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Discours de George W. Bush sur l’état de l’Union, 29 janvier 2002

| Washington D. C. (États-Unis)
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Alors que nous sommes réunis ici ce soir, notre pays est en guerre, notre économie est en récession, et le monde civilisé doit faire face à des dangers sans précédent. Et pourtant, notre Union n’a jamais été aussi solide.

Lors de notre dernière réunion, nous étions sous le choc et en proie à la souffrance. En quatre mois à peine, notre pays a réconforté les victimes, commencé à reconstruire New York et le Pentagone, formé une grande coalition, capturé, arrêté et mis hors d’état de nuire des milliers de terroristes, détruit des camps d’entraînement de terroristes en Afghanistan, sauvé un peuple de la famine et libéré un pays d’une oppression brutale.

Le drapeau américain flotte de nouveau au-dessus de notre ambassade à Kaboul. Les terroristes qui occupaient l’Afghanistan occupent maintenant des cellules à Guantanamo, et les chefs des terroristes qui incitaient leurs adeptes à sacrifier leur vie s’enfuient pour sauver la leur.

Les Etats-Unis et l’Afghanistan sont maintenant alliés contre le terrorisme - nous allons coopérer pour reconstruire ce pays - et ce soir nous souhaitons la bienvenue au président par intérim de l’Afghanistan libéré : M. Hamid Karzaï.

La dernière fois que nous étions réunis dans cet hémicycle, les mères et les filles de l’Afghanistan étaient captives chez elles ; il leur était interdit de travailler ou de faire des études. Aujourd’hui, les femmes sont libres et elles font partie du nouveau gouvernement de l’Afghanistan. Nous souhaitons aussi la bienvenue à la nouvelle ministre des affaires féminines, Mme Sima Samar.

C’est grâce à l’esprit du peuple afghan, à la détermination de notre coalition et à la puissance de l’armée des Etats-Unis que nous avons réalisé ces progrès. Lorsque j’ai mobilisé nos troupes, je l’ai fait avec une confiance totale en leur courage et en leur compétence, et c’est grâce à elles que nous gagnons la guerre contre le terrorisme. Les hommes et les femmes de nos forces armées ont transmis un message qui est maintenant clair à tous les ennemis des Etats-Unis : même à dix mille kilomètres de nos rives, par-delà les océans et les continents, au sommet des montagnes et au fond des grottes, ils n’échapperont pas à la justice de notre pays.

Ces trois derniers mois ont été pour de nombreux Américains synonymes d’une tristesse et d’une douleur qui ne s’effaceront sans doute jamais complètement. Il y a ce sapeur-pompier retraité qui vient tous les jours à " Ground Zero ", afin de se rapprocher des deux fils qu’il y a perdus. Il y a ce petit garçon qui, dans un mémorial de New York, a déposé son ballon de football avec un petit mot adressé à son père disparu : " Cher papa, s’il te plaît, emmène cela au paradis. Je ne jouerai pas au football tant que je ne pourrai pas jouer avec toi. " Et il y a Shannon Spann qui, le mois dernier, a prononcé ces mots d’adieu sur la tombe de son mari, Michael, un Marine et agent de la CIA mort à Mazar-e-Charif : " Semper fi, mon amour. " Shannon est avec nous ce soir.

Shannon, je puis vous assurer, ainsi qu’à tous ceux qui ont perdu des proches, que notre cause est juste et que notre pays n’oubliera jamais la dette qu’il a contractée envers Michael et envers tous ceux qui ont donné leur vie pour la liberté.

Notre cause est juste, et elle se poursuit. Nos découvertes en Afghanistan ont confirmé nos pires craintes et elles nous montrent la véritable ampleur de la tâche qui nous attend. Nous avons observé la haine profonde de nos ennemis en regardant les films vidéo dans lesquels ils rient de la mort d’êtres innocents. L’intensité de leur haine n’a d’égale que la folie de la destruction qu’ils envisagent. Nous avons trouvé des schémas de centrales nucléaires et d’installations d’alimentation en eau américaines, des instructions détaillées pour la fabrication d’armes chimiques, des cartes de reconnaissance de villes américaines et la description précise de sites particuliers aux Etats-Unis et dans le reste du monde.

