« Liberté, autodétermination »

Liberty, self-determination
Washington Times (États-Unis)

[AUTEUR] Christopher Shays est député républicain du Connecticut. Il est vice-président des Commissions du Budget et de la Réforme du gouvernement de la Chambre des représentants et il préside les sous-comité de la réforme du gouvernement sur les questions de sécurité nationale, de risques émergeants dans les relations internationales.

[RESUME] Au bout de plus de 40 auditions sur les questions de terrorisme devant la commission de la sécurité nationale que je préside, une conclusion difficile nous est apparue. Nous sommes en guerre depuis longtemps et nous ne voulions pas l’admettre. Nous avons toléré trop longtemps les Taliban et Saddam Hussein.
Nous ne sommes plus à l’époque du rideau de fer, mais à celle du voile empoisonné, diffusé par des terroristes qui préfèrent attaquer l’Occident pour mieux toucher les régimes autoritaires arabes qu’ils ne peuvent atteindre. C’est ce qu’à fait Ben Laden en envoyant 19 Saoudiens pour mener les attentats du 11 septembre : toucher Riyad autant que New York et Washington. Pour déchirer ce voile, il faut plus qu’une pression militaire, il faut instiller de nouvelles idées en lieu et place du ressentiment arabe. Il faut donc pousser au développement économique par le biais de la libre entreprise dans le monde arabe.
A l’exception de la Norvège, aucun pays dont les ressources dépendent du pétrole n’a été capable de diversifier son économie suffisamment pour développer un régime politique pluraliste et tolérant. En effet, la concentration des richesses entraîne la concentration des pouvoirs. Si les revenus du pétrole doivent bien être utilisés pour reconstruire l’Irak, il faut aussi développer les infrastructures économiques et conduire des réformes sociales, politiques et économiques pour faire naître une démocratie réelle, la meilleure arme contre le terrorisme.

« Le fantôme de Mussolini »

Mussolini’s Ghost
Los Angeles Times (États-Unis)

[AUTEUR] David Ronfeldt est expert à la Rand Corporation et coauteur de Networks and Netwars : The Future of Terror, Crime, and Militancy.

[RESUME] L’Irak de Saddam Hussein ressemble assez à l’Italie fasciste de Mussolini. C’est pourquoi la déba’assification sera difficile à mener. En effet, si le fascisme domine un pays, ce n’est pas uniquement par l’autoritarisme, mais aussi parce que le fascisme parvient à séduire la majorité des élites et des masses en offrant un système d’existence totale, un idéal de grandeur et une promesse de renaissance de la nation.
Le système est à la fois anti-libéral, car il préfère l’ordre à la liberté, et anti-conservateur, car il vise à transformer le statu quo. Pour qu’un pays devienne fasciste, il faut qu’il dispose au préalable d’un État moderne, d’un secteur privé important et d’une société civile complexe. Il faut que cette société éprouve des troubles, comme des scandales politiques, une crise économique ou une ingérence étrangère qui font percevoir la situation à la population comme un désastre. Elle est alors prête à accueillir un leader charismatique qui va lui promettre de la ressouder et d’organiser un système fort.
Si le système communiste est obsolète en raison de la mondialisation, le fascisme ne l’est pas. Il peut se développer car il laisse une bonne place à l’économie privée même si elle est alors subordonnée à l’État. Il faut noter que les deux dernières guerres menées par les États-Unis, contre la Serbie et contre l’Irak, l’ont été contre des régimes fascistes. Nous avons aujourd’hui à faire face à deux régimes d’inspiration fasciste en Inde avec le système hindou-nationaliste et au Venezuela avec le système mis en place par Oscar (sic !) Chavez. Des risques existent également en Russie et il faudra plus que la puissance militaire états-unienne pour éviter cet avenir.

« L’Europe doit accepter la nourriture génétiquement modifiée »

Europe must accept GM food
The Independent (Royaume-Uni)

[AUTEUR] [George W. Bush] est président des États-Unis. Cette tribune est adaptée d’un discours prononcé, le 21 mai, devant la Coast Guard Academy du Connecticut.

[RESUME] Le monde produit assez de nourriture pour nourrir ses six milliards d’habitants, mais des dizaines de millions de personnes continuent de mourir de faim et cette crise est concentrée en Afrique. Nous avons accepté ce devoir aussi ancien que les Écritures de nourrir les affamés. L’Amérique est déjà le plus gros contributeur à l’aide alimentaire mondiale et nous sommes décidés à faire plus.
Nous pouvons grandement diminuer les problèmes de faim à long terme en Afrique en y appliquant les derniers développements de la science et en libérant le pouvoir des marchés. Malheureusement, nos partenaires européens, à causes de craintes non-scientifiques, nous empêchent de nous attaquer au problème de la faim en Afrique. Nous devons également supprimer toute subvention aux exportations agricoles en direction des pays en voie de développement, et cela doit également être le cas des pays européens.

[CONTEXTE] Le discours de l’Académie des gardes côtes présente un panorama de la mission civilisatrice des États-Unis : lutte contre le terrorisme et les tyrans, et développement de la prospérité. Ce qui implique notamment la vente de médicaments contre le sida, la vente de produits agricoles génétiquement modifiés, et l’éducation au libre-marché par le Corps des Volontaires de la Paix.

« Bush doit apaiser les frictions au G8 »

Bush must ease G-8 frictions
International Herald Tribune (États-Unis)

[AUTEUR] Robert E. Hunter a été ambassadeur des États-Unis auprès de l’OTAN (1993-1998). Il a été directeur des études européennes du Center for Strategic and International Studies. Il est conseiller à la Rand Corporation et a récemment publié NATO and Russia : Bridge-Building for the 21st Century.

[RESUME] En avril 1954, à la conférence de Genève sur l’Indochine, John Foster Dulles avait refusé de serrer la main de Chou En Laï, retardant ainsi le rapprochement sino-états-unien qui n’eut lieu que 17 ans plus tard. George W. Bush devra choisir lors du sommet du G8 à Evian quelle attitude il adoptera face à Jacques Chirac et Gerhard Schröder. Beaucoup dans l’administration Bush souhaitent qu’ils les snobent à la façon de John Foster Dulles.
Dans l’attitude de George W. Bush, ce sont les relations transatlantiques qui sont en jeu. Les États-Unis doivent se souvenir qu’ils ont besoin de la France et de l’Allemagne, tout comme des autres membres de l’OTAN, pour garantir la sécurité de l’Europe, pour le processus de paix israélo-palestinien, pour reconstruire l’Irak, pour mettre un terme à la dissémination nucléaire et contrer le terrorisme international. Les États-Unis comprennent peu à peu qu’ils ne peuvent pas gérer l’après-guerre d’Irak seuls, militairement et financièrement. Il faut qu’ils effacent le stigmate d’avoir envahi un pays arabo-musulman en s’engageant dans la résolution du conflit israélo-palestinien.

« Ce que les États-Unis attendent de la Russie maintenant »

What the US wants from Russia now
The Independent (Royaume-Uni)

[AUTEUR] Richard Haass est directeur du planning du département d’État. Cette tribune est extraite d’un discours prononcé au Kennan Institute, un organisme public basé à Washington et consacré à l’étude de la Russie.

[RESUME] Depuis la fin de la Guerre froide, les désaccords entre la Russie et les États-Unis ne provoquent plus de crise, même si, lors des deux dernières années, nos relations bilatérales ont connu des hauts et des bas.
Dans les aspects positifs, la Russie a compris que l’élargissement de l’OTAN n’était pas conçu contre elle. Nos deux pays ont décidé de limiter leur arsenal nucléaire. Cependant nous avons été déçus par le refus de la Russie d’adopter une seconde résolution sur l’Irak, même si nous avons accueilli avec satisfaction l’accord russe concernant la résolution 1483 qui pose les fondations pour la reconstruction de l’Irak.
Nous souhaitons une solide coopération avec la Russie sur d’autres menaces régionales, comme l’Iran et la Corée du Nord. Moscou doit aussi poursuivre ses réformes politiques et économiques intérieures car il reste beaucoup à faire pour voir émerger une véritable démocratie de marché en Russie. Nous souhaitons approfondir nos relations bilatérales avec une Russie démocratique avec une économie de marché.

« Les jours des tyrans sont comptés »

The tyrants’ days are numbered
Jerusalem Post (Israël)

[AUTEUR] Ileana Ros-Lehtinen est députée républicaine de Floride et préside le sous-comité sur le Moyen-Orient et l’Asie centrale de la Commission des Relations internationales de la Chambre des représentants. Elle est co-rédactrice d’un projet de loi prévoyant des sanctions économiques contre la Syrie et ouvrant la voie à une intervention militaire.

