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Discours de Donald Trump à la 72e session de l’Assemblée générale des Nations unies

| New York (États-Unis)
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Monsieur le Secrétaire général, Monsieur le Président, dirigeants du monde et délégués distingués, bienvenue à New York. C’est un grand honneur pour moi d’être ici dans ma ville natale pour représenter le peuple américain et m’adresser aux peuples du monde.

Alors que des millions de nos citoyens continuent de pâtir des conséquences des ouragans dévastateurs qui ont balayé notre pays, je voudrais d’abord exprimer ma reconnaissance à chacun des dirigeants dans cette salle qui ont offert aide et secours. Le peuple américain est fort et résistant, et il ressortira de ces difficultés plus déterminé que jamais.

Heureusement, les États-Unis se portent très bien depuis le 8 novembre, le jour des élections. La bourse a atteint un niveau sans précédent — un record. Le chômage est à son niveau le plus bas depuis 16 ans et, en raison de nos réformes réglementaires et autres, nous avons aujourd’hui plus de gens que jamais au travail aux États-Unis. Les entreprises reviennent, ce qui entraîne une croissance de l’emploi comme notre pays n’en a pas connu depuis très longtemps. Et on vient d’annoncer que nous allons dépenser près de 700 milliards de dollars pour notre budget militaire et notre défense.

Bientôt, notre armée n’aura jamais été aussi forte. Depuis plus de 70 ans, en temps de guerre et en temps de paix, les dirigeants de nations, de mouvements et de religions se sont adressés à cette assemblée. Comme eux, j’ai l’intention de parler de certaines des graves menaces auxquelles nous sommes confrontés aujourd’hui, mais aussi d’évoquer l’énorme potentiel qui attend d’être libéré.

Nous vivons à une époque d’opportunités extraordinaires. Les avancées dans les sciences, la technologie et la médecine soignent des maladies et elles apportent des solutions à des problèmes que les générations précédentes croyaient impossibles à résoudre.

Mais chaque jour voit l’arrivée de nouveaux dangers qui menacent tout ce que nous chérissons. Les terroristes et les extrémistes sont plus puissants et plus répandus dans toutes les régions de la planète. Les régimes voyous représentés dans cet organe non seulement appuient les terroristes mais menacent aussi d’autres pays et leur propre population avec les armes les plus destructrices que connaisse l’humanité.

L’autorité et les pouvoirs autoritaires cherchent à anéantir les valeurs, les systèmes et les alliances qui ont empêché des conflits et mis le monde sur la voie de la liberté depuis la Seconde Guerre mondiale.

Des réseaux criminels internationaux se livrent au trafic de stupéfiants, d’armes et d’êtres humains ; ils provoquent des déplacements forcés et des migrations en masse ; ils menacent nos frontières ; et, avec de nouveaux moyens d’agression, ils mettent à profit la technologie pour menacer nos citoyens.

Bref, nous sommes réunis ici à une époque qui présente aussi bien de grandes promesses que de graves périls. C’est à nous qu’incombe l’entière responsabilité, soit d’élever le monde vers de nouveaux sommets, soit de le laisser sombrer dans une vallée de désespoir.

Nous détenons le pouvoir, si nous le voulons, de sortir des millions de personnes de la pauvreté, d’aider nos citoyens à concrétiser leurs rêves et de faire en sorte que les nouvelles générations d’enfants grandissent sans connaître la violence, la haine et la peur.

Cette institution a été créée à la suite de deux guerres mondiales pour contribuer à façonner cet avenir meilleur. Elle était fondée sur la vision selon laquelle des pays divers pourraient coopérer pour protéger leur souveraineté, préserver leur sécurité et promouvoir leur prospérité.

C’est exactement au même moment, il y a 70 ans, que les États-Unis ont formulé leur plan Marshall pour aider l’Europe à se redresser. Ces trois piliers magnifiques — ce sont les piliers de la paix, de la souveraineté, de la sécurité et de la prospérité.

