La campagne belge

À partir du 12 avril 1997, la Belgique a insisté sur le retrait intégral de la MINUAR. Dans son télex du 13 avril à DELBELONU relatant son entrevue avec M. Boutros-Ghali, M. Claes confie à la délégation Belge une mission complémentaire qu’il définit comme suit : les postes se trouvant dans les pays qui sont membres du Conseil de sécurité ou qui fournissent des troupes doivent informer d’urgence leurs interlocuteurs de l’analyse faite au point 1 (retrait), de manière que ces pays nous aident dans la mesure du possible à obtenir des Nations Unies une décision rapide de retrait des troupes de la MINUAR.

Au cours de son audition du 25 juin 1997, M. Brouhns déclare : " Le même jour, la mission informe les cinq membres permanents du Conseil de sécurité ainsi que la mission d’Espagne, qui siégeait comme membre non permanent. Ces démarches se sont effectuées au niveau du conseiller politique de la mission. Le même jour, l’ambassadeur Noterdaeme recontre le chargé d’affaires américain pour lui faire part de la position belge telle que communiquée par M. Claes à M. Boutros-Ghali.

Le 13 avril, a lieu à New York une réunion des pays contributeurs de troupes à la MINUAR. Durant celle-ci, l’ambassadeur Noterdaeme intervient pour communiquer la position belge. Le même jour, il adresse une lettre au président du Conseil de sécurité pour rappeler, par écrit, la position du Gouvernement belge.

Le 15 avril, l’ambassadeur Noterdaeme a effectué une démarche auprès du numéro deux de l’ONU, Kofi Annan, en l’absence de M. Boutros-Ghali, auprès du président du Conseil de sécurité et auprès des cinq membres permanents ainsi que de l’Espagne, de l’Argentine et du Pakistan, trois membres nonpermanents du Conseil de sécurité. Il s’agissait d’un effort diplomatique important, de démarches formelles, préparées et concertées sur base d’instructions de Bruxelles, avec un message précis transmis par le Gouvernement belge. Ces démarches ont été souvent doublées par les contacts directs entre Bruxelles et les capitales membres du Conseil de sécurité...

Nous n’avons pas abordé, dans nos contacts, les pays dont nous savions que la position était opposée à celle du Gouvernement belge. Nous avons évité d’effectuer des démarches auprès des pays africains. Les positions des membres du Conseil de sécurité étaient les suivantes : la position américaine a évolué entre le retrait total et le maintien limité et symbolique d’une présence de la MINUAR sur place. La position du Royaume-Uni était relativement semblable à celle des Américains, au début pour un retrait total et ensuite une évolution vers le maintien d’une présence limitée de la MINUAR, pour observer symboliquement et passivement la situation sur le terrain. La Russie et l’Espagne suivaient plus ou moins le train anglo-saxon. La Chine est restée relativement silencieuse durant ces débats. La France a été directement partisane du maintien de la MINUAR sans les Belges, sans plaider pour un renforcement de cette MINUAR. " (122c)

Pourquoi cette volonté d’obtenir le retrait ?

Le ministre Claes a donné à la Commission l’explication suivante : " De grondslag voor het mandaat was verdwenen ; er was geen sprake meer van peacekeeping ; van de Arusha-akkoorden bleef niets over ; er was complete chaos : geen regering meer, geen ambassades meer, geen telefonische infrastructuur meer, het vliegveld was niet meer onder controle, er was geen staakt-het-vuren, de verschillende troepen vochten met elkaar, er werd geplunderd en de Blauwhelmen liepen zonder uitzondering zware risico’s. Indien de regering toen had beslist de troepen daar te houden, zou u mij nu wellicht, als er meer doden waren gevallen, de vraag stellen wat wij nog meer nodig hadden om troepen terug te trekken. Naast de vaststelling dat de Blauwhelmen onder geen enkel beding incidenten en moordpartijen konden stoppen en naast het feit dat in de Veiligheidsraad er helemaal geen politieke wil bestond tot versterking van het mandaat, moet nog een ander element vermeld, namelijk de brief van Boutros-Ghali, gericht aan de Veiligheidsraad de dag na mijn gesprek in Bonn. " (...)

