Réseau Voltaire

Dialogue avec nos lecteurs français

Thierry Meyssan a répondu en direct aux lecteurs de Voltairenet.org qui lui posaient des questions à partir du compte Facebook d’Alain Benajam, président du Réseau Voltaire France.

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Attention :
- Lorsqu’un lecteur a posé plusieurs questions, seule sa première a été prise en compte.
- Les message de commentaire n’ont pas été reproduits

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Gérard Luçon : A quand des listes Réseau Voltaire aux européennes ?

Thierry Meyssan : Le Réseau Voltaire n’a pas vocation à se transformer en parti politique, mais à animer le débat politique au sein de la société en général et des partis politiques en particulier.
Lors de notre création, plusieurs partis de ce qui allait devenir « la gauche plurielle » étaient représentés en tant que tels au sein de notre conseil d’administration. Cependant, ils en sont sortis les uns après les autres car nous ne jouions pas le jeu politicien : nous avons refusé de demander l’interdiction du Front national ; nous avons publié une étude sur la composition du gouvernement Jospin qui montrait ses relations avec les États-Unis et le très grand patronat ; nous avons refusé l’entrée en guerre au Kosovo sans vote du Parlement ; enfin il y eu le 11-Septembre. Par la suite, nous avons admis que, depuis la disparition de l’Union soviétique, la distinction datant de la Guerre froide entre droite et gauche n’avait plus de sens.
En définitive, nous sommes convenus de ne pas nous présenter à des élections dans le cadre des partis politiques actuels et nous avons refusé les propositions éligibles qui nous étaient faites.
Se transformer en parti politique voudrait dire abandonner notre travail actuel d’information, car nous n’aurions pas les moyens de tout faire à la fois. Or, nous pensons que ce travail est plus important que d’aller siéger dans des Parlements dénués de pouvoirs.

Hakim William Smach : Théorie des genre à l’école, rumeur ou on cherche à vraiment mettre ce genre de pensée dans nos écoles ?

Thierry Meyssan : Bien qu’il y ait eu une rumeur malveillante sur un programme de l’Éducation nationale, il n’en reste pas moins que la théorie du genre est poussée en avant dans l’ensemble des États membres de l’Otan. D’une manière générale, c’est une technique classique : déplacer les débats sur des sujets sociétaux confus de manière à amalgamer toute contestation avec des extrémistes et laisser le champ libre à la classe dirigeante.
C’est pour moi une fausse réponse qui masque un vrai problème. D’une part, l’ethnologie nous apprend que l’identité sexuelle est effectivement partiellement le fruit de la culture dans laquelle on est élevé, mais si une culture définit les rôles sexuels, elle ne modifie pas le sexe des gens. D’autre part, cette théorie était censée aider à l’égalité en droit des hommes et des femmes, alors qu’elle ne sert qu’à brouiller la réalité.
Au passage, je suis très étonné que l’on n’évoque jamais les cas d’intersexualité. Plus d’une personne sur mille n’est génétiquement ni homme, ni femme. Il existe beaucoup de situations différentes dans la nature et chacune mérite d’être respectée.
Dans la même ligne, l’administration Hollande a également promu le « mariage pour tous ». Cette rhétorique permet de faire croire que les personnes qui y sont opposées sont favorable au maintien d’une discrimination. En réalité, le mariage est une institution imaginée pour résoudre les problèmes de filiation et d’héritage. Il n’a donc rien à voir avec la situation des couples de même sexe. Le problème sociétal est différent : les couples de même sexe se voient refuser des droits reconnus aux coupes de sexes différents. La solution est simple : individualiser les droits. En 1990, je présidais une association pour l’égalité en droits de chacun quelque soit son orientation sexuelle, le Projet Ornicar. Nous avions poussé cette solution et avions obtenu le soutien de l’Église catholique. Nous avions même publié une déclaration commune avec le président de la conférence épiscopale, Mgr Duval. Déjà à l’époque, c’est le parti socialiste qui a fait tout capoter en choisissant le PACS qui est l’ancêtre du « mariage pour tous ». Le comportement du PS dans cette affaire est très clair : il ne cherche pas à résoudre les problèmes de nos concitoyens, mais à les instrumenter pour les diviser. Il n’y a aucune raison que les catholiques refusent de reconnaître les droits des couples de même sexe, mais le PS a quand même réussi à transformer cette question en champ de bataille.
Il est navrant de constater que lorsque l’on interroge les personnes concernées, elles préfèrent massivement la solution que nous avions proposée à celle du PS.

Gaspard Alizan : Un avis sur l’affaire Dieudonné ?