Ce que nous avons trouvé en Afghanistan confirme que, loin de se terminer dans ce pays, notre guerre contre le terrorisme ne fait que commencer. La plupart des dix-neuf hommes qui ont détourné les avions utilisés lors des attentats du 11 septembre s’étaient entraînés dans des camps en Afghanistan, comme l’ont fait aussi des dizaines de milliers d’autres individus. Des milliers de tueurs dangereux, rompus aux méthodes de l’assassinat, souvent soutenus par des régimes hors-la-loi, sont aujourd’hui disséminés un peu partout dans le monde, véritables bombes à retardement prêtes à exploser sans avertissement.

Grâce à l’action de nos agents chargés de l’application des lois et de nos partenaires avec lesquels nous avons formé une coalition, des centaines de terroristes ont été arrêtés - pour autant, il reste des dizaines de milliers de terroristes bien entraînés. Ces ennemis assimilent le monde entier à un champ de bataille, et nous devons les pourchasser, où qu’ils se trouvent. Tant qu’il restera des camps d’entraînement, tant que des Etats donneront asile aux terroristes, la liberté sera compromise ; cela, les Etats-Unis et leurs alliés ne doivent pas le tolérer, et ils ne le toléreront pas.

Les Etats-Unis poursuivront deux grands objectifs sans relâche et patiemment. Premièrement, nous devons fermer les camps d’entraînement, déjouer les plans des terroristes et faire comparaître ces derniers devant la justice. Deuxièmement, nous devons empêcher les terroristes et les gouvernements qui cherchent à se doter d’armes chimiques, biologiques ou nucléaires de menacer les Etats-Unis et le monde.

Notre armée a mis les camps d’entraînement des terroristes en Afghanistan hors d’état de nuire, mais d’autres persistent dans une douzaine de pays au moins. Un monde terroriste clandestin, composé de groupes tels le Hamas, le Hezbollah, le Djihad islamique et la Jaish-i-Mohammed, opère dans des jungles et des déserts isolés et se tapit en plein coeur des grandes villes.

Si c’est en Afghanistan que sa présence est la plus visible, l’armée des Etats-Unis agit aussi ailleurs. Aux Philippines, nous avons déployé des effectifs chargés d’aider les forces armées de ce pays à pourchasser les cellules terroristes qui ont exécuté un Américain et qui détiennent encore des otages. Nos soldats, en liaison avec le gouvernement bosniaque, ont capturé des terroristes qui complotaient de perpétrer un attentat à la bombe contre notre ambassade. Notre marine patrouille le long de la côte de l’Afrique en vue de bloquer les livraisons d’armes et l’établissement de camps terroristes en Somalie.

Je forme l’espoir que tous les pays écouteront notre appel et qu’ils élimineront les parasites terroristes qui nous menacent tous, eux comme nous. De nombreux pays mettent en oeuvre des moyens énergiques. Le Pakistan réprime maintenant le terrorisme et j’admire les grandes qualités de dirigeant réunies en la personne du président Moucharraf. Par contre, d’autres pays se montreront pusillanimes face au terrorisme. Ne vous y trompez pas : s’ils n’agissent pas, les Etats-Unis, eux, passeront à l’action.

Notre second objectif consiste à empêcher les gouvernements qui parrainent le terrorisme de menacer les Etats-Unis et leurs amis au moyen d’armes de destruction massive.

Certains de ces gouvernements se tiennent tranquilles depuis le 11 septembre. Mais nous connaissons leur véritable caractère. La Corée du Nord a un gouvernement qui s’équipe de missiles et d’armes de destruction massive tout en affamant sa population.

L’Iran s’emploie activement à fabriquer de telles armes et exporte le terrorisme tandis qu’une minorité non élue étouffe l’espoir de liberté du peuple iranien.

L’Irak continue à afficher son hostilité envers les Etats-Unis et à soutenir le terrorisme. Le gouvernement irakien complote depuis plus de dix ans pour mettre au point le bacille du charbon, des gaz neurotoxiques et des armes nucléaires. C’est un gouvernement qui a déjà utilisé les gaz asphyxiants pour tuer des milliers de ses propres citoyens, laissant les cadavres des mères blottis sur ceux de leurs enfants. C’est un gouvernement qui, après avoir accepté des inspections internationales, a chassé les inspecteurs. C’est un gouvernement qui a des choses à cacher au monde civilisé.

