Le vote m’a surpris par sa rapidité, cela signifie qu’il n’y a pas vraiment eu de discussion. J’aurais pu penser que le spectre des avis était plus large, mais une telle décision, prise en moins d’une journée est significative. On a vraisemblablement tablé sur la continuité. Le camp de l’alternance n’était pas assez organisé donc la conclusion a été acceptée par tout le monde. Les médias avaient déjà donné Ratzinger comme favori, on savait déjà qu’il bénéficiait de la majorité des votes même s’il est normalement interdit de dévoiler ses intentions. Nous allons maintenant savoir s’il reste sur ses positions d’avant le conclave. Il devrait poursuivre dans le style de ses prédécesseurs, je ne pense pas qu’il fasse autres choses que ce pour quoi il a été élu.
Nous devons veiller à ce que le débat ait lieu au sein de l’Église, si possible un débat plus soutenu. La continuité est à prévoir, ainsi qu’une volonté de limitation de l’influence de l’esprit de l’époque. J’espère que le nouveau pape exposera clairement ses desseins, qu’il sera transparent et qu’il permettra l’ouverture nécessaire pour discuter de certains problèmes et peut-être essayer de nouvelles voies. À l’intérieur de l’Église, des thèmes comme le mariage des prêtres, les femmes dans l’Église et la relation aux autres religions doivent être abordés.

Source
Der Standard (Autriche)

« Was kommt mit Benedikt XVI.? », par Helmut Schüller, Der Standard, 21 avril 2005. Ce texte est adapté d’une interview.