Le plan Marshall repose sur l’idée noble que le monde entier est plus en sécurité lorsque les pays sont forts, indépendants et libres. Comme le président Truman l’avait déclaré à l’époque dans son message au Congrès : « Notre soutien au redressement européen s’accorde pleinement avec notre appui aux Nations unies. Le succès des Nations unies dépend de la force individuelle de ses membres. »

Pour surmonter les périls du présent et concrétiser la promesse de l’avenir, nous devons d’abord nous fonder sur la sagesse du passé. Notre succès dépend d’une coalition de nations solides et indépendantes qui s’appuient sur leur souveraineté pour promouvoir la sécurité, la prospérité et la paix, pour elles-mêmes et pour le monde.

Nous n’attendons pas que des pays divers partagent les mêmes cultures, les mêmes traditions, les mêmes systèmes de gouvernement. Mais nous attendons que toutes les nations respectent ces deux devoirs souverains : respecter les intérêts de leur propre peuple et les droits de toutes les autres nations souveraines. Voilà la très belle vision sur laquelle est fondée cette institution, et c’est la base de la coopération et du succès.

Les nations fortes et souveraines font que des pays divers, avec des valeurs différentes, des cultures différentes et des rêves différents, peuvent non seulement coexister mais aussi travailler côte à côte sur la base du respect mutuel.

Les nations fortes et souveraines permettent à leur peuple de prendre son avenir en main et d’être maître de son destin. Et les nations fortes et souveraines permettent à tout un chacun de s’épanouir et de connaître toute la richesse de la vie envisagée par Dieu.

En Amérique, nous ne cherchons pas à imposer notre mode de vie sur qui que ce soit, mais voulons le laisser briller pour que tous y voient un exemple. Cette semaine a été l’occasion pour notre pays de ressentir une juste fierté à cet égard. Nous célébrons le 230e anniversaire de notre Constitution bien-aimée — la plus ancienne constitution du monde encore en vigueur aujourd’hui.

Ce document intemporel a été la fondation de la paix, de la prospérité et de la liberté pour les Américains et d’innombrables millions de personnes à travers le monde dont les pays ont été inspirés par le respect de la nature humaine, de la dignité humaine et de primauté du droit.

Le plus beau dans la Constitution des États-Unis, ce sont les trois premiers mots magnifiques : « Nous, le peuple. »

Des générations d’Américains se sont sacrifiées pour préserver la promesse de ces mots, la promesse de notre pays et celle de notre belle histoire. En Amérique, le peuple gouverne, le peuple dirige et le peuple est souverain. J’ai été élu non pas pour prendre le pouvoir, mais pour le donner au peuple américain auquel il appartient.

Dans le domaine des affaires étrangères, nous renouvelons ce principe fondamental de la souveraineté. Le premier devoir de notre gouvernement est à l’égard de son peuple, de nos citoyens — c’est de répondre à leurs besoins, d’assurer leur sécurité, de préserver leurs droits et de défendre leurs valeurs.

« En tant que président des États-Unis, je ferai toujours de mon pays une priorité, comme vous, dirigeants du monde, ferez toujours et devriez toujours faire du vôtre une priorité. » (Applaudissements)

Tous les dirigeants responsables ont le devoir de servir leurs propres citoyens, et la nation-État demeure le meilleur moyen de relever la condition humaine.

Mais pour améliorer la vie de notre peuple, nous devons aussi travailler ensemble en étroite harmonie et unité pour créer un avenir plus sûr et plus pacifique pour tous les peuples.

Les États-Unis seront toujours un grand ami du monde, et surtout de leurs alliés. Mais nous ne pouvons plus être ceux dont on profite ni accepter d’accords aux avantages unilatéraux qui n’offrent rien en retour aux États-Unis. Tant que j’occuperai ce poste, je défendrai surtout et avant tout les intérêts des Américains.

Mais en nous acquittant de nos obligations envers nos nations respectives, nous reconnaissons aussi qu’il est dans l’intérêt de tous de rechercher un avenir où toute nation pourra être souveraine, prospère et en sécurité.