[RESUME] En tant qu’Américains nous pouvons être fiers de la libération de l’Irak de la brutale dictature de Saddam Hussein. En reconstruisant l’Irak, nous allons nous assurer que ce pays va développer désormais son potentiel humain à la place de son potentiel terroriste.
Nous devons étendre cet objectif aux autres nations du Moyen-Orient. Les régimes syrien et iranien privent leur population des ressources et de la liberté nécessaires à une vie normale. Ils soutiennent et financent le terrorisme international et essayent d’acquérir des armes de destruction massive. La Syrie attaque Israël par le biais du Hezbollah et du FPLP au Liban. Elle a refusé la fermeture des bureaux d’organisations terroristes à Damas qu’exigeait [Colin Powell] et développe d’après la CIA des gaz de combat et des missiles de longues portée. L’Iran est encore plus inquiétant car il développe un arsenal nucléaire et des missiles de longue portée. En outre Téhéran tente d’interférer dans la reconstruction de l’Irak grâce à son influence chez les chiites irakiens.
Téhéran et Damas doivent comprendre que leur plan pour répandre la violence et l’agression ne sont plus acceptables et que les jours des tyrans sont comptés. Ils doivent également cesser de soutenir le terrorisme palestinien. Les Palestiniens doivent abandonner le recours à la violence et Arafat doit quitter le pouvoir.

« Garantir la stabilité régionale »

Garantir la stabilité régionale
Le Figaro (France)

[AUTEURS] George A. Papandreou est ministre grec des Affaires étrangères et président en exercice du Conseil des ministres de l’Union européenne. Chris Patten est commissaire européen britannique chargé des relations extérieures.

[RESUME] Aujourd’hui, au sommet de Thessalonique, les 25 ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne élargie vont rencontrer leurs dix homologues d’Afrique du Nord et du Proche-Orient afin que les avantages découlant de l’élargissement soient partagés avec tous nos voisins du bassin méditerranéen. Nous devons aider nos voisins à parvenir à la paix, à la stabilité et à la prospérité. Pour ce faire, ces pays doivent poursuivre leurs efforts dans trois domaines clés :
- La démocratisation. Elle n’avance pas assez vite et de façon différentes selon les pays, mais l’UE peut aider, sans rien imposer, en s’appuyant sur l’expérience des pays de l’Est.
- L’économie. Il faut que les pays méditerranéens améliorent l’éducation et la croissance économique durable. Il faut favoriser les investissements privés et mettre en place des cadres réglementaires stables. En outre, la Commission européenne a proposé aux voisins de l’UE un accès progressif aux avantages découlant du marché unique européen.
- Il faut combler le déficit de connaissance qui sépare les deux rives de la Méditerranée afin d’assurer une meilleure compréhension entre nous.
Pour parvenir à réaliser ce programme ambitieux, il faut parvenir à la paix et à la stabilité. C’est pourquoi, la « feuille de route » a été rédigée afin de parvenir enfin à une coexistence pacifique entre Israël et la Palestine. L’Europe veut transformer son ancien pouvoir en influence positive

« Réussir l’Europe : le choix euro-atlantique »

Réussir l’Europe : le choix euro-atlantique
Le Figaro (France)

[AUTEUR] Charles Millon est ancien ministre de la Défense (1995-1997). Il est président de la Droite Libérale et Chrétienne et réputé proche de l’Opus Dei.

[RESUME] L’ordre mondial a été atteint par les crises des récents mois et l’ONU en est sortie profondément disqualifiée. Cette organisation a été pendant des décennies la meilleure assurance de survie pour les dictateurs grâce au principe de sécurité collective et à la souveraineté. Lors de l’intervention en Irak, le voile est tombé et la protection des despotes par l’ONU est aujourd’hui impossible.
Il faut revoir le système international de coopération pour faire face aux menaces du terrorisme. Face à ces enjeux, l’Europe est malheureusement dispersée entre les alliés sans complexe des États-Unis, la France attachée à son droit de veto, et l’Allemagne utilisant un pacifisme électoral. Il faut pourtant en finir avec le mythe de la troisième voie et l’Europe doit se revendiquer du modèle qu’elle partage avec l’Amérique. L’Europe et les États-Unis sont interdépendants économiquement et ont inventé ensemble la démocratie moderne. Les ennemis de l’Amérique sont aussi nos ennemis, même si l’hypocrisie et la lâcheté veulent nous convaincre du contraire.
L’Europe va devoir choisir et construire une nouvelle alliance atlantique qui défendra le modèle de l’Europe et des États-Unis sans arrogance ni mollesse. Cette Europe devra être une nouvelle Europe, celle que dessinent Tony Blair et José-Maria Aznar, celle des pays de l’Est libérés du communisme. Une Europe qui ne s’effraie pas de la force et sur laquelle les États-Unis pourront compter. Il faut substituer l’OTAN à l’ONU et cette nouvelle alliance atlantique, débarrassée des hypocrisies onusiennes sera autrement plus efficace pour la défense de ses membres que ne l’est le système actuel.
Sur cette base, nous devrons également mettre en place un système de coopération plus large dans les domaines économique, scientifique et culturel. Cela permettra de créer un pôle mondial de stabilité homogène capable de faire face aux défis économique, démographique et de l’aide au développement. La meilleure chance pour l’Europe est de faire le choix euro-atlantique.