



Contrairement à une idée reçue, l’Assemblée générale des Nations unies n’a accepté l’adhésion d’Israël que sous condition (résolution 273). Or, Tel-Aviv n’a jamais respecté ses engagements. Il refuse d’appliquer 229 résolutions du conseil de Sécurité et de l’assemblée générale. Il vient de déclarer une agence de l’ONU « organisation terroriste », a appelé à raser son siège à New York, a désigné persona non grata son secrétaire général António Guterres, et vient d’attaquer quatre fois les forces de l’ONU au Liban (FINUL), blessant deux casques bleus.
Nous commettons une grave erreur en pensant que tout l’Iran est opposé à la colonisation de la Palestine par Israël. Un groupe d’Iraniens, certes minoritaire, espère toujours relancer le commerce avec les Occidentaux au prix d’une entente avec le régime génocidaire de Benyamin Netanyahou.
Chacun a son opinion pour expliquer les massacres commis par l’État d’Israël à Gaza. Alors que dans les années 70 et 80, on y voyait une manifestation de l’impérialisme anglo-saxon, beaucoup l’interprètent aujourd’hui comme un conflit entre juifs et arabes. Revenant sur la longue période —quatre siècles d’Histoire—, Thierry Meyssan, consultant auprès de plusieurs gouvernements, analyse l’origine du sionisme, ses véritables ambitions, et détermine qui est l’ennemi.
Alors que les observateurs pronostiquaient une guerre d’Israël contre un de ses voisins, l’État hébreu n’est attaqué de nulle part. Il a des adversaires, mais pas d’ennemi, sinon lui-même. Son organisation politique n’étant défini par aucune Constitution est d’autant plus facile à renverser. Les straussiens, qui sont au pouvoir au département d’État et à la Maison-Blanche, pilotent aujourd’hui le changement de son régime. Les manifestations se succèdent dans tout le pays pour empêcher ce pays de devenir, selon les mots d’un ancien directeur du Mossad : « un État raciste et violent qui ne pourra pas survivre ». Mais il est probablement déjà trop tard.
Nous reproduisons le texte de l’intervention de Thierry Meyssan à Magdebourg (Allemagne), lors de la conférence organisée par le magazine Compact, « Amitié avec la Russie » , le 4 novembre 2023. Il y explique ce qui constitue, selon lui, la différence fondamentale entre les deux conceptions de l’ordre du monde qui s’affrontent aujourd’hui du Donbass à Gaza : celle du bloc occidental et celle à laquelle se réfère le reste du monde. Il ne s’agit pas de savoir si cet ordre doit être dominé par une puissance (unipolaire) ou par un groupe de puissances (multipolaire), mais s’il doit être, ou non, respectueux de la souveraineté de chacun. L’auteur s’appuie sur l’histoire du Droit international, tel que le Tsar Nicolas II et le Prix Nobel de la Paix Léon Bourgeois l’ont conçu.