De tels Etats constituent, avec leurs alliés terroristes, un axe maléfique et s’arment pour menacer la paix mondiale. En cherchant à acquérir des armes de destruction massive, ils posent un danger dont la gravité ne fait que croître. Ils pourraient fournir ces armes aux terroristes, leur donnant ainsi des moyens à la hauteur de leur haine. Ils pourraient attaquer nos alliés ou tenter de faire du chantage auprès des Etats-Unis. Dans l’un quelconque de ces cas, le coût de l’indifférence serait catastrophique.

Nous coopérerons étroitement avec les membres de notre coalition pour refuser aux terroristes et aux Etats qui les parrainent le matériel, la technologie et le savoir-faire qui leur permettraient de fabriquer et de lancer des armes de destruction massive. Nous mettrons au point et déploierons une défense antimissile pour protéger les Etats-Unis et leurs alliés d’une attaque surprise. Et tous les pays devraient savoir que les Etats-Unis prendront toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité de notre nation.

Nous agirons sans hésitation mais le temps n’est pas notre allié. Nous n’attendrons pas que des incidents surviennent alors que le danger s’accroît. Nous ne resterons pas inactifs face à un danger qui se rapproche de plus en plus. Les Etats-Unis d’Amérique ne permettront pas aux gouvernements les plus dangereux du monde de nous menacer avec les armes les plus destructives du monde.

Notre guerre contre le terrorisme est déjà bien engagée, mais elle ne fait que commencer. Cette campagne ne sera peut-être pas terminée avant la fin de notre mandat, mais nous devons la mener durant ce mandat-ci et nous la mènerons.

Nous ne pouvons pas nous arrêter à mi-chemin. Si nous nous arrêtions maintenant, que nous laissions intacts les camps de terroristes et libres les Etats qui sèment le terrorisme, notre sentiment de sécurité serait illusoire et éphémère. L’histoire a lancé aux Etats-Unis et à leurs alliés un appel à l’action, et c’est tout autant notre responsabilité que notre privilège que de mener ce combat pour la liberté.

Notre première priorité doit toujours être la sécurité de notre nation, et ce fait se trouve reflété dans le budget que j’envoie au Congrès. Mon budget appuie trois objectifs très importants pour l’Amérique : Nous remporterons cette guerre, nous protégerons notre territoire et nous relancerons notre économie.

Le 11 septembre a fait ressortir le meilleur de l’Amérique et de ce Congrès. Je me joins au peuple américain afin d’applaudir à votre unité et à votre détermination. Maintenant, les Américains méritent que nous fassions preuve de la même unité afin de régler nos problèmes intérieurs. Je suis fier d’appartenir à mon parti. Cependant, au fur et à mesure que nous agissons en vue de gagner la guerre, de protéger notre peuple et de créer des emplois, nous devons avant tout nous comporter comme des Américains, et non comme des républicains ou comme des démocrates.

Cette guerre est fort coûteuse. Nous avons dépensé plus de un milliard de dollars par mois - plus de trente millions de dollars par jour - et nous devons être prêts pour les opérations qui seront menées à l’avenir. La campagne afghane a montré que les coûteuses armes de précision écrasent l’ennemi tout en épargnant la vie aux innocents, et il nous en faut davantage. Nous devons remplacer nos avions vieillissants et rendre nos armées plus agiles, de façon à pouvoir déplacer rapidement et en toute sécurité nos soldats partout dans le monde. Nos hommes et femmes en uniforme méritent les meilleures armes qui soient, le meilleur équipement possible et la meilleure formation qu’on puisse leur donner. Ils méritent aussi une nouvelle augmentation de leur solde. Mon budget prévoit la plus grosse augmentation en vingt ans en matière de défense, car si le prix de la liberté et de la sécurité est élevé, il ne l’est jamais trop. S’agissant de la défense de notre pays, nous en paierons le coût, quel qu’il soit.