L’Amérique fait plus que de parler au nom des valeurs exprimées dans la charte des Nations unies. Nos citoyens ont payé le prix ultime pour défendre notre liberté et la liberté de beaucoup de nations représentées dans ce grand hall. Le dévouement de l’Amérique se mesure sur les champs de bataille où nos jeunes hommes et femmes se sont battus et se sont sacrifiés aux côtés de nos alliés, des plages de l’Europe aux déserts du Moyen-Orient, en passant par les jungles d’Asie.

Ce sera à jamais à l’honneur des États-Unis et de leur sens moral que, même après notre victoire et celle de nos alliés dans la guerre la plus sanglante de l’Histoire, nous n’ayons pas cherché à étendre notre territoire ni tenté d’imposer aux autres notre style de vie ou de nous opposer au leur. Au lieu de cela, nous avons contribué à la construction d’institutions, telles que celle-ci, afin de défendre la souveraineté, la sécurité et la prospérité de tous.

C’est notre espoir pour les nations diverses du monde. Nous souhaitons l’harmonie, l’amitié, et non pas le conflit et la dissension. Ce qui nous guide, ce sont les résultats, pas l’idéologie. Notre politique est celle du réalisme de principe, qui prend racine dans des objectifs, des valeurs et des intérêts.

Ce réalisme nous oblige à nous attaquer à une question qui se pose à tous les responsables et à toutes les nations dans cette salle : c’est une question à laquelle nous ne pouvons pas échapper et que nous ne pouvons pas ignorer. Nous glisserons sur la pente de la complaisance, insensibles aux problèmes, aux menaces et même aux guerres auxquels nous faisons face. Ou avons-nous suffisamment de force et de fierté pour affronter ces dangers aujourd’hui, de façon à ce que nos citoyens puissent jouir de la paix et de la prospérité demain ?

Si nous voulons inspirer nos citoyens, si nous cherchons à être approuvés par l’Histoire, nous devons remplir nos obligations souveraines envers les gens que nous représentons fidèlement. Nous devons protéger nos nations, leurs intérêts et leur avenir. Nous devons rejeter les menaces à la souveraineté, de l’Ukraine à la mer de Chine du Sud. Nous devons soutenir le respect de la loi, le respect des frontières et le respect de la culture, et l’engagement pacifique qui en découle. Et tout comme le souhaitaient les fondateurs de ce corps, nous devons travailler ensemble et combattre ensemble ceux qui nous menacent par le chaos, l’agitation et le terrorisme.

Le fléau de notre planète, aujourd’hui, est constitué d’un petit groupe de régimes voyous qui violent tous les principes sur lesquels les Nations unies sont fondées. Ils n’ont de respect ni pour leurs citoyens ni pour les droits souverains de leurs pays.

Si la majorité des justes ne s’attaque pas à la minorité des malfaisants, le mal va triompher. Quand les gens et les pays décents deviennent des spectateurs de l’Histoire, les forces de la destruction ne font que gagner en pouvoir et en force.

Personne n’a fait preuve d’autant de mépris pour les autres nations et pour le bien-être de son propre peuple que le régime dépravé de la Corée du Nord. Il est responsable de la mort par famine de millions de Nord-Coréens, et de l’emprisonnement, de la torture, du meurtre et de l’oppression d’un nombre incalculable d’autres personnes.

Nous avons tous été témoins des abus mortels du régime lorsqu’il a rendu à l’Amérique Otto Warmbier, un étudiant américain innocent, décédé quelques jours plus tard. Nous en avons été témoins quand le frère du dictateur a été assassiné au moyen d’agents neurotoxiques interdits dans un aéroport international. Nous savons qu’il a enlevé une adorable fillette japonaise de 13 ans sur une plage de son propre pays dans le but d’en faire une esclave qui donnerait des cours de langue aux espions nord-coréens.