" Ik heb het over het rapport van 8 april van de heer Booh-Booh aan de heren Kofi Annan en Goulding. " (123c)

Le ministre Claes concluait que le rapport du 8 avril confirmait son analyse. Selon ce rapport, les troupes en étaient réduites à l’autodéfense et des combats étaient en cours entre le FPR et la garde présidentielle. L’utilisation de l’aéroport n’était pas garantie et les troupes ne pouvaient se procurer de l’eau potable. En plus, il n’y avait plus de téléphone. La conclusion de M. Booh Booh était que les troupes avaient une mission de maintien de la paix et qu’elles n’étaient sûrement pas préparées à un conflit de longue durée (124c).

En réponse à une question d’un commissaire qui souhaitait savoir pourquoi la Belgique avait fait tant d’efforts pour obtenir le retrait complet de la MINUAR, le ministre Claes déclara que " la crainte de perdre la face " avait très certainement joué un rôle, surtout après la lettre malheureuse de M. Boutros-Ghali dans laquelle celui-ci justifiait le retrait de la MINUAR en avançant pour seule raison la décision du Gouvernement belge de rappeler son contingent. " Het feit dat die brief geschreven en gekend was, heeft ons psychologisch verplicht erop te wijzen hoe zwak de positie van UNAMIR was geworden en hoe weinig grond er nog was voor het vervullen van welke zinnige taak ook. " (125c)

Le Cabinet restreint du 13 avril 1994, auquel le ministre des Affaires étrangères n’était pas présent, conclut :

" In afwachting van de eerstvolgende vergadering van de Veiligheidsraad worden de diplomatieke inspanningen om de opschorting van de MINUAR te bekomen geïntensifieerd. De regering blijft bij haar standpunt dat tegen de achtergrond van het bestaande mandaat (Resolutie nr. 909) de huidige zending zinloos is en er zeker geen rol is voor België in de zending. De uiteindelijke Belgische houding zal bepaald worden in functie van de evolutie van de besprekingen in de VN. " (126c)

L’opération d’évacuation est annoncée le 13 avril par une lettre du représentant permanent de la Belgique au Conseil de sécurité. Il y souligne une nouvelle fois que, pour la Belgique, maintenir la MINUAR n’a pas de sens, et il parle de " widespread massacres " et de grand chaos : " It is obvious that under these conditions the continuation of the UNAMIR operation has become pointless within the terms of its present mandate. In any event, the continued presence of the Belgian contingent would expose it to unacceptable risks.

In conclusion the Belgian Government is of the opinion that it is imperative to suspend the activities of UNAMIR forces without delay. " (127c)

Au Cabinet restreint du 14 avril, New York envisage le maintien d’un noyau pour maintenir la paix. Il est demandé à la Belgique de fournir du matériel logistique et des experts. Le cabinet restreint reste fermement attaché à l’option selon laquelle la Belgique est disposée à fournir la logistique, mais pas les experts.

" Indien deze optie niet wordt weerhouden zal nagegaan worden wat " logistiek " kan gedaan worden om MINUAR-zending verder " aan te kleden ", wel te verstaan dat dit zonder Belgische experten dient te gebeuren. " (128c)

Le cabinet restreint se réunit à nouveau le 14 avril, en début de soirée. À cette occasion, le ministre Claes fait savoir que la plupart des pays membres du Conseil de sécurité approuvent le point de vue de la Belgique.

L’armée serait disposée à abandonner un matériel d’une valeur de 220 millions de francs.

Il faut poursuivre les efforts sur le plan diplomatique, pour faire admettre l’" option angolaise ", suivant laquelle l’ONU serait chargée uniquement d’une mission politique limitée.