La priorité suivante, dans mon budget, consiste à faire tout ce qui est possible pour protéger nos compatriotes et renforcer notre nation contre la menace toujours présente d’une nouvelle attaque. Le temps qui passe et qui nous éloigne des événements du 11 septembre n’améliorera pas notre sens de sécurité à moins que nous ne tirions les leçons de ces attentats. L’Amérique n’est désormais plus protégée par de vastes océans. Seuls une action vigoureuse à l’étranger et un renforcement de la vigilance chez nous nous protégeront d’une attaque.

Mon budget double pratiquement les fonds qui appuieront une stratégie soutenue en matière de sécurité du territoire, stratégie qui se concentre sur quatre domaines clés : le bioterrorisme, la réaction aux situations d’urgence, la sécurité dans les aéroports et aux frontières et l’amélioration des services de renseignement. Nous mettrons au point des vaccins pour combattre la maladie du charbon et d’autres maladies mortelles. Nous augmenterons les crédits afin d’aider les Etats et les collectivités à former et à équiper nos héroïques policiers et sapeurs-pompiers. Nous améliorerons la collecte et l’échange de renseignements, multiplierons les patrouilles à nos frontières, renforcerons la sécurité dans nos transports aériens, et utiliserons la technologie afin de suivre les arrivées et les départs des visiteurs aux Etats-Unis.

La sûreté du territoire aura pour effet non seulement de renforcer l’Amérique, mais aussi, de maintes façons, de l’améliorer. Les connaissances que nous tirerons de la recherche sur le bioterrorisme amélioreront la santé publique, une police et un corps de sapeurs-pompiers renforcés créeront des quartiers plus sûrs, et une surveillance accrue des frontières facilitera la lutte contre le trafic des stupéfiants.

Le gouvernement assurera la sécurité de notre territoire, mais cela n’empêchera pas l’Amérique de continuer à compter sur la sagacité de ses citoyens. Quelques jours avant Noël, une hôtesse de l’air a surpris un passager en train d’essayer de craquer une allumette. L’équipage et les passagers ont rapidement maîtrisé l’homme, qui avait été formé par Al-Qaïda et avait des explosifs. Les gens à bord de cet appareil étaient sur le qui-vive et, de ce fait, ils ont sans doute sauvé près de 200 personnes. Ce soir, nous accueillons et remercions les hôtesses Hermis Moutardier et Christina Jones.

Après le financement de notre sécurité nationale et de la sûreté de notre territoire, ma dernière grande priorité budgétaire sera la sécurité économique de tous les Américains. Afin d’atteindre ces grands objectifs nationaux - à savoir gagner la guerre, protéger notre territoire et relancer notre économie -, nous enregistrerons un déficit budgétaire qui sera de faible importance et de courte durée, à condition que le Congrès limite les dépenses et agisse de façon responsable sur le plan financier. Nous avons des priorités claires, et nous devons agir chez nous avec la même détermination dont nous avons fait preuve à l’étranger : nous gagnerons la guerre, et nous vaincrons cette récession

Les Américains qui ont perdu leur emploi ont besoin de notre aide. Je suis favorable à l’extension de l’allocation chômage et à l’octroi d’une aide directe pour la couverture médicale. Cependant, les travailleurs américains préfèrent un bulletin de paie régulier aux chèques des allocations. Quand l’Amérique travaille, l’Amérique prospère. En conséquence, mon plan de sécurité économique peut se résumer en un mot : l’emploi.

De bons emplois commencent par de bonnes écoles, et là, nous avons pris un bon départ. Les républicains et les démocrates se sont entendus pour élaborer une réforme historique de l’éducation qui fera qu’aucun enfant ne sera laissé pour compte. Je suis fier d’avoir travaillé avec des membres des deux partis - le président John Boehner, le député George Miller, le sénateur Judd Gregg - j’étais si fier de nos travaux que j’ai même dit des choses aimables au sujet de mon ami Ted Kennedy. Les clients du café de Crawford n’en croyaient pas leurs oreilles. Mais notre travail sur cette loi montre ce qui peut être accompli lorsqu’on oublie la roublardise pour se concentrer sur les résultats.

