Il est difficile d’identifier précisément le coût du programme NMD pour deux raisons :

- tout d’abord la NMD s’inscrit dans la lignée de précédents programmes de défense antimissiles dont elle bénéficie en partie, certains développements étant en outre communs avec d’autres projets,

- d’autre part, la complexité de l’architecture du système et les fluctuations du calendrier rendent assez aléatoires les évaluations qui varient selon les organismes : Pentagone, Congrès, experts.

Les estimations du Pentagone

Selon les documents remis à votre rapporteur par la Ballistic Missile Defense Organization (BMDO), le coût de la NMD se répartirait comme suit :

- 15 milliards de dollars pour la phase 1 élargie, de 2000 à 2007,

- 29 milliards de dollars pour la période 2007-2011,

- auxquels il faut ajouter 7 milliards de dollars dépensés entre 1993 et 2000.

Se fondant sur un budget global de la défense de l’ordre de 300 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie, la BMDO estime que le coût du programme NMD ne dépasserait pas 1 % de l’effort de défense américain.

Les estimations de l’office budgétaire du Congrès

L’office budgétaire du Congrès a effectué en avril dernier une évaluation précise du coût du programme, en considérant la période 1996-2015.

Le tableau ci-dessous résume les conclusions de cette évaluation.

Le coût de la NMD sur la période 1996-2015 selon l’office budgétaire du Congrès

Types de coûtsPhase 1 élargiePhase 2Phase 3
Etudes, développement et construction20,925,635,0
- intercepteurs 7,1 9,5 12,7
- radars " en bande X " 1,2 2,5 4,6
- radars d’alerte rapide 1,3 1,3 1,7
- commandement et communications 2,2 2,2 3,6
- intégration du système 5,4 5,4 5,4
opérations8,510,013,9
Total29,535,648,8
Système SBIRS-Low 0,0 10,6 10,6

L’office budgétaire du Congrès, qui retient toutefois une période plus large que le Pentagone, aboutit donc à une évaluation de l’ordre de 60 milliards de dollars jusqu’en 2015, incluant le satellite SBIRS-Low, financé par l’armée de l’air, qui participe au programme NMD mais aurait sans doute été développé en tout état de cause.

Quelle que soit l’estimation retenue, il s’agit donc d’un programme coûteux, bien qu’en deçà des dépenses envisagées pour les programme F-22 et surtout Joint Strike Fighter (JSF). Mais il demeure dans les possibilités d’un budget d’investissement de la Défense en progression qui bénéficie pleinement des excédents dégagés par les finance


Source : Sénat (France) : http://www.senat.fr