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Torture

Lorsqu’il fait passer son intérêt avant celui de ses mandants, l’État se transforme en Léviathan et institutionnalise la torture. Celle-ci peut avoir trois fonctions : l’obtention de renseignements, l’inculcation d’aveux, ou la sanction dissuasive. L’ONU a mis en place une série d’instruments internationaux pour mettre fin à ces pratiques, incluant la « Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants » (1984), dont l’application est vérifiée par le Comité contre la torture.
Pourtant, durant la Guerre froide, les États-Unis ont généralisé cette pratique dans le tiers-monde, créant même deux écoles de torture à Panama (École des Amériques) et à Taiwan (Political Warfare Cadres Academy ). Cependant, cette pratique restait illégale et était principalement sous-traitée à des milices ou à des États alliés. En déclarant la « guerre globale au terrorisme », l’administration Bush a restauré l’usage de la torture, d’abord en la rendant publique hors du territoire US, puis en la légalisant aux États-Unis mêmes. Adaptant les techniques nord-coréennes étudiées par le professeur Albert D. Biderman, la torture pratiquée à Guantánamo, Bagram et dans les nombreuses prisons secrètes de la CIA et de la Navy visait à transformer des innocents en coupables en leur inculquant des aveux. Le régime Bush fabriquait ainsi les « témoignages » de repentis justifiant sa version des attentats du 11-Septembre et sa guerre au terrorisme.
L’administration Obama a officiellement interdit le recours à la torture. En réalité, rien n’a changé car la CIA et de la Navy ont multiplié les centres d’interrogatoires off shore.

 
« Voilà ce qu’il faut faire »
L’interrogatoire de KSM
par Jack Wheeler
 
17 février 2003
Dans le cadre de son mandat, Al-Haq (la loi au service de l’homme) a rendu visite aux prisonniers palestiniens détenus dans les prisons israéliennes. Depuis le mois de janvier 2002 jusqu’à la date de ce rapport, quarante visites ont eu lieu. Plusieurs prisonniers ont témoigné auprès d’Al-Haq sur leur incarcération et leur détention. Plus de 250 dépositions ont été consignées. Une attention spéciale est accordée aux détenus malades, à ceux qui ont été torturés, et aux femmes.
Selon les témoignages, collectés par l’Al-Haq, de détenus palestiniens dans les prisons israéliennes, il est manifeste que les conditions d’incarcération sont affreuses et insupportables. Elles violent à l’évidence les standards internationaux des Droits de l’homme comme les lois nationales. L’administration en charge des prisons israéliennes n’assure pas les besoins de base des prisonniers.
Les avocats d’Al-Haq tentent de visiter les prisonniers palestiniens dans toutes les prisons israéliennes et centres de détentions. Cependant, quelques (...)