« Quatre vérités pour la Convention »

Quatre vérités pour la Convention
Le Figaro (France)

[AUTEURS] Michel Barnier est commissaire européen français chargé de la politique régionale et Président du groupe défense de la Convention européenne. Antonio Vitorino est commissaire européen à la justice et membre du praesidium de la Convention.

[RESUME] Depuis 15 mois, la Convention européenne prépare le projet de traité appelé à devenir la constitution de l’Europe. Il sera étudié au sommet de Thessalonique. La Convention doit résoudre des affrontements anciens entre pays membres sur l’évolution des institutions. Nous proposons quatre chemins pour donner à l’Europe et aux Européens une constitution.
- Faire fonctionner l’Europe : pour avancer à 25, puis à 30, il faut réduire la règle d’unanimité au maximum et préserver la Commission européenne en renforçant le rôle du président dans une Commission à 30 membres ou en conservant un organisme de petite taille avec un système de rotation.
- Renforcer chacune des institutions : il ne faut privilégier aucune des trois institutions centrales de l’Union l’une par rapport aux autres pour conserver la logique actuelle et l’équilibre.
- Mettre de la synergie et de la confiance entre les institutions : il faut développer une culture commune européenne en développant le poste de ministre des Affaires étrangères communes puis, après le passage du Royaume-Uni à l’euro, le poste de ministres des Affaires économiques communes.
- Le facteur « temps » : nous ne pouvons pas résoudre toutes les questions tout de suite, mais il faut que les textes ménagent la possibilité de mener des réformes plus tard, comme pour le cas d’un président unique de l’Union européenne.

« Lettre de la COMECE au président de la Convention européenne »

Lettre de la COMECE au président de la Convention européenne
Réseau Voltaire (France)

[AUTEUR] Josef Homeyer est évêque de Hildesheim et président de la Commission des Episcopats de la Communauté Européenne (Comece).

[RESUME] Tout d’abord, merci M. le président pour le travail colossal que vous menez pour les Européens. Nous sommes attentifs au travaux de la Convention européenne et nous apprécions que le préambule du texte reconnaisse la contribution de l’héritage religieux de l’Europe en déterminant les valeurs communes qui sont à la base du processus de l’intégration européenne.
Je m’étonne cependant que le préambule ne fasse pas mention de la contribution du christianisme dans l’édification de l’Europe alors que cette religion a posé son empreinte sur l’Europe plus que toute autre religion ou courant de pensée. Je propose également que soit inscrite dans le texte une référence à Dieu afin de rappeler les limites du pouvoir humain. Les citoyens doivent pouvoir librement invoquer Dieu et les constitutions allemande et polonaise sont une bonne preuve que cette mention n’est pas discriminatoire.
Je vous serai reconnaissant de prêter attention à notre demande et je souhaite que vous et les membres de la convention trouviez l’inspiration et le courage nécessaire.

« Dynamisme et volonté au sommet Union européenne - Russie »

Dynamism and Will at the EU-Russia Summit
Moscow Times (Russie)

[AUTEUR] Richard Wright dirige la délégation de la Commission européenne au sommet de Saint-Petersbourg.

[RESUME] Le sommet de Saint-Petersbourg entre l’Union européenne et la Russie a posé les bases du développement à moyen et long terme d’une « Europe élargie », telle que la Commission européenne l’a définie, et rassemblant dans un espace commun , un cercle de pays ami autour de l’Union européenne. Ce cercle partagera les avantages du marché commun de l’Union européenne. L’espace économique commun entre l’Union européenne et la Russie pourrait être construit au sommet de Rome en novembre.
Nous travaillons également avec Moscou à l’amélioration des possibilités de voyager entre nos deux territoires tout en assurant la sécurité de nos citoyens. Nous avons aussi mis en place un conseil de partenariat permanent qui facilitera les discussions. Les questions ont également permis d’avancer sur la question de l’environnement dans la mer baltique, mer dont Saint-Petersbourg est un port majeur.
Nous espérons que Moscou ratifiera bientôt le protocole de Kyoto. Nous souhaitons aussi progresser ensemble pour faire entre la Russie dans l’OMC.