Thierry Meyssan : Le gouvernement et l’opposition ont, d’un commun accord préalable, décidé d’attaquer Dieudonné pour commencer, puis de continuer par Alain Soral et d’en finir avec moi. Ils ont pour le moment modifié un siècle et demi de jurisprudence pour interdire à l’humoriste de se moquer d’Israël.
Si Dieudonné est lié à la fois à Alain Soral et, d’une certaine manière, à moi, je ne le suis pas à Soral, dont j’apprécie le travail de réconciliation mais dont je dénonce la critique contre-révolutionnaire de 1789.
Nous devons attendre les prochains épisodes pour comprendre où la classe dirigeante veut en venir.

Élodie Poirieu : Quelle est à votre avis l’influence des lobbies libertariens US sur la dissidence en France ?

Thierry Meyssan : Nous sommes tous tellement influencés par les États-Unis que nous allons chercher là-bas aussi des modèles de dissidence. Mais nous sommes une vieille nation, pas le Far West. Si nous avons besoin de retrouver la liberté d’entreprendre, cela ne doit pas se faire au détriment de l’intérêt collectif. De ce point de vue, certaines réglementations sont utiles et souhaitables.

Question : Que pensez vous de la négociation par devers des américains avec le régime iranien ? Quel a été le ressort poussant Fabius à tenter de faire disjoncter ces accords ? (Genève récemment)

Thierry Meyssan : Sur les négociations entre Washington et Téhéran, je vous renvoie à mon article « L’abdication de l’Iran », Réseau Voltaire, 2 décembre 2013, www.voltairenet.org/article1.... Je n’ai pas changé d’avis. Pour moi, le président Rohani est un nationaliste, mais pas un anti-impérialiste. Il ambitionne de terminer la révolution khomeiniste et de re-devenir l’allié régional de Washington, comme à l’époque du Shah. Dois-je rappeler qu’il fut, en 1985, le premier négociateur iranien lors de l’accord avec Washington et Tel-Aviv connu sous le nom d’Iran-Contras ?
Pour ce qui est de Laurent Fabius, il agit dans ce dossier comme dans les autres, dans l’intérêt d’Israël et non pas dans celui de la France.

Frédéric Episquoiencore : Je crois que Meyssan avait produit une analyse intéressante sur "l’extrême droite" au moment des présidentielles. Sa conclusion était que le FN était le moins mauvais choix.
Comment faire de ce "moins mauvais choix" un choix positif ?

Thierry Meyssan : Vous m’avez mal compris. Je n’ai jamais dit ni que l’actuel FN soit d’extrême droite, ni qu’il constitue le moins mauvais choix.
J’ai simplement souligné que ce parti a évolué et qu’il comprend aujourd’hui de nombreux militants qui ne sont pas d’extrême droite en ce qu’ils ne cherchent pas à désigner de boucs-émissaires, mais qu’il comprend toujours aussi des militants d’extrême droite qui poursuivent les juifs, les gays et les francs-maçons. Le FN évolue d’un parti des perdants (de la Seconde Guerre mondiale et de la décolonisation) vers un parti anti-Système.
J’ai aussi dit qu’il y a aujourd’hui plus de militants d’extrême droite, c’est-à-dire cherchant des boucs-émissaires, à l’UMP et au PS qu’au FN. Pour reprendre une question précédente, le FN n’a jamais appelé à interdire d’expression publique tel ou tel de ses détracteurs, tandis que l’UMP et le PS ont fait interdire des spectacles de Dieudonné.

Frederique Mourgues : Participer a des bras levés ? a des JUIFS dehors ??? comme un gout amer des années 30 ?? non vraiment pas !!!! rien sur les banques ... rien sur la CIA ... rien sur Israel autant dire que cet attroupement de vociférateur fédérateur et réactionnaire sont soit des cons soit des marionnettes comme en Ukraine en ce moment même !!

Thierry Meyssan : Il ne semble pas que les participants à la manifestation « Jour de colère » (26 janvier 2014) étaient fascistes et anti-sémites., même s’il y en avait parmi eux, comme dans de nombreuses autres manifestations.
Le Réseau Voltaire a examiné au préalable sa possible participation à cette manifestation. D’un côté, nous en partagions l’objectif anti-Système, d’un autre nous ne voulions pas nous joindre dans le Comité d’appel à des organisations anti-sémites ou anti-musulmanes, anti-gays et anti-maçonniques. Nous nous sommes donc abstenus.
Il n’en reste pas moins que cette manifestation avait tous les ingrédients d’une amorce de mouvement révolutionnaire. Il appartient aux organisateurs d’en clarifer les objectifs, quitte à rompre avec certaines associations membres.

