« Elle ne s’est pas cassé finalement »

It Ain’t Broke After All
Los Angeles Times (États-Unis)

[AUTEUR] William M. Arkin est analyste en questions militaires, rédacteur du site The U.S. Military Online. Il est chroniqueur du Los Angeles Times.

[RESUME] Au premier coup d’œil, la guerre en Irak semble avoir produit une victoire rapide, mais à y regardant de plus près, on se rend compte qu’il y a encore plus de motifs de se réjouir. Alors que les armées et l’industrie d’armement sont déjà en train de tenter de tirer les leçons de la guerre et plaident pour une nouveau renforcement de la technologie, la principale leçon à tirer de la guerre, c’est que les États-Unis ont réussi à s’adapter à la fin de la Guerre froide.
Durant cette période, les États-Unis ont cru qu’ils seraient incapables de s’opposer par des moyens conventionnels à une invasion de l’Europe de l’Ouest par des troupes du Pacte de Varsovie. Ils se sont donc concentrés sur leur arsenal nucléaire. La Guerre du Golfe en 1991 avait démontré l’utilité des forces conventionnelles et de gros efforts ont été réalisés pour développer ces troupes. Aujourd’hui, grâce aux progrès des méthodes de communication et de détection nous avons pu développer notre vitesse d’exécution et rendre nos frappes plus précises.
Ceux qui plaident pour le développement de nouveaux armements, plus rapides que ceux que nous avons actuellement, oublient que pendant cette guerre nous avons pu utiliser des B1 et des B52 pour les bombardements et des chars Abrams sans que cela nous ralentisse et avec une grande efficacité. La seule chose qu’il faut perfectionner est le combat en commun des différents corps d’armée et qu’ils cessent de se concurrencer entre eux. Il faut que nous apprenions à mieux combiner les différentes puissances de feu. Nous devons accepter que nous avons une puissance énorme et qu’il n’est plus nécessaire de la développer encore dans l’immédiat.

« Avec les défenseurs de notre liberté »

With the defenders of our freedom
Washington Times (États-Unis)

[AUTEUR] Fondateur et président d’honneur de la Freedom Alliance, Oliver North est chroniqueur régulier du Washington Times. Il a été un des hommes clés de l’Irangate, notamment de l’organisation et du financement par l’argent de la drogue des Contras au Nicaragua

[RESUME] Il y a encore beaucoup à faire pour pacifier l’Irak, mais les principales batailles sont derrières nous. En tant que correspondant embarqué pour Fox News, accompagnant les troupes, j’ai pu voir le travail remarquable réalisé par nos soldats. Quand ils rentreront à la maison, ils n’oublieront pas ceux qui les ont accusés du pire :
- Les élitistes qui les critiquent pour le pillage de musées alors qu’ils défendaient la population pendant ce temps là ;
- Les groupes de protection des Droits de l’homme qui critiquent l’intervention états-unienne mais ne voyaient pas les crimes de Saddam Hussein ;
- Kofi Annan qui regrettait « le lourd prix à payer pour les Irakiens », mais n’a pas voulu voir le « lourd prix » payé par la corruption par l’ONU du programme pétrole contre nourriture ;
- Les analystes d’Hollywood qui affirmaient que les troupes états-uniennes allaient au désastre ;
- Ce professeur de l’Université de Columbia qui affirmaient que les vrais héros serait ceux qui provoquerait la défaite des États-Unis.
Ils devraient tous avoir honte aujourd’hui. L’armée états-unienne a été plus rapide qu’aucune autre dans l’histoire. Elle a été accueillie en libératrice par les Irakiens. Malheureusement, Hollywood ne rendra jamais hommage aux soldats qui ont combattu dans cette guerre car il est incapable de comprendre le courage.

« Un rôle clé pour les femmes dans la reconstruction de l’Irak »

A key role for women in rebuilding Iraq
Boston Globe (États-Unis)

[AUTEUR] Noeleen Heyzer est directrice exécutive de l’United Nations Development Fund for Women.