« Mettre en place une Asie du Nord-Est sans armes nucléaires »

Achieving a nuclear-free Northeast Asia
Asahi Shimbun (Japon)

[AUTEUR] Hiromichi Umebayashi est président du Peace Depot, une ONG pacifiste japonaise.

[RESUME] Il faut un engagement commun de la Corée du Nord et de la Corée du Sud pour former une zone sans armes nucléaires en Asie du Nord-Est, un accord garanti par la Chine, la Russie et les États-Unis.
Grâce au souhait apparent de la Corée du Nord d’abandonner le Traité de non prolifération et face au dédain des États-Unis pour les institutions multilatérales, les ONG doivent s’engager et appeler à la restauration de l’autorité des conférences multilatérales pour assurer une paix stable. Il faut convaincre la Corée du Nord de ne pas quitter la Traité de non-prolifération afin d’éviter une course aux armements.
La zone nord-est asiatique sans armes nucléaires doit se développer sur le modèle de celle d’Amérique latine. La Corée du Nord aura, en échange de son abandon de l’arme atomique, un traité de non-agression avec les États-Unis. Le Japon aura un traité similaire avec la Russie et la Chine.

« C’est simple : deux peuples, deux États »

It’s Simple : Two Peoples, Two States
Los Angeles Times (États-Unis)
Ce texte est aussi paru aujourd’hui sous le titre « Time to divide the Holy Land » dans le journal australien The Age.

[AUTEUR] Amos Oz est un romancier israélien engagé dans la gauche israélienne.

[RESUME] Pour la première fois en 100 ans de conflits, les juifs israéliens et les Arabes palestiniens sont en avance par rapport à leurs dirigeants. Ils ont compris que les territoires disputés devaient être divisés. Après trois ans d’Intifada et de répression, les Israéliens ont compris qu’il faudrait démanteler les colonies dans la bande de Gaza et en Cisjordanie et les Palestiniens réalisent que beaucoup des réfugiés de 1948 ne pourront pas revenir sur le territoire israélien et devront s’installer en Palestine.
Ce double renoncement ne se fera pas sans mal et les deux peuples auront l’impression d’être amputés. C’est pourquoi le monde devra offrir son aide et sa compréhension. Il faudra aider l’économie palestinienne en organisant une sorte de plan Marshall et il faudra garantir la sécurité d’Israël. Nous n’attendons pas d’Ariel Sharon et de Mahmoud Abbas une lune de miel, mais l’organisation d’une séparation à l’amiable.

« Cyber sécurité »

Cyber security
Washington Times

[AUTEUR] Robert Holleyman est PDG de Business Software Alliance. Adam Putnam est député républicain de Floride et président de la sous-commission sur les politiques d’information, la technologie, les relations inter-gouvernementales et le recensement, de la Commission pour la réforme du gouvernement de la Chambre des représentants.

[RESUME] L’administration Bush a confié à une nouvelle division la charge de s’assurer que la nation était prête à faire face à une cyber attaque. Il faut développer notre sécurité sur ce point et cela nécessite une implication forte des responsables de hauts rangs, à la fois dans les affaires et le gouvernement.
Si nous avons amélioré notre sécurité après le 11 septembre, nous sommes encore mal préparés pour faire face à une attaque informatique majeure. Or, le nombre d’attaque de ce type augmente : elles pourraient être quatre fois plus nombreuses en 2003 qu’en 2002. Le Congrès doit donc donner au département de la Sécurité de la Patrie les moyens nécessaires au maintien en bon état des réseaux informatiques du gouvernement. Dans le même temps, le secteur privé doit développer les moyens nécessaires à la protection des réseaux privés et publics.
La lutte contre les attaques informatiques doit être l’affaire de tous.