Et si tout cela n’était pas suffisamment tordu, à présent, la course irresponsable de la Corée du Nord aux armes nucléaires et aux missiles balistiques fait peser sur le monde entier la menace d’une perte impensable de vies humaines.

C’est un scandale que certaines nations non seulement fassent du commerce avec le régime, mais qu’elles arment, fournissent, et soutiennent financièrement un pays qui menace le monde d’un conflit nucléaire. Aucune nation sur Terre n’a intérêt à voir cette bande de criminels s’armer d’armes nucléaires et de missiles.

Les États-Unis ont beaucoup de force et de patience. Mais si on nous pousse à nous défendre ou à défendre nos alliés, nous n’aurons pas d’autre choix que de détruire totalement la Corée du Nord. Rocket Man (« L’homme-missile ») est engagé dans une mission suicide pour lui-même et pour son régime. Les États-Unis sont prêts, volontaires et capables. Mais espérons que ce ne sera pas nécessaire. C’est d’ailleurs à cela que servent les Nations unies. Les Nations unies sont là pour cela. Voyons comment elles vont réagir.

Il est temps que la Corée du Nord comprenne que la dénucléarisation est, pour elle, son seul avenir acceptable. Le Conseil de sécurité des Nations unies a récemment procédé à deux votes pour adopter à l’unanimité, à 15–0, des résolutions percutantes contre la Corée du Nord, et je tiens à remercier la Chine et la Russie de s’être ralliées au vote afin d’imposer des sanctions, ainsi que tous les membres du Conseil de sécurité. Merci à tous ceux qui y ont participé.

Mais nous devons faire beaucoup plus. Il est temps que nos nations collaborent afin d’isoler le régime de Kim tant qu’il n’aura pas mis fin à son comportement hostile.

Ce n’est pas seulement en Corée du Nord que nous sommes confrontés à cette décision. Il est plus que temps que les nations du monde s’attaquent à un autre régime irresponsable — un régime qui parle ouvertement d’extermination collective, qui prône la mort de l’Amérique, la destruction d’Israël, et la ruine de beaucoup de responsables et de nations présents dans cette salle.

Le gouvernement iranien dissimule une dictature corrompue sous la fausse apparence d’une démocratie. Il a transformé un pays fortuné, doté d’un patrimoine et d’une culture riches, en un État voyou économiquement appauvri, dont les principales exportations sont la violence, le carnage et le chaos. Les victimes qui souffrent depuis le plus longtemps des actions des dirigeants de l’Iran sont, en fait, les Iraniens eux-mêmes.

Au lieu d’utiliser ses ressources pour améliorer la vie des Iraniens, ses profits issus du pétrole vont au financement du Hezbollah et à celui d’autres terroristes qui tuent des musulmans innocents et attaquent leurs voisins arabes et israéliens pacifiques. Cette richesse, qui appartient de droit au peuple d’Iran, sert également à consolider la dictature de Bachar Al-Assad, à alimenter la guerre civile au Yémen et à saper la paix à travers tout le Moyen-Orient.

Nous ne pouvons pas laisser un régime meurtrier continuer de mener ces activités déstabilisatrices et de construire des missiles dangereux, et nous ne pouvons pas respecter un accord s’il contribue à cacher la possible édification d’un programme nucléaire. (Applaudissements) L’accord sur l’Iran est l’une des pires et des plus inégales transactions à laquelle les États-Unis aient jamais pris part. Franchement, cet accord est un embarras pour les États-Unis, et je ne pense pas que vous ayez fini d’en entendre parler, croyez-moi.

Il est temps que le monde entier se joigne à nous pour exiger du gouvernement d’Iran qu’il cesse sa course à la mort et à la destruction. Il est temps que le régime libère tous les Américains et tous les citoyens d’autres nations qu’il détient injustement. Et surtout, le gouvernement d’Iran doit arrêter de soutenir les terroristes, commencer à servir son peuple et respecter les droits souverains de ses voisins.

Le monde entier sait que le bon peuple d’Iran souhaite le changement et qu’il est, hormis la vaste puissance militaire des États-Unis, ce que ses dirigeants craignent le plus. C’est pour cette raison que le régime restreint l’accès à internet, démolit les antennes paraboliques, tire sur des jeunes manifestants non armés et emprisonne des réformateurs politiques.

Les régimes oppressifs ne peuvent pas subsister indéfiniment, et le jour viendra où les gens seront face à un choix. Est-ce qu’ils continueront d’avancer sur la voie de la pauvreté, du bain de sang et de la terreur, ou est-ce que les Iraniens reviendront aux fières racines de leur nation, un centre de la civilisation, de la culture et de la richesse où son peuple pourra à nouveau être heureux et prospère ?

Le régime iranien soutient la terreur, et ceci est contraire aux engagements récents qu’ont pris les pays voisins de lutter contre le terrorisme et d’en tarir le financement.

En Arabie saoudite, cette année, j’ai eu le grand honneur de m’exprimer devant les dirigeants de plus de 50 pays arabes et musulmans. Nous avons convenu que toutes les nations responsables doivent œuvrer de concert pour lutter contre le terrorisme et l’extrémisme islamique qui les inspirent.

Nous stopperons le terrorisme radical islamique parce que nous ne pouvons pas le laisser déchirer notre nation et, de fait, déchirer le monde entier.

Nous devons empêcher les terroristes de disposer de sanctuaires, de ressources, de financement et de tout soutien pour semer leur idéologie ignoble et sordide. Nous devons les expulser de nos nations. L’heure est venue pour ces pays qui soutiennent et financent des groupes comme Al-Qaïda, Hezbollah et les talibans, ainsi que d’autres qui massacrent des innocents, d’être dénoncés et de rendre des comptes.

Les États-Unis et nos alliés œuvrent de concert dans tout le Moyen-Orient pour anéantir les terroristes et stopper la réémergence des sanctuaires à partir desquels ils lancent des attaques contre tous nos peuples.

Le mois dernier, j’ai annoncé une nouvelle stratégie de victoire dans la lutte contre ce mal en Afghanistan. À partir de maintenant, ce sont nos intérêts en matière de sécurité qui dicteront la longueur et l’étendue de nos opérations militaires, non pas des points de référence arbitraires ni des calendriers fixés par des politiciens.

J’ai aussi entièrement changé les règles d’engagement dans le cadre de notre lutte contre les talibans et autres groupes terroristes. En Syrie et en Irak, nous avons accompli de grandes avancées concernant l’anéantissement de Daech sur le long terme. En fait, notre pays a accompli davantage contre Daech ces huit derniers mois qu’au cours de beaucoup, beaucoup d’années cumulées.

Nous cherchons à désamorcer le conflit syrien ainsi qu’à trouver une solution politique de nature à honorer la volonté du peuple syrien. Les actions du régime criminel de Bachar al-Assad, qui a recouru à des armes chimiques contre ses propres citoyens, y compris d’innocents enfants, choquent la conscience de toute personne décente. Aucune société ne peut être en sécurité si on autorise des armes chimiques, pourtant interdites, à se répandre. C’est pour cette raison que les États-Unis ont procédé à une frappe de missiles contre la base aérienne qui a lancé l’attaque.

Nous sommes sensibles aux efforts des institutions des Nations unies qui apportent une assistance humanitaire cruciale dans les zones reprises à Daech, et nous remercions tout particulièrement la Jordanie, la Turquie et le Liban qui accueillent les réfugiés fuyant le conflit syrien.

Les États-Unis sont un pays empreint de compassion qui a dépensé des milliards et des milliards de dollars pour soutenir cet effort. Nous cherchons une approche à la réinstallation des réfugiés qui puisse aider ces personnes horriblement traitées, une fois qu’elles pourront retourner dans leur pays d’origine, à faire partie du processus de reconstruction.

Pour le coût d’installer un réfugié aux États-Unis, nous pouvons assister plus de 10 réfugiés dans leur pays d’origine. Par acte de pure bonté, nous offrons une assistance financière aux pays d’accueil de la région, et nous soutenons les accords récents des nations du G20 qui chercheront à accueillir des réfugiés aussi près possible de leur pays d’origine. C’est une démarche humanitaire sûre et responsable.

Depuis des décennies, les États-Unis font face au défi de la migration, ici dans l’hémisphère ouest. Nous avons appris que, sur le long terme, la migration non contrôlée est profondément injuste, tant pour les pays d’origine des réfugiés que pour les pays qui les accueillent.

Pour les pays d’origine, cela amenuise la pression sur le pays de devoir adopter des réformes politiques et économiques indispensables, et cela le prive du capital humain nécessaire pour pousser à la mise en œuvre de réformes.

Pour les pays d’accueil, les coûts importants de la migration incontrôlée sont assumés essentiellement par les citoyens à faible revenu, dont les inquiétudes sont souvent ignorées à la fois par les médias et le gouvernement.

Je souhaite saluer le travail des Nations unies concernant la recherche de solutions aux problèmes qui poussent les populations à fuir leur pays. Les Nations unies et l’Union africaine ont mené des opérations de maintien de la paix qui ont grandement contribué à la stabilisation des conflits en Afrique. Les États-Unis continuent d’être sur le devant de la scène en matière d’assistance humanitaire, notamment pour la prévention et la réduction de la famine au Soudan du Sud, en Somalie et dans le nord du Nigéria et au Yémen.

Nous avons investi pour offrir une meilleure santé partout dans le monde par le biais de programmes comme le PEPFAR (qui finance des opérations de lutte contre le sida), l’Initiative présidentielle pour lutter contre le paludisme, le Programme d’action pour la sécurité sanitaire mondiale, le Fonds mondial pour mettre un terme à l’esclavage moderne et l’Initiative de financement en faveur des femmes entrepreneures, dans le cadre de notre engagement à autonomiser les femmes partout dans le monde.

Nous saluons également le Secrétaire général qui a reconnu que les Nations unies doivent se réformer pour devenir un partenaire efficace afin de faire face aux menaces qui pèsent sur la souveraineté, la sécurité et la prospérité. Trop souvent, l’organisation a mis l’accent non pas sur les résultats, mais sur la bureaucratie et les procédures.

Dans certains cas, des États qui cherchent à compromettre les nobles objectifs de cette institution ont saboté les systèmes qui sont censés les faire progresser. Par exemple, c’est une source massive d’embarras pour les Nations unies que certains gouvernements qui commettent des violations flagrantes des droits de l’Homme siègent au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU.

Les États-Unis sont un pays parmi 193 à l’ONU, mais nous payons 22 % et même plus de tout son budget. En fait, nous payons bien plus qu’on s’en rend compte. Les États-Unis assument un fardeau financier injuste mais, il faut bien le dire, si elle accomplissait vraiment tous les objectifs qu’elle affiche, en particulier l’objectif de la paix, cet investissement en vaudrait largement la peine.

De grandes parties du monde connaissent des conflits, et c’est même l’enfer par endroits, mais les personnalités puissantes réunies dans cette salle, sous la direction et les auspices des Nations unies, peuvent résoudre un grand nombre de ces problèmes virulents et complexes.

Le peuple américain espère qu’un jour, très bientôt, les Nations unies pourront se montrer plus responsables et plus efficaces pour plaider la cause de la dignité humaine et de la liberté partout dans le monde. En attendant, nous pensons qu’aucun pays ne devrait assumer une part disproportionnée du fardeau, sur le plan militaire ou financier. Les nations du monde doivent jouer un rôle plus important pour favoriser des sociétés sûres et prospères dans leur propre région.

C’est pour cela que, dans l’Hémisphère occidental, les États-Unis ont tenu tête au régime corrompu et déstabilisateur à Cuba et qu’ils se rallient à la vision tenace du peuple cubain, celle de vivre en liberté. Mon gouvernement a annoncé récemment que nous ne lèverions pas les sanctions contre le gouvernement cubain tant que ