« Israël et la Russie face à une menace commune »

Israel and Russia Stand Against a Common Threat
Pravda (Russie)

[AUTEUR] Gil Eyal est citoyen israélien, ancien militaire de Tsahal. Il est rédacteur sur les questions de sécurité pour le site Nfc.co.il. Cette tribune a été rédigée avant que les troupes russes ne donnent l’assaut à Moscou.

[RESUME] Il est temps pour tous les pays du monde d’oublier leurs différends et de faire un front commun face au terrorisme. Israël l’a compris depuis longtemps. C’est pourquoi le Mossad a très vite proposé son aide aux services russes afin de les aider à répondre aux preneurs d’otages de Moscou.
Israël sait bien que s’il n’agit pas contre le terrorisme en aidant les autres pays, il sera le prochain État à devoir faire face à ce type d’attaques ou de prises d’otage. Il est temps que s’unissent enfin les forces du Bien.

« La Tchétchénie a besoin de politiques, pas de troupes russes supplémentaires »

Chechnya needs politics, not more Russian troops
The Guardian (Royaume Uni)

[AUTEUR] Lord Judd est rapporteur de l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe sur la Tchétchénie et co-président du groupe de travail du Conseil de l’Europe et de la Douma sur la Tchétchénie.

[RESUME] La prise d’otage de Moscou et son dénouement tragique nous montrent bien que, du côté russe comme du côté tchétchène, personne n’est prêt à négocier ou à déposer les armes. Ce conflit ne saurait trouver d’issue exclusivement militaire. Il exige une solution diplomatique.
Il est important que les mouvements tchétchènes modérés se fassent connaître et se démarquent des plus extrémistes. Il faut que le Conseil de l’Europe s’appuie sur eux pour commencer à négocier avec la Russie.
Il est également important que l’opinion internationale fasse pression sur la Russie pour qu’elle accepte de s’asseoir à la table des négociations. Cette question devrait être prioritaire dans les relations de tout État avec la Russie.

« Le fondamentalisme et les politiques démocratiques »

Fundamentalism And Democratic Politics
Prospect (Royaume-Uni)
L’article n’est pas disponible sur le site du magazine mais a été repris sur celui du Foreign & Commonwealth Office

[AUTEUR] Jack Straw est ministre des affaires étrangères du Royaume-Uni.

[RESUME] Depuis le 11 septembre 2001, il est courant d’entendre parler du fondamentalisme musulman. Il en est tellement question qu’on pourrait même se demander si le fondamentalisme n’existe que dans cette religion.
Il faut se souvenir que le terme de fondamentalisme a été utilisé tout d’abord pour désigner les protestants qui refusaient les théories de Darwin et s’accrochaient au "créationisme". Toutes les religions ont développé des factions extrémistes et fondamentalistes, y compris les religions vues comme les plus pacifistes, tel le Boudhisme.
A l’échelle de l’histoire, on pourra noter que l’Islam n’a pas généré plus de fondamentalistes que d’autres religions et que le fondamentalisme ne se développe pas de la même façon partout dans le monde musulman. Cette notion de monde musulman est d’ailleurs trompeuse, car elle englobe dans une même dénomination des univers très différents. Il n’y a pas d’homogénéité culturelle réelle entre les pays musulmans et le fondamentalisme ne s’y développe pas de la même façon partout. On peut d’ailleurs noter que les pays musulmans démocratiques, comme la Malaisie et la Turquie ne connaissent pas de problèmes liés au fondamentalisme. Rien dans l’Islam n’est donc incompatible avec la démocratie.
Nous n’avons pas à avoir peur d’une apparition du fondamentalisme chez les populations musulmanes en Europe. Sarajevo jusqu’en 1990, était connue comme un endroit très tolérant tout comme l’était l’Islam en Espagne jusqu’en 1492. En Occident, l’Islam, au contact de la démocratie, n’amènera pas le fondamentalisme, mais trouvera sa propre voie et s’intègrera.

« L’axe de l’envie »

The axis of envy
Jerusalem Post (Israël)

[AUTEUR] Josef Joffe est rédacteur en chef de Die Zeit à Hambourg et associé du Olin Institute for Strategic Studies de la Harvard University.

[RESUME] L’anti-américanisme et l’anti-israélisme vont toujours de paire dans le monde arabe. Il en va de même en Europe.
Ainsi, on a pu voir José Bové démonter un Mac Donald en France, puis venir serrer la main de Yasser Arafat pour condamner la riposte d’Israël à une attaque terroriste en la présentant comme une agression contre un peuple. Pour l’extrême droite et l’extrême gauche européennes, l’anti-américanisme et l’anti-israélisme sont irrémédiablement liés pour trois raisons :
- Tout d’abord, Israël et les États-Unis sont des économies florissantes et dominantes dans leur sphère régionale ou dans le monde et comme l’a exprimé Freud, l’envie fait souvent naître le ressentiment.
- Ensuite, il y a un vieil attachement en Europe au mythe des Protocoles des sages de Sion selon lesquels il existerait un complot juif pour s’assurer la domination mondiale. Aujourd’hui, ce mythe a pris une nouvelle forme et ses partisans affirment qu’Israël a pris le contrôle de la première puissance mondiale. Israël utiliserait aujourd’hui les ressources de "l’hyper-puissance", pour reprendre l’expression forgée par l’ancien ministre des Affaires étrangères français Hubert Vedrine, pour dominer le monde.
- Enfin, Israël et les États-Unis sont des sociétés multiculturelles ayant conservé une forte identité nationale, au contraire des États européens qui sont entrés dans une ère post-nationale. L’abandon de la notion de nation en Europe et le dépassement des guerres européennes donnent un sentiment de supériorité à la population du vieux continent. Elles nourrissent chez elle une nostalgie de la vitalité du sentiment national tel qu’il existe encore à Washington et à Tel-Aviv. L’Europe n’est arrivée à cette ère post-nationale qu’après avoir engendré les deux plus grands maux du XXIème siècle : le fascisme et le communisme. Les pays européens attendent pour se réconcilier avec Israël et les États-Unis que ces deux pays abandonnent aussi leur patriotisme. Ce faisant, ils refusent de considérer qu’Israël doit encore lutter pour son existence et que les États-Unis sont pour longtemps la première puissance du monde.

