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Tribunes et décryptages - 15 octobre 2004
Dénonciation du rapprochement sino-français
Décryptage
Benjamin Netanyahu se félicite dans le Washington Times de ses succès économiques. Grâce à de " courageuses réformes ", il a réussi à diminuer les dépenses de l’État d’Israël. Aussi, pour récompenser cet effort libéral… espère-t-il des aides états-uniennes. À y regarder de plus près, le grotesque de cette tribune ne se limite pas à l’anti-étatisme subventionné, il comprend aussi le satisfecit accordé à un État qui se flatte de financer une guerre perpétuelle en supprimant ses services sociaux. Tout cela pour un résultat catastrophique. Ainsi que l’écrit lui-même M. Netanyahu, en Israël le budget de l’État engloutit 52 % du Produit intérieur brut, soit une proportion double de ce qu’elle est dans les États européens. Mais il ne vient pas pour autant à l’esprit de l’auteur que la paix puisse être une réforme économique courageuse.
Antonia Juhasz, directrice du Forum international sur la Globalisation d’Edward Goldsmith, est beaucoup moins conventionnelle lorsqu’elle écrit dans le Los Angeles Times. Oui, dit-elle, Bush et Cheney ont raison : tout ne va pas si mal en Irak. Mais c’est bien là le problème. Quelques multinationales liées au clan Bush, (Halliburton, Bechtel, Chevron-Texaco, Lockheed-Martin, etc.) accumulent des profits records. Pour elles, la guerre est une très bonne affaire et la privatisation de l’Irak devrait être plus juteuse encore. Le problème, c’est que ce qui va bien en Irak, c’est ce qui se fait au détriment des Irakiens et des contribuables états-uniens.
L’état-major états-unien a découpé le monde en régions militaires. Pour des raisons historiques, ce découpage ne correspond plus aux réalités actuelles. Richard Wilcox, ancien responsable du Conseil de sécurité nationale, plaide dans le New York Times pour la création d’un commandement pour l’Afrique. Un général quatre étoiles pourrait alors jouer le rôle d’un proconsul et y faire la police pour que ces gens cessent de s’entretuer comme on l’a vu au Rwanda. Ce point de vue, signé par un ancien membre de l’administration Clinton, permet de mesurer le changement de mentalité à Washington. Désormais, les États-Unis assument, de plus en plus clairement, leur volonté de devenir un Empire colonial, au sens du XIXe siècle.
Jean-Marie Guéhénno, ancien responsable à l’Onu des opérations de maintien de la paix, revient dans l’International Herald Tribune sur le plan Bush, soumis au G8, de création d’une force de 75 000 hommes pour le maintien de la paix en Afrique. Elle permettrait aux grandes puissances d’intervenir dans le continent noir, sans immobiliser leurs propres hommes, mais en conservant un contrôle au moins logistique des opérations. Ce projet est soutenu par John Kerry de sorte que, quel que soit le président états-unien à venir, il devrait être appliqué. Tout cela profiterait effectivement aux populations, mais ne résoudrait qu’une partie de leurs problèmes, celle qui gêne des multinationales pour exploiter les ressources du continent. Il est illusoire de confondre maintien de la paix et paix, de recourir à des forces armées sans résoudre les causes économiques des conflits.
L’International Herald Tribune donne la parole à deux experts pour critiquer le voyage de Jacques Chirac en Chine. Jonathan Mirsky, ancien correspondant de presse britannique à Pékin, rappelle que le pouvoir chinois détient encore dans ses geôles les étudiants de Tienanmen et réprime toute évocation de cette période. Le président français se serait déshonoré en négligeant les droits de l’homme pour quelques contrats commerciaux. Jean-Pierre Cabestan, chercheur au CNRS, déplore qu’au lieu de soutenir la lutte des États-Unis pour les Droits de l’homme en Chine, la France divise le camp occidental et flirte avec un régime à l’espérance de vie incertaine.
Ces points de vue ne relèvent pas de l’efficacité politique. La Chine est en pleine mutation. Sa spectaculaire progression économique s’accompagne d’une non moins spectaculaire progression des libertés. Mais la Chine est loin d’avoir vaincue la pauvreté et les fonctionnements répressifs. Ceux qui sont sincèrement attachés aux Droits de l’homme devraient aider ce grand pays dans son évolution. Au contraire, le recours à des sanctions, prétendument pour contraindre le régime à se libéraliser, ne peut qu’avoir l’effet inverse en matière de Droits de l’homme. Il n’est qu’un positionnement hypocrite visant en réalité à isoler un nouveau rival économique.
Sur le fond, la campagne de dénigrement du rapprochement sino-français, dont ces deux tribunes forment un exemple représentatif, reflète l’inquiétude de Washington devant la constitution d’un axe Paris-Berlin-Moscou-Pékin, qui vient encore d’être renforcé par l’accord conclu à Pékin hier par Vladimir Poutine.
Enfin, un collectif de députés de l’UMP (parti du président Chirac) affirme, au nom du bon sens, que la Turquie n’est tout simplement pas l’Europe. Dans Le Figaro, ces parlementaires se retranchent d’abord derrière une définition géographique continentale de l’Union européenne, puis derrière une définition historique de la séparation entre Rome et Byzance. Ce dernier critère serait pertinent s’il ne traduisait une grande mauvaise foi : l’histoire ne s’est pas arrêtée à l’Antiquité tardive. Au début du XXe siècle, l’Empire ottoman était qualifié " d’homme malade de l’Europe ", manifestant par là que chacun le considérait comme pleinement européen. Plus sérieusement, ce collectif de parlementaires fait valoir qu’en entrant dans l’Union, la Turquie emmènera avec elle les inextricables problèmes du Moyen-Orient ce qui déstabilisera toute l’Union.
Réseau Voltaire
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15 octobre 2004
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Auteurs et sources des Tribunes et décryptages
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« Israël adopte la réforme »
Auteur
Benjamin Netanyahu
Source
Washington Times (États-Unis)
Référence « Israel embraces reform », par Benjamin Netanyahu, Washington Times, 14 octobre 2004.
Résumé Les gouvernements n’ont plus le choix, ils doivent adopter les réformes libérales douloureuses aujourd’hui où les prendre plus tard à un prix plus élevé. Nous sommes dans un monde plein de choix pour les investisseurs et comme les investisseurs ont plus de choix, les gouvernements en ont moins. Ils doivent prendre des mesures quelle que soit leur idéologie pour fournir un bon climat aux investisseurs. La formule du succès économique dans un marché global repose sur des impôts bas, une diminution de la bureaucratie, investir dans les infrastructures et l’éducation.
Mener ces réformes demande du courage, mais cela est nécessaire. Israël mène ses réformes, diminue les impôts, les dépenses de l’État (qui sont passées de 56 % à 52 % du PIB) en diminuant les dépenses dans les aides. Le chômage a baissé pour la première fois en quatre ans. Fournir du travail est la meilleure façon de diminuer la pauvreté. La croissance est de 4 % cette année. Ce qui a été plus difficile était de réformer le système de retraite. Toutefois, nous avons plus d’aide internationale, mieux nous pouvons nous réformer.