Il faut faire davantage. Nous devons préparer nos enfants à l’apprentissage de la lecture et à la réussite à l’école en améliorant les programmes " Head Start " et autres programmes visant le développement des jeunes enfants. Nous devons renforcer nos écoles normales, améliorer la formation des enseignants, et lancer une importante campagne de recrutement d’enseignants qui aurait un objectif important pour l’Amérique : un enseignant compétent dans chaque salle de classe.

Pour avoir de bons emplois, il faut avoir des sources d’énergie fiables à un prix abordable. Il faut que ce Congrès agisse afin d’encourager l’économie d’énergie, promouvoir la technologie, bâtir l’infrastructure ; il doit aussi prendre des mesures pour accroître la production d’énergie ici-même aux Etats-Unis de façon que notre pays dépende moins du pétrole étranger.

Pour avoir de bons emplois, il faut développer le commerce. Le fait de vendre ses produits à de nouveaux marchés crée de nouveaux emplois, et j’ai demandé au Congrès de finalement approuver le texte de loi sur l’autorité en matière de promotion du commerce. S’agissant de ces deux points importants, le commerce et l’énergie, la Chambre des représentants a pris des mesures pour créer des emplois, et j’exhorte le Sénat à adopter ces textes.

Pour avoir de bons emplois, il faut avoir une politique fiscale saine. L’année dernière, certains, dans cette salle, pensaient que mon plan d’allégement fiscal n’était pas assez ambitieux, d’autres trop. Mais, lorsque les chèques sont arrivés par le courrier, la plupart des Américains ont pensé que le montant de la réduction d’impôts était à peu près juste ce qu’il fallait. Le Congrès a écouté ce que disaient les gens et a répondu en réduisant les taux d’imposition, en doublant le crédit d’impôt pour les enfants, en mettant fin à l’impôt sur les successions. Dans l’intérêt de la croissance à long terme et afin d’aider les Américains à faire des plans d’avenir, faisons en sorte que ces réductions d’impôt soient permanentes.

Pour pouvoir sortir de cette récession, pour pouvoir créer des emplois, il faut faire croître l’économie en encourageant les investissements dans les usines et l’équipement, et en accélérant l’allégement de l’impôt pour que les gens aient davantage d’argent à dépenser. Par égard pour les travailleurs américains, adoptons des mesures visant à stimuler l’économie.

L’obtention de bons emplois doit être l’objectif de la réforme en matière d’assistance sociale. Alors que nous reconduisons ces importantes réformes, nous ne devons pas perdre de vue que l’objectif est de réduire la dépendance à l’égard des subsides de l’Etat et offrir à chaque Américain la dignité d’un emploi.

Les Américains savent que sans la sécurité en matière de santé, la sécurité économique peut disparaître en un instant. Je demande aux membres du Congrès de se rallier derrière moi cette année et de promulguer une " déclaration des droits du patient ", afin de donner aux travailleurs sans assurance les moyens qui les aideront à acheter une assurance médicale, d’approuver une augmentation sans précédent des dépenses liées à la santé des anciens combattants, et de donner aux personnes du troisième âge un mécanisme de protection médicale moderne et fiable qui comprendra le remboursement des médicaments.

Avoir un bon emploi devrait conduire à la sécurité au moment de la retraite. Je demande au Congrès d’adopter de nouvelles mesures de sauvegarde des plans de pensions et des plans d’épargne-retraite (401 K), car les gens qui ont travaillé dur et économisé toute leur vie ne devraient pas risquer de tout perdre si leur société faisait faillite. Grâce à des normes de comptabilité plus strictes et à des critères de transparence plus rigoureux, il faut obliger le monde des affaires, aux Etats-Unis, à rendre de meilleurs comptes à ses employés et à ses actionnaires et à respecter les normes les plus élevées de conduite.

Pour avoir la sécurité au moment de la retraite, il faut que les engagements pris par la Sécurité sociale soient respectés, et nous le ferons. Nous devons faire en sorte que la Sécurité sociale soit financièrement stable, et permettre aux jeunes travailleurs qui le souhaiteraient d’ouvrir des comptes personnels de placements en vue de leur retraite.

