



Le gouvernement de coalition de Benyamin Netanyahou a pris le contrôle de TikTok et prévoit de contrôler aussi le réseau social X. Cependant la propagande de l’État d’Israël échappe depuis longtemps à ses citoyens. Son but n’a jamais été discuté publiquement. Un petit groupe décide seul de ses messages sans tenir compte de ce qui serait utile aux Israéliens — comme par exemple lutter contre l’antisémitisme. Les moyens de l’État ont été captés par les seuls « sionistes révisionnistes », alors même qu’ils sont ultra-minoritaires.
On ne l’avait pas prévu, mais les partisans de la guerre généralisée, les straussiens, expulsés des instances dirigeantes des États-Unis, se sont regroupés dans des organisations intergouvernementales. À la surprise générale, ils sont certes présents dans l’Union européenne, mais surtout aux Nations Unies et dans le Groupe de contact sur la défense de l’Ukraine. Des institutions dédiées à la paix ont été récupérées par les bellicistes.
Alors que les observateurs pronostiquaient une guerre d’Israël contre un de ses voisins, l’État hébreu n’est attaqué de nulle part. Il a des adversaires, mais pas d’ennemi, sinon lui-même. Son organisation politique n’étant défini par aucune Constitution est d’autant plus facile à renverser. Les straussiens, qui sont au pouvoir au département d’État et à la Maison-Blanche, pilotent aujourd’hui le changement de son régime. Les manifestations se succèdent dans tout le pays pour empêcher ce pays de devenir, selon les mots d’un ancien directeur du Mossad : « un État raciste et violent qui ne pourra pas survivre ». Mais il est probablement déjà trop tard.
Nous reproduisons le texte de l’intervention de Thierry Meyssan à Magdebourg (Allemagne), lors de la conférence organisée par le magazine Compact, « Amitié avec la Russie » , le 4 novembre 2023. Il y explique ce qui constitue, selon lui, la différence fondamentale entre les deux conceptions de l’ordre du monde qui s’affrontent aujourd’hui du Donbass à Gaza : celle du bloc occidental et celle à laquelle se réfère le reste du monde. Il ne s’agit pas de savoir si cet ordre doit être dominé par une puissance (unipolaire) ou par un groupe de puissances (multipolaire), mais s’il doit être, ou non, respectueux de la souveraineté de chacun. L’auteur s’appuie sur l’histoire du Droit international, tel que le Tsar Nicolas II et le Prix Nobel de la Paix Léon Bourgeois l’ont conçu.
En contestant la version officielle des attentats du 11-Septembre, Thierry Meyssan a ouvert un débat mondial. Mais l’essentiel de son livre sur le sujet était une étude de sciences politiques pronostiquant l’évolution que suivraient les États-Unis après ces crimes. Le problème n’est pas de savoir comment les attentats ont été commis, mais pourquoi ce jour-là, les États-Unis ont réagi en violant leur propre Constitution, pourquoi ils ont appliqué dans les jours suivants de très profondes réformes de leurs institutions qui ont changé leur nature. Thierry Meyssan avait pronostiqué la transformation de l’Empire américain que nous constatons avec la planification de la chute de Kaboul. Tout ce qu’il avait annoncé a été confirmé au cours des vingt dernières années.