Hakim Mansouri : Il faut garder en tête que l’élite veut la mort des États. Elle se fera par l’implosion des sociétés. Tout ce qui sera un rempart à cette implosion programmée sera bon à prendre à condition que cela ne soit pas basé sur la haine et la désignation de populations cibles.

Thierry Meyssan : Je suis d’accord avec vous.

Jean-Pierre Aupert : Le Réseau Voltaire dispose-t-il d’un système de diffusion permettant d’organiser une opération de masse sans violence ni manifestation simplement avec intelligence afin de remettre la France dans le bon sens ??
À disposition pour tout renseignement sur la façon d’agir légalement et légitimement.

Thierry Meyssan : Nous n’avons pas d’autres moyens pour le moment que des médias hors Système : sites internet et télévisions d’États non-alignés.

Greg O’Rywell : La seule chose qui peut s’exprimer c’est la colère. Il n’y aucune pensée construite derrière ces manifestations. Tous ces braillards ne font que manifester le chaos dégueulasse dont ils sont issus. Il n’y a pas d’unité, il n’y a aucun liant si ce n’est celui de la colère.
Techniquement ils feraient mieux de tabler massivement sur la colère quitte à la laisser déborder, c’est le seul moyen pour eux que leurs "opinions" soient entendues.... Leur seul espoir est de blesser le Pouvoir, de l’inquiéter parce que par eux-mêmes ils ne bâtiront jamais rien.
Qu’ils détruisent tout, c’est à cela qu’ils servent, l’Ordre en ressortira plus solide et mieux établi.

Thierry Meyssan : Toute révolution commence par de la colère. Mais la colère ne fait pas une révolution.
La France n’est pas en situation révolutionnaire car il n’y a pas encore eu le travail idéologique nécessaire. Nous sommes largement d’accord sur la trahison des élites, mais pas sur ce qu’il convient de faire.
Cela nous rapporte à la première question posée, sur les élections. Actuellement, les institutions ne fonctionnent plus et il ne sert plus à grand-chose d’y participer. Nous devons donc apporter des éléments de réflexion au débat et surtout l’animer puisque le Système fera tout pour le clore.

Tresor Azor : Vue les directive globale qui vienne bien sur d’une entité occulte pouvons nous dire qu’une guerre est avenir pour le remodelage du monde, c’est contour son bien visible est l’orchestration semble commune pour envoyez l’humanité a trépa les mêmes qui finance l’urss la chine et l’US son aux commande

Thierry Meyssan : Pas du tout d’accord avec vous, bien que je ne sache pas si vous parlez de l’URSS ou de la Russie.

Blue Rider : Quelles mesures TM propose-t-il pour contribuer à dédiaboliser le Réseau Voltaire et ainsi augmenter son audience de façon transversale, et non "entre initiés", ce qui contribue à renforcer les accusations de "secte" ou "d’extrémisme" ?

Thierry Meyssan : La réputation du Réseau Voltaire est très différente en France que dans le reste du monde. Nous n’avons malheureusement aucun moyen de la changer sinon de persévérer dans notre ligne.
Au demeurant, je ne crois pas indéfiniment possible de nous faire passer pour des débiles mentaux ou des extrémistes marginaux alors que nos articles et prises de position figurent désormais dans les revues de presse de nombreuses chancelleries.

Adlen Kassab : A quand une communication adéquate pour les seniors ..Ceux qui ont subi la fracture numérique et qui constituent un nombre conséquent parmi la population sans négliger leur puissance électorale ..Cette jonction est inévitable pour un nouveau rapport de force .

Thierry Meyssan : Nous avons tenté, en 2005, de lancer une revue en kiosques, mais ce fut un lourd échec financier. Lancer de nouveaux médias n’est possible qu’avec de très gros apports d’argent pour trouver un équilibre économique.
Nous participons actuellement à MetaTV et nous réfléchissons à la possibilité de lancer notre propre canal. Toutefois cette solution ne répondra pas à votre question, car la diffusion d’une télévision politique passe aujourd’hui obligatoirement en France par des sites internet de Vidéo à la demande.

Jean Christophe Aubin : Votre avis...false flag en vue ..?
AFP : ALERTE - La Syrie sans doute capable de produire des armes biologiques

Thierry Meyssan : L’AFP cite le directeur central du renseignement états-unien, James Clapper. Selon lui, la Syrie peut toujours produire certains gaz de combat. Problème : quelle grande puissance ne le peut pas ? Ce type de déclaration n’apporte rien. Le plus important est ailleurs, le Congrès a voté en séance secrète le financement de l’armement des « rebelles » syriens. http://www.voltairenet.org/article1...

(A suivre …)

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