« Ca semble douteux, monsieur le président. »

Sounds fishy, Mr. President
The Globe and Mail (Canada)

[AUTEUR] John MacArthur est l’éditeur de Harper’s Magazine. Il est l’auteur de Second Front qui traite de la censure lors de la première guerre du Golfe.

[RESUME] La famille Bush n’a pas l’habitude de s’embarrasser de la vérité en ce qui concerne l’Irak. Avant la guerre du Golfe, en 1990, Bush 1er avait inventé des histoires de bébés tués par les légions de Saddam Hussein dans les maternités koweïtiennes et de troupes irakiennes menaçant le royaume saoudien, qui s’étaient révélées être des mensonges. Cela avait néanmoins permis de faire accepter par le Congrès des États-Unis et par le Conseil de sécurité le principe d’une guerre en Irak et avait détourné l’opinion publique de la vraie cause du conflit : le contrôle du pétrole du Golfe persique.
Aujourd’hui, Bush II ment de la même façon quand il affirme que Saddam Hussein est sur le point de posséder l’arme atomique ou qu’il a massacré son propre peuple. La mort de 4000 Kurdes en 1988 était due à un tir croisé des armées iranienne et irakienne et à l’époque l’administration Reagan n’avait émis aucune protestation.
Il est évident que la prochaine guerre en Irak n’aura pas pour but de préserver les Droits de l’homme comme l’administration de Bush II essaye de nous le faire croire.

« La guerre secrète »

The Secret War
Los Angeles Times (États-Unis)

[AUTEUR] William M. Arkin est analyste en questions militaires, rédacteur du site internet The U.S. Military Online.

[RESUME] Jusqu’ici, les actions secrète du Pentagone étaient menées conjointement par l’ancien Intelligence Support Activity (dont le nouveau nom de code est Gray Fox), la CIA et les forces spéciales. Le centre de direction de ces opérations secrètes était basé en Caroline du Nord sous la responsabilité du Général Dell L. Dailey -dont la biographie elle-même est secrète-, le tout sans que ce commandement ait une existence officielle.
Malgré cette organisation, déjà importante, le Pentagone veut encore renforcer ses capacités d’actions secrètes. Le département de la Défense est, en effet, en train de construire une armée secrète encore plus imposante qui utilisera la meilleure technologie et disposera d’un vrai commandement unifié pour lui permettre de frapper vite, partout dans le monde.
Ce développement des activités secrètes est un signe du pouvoir grandissant de Donald Rumsfeld dans la guerre au terrorisme. Il correspond au projet de réorganisation des armées qu’il a engagé depuis le 11 septembre.

« Se diriger vers la Turquie »

Heads up on Turkey
Washington Times (États-Unis)

[AUTEUR] Mark R. Parris a été ambassadeur des États-Unis (1997-2000). Il est conseiller sur les questions turques du Washington Institute for Near East Policy, une organisation qui mène campagne contre les personnalités pro-Arabes aux USA.

[RESUME] Une guerre contre l’Irak, si elle devait avoir lieu, ne pourrait pas se faire sans la Turquie. C’est pour cette raison que les États-Unis doivent être attentifs au résultat des élections qui s’y dérouleront le 3 novembre. En effet, les sondages annoncent une victoire du parti AK, un parti islamiste composé des anciens membres du parti de Bulent Ecevit qui avait été dissout par l’establishment laïc du pays.
Très vite, le nouveau gouvernement devra faire face à trois grandes questions qui mécontentent l’opinion publique turque : l’entrée de Chypre dans l’Union Européenne alors que la demande d’adhésion de la Turquie sera bientôt à nouveau négociée, les difficultés économiques et les relations difficiles avec le FMI, et enfin la possibilité d’une crise économique liée à une guerre entre les États-Unis et l’Irak.
Si le gouvernement Bush veut pouvoir compter sur l’aide des futurs dirigeants de la Turquie, il doit bien comprendre les difficultés qu’ils devront affronter.

« Les gauchistes face au virage du libre marché »

Leftist With a Free-Market Twist
Washington Post (États-Unis)

[AUTEUR] Mark Feierstein est associé du Greenberg Quinlan Rosner Research. Il a été haut fonctionnaire au département d’État dans l’administration Clinton et membre du Council on Foreign Relations.

[RESUME] Certains analystes ont vu la victoire de Lula au Brésil comme un événement dramatique pour le développement du modèle libéral en Amérique latine. Au contraire, cela doit être perçu comme une acceptation de la libéralisation économique dans ces pays.
En effet, le Parti des travailleurs de Lula a dû modifier en profondeur son discours traditionnel pour être enfin accepté par les citoyens et gagner les élections. On ne peut nier que ce vote exprime un désir de changement, mais Lula n’aurait pu être élu s’il n’avait pas renoncé à son discours populiste habituel.
La victoire de Lula est le signe que les différents partis politiques d’Amérique du Sud, y compris les partis gauchistes, ont tout à gagner à accepter l’économie de marché.