Mesdames et Messieurs membres du Congrès, nous allons travailler de concert dans les mois à venir à d’autres dossiers importants : à une politique agricole positive, à un environnement plus salubre, à faciliter l’accession à la propriété - notamment pour les membres des minorités - et à des moyens d’encourager l’excellent travail que font les organisations caritatives et les groupes relevant d’une religion. Pour ce qui est de ces importantes questions intérieures, je vous demande de vous joindre à moi et de faire preuve de cet esprit de collaboration qui marque la guerre que nous menons contre le terrorisme.

Au cours de ces derniers mois, je me suis senti humble et privilégié en constatant le véritable caractère de ce pays dans des moments difficiles. Nos ennemis croyaient que l’Amérique était faible et matérialiste, que la peur et l’égoïsme nous feraient craquer. Leur erreur est à la mesure de leur diabolisme.

Le peuple américain a réagi de façon magnifique, avec courage et compassion, avec vigueur et détermination. Et quand j’ai rencontré les héros, étreint les familles et regardé les visages aux traits tirés des secouristes, j’ai ressenti une énorme admiration pour ce peuple américain.

J’espère que vous vous joindrez à moi pour exprimer nos remerciements à une Américaine, mon épouse, Laura Bush, pour la force, le calme, le réconfort qu’elle apporte à notre pays en temps de crise.

Aucun d’entre nous ne souhaiterait jamais à quiconque le mal qui a été fait le 11 septembre, mais après que l’Amérique fut attaquée, ce fut comme si notre peuple tout entier se regardait dans une glace et y voyait le meilleur en lui. Il nous fut rappelé que nous étions des Américains qui avions des obligations les uns envers les autres, envers notre pays et envers l’histoire. Nous avons alors commencé à penser moins aux belles choses que nous pouvions accumuler qu’aux belles choses que nous pouvions accomplir.

Pendant trop longtemps, notre culture a consisté à dire : " Fais ce que voudras. " Maintenant elle adopte une nouvelle éthique et un nouveau credo : " En avant ! " Dans les sacrifices de nos soldats, dans la grande fraternité de nos pompiers et dans le courage et la générosité des simples particuliers, nous avons eu un aperçu de cette nouvelle culture de la responsabilité. Nous voulons être un pays qui réalise des objectifs plus vastes que ceux de chaque individu. Nous avons une occasion exceptionnelle, et il ne nous faut pas la laisser passer.

Je demande ce soir à tous les Américains de consacrer au moins deux ans de leur vie, soit quatre mille heures, au service de leurs voisins et de leur pays. Un grand nombre d’entre vous le font déjà, et je vous en remercie. Si vous ne savez pas exactement comment vous pouvez aider, je vous propose un bon endroit pour commencer. Je vous invite à faire partie du nouveau Corps de la liberté (" USA Freedom Corps "). Le Corps de la liberté concentrera son action dans trois domaines où les besoins sont grands. Il servira à faire face à une crise dans notre pays, à reconstruire nos collectivités et à manifester notre compassion dans le monde entier.

L’un des objectifs du Corps de la liberté sera la sécurité intérieure. Les Etats-Unis ont besoin des médecins et des infirmières qui sont à la retraite et qui sont susceptibles d’être mobilisés en cas de grande crise ; ils ont aussi besoin de bénévoles pour aider les policiers et les pompiers, des ouvriers des transports et des autres services publics qui ont la formation nécessaire pour déceler un danger quelconque.

Notre pays a également besoin de citoyens qui participent à la reconstruction de nos collectivités. Nous avons besoin de mentors qui s’occupent avec amour d’enfants, en particulier des enfants dont les parents sont en prison. Nous avons aussi besoin d’un plus grand nombre d’enseignants compétents dans les écoles en proie à des difficultés. Le Corps de la liberté renforcera les efforts de l’" Americorps " et du " Senior Corps " en faisant appel à plus de deux cent mille bénévoles supplémentaires.

Par ailleurs, les Etats-Unis ont besoin de citoyens désireux de manifester la compassion de notre pays aux quatre coins du monde. Nous réaffirmerons les engagements du Corps de la paix, doublerons le nombre de ses volontaires au cours des cinq prochaines années et demanderons à ce corps de participer à un nouvel effort visant à encourager le développement, l’enseignement et les possibilités économiques dans les pays musulmans.

