-1998, Commission d’enquête parlementaire concernant les événements du Rwanda, no 1-611/7, annexes nos 1-611/8 à 15 (Belgique : Sénat de Belgique, 6 décembre 1997), 525 ; Des Forges, 177 ; Millwood, Étude 2, 44.

[72] Boutros-Ghali, Unvanquished.

[73] Ibid.

[74] "Triumph of Evil", documentaire du Frontline.

[75] Tony Marley, entrevue au Frontline.

[76] Ibid.

[77] Boutros-Ghali, Unvanquished.

[78] Ibid.

[79] "Why no Rwanda". The New Republic, éditorial, 16 mai 1994.

[80] African Rights, Death, Despair, 1126.

[81] Philip Gourevitch, entrevue au Frontline.

[82] American Broadcasting Corporation (ABC), This Week, transcription, 23 janvier 2000.


Source : Organisation de l’Unité Africaine (OUA) : http://www.oau-oua.org