« Une bonne petite guerre pour remplir les coffres »
Auteur
Antonia Juhasz
Source
Los Angeles Times (États-Unis)
Référence « A Nice Little War to Fill the Coffers », par Antonia Juhasz, Los Angeles Times, 14 octobre 2004.
Résumé George W. Bush et Dick Cheney ont raison de dire que tout ne va pas mal en Irak. La campagne militaire est en train de sombrer dans le chaos, mais la campagne économique se passe bien, au moins pour les grandes entreprises et le parti républicain en tout cas.
Halliburton est le plus grand bénéficiaire et a vu son chiffre d’affaires augmenter de 80 % au premier trimestre 2004, Bechtel a fait augmenter ses revenus générés en dehors des États-Unis de 158 %, Chevron Texaco a accru ses revenus de 90 % au premier semestre et la valeur des actions Lockheed Martin a triplé depuis quatre ans. Ces bénéfices sont aidés par la législation mise en place par Bremer qui permet aux entreprises de renvoyer aux États-Unis la totalité des bénéfices réalisés en Irak. Sans surprise, une partie des bénéfices engendrés est redistribuée au parti républicain dans sa campagne, les grandes entreprises bénéficiant des contrats finançant largement la campagne de Bush.
Bientôt, avec les privatisations annoncées en Irak, les bénéfices seront encore plus important. Par exemple, Bechtel va bientôt s’emparer de la distribution d’eau, tout cela au détriment des Irakiens et, également, des contribuables états-uniens.

« Un proconsul américain pour l’Afrique »
Auteur
Richard Wilcox
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Richard Wilcox a été directeur pour l’ONU au Conseil de sécurité nationale dans l’administration Clinton (2000-2001).
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Sources
International Herald Tribune (France), New York Times (États-Unis)
Référence « Four Stars for Africa », par Richard Wilcox, New York Times, 14 octobre 2004.
« An American proconsul for Africa », International Herald Tribune, 15 octobre 2004.
Résumé L’Europe en a un, l’Amérique latine en a un, l’Asie en a deux, mais le système américain de commandement militaire par zone ne prévoit rien pour l’Afrique qui est divisée entre plusieurs généraux et amiraux dont la priorité est les autres continents. Cela ne devrait pas être ainsi. Si un haut dirigeant militaire états-unien se concentrait seulement sur l’Afrique, le génocide au Rwanda n’aurait pas eu lieu. C’est également vrai pour ce qui se passe au Soudan aujourd’hui qui fait partie d’une zone géographique où le responsable militaire se concentre logiquement davantage sur l’Irak ou l’Afghanistan.
Alors que les intérêts des États-Unis en Afrique se développent, il est important pour l’Afrique d’avoir son propre dirigeant militaire régional. Souvent appelé le " proconsul de l’Amérique ", les commandants combattants sont en charge de toutes les opérations militaires des États-Unis dans une région et ils ont souvent plus de poids que les ambassadeurs ou que les sous-secrétaires d’État. Établir un commandement en Afrique serait un acte symbolique montrant l’importance du continent pour les États-Unis. Déjà, la Navy mène des exercices en Afrique occidentale, une zone qui pourrait finir par fournir plus de pétrole que le Golfe persique. En ne disposant pas d’un dirigeant militaire, l’Afrique a un désavantage à Washington.

« Un continent avec un besoin criant de gardien de la paix »
Auteur
Jean-Marie Guéhenno
Source
International Herald Tribune (France)
Référence « A continent in crying need of peacekeepers », par Jean-Marie Guéhenno, International Herald Tribune, 15 octobre 2004.
Résumé George W. Bush a récemment parlé devant l’Assemblée générale de l’ONU d’un plan du G8 pour entraîner 75 000 hommes pour les missions de maintien de la paix, initialement en Afrique puis au-delà. Dans son débat avec Bush, Kerry a soutenu cet objectif.
Cette offre est la bienvenue car la plupart des guerres persistant dans le monde sont en Afrique et six millions d’Africains en sont morts directement ou indirectement dans la dernière décennie. Ce qui se passe actuellement au Darfour n’est que le dernier avatar d’une histoire de pauvreté et de conflits. Les guerres d’Afrique nécessitent des assistances à de nombreux niveaux, mais entraîner des troupes spécialisées est en bonne place dans les priorité. Cela a été utile au Mozambique et en Namibie et le Liberia, le Burundi, la Sierra Leone, le Congo et le Soudan en bénéficient. Cela permet d’apaiser les conflits et d’espérer installer un degré de stabilité. Leur présence a fortement diminué le nombre de morts. Pourtant, alors que des millions de personnes sont mortes au Congo et que le pays est 200 fois plus grand que le Kosovo, il y a moins de troupes pour maintenir la paix dans ce pays africain.
Quoi qu’il en soit, il faut aussi se souvenir que les forces de maintien de la paix permettent d’apporter la stabilité, mais que si on ne lutte pas contre la pauvreté, les troubles reprennent. La sécurité n’est que la fondation des règl

« Il y a le commerce et il y a Tiananmen »
Auteur
Jonathan Mirsky
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Jonathan Mirsky est ancien correspondant du Times et de The Observer en Chine ; il a couvert pour ces deux journaux les manifestations de Tiananmen et leur répression.
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Source
International Herald Tribune (France)
Référence « There’s trade, and there’s Tiananmen », par Jonathan Mirsky, International Herald Tribune, 14 octobre 2004.
Résumé Quand Kissinger avait demandé à Zhou Enlaï ce qu’il pensait de la Révolution française, celui ci lui avait répondu " C’est un peu tôt pour se prononcer ". Chirac aurait dû se souvenir de cette phrase avant d’affirmer que la répression de Tiananmen en 1989 appartenait à une autre époque. Cette affirmation du président français fut contredite durant son voyage par l’interdiction des autorités chinoises à Jean-Michel Jarre de faire son concert avec le chanteur chinois Cui Jian parce que ses chansons avaient été chantées par les manifestants de Tiananmen.
Les autorités chinoises continuent d’affirmer que leur réaction était nécessaire face à une tentative d’insurrection contre-révolutionnaire. D’après Amnesty International des centaines de manifestants de Tiananmen sont encore en prison. On empêche toujours les mères des victimes de commémorer les décès de leurs enfants et les policiers empêchent les journalistes de se rendre sur les tombes des rares victimes connues. Quand, en mai, le docteur Jiang Yanyong, figure de la lutte contre le SRAS, a écrit une lettre ouverte pour dénoncer les évènements de 1989, on l’a obligé à quitter Pékin et on lui a interdit de se rendre à l’étranger. L’Internet chinois est également inspecté par les forces de sécurité et ceux qui écrivent des articles critiques sur la répression de Tiananmen peuvent être condamnés à de la prison.
Chirac doit connaître ces atteintes aux Droits de l’homme et contre leurs défenseurs, ce qui se passe contre les autonomistes musulman à Xinjuang et au Tibet, mais il est si désireux de signer des contrats qu’il oublie les principes de la Révolution française.

« Chirac en Chine : derrière les chaudes embrassades, de sérieuses questions »
Auteur
Jean-Pierre Cabestan
Source
International Herald Tribune (France)
Référence « Chirac in China : Behind a warm embrace, serious questions », par Jean-Pierre Cabestan, International Herald Tribune, 14 octobre 2004.
Résumé La visite de Jacques Chirac en Chine a été présentée par le gouvernement français comme un grand succès compte tenu des contrats signés, mais ce voyage a aussi souligné trois paradoxes des relations sino-françaises et par extension des relations sino-européennes.
Le premier paradoxe est le bon état des relations politiques entre Paris et Pékin en comparaison de celui des relations économiques. Cela est dû à la trop grande confiance des deux États dans les relations économiques et la signature de contrats. Chirac l’a compris et il a essayé de motiver les PME lors de son voyage, elles sont cependant restées timides. Le deuxième paradoxe est l’absence de liens entre la demande de levée de l’embargo sur les armes en direction de la Chine demandée par Chirac et la situation de Taïwan. Quel message représente une levée de l’embargo alors que la Chine refuse de discuter avec Taïwan. L’Union européenne ferait mieux de travailler avec les États-Unis sur la question de Taïwan et sur la question des ventes d’armes et des transferts de technologies. Le troisième paradoxe, c’est que malgré les déclarations françaises sur le rapprochement avec la Chine et la tentative de séduction de l’UE par la Chine, ce sont les États-Unis qui restent le principal partenaire de Pékin.
La France et l’Union européenne devrait travailler avec les États-Unis pour mener une politique chinoise visant à améliorer les Droits de l’homme et à régler la question taiwanaise. La politique de Chirac au contraire provoque la division. La France ne devrait pas oublier que le régime chinois a une espérance de vie incertaine.

« La Turquie n’est tout simplement pas l’Europe »
Auteur
Un groupe de députés UMP
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Philippe Pemezec est député UMP des Hauts-de-Seine ; Roland Blum des Bouches-du-Rhône ; Bernard Brochand des Alpes-Maritimes ; Yves Bur du Bas-Rhin ; Nicolas Dupont-Aignan de l’Essonne ; Marc Le Fur des Côtes-d’Armor ; Lionel Luca des Alpes-Maritimes ; Richard Mallie des Bouches-du-Rhône ; Thierry Mariani du Vaucluse ; Axel Poniatowski du Val-d’Oise ; Georges Siffredi des Hauts-de-Seine ; Jean-Sébastien Vialatte du Var.
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Source
Le Figaro (France)
Référence « La Turquie n’est tout simplement pas l’Europe », par un groupe de parlementaires UMP, Le Figaro, 14 octobre 2004.
Résumé Le débat sur l’entrée de la Turquie est devenu une question essentielle aux yeux des Français. Nous ne prétendons pas être des spécialistes de la question turque, mais nous sommes des représentants du peuple français qui avons le souci d’écouter nos compatriotes et le devoir de dire à ceux qui nous gouvernent quand ils font fausse route. Pour nous, le caractère irréversible des négociations est un faux débat qui n’a pas lieu d’être puisque la Turquie ne fait pas partie de l’Europe et n’a donc pas vocation à intégrer l’Union européenne. C’est du domaine du bon sens
Les 3 % de territoire turc se trouvant en Europe ne doivent pas servir d’alibi. Il ne s’agit que du dernier avatar de la conquête de l’empire romain d’Orient, la Turquie ne prétend plus renverse l’Empire d’Occident, mais y pénétrer avec la bénédiction de Cassandre de la Commission européenne, contre l’avis des peuples qui, eux, ont une conscience historique. D’ailleurs, on notera avec étonnement que les mouvements islamistes turcs, généralement si jaloux de l’indépendance nationale, sont farouchement favorables à cette entrée dans l’Union européenne. En effet, l’entrée dans l’Union européenne est conditionnée par une diminution de l’influence des militaires, les seuls qui empêchent ce pays de tomber dans un islam radical.
Compte tenu des voisins de la Turquie, faire rentrer ce pays, c’est déplacer le centre de gravité de l’Union au cœur d’un des territoires les plus explosifs de la planète, où s’affrontent depuis des siècles chiites et sunnites, Kurdes et Irakiens, Turcs et Arméniens. Nous n’avons pas tous la même opinion concernant l’Europe, mais nous nous unissons pour dénoncer ce projet suicidaire. Il faut cesser de nous mentir et de mentir aux Turcs et privilégier le partenariat économique à l’adhésion.
Monsieur le président, le 17 décembre, c’est vous qui allez décider si vous enclenchez un processus dont chacun sait qu’il sera irréversible, parce que l’histoire de l’Europe a démontré qu’il ne pouvait pas en être autrement. La politique étrangère est votre domaine réservé, et les Français vous ont confié mandat pour l’exercer pleinement. Cependant, sur cette question, les Français ont un avis, ils doivent être consultés, soit directement, soit par l’intermédiaire de leurs représentants élus.

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