Cette période d’adversité nous offre une occasion exceptionnelle, une occasion que nous devons saisir pour changer notre culture. Grâce à l’élan suscité par des millions de bonnes actions, je sais que nous pouvons vaincre le mal par le bien. En ces temps de guerre, nous avons une occasion extraordinaire de mener le monde sur la voie de la paix durable.

Dans toutes les sociétés, les parents veulent que leurs enfants soient éduqués et vivent à l’abri de la pauvreté et de la violence. Aucun être humain ne souhaite vivre opprimé, ni n’aspire à la servitude, ni n’attend avec impatience que la police secrète frappe à sa porte à minuit.

Que ceux qui en doutent observent l’Afghanistan, où la population a accueilli la chute de la tyrannie avec des chants et des cris de joie. Que les sceptiques étudient la riche histoire de l’islam, avec ses siècles d’étude, de tolérance et de progrès.

L’Amérique sera le champion de la défense de la liberté et de la justice, parce que ces principes sont justes, vrais et inaliénables pour tous les peuples du monde. Aucune nation n’a l’exclusivité de ces valeurs, et aucune nation ne peut y échapper. Nous n’avons pas l’intention d’imposer notre culture, mais les Etats-Unis défendront toujours fermement les principes non négociables de la dignité humaine : la primauté du droit, la limitation de la puissance de l’Etat, le respect des femmes, la propriété privée, la liberté d’expression, la justice pour tous, et la tolérance religieuse.

L’Amérique prendra la défense des hommes et femmes courageux qui protègent ces valeurs dans le monde, y compris dans les pays islamiques, parce que nous visons plus que l’élimination des menaces et l’endiguement du ressentiment. Au-delà de la guerre contre le terrorisme, nous cherchons l’avènement d’un monde juste et pacifique.

En ces moments uniques, une menace commune efface les anciennes rivalités. Les Etats-Unis coopèrent avec la Russie, la Chine et l’Inde, comme ils ne l’ont encore jamais fait, en faveur de la paix et de la prospérité. Dans chaque région, les marchés libres, le libre-échange, et les sociétés libres prouvent leur capacité d’amélioration des conditions de vie. De concert avec nos amis et alliés d’Europe, d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine, nous montrerons que les forces de la terreur ne peuvent pas arrêter l’élan de la liberté.

La dernière fois que j’ai pris la parole ici, j’ai exprimé l’espoir que la vie redeviendrait normale. A certains égards, elle l’est redevenue. A d’autres, elle ne le redeviendra jamais. Ceux d’entre nous qui ont été touchés par ces dures épreuves en sont sortis changés. Nous avons appris des vérités dont nous ne douterons jamais, à savoir que le mal existe et qu’il faut s’y opposer. Par-delà les différences de race ou de religion, nous sommes un seul pays, qui pleure ses morts ensemble et qui fait face au danger ensemble. L’honneur est au plus profond du caractère américain, et il est plus fort que le cynisme. Et un grand nombre d’entre nous ont de nouveau découvert que même lors d’une tragédie - et tout particulièrement lors d’une tragédie - Dieu est proche.

En un instant, nous nous sommes rendu compte que cette décennie serait décisive dans l’histoire de la liberté et que nous étions appelés à jouer un rôle exceptionnel dans le cours des événements de l’humanité. Rarement le monde a eu à faire face à un choix aussi clair et dont les effets sont aussi importants.

Nos ennemis envoient les enfants d’autres personnes accomplir une mission qui s’achève par leur suicide et par l’assassinat. Ils embrassent la tyrannie et la mort en tant que cause et religion. Nous défendons un choix différent qui a été fait il y a longtemps, le jour de la fondation de notre République. Nous le réaffirmons aujourd’hui. Nous choisissons la liberté et la dignité de tout être humain.

Déterminés à atteindre notre but, nous poursuivons maintenant notre tâche. Nous avons vu le prix de la liberté. Nous avons montré le pouvoir de la liberté. Et dans ce grand conflit, mes chers compatriotes, nous verrons la victoire de la liberté.

Je vous remercie tous. Que Dieu vous bénisse.

Traduction française provenant du site du Département d’État états-unien.
Texte original en anglais disponible sur le site de la Maison-Blanche

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