[RESUME] Alors que les groupes d’opposition irakiens se rassemblent pour préparer la création d’une future autorité par intérim, il est essentiel de noter que, pour entraîner le consensus, il faut une large participation des femmes. L’expérience du fonds de développement de l’ONU pour les femmes a montré que les femmes peuvent lever les obstacles à la reconstruction que sont les différences ethniques, religieuses et tribales, car il n’est pas rare qu’elles aient mis en place des systèmes de services sociaux informels qui peuvent servir de base à la reconstruction. En outre, pour ce qui concerne l’Irak, les femmes y sont généralement instruites.
Pourtant, les femmes ne sont pas impliquées dans les discussions pour établir une société démocratique. Il faut laisser la parole aux femmes et assurer leurs droits fondamentaux. Il faut impliquer les femmes dans la planification et la distribution de l’aide car elles pourront le faire de façon juste et équitable. Il faut également aider les femmes à transposer leur expérience pratique en participation dans le gouvernement. Il faut que l’Irak devienne démocratique en intégrant les femmes à chaque étape du processus.

« Aziz : l’homme qui n’a pas dit non aux crimes »

Aziz : the man who never said no to murder
The Times (Royaume-Uni)

[AUTEUR] Ann Clwyd est députée travailliste britannique.

[RESUME] Maintenant que Tarek Aziz s’est rendu, certains affirment qu’il aurait passé un accord avec la Coalition pour obtenir l’immunité en échange d’information concernant Saddam Hussein et les armes de destruction massive. Il ne faut pas lui donner l’immunité car depuis 1979, année où Saddam a pris le pouvoir et où il est devenu Vice-Premier ministre, il a été associé à toutes les prises de décisions de ce régime sanguinaire.
Il a participé à l’assassinat de membres du parti Ba’as pour renforcer le pouvoir de Saddam. Il n’a pas démissionné quand la guerre avec l’Iran a été déclenchée, quand les Irakiens « d’origine iranienne » ont été déportés ou exécutés ou qu’Ali le Chimique a fait régner la terreur chez les Kurdes ou contre les minorités. Ceux qui veulent donner l’immunité à Aziz devraient se souvenir d’Halabja. Il n’a pas non plus démissionné lors des prises en otage de citoyens occidentaux, en 1990, ou quand le régime a ordonné la répression brutale contre la rébellion irakienne.
Certains objecteront que s’il avait démissionné, il serait mort. Pourtant, il a eu de nombreuses occasions de demander l’asile politique à l’étranger. On ne peut pas donner l’immunité à un homme accusé de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de génocide.

« Mettre fin à l’occupation du Liban »

Stop the occupation of Lebanon
Jerusalem Post (Israël)

[AUTEUR] Ziad K. Abdelnour est président de l’US Committee for a Free Lebanon et fondateur et coéditeur du Middle East Intelligence Bulletin. Il est membre de la Foundation for the Defense of Democracies.

[RESUME] L’arrivée de Jay Garner à Bagdad marque le début de la seconde phase de l’établissement de la liberté et de la démocratie en Irak. La principale difficulté viendra du régime frère de celui de Saddam Hussein qui siège encore à Damas.
Bashar El-Assad utilise les mêmes méthodes que Saddam Hussein et a tout fait pour éviter que la flamme de la liberté et de la démocratie, qui menacerait son régime, ne s’allume en Irak, en aidant Saddam Hussein et en organisant des attentats suicide. À présent, il va tout faire pour éteindre cette flamme. Colin Powell va bientôt se rendre à Damas pour exiger que la Syrie ne se mêle pas de la question irakienne, mais cela n’aura pas d’impact s’il n’exige pas également qu’elle cesse de soutenir les groupes terroristes qui déstabilisent la région et qu’elle libère le Liban. Sans l’appui de la Syrie, le régime actuel du Liban s’écroulera pour laisser la place à une vraie démocratie qui pourra servir de modèle pour l’établissement de la démocratie en Irak.
Il ne faut pas passer à côté de cette opportunité de transformation.

« Début de la seconde guerre »

Onset of the second war
Washington Times (États-Unis)

[AUTEUR] Jack Kelly est un ancien Marine et Béret Vert. Il a été assistant adjoint au secrétaire à l’Air Force dans l’administration Reagan Il est aujourd’hui rédacteur sur les questions de sécurité au Pittsburgh Post Gazette.

[RESUME] La deuxième Guerre d’Irak a commencé avant que la première ne se termine avec l’assassinat à Najaf de l’Ayatollah Khoei, un religieux chiite pro-occidental. Cette guerre peut potentiellement être perdue par les États-Unis.
Une nouvelle guerre est menée conjointement par la Syrie et l’Iran, deux pays qui, d’après le dissident iranien Amir Taheri, se sont mis d’accord sur trois points :
- Retarder la victoire des États-Unis le plus longtemeps possible.
- Affaiblir l’Iraqi National Congress d’Amhed Chalabi.
- Empêcher une reconnaissance internationale de l’autorité par intérim.
Pour Michael Ledeen, les États-Unis ont peu de temps pour gagner la sympathie des Irakiens qui subissent la propagande de Téhéran dans les mosquées. D’après lui, les Iraniens combinent cette propagande avec la préparation d’actes terroristes. Il faut donc soutenir financièrement les groupes modérés irakiens et leur donner des moyens de communication.
Si dans les prochains mois les États-Unis parviennent à empêcher l’accomplissement du plan iranien, le régime de Téhéran, déjà mal en point, pourrait s’effondrer.

« Une voie pour la démocratie arabe »

A path to Arab democracy
International Herald Tribune (États-Unis)

[AUTEUR] Marwan Muasher est ministre des Affaires étrangère jordanien.

[RESUME] Nous vivons un moment décisif pour le Proche-Orient. La direction que prendra la région va dépendre de l’attitude du monde arabe, d’Israël et des États-Unis.
Le monde arabe doit prendre l’initiative en s’engageant dans un processus de démocratisation qui respecte sa culture. Les pays arabes peuvent faire ce changement par eux-mêmes et c’est ce qu’ont commencé à faire en Jordanie la reine Rania et le roi Abdallah II. Les pays arabes doivent également assumer un rôle plus actif dans le processus de paix israélo-palestinien en commençant par dénoncer les attentats suicide.
Les États-Unis ont également une responsabilité et leur présence en Irak doit être courte. Il faut également cesser les discours sur le re-découpage du Proche-Orient car ils nuisent aux efforts des vrais réformateurs. Il nous faut travailler ensemble pour atteindre les objectifs fixés par la feuille de route pour la paix pour résoudre le conflit israélo-palestinien en créant un État palestinien et en assurant la sécurité de tous. De son côté, Israël doit comprendre qu’il ne peut pas occuper une nation contre sa volonté.

« Faire attention à Guantanamo Bay »

Guantanamo Bay Watch
The Moscow Times (Russie)

[AUTEUR] Ancien rédacteur du Moscow Times , Matt Bivens est désormais chroniqueur à The Nation.

[RESUME] D’après le Los Angeles Times et le Guardian, les États-Unis détiennent des adolescents de moins de 16 ans parmi les 664 détenus de Guantanamo. Le commandant du camp l’a reconnu à un journaliste de la chaîne ABC. On sait seulement qu’il y en a plus d’un et qu’ils doivent encore être interrogés.
Interroger de quelle façon ? On sait que certains prisonniers ont été torturés et que plusieurs ont fait des tentatives de suicide. Donald Rumsfeld et Richard Myers ont affirmé dans un point presse que les prisonniers n’étaient pas des enfants et qu’ils étaient « très très dangereux » avant d’éluder la question concernant leur procès.
Le New York Times et le Washington Post n’ont pas relevé cette information. Les enfants sont des adultes, l’ignorance est une force, la guerre c’est la paix.