Au cas où l’ONU déciderait de rester malgré tout, il faudrait veiller à abandonner le moins de matériel possible (129c).

Le 15 avril 1994, le Cabinet restreint charge instamment le ministre Claes d’intervenir par écrit auprès du Secrétaire général de l’ONU, des membres du Conseil de sécurité et des fournisseurs de troupes pour communiquer le point de vue selon lequel le mandat est devenu sans objet, que la Belgique ne peut plus participer et qu’elle ne peut pas envoyer d’experts, mais qu’elle est disposée à offrir un soutien logistique si des troupes de l’ONU restaient sur place.

Le cabinet restreint charge également les militaires de préparer l’évacuation des Casques bleus belges. La décision définitive de retrait est encore postposée de quelques jours.

Selon les termes du ministre Claes, la position des autres membres du Conseil de sécurité est la suivante : " Nigeria pleit voor behoud en zo mogelijk versterking van het mandaat. Het spreekt namens een groep Afrikaanse staten. Ik weet niet of u ervan in het bezit bent, maar er bestaat een persbericht, " Statement of the African group on the situation in Ruanda and Burundi ", dat werd uitgegeven door het executief secretariaat van de UNO. Daarin wordt inderdaad gepleit voor een versterking van het mandaat. De Fransen zijn van oordeel dat UNAMIR niet bij machten is bij te dragen tot de pacificatie, maar vragen zich af of het voorlopig niet mogelijk is ons in te graven, op en rond het vliegveld. Groot-Brittannië zegt, vrijblijvend, want London had geen standpunt ingenomen, dat het wijs zou zijn UNAMIR terug te trekken. Verenigde Staten : idem. Zij stellen zelfs voor Booh Booh onmiddellijk te vragen Rwanda te verlaten en een post te kiezen in een buurland. Spanje : terugtrekken. Rusland : terugtrekken. Argentinië : UNAMIR moet in een ander land worden ontplooid. Rwanda, lid van de Veiligheidsraad : no comment. Ik heb het nu over 12 april. Nieuwe-Zeeland was voorzitter en probeert telkens opnieuw een gemeenschappelijk noemer te vinden. Het gaat dus noch de ene noch de andere richting uit. " (130c)

Au cours de la réunion du cabinet restreint du 15 avril, le ministre Claes a fait rapport des discussions qui ont eu lieu au Conseil de sécurité, et aux termes desquelles aucune décision n’avait encore été prise (131c).

Les priorités étaient les suivantes : mettre un terme, aussi vite que possible, à l’opération " Silver Back " ; donner à KIBAT des positions qui lui permettent de partir ; à cet égard, on ne savait toujours pas si le départ des Belges se ferait dans le cadre d’un retrait général ou non.

Il a été convenu des démarches suivantes : au niveau diplomatique, il y aurait une nouvelle intervention auprès du secrétaire général des Nations unies, auprès du président et des membres du Conseil de sécurité, ainsi qu’auprès des pays fournisseurs de troupes, pour leur expliquer que le mandat des Nations unies au Rwanda est inutile d’un point de vue politique et intenable d’un point de vue militaire ; au niveau militaire, le colonel Marchal reçoit l’instruction de préparer concrètement le retrait. La décision de partir, " le go final ", sera prise le lendemain (16 avril).

Le 16 avril, l’ambassadeur Noterdaeme fait rapport des discussions qui ont eu lieu au Conseil de sécurité (132c) : l’on n’est pas parvenu à un accord concernant la cessation des activités de la MINUAR en raison de l’opposition commune des pays africains et du secrétariat. M. Noterdaeme a fait comprendre au secrétariat que la décision d’évacuer les Casques bleus belges sera mise en oeuvre sans délai, quelle que soit la décision du Conseil de sécurité.

Cette nouvelle n’a pas rencontré l’enthousiasme du secrétariat :

" J’ai relevé que le secrétariat me semblait ne pas avoir une évaluation correcte de ces risques.

Kofi Annan m’a écouté avec civilité sans vraiment réagir quant au fond.

Le président du Conseil de sécurité a souligné que les efforts et les motivations de la Belgique étaient appréciés par les membres du Conseil. Il a répété sa compréhension face au retrait belge. Le seul problème, a-t-il ajouté, dans la gestion de cette crise réside dans la différence d’évaluation entre la Belgique et le secrétariat ".

Bien qu’il ne soit pas possible d’aboutir à un consensus, la Belgique a continué à insister pour un retrait total. L’ambassadeur est intervenu une fois de plus auprès des divers membres du Conseil de sécurité " pour les travailler dans le sens d’une suspension des activités de la MINUAR ".

Si le secrétariat s’oppose au retrait de la MINUAR, c’est surtout parce qu’il se préoccupe du sort de la population locale : " Le secrétariat a déconseillé l’option 2 (forte réduction de la MINUAR) prétextant qu’elle provoquerait un drame humanitaire ... Mon collègue américain estime inacceptable l’argument du drame humanitaire qui, s’il était généralisé, rendrait impraticable la gestion des opérations de maintien de paix."

Les efforts diplomatiques intensifs ont en fin de compte malgré tout eu un certain résultat.

Dans un communiqué de presse du secrétariat, publié à la suite des diverses consultations, on peut lire :

" Council Members took note and fully understood Belgium’s decision to withdraw its troops in UNAMIR at the same time that it is repatriating the troops that have been providing security for the evacuation of foreign nationals. "

Grâce aux interventions amicales des partenaires européens et de la Russie, le communiqué de presse qui a été diffusé n’était pas trop négatif pour la Belgique : " Ce passage a été obtenu grâce aux interventions amicales de nos trois partenaires européens (France, Espagne, Royaume Uni) et des États-Unis . " (133c)

Bien que le Conseil de sécurité n’ait pas approuvé formellement la décision belge, M. Noterdaeme conclut qu’il y avait une base suffisante pour quitter le Rwanda : " Il me semble fournir un cadre onusien suffisamment adéquat à la décision prise ce matin par le Gouvernement belge. " (134c)

Il ajoute de manière laconique que les missions diplomatiques de nos partenaires européens ont été très utiles à la défense de nos intérêts.

Le cabinet restreint se réunit dans l’après-midi du 16 avril et accorde une attention particulière au communiqué de presse susvisé.

Le Premier ministre Dehaene en conclut que les Nations unies donnent le feu vert au retrait des Casques bleus belges du Rwanda : les conditions politiques sont réunies et, à partir de là, l’opération devient une question purement militaire (135c).

Attitude de l’ONU

La position de la Belgique quand au retrait total des troupes n’était pas partagée par le secrétariat des Nations Unies. Selon M. Brouhns : " Essentiellement, le secrétariat des Nations Unies travaillait dans l’idée d’un échec temporaire d’un processus de paix, et estimait qu’un cessez-le-feu, une renégociation entre les parties, et la remise sur rail d’Arusha restaient possibles, et pour cela il fallait rester. En Belgique, on estimait que cette chance n’était plus crédible, et qu’on allait vers un accroissement des affrontements.

Vraag : Mais je suppose que l’analyse du Secrétariat reposait, en grande partie, sur les contacts de terrain, sur Booh Booh et Dallaire, parce que je ne vois pas comment autrement ... Je vous pose la question : à votre avis, qui faisait cette évaluation, puisqu’on sait très bien que New York en tant que telle n’a pas les moyens de faire cette évaluation ?

Réponse : Essentiellement, Dallaire. Je me rappelle d’un entretien cela m’avait frappé qu’on a eu : Dallaire était à New York le 30 mars, une semaine avant l’attentat. Il rencontre le Secrétariat, les membres du Conseil de sécurité, et le discours qu’il tient est relativement optimiste. Dallaire, à l’époque, est considéré pour nous à New York comme l’un des hommes les mieux renseignés sur la situation au Rwanda.

Que nous dit-il ? Il y a trois points dans sa communication. Il croit encore en la bonne foi des dirigeants des deux parties, sans cependant exclure qu’il y ait des individualités radicales dans l’un ou l’autre camp. Ensuite, il estime que le Rwanda est effectivement à la croisée des chemins, que les divergences politiques deviennent minimales entre les parties, et que donc on se rapproche d’un accord, mais que si ce n’est pas le cas, on va avoir un sérieux problème. Trois, Dallaire estime qu’il n’existe chez aucune des parties et là je cite un " masterplan " secret. Il est intéressant de se dire que, l’homme le mieux informé, pour les Nations Unies, au sujet du Rwanda, qui vient à New York les 30-31 mars, diffuse ce message au Conseil de Sécurité et au Secrétariat. Il est clair qu’à partir du moment où l’attentat éclate, les diplomates et les gens au Secrétariat ont pour information principale cet entretien. Ils se disent que c’est un dérapage, parce que Dallaire a tenu huit jours auparavant un langage optimiste. Le Secrétariat travaille dans cette optique de reconstruction possible, et c’est pour cela qu’il veut maintenir la MINUAR, alors qu’apparemment, à Bruxelles, on estime que ce scénario n’est plus tenable. " (136c)

Le 13 avril 1994, le secrétaire général adresse au président du Conseil de sécurité une lettre dans laquelle il explique le point de vue de la Belgique développé par le ministre Claes lors de sa rencontre à Bonn :

" He informed me that the Government of Belgium has decided to withdraw its contingent serving with UNAMIR at the earliest possible date " . (137c)

Suite à la position de la Belgique, le Secrétaire général recommande le retrait de la MINUAR, étant donné qu’il ne croit pas à la perspective d’un remplacement du contingent belge par un contingent d’une qualité équivalente :

" In the light of this decision by the Government of Belgium, it is my assessment that it will be extremely difficult for UNAMIR to carry out its tasks effectively. The continued discharge by UNAMIR of its mandate will become untenable unless the Belgian contingent is replaced by another equally well equipped or unless the Government of Belgium reconsiders its decision to withdraw its contingent.

In these circumstances, I have asked my Special Representative and the Force Commander to prepare plans for the withdrawal of UNAMIR, should this prove necessary, and send their recommendations to me in this regard. (...) " (138c)

La lettre du secrétaire est inacceptable pour le Conseil de sécurité qui estime qu’on ne peut lier une décision du Conseil de sécurité à une décision du gouvernement belge (139c).

La position de la Belgique n’a pas été suivie par le Conseil de sécurité. Le 16 avril 1994, dans une déclaration à la presse, le Conseil de sécurité exprime sa compréhension de la position belge mais reste divisé sur l’opportunité du retrait (140c).

Ce ne sera que le 21 avril 1994 que, dans sa résolution 912, le Conseil de sécurité décide un ajustement du mandat de la MINUAR et autorise une réduction de ses effectifs (141c).

Un des éléments du rapport du secrétaire général qui est communiqué au Conseil fait clairement état de ce que le retrait belge a " introduit un élément critique dans la détérioration de la situation " (142c).

À la question de savoir si l’attitude de la Belgique dans le dossier Rwanda a conduit à une certaine déception de la part des autorités des Nations unies, le représentant permanent belge, M. Brouhns répond :

" Il est clair que cela a créé un certain froid dans nos contacts avec le secrétariat. Il faut se mettre à leur place : leur travail n’était pas rendu tellement plus facile par notre conduite.

Il est clair qu’il y a eu des manifestations desquelles on pouvait tirer la conclusion qu’il y avait peut-être une certaine perte ou une baisse temporaire de crédibilité " (143c).


Source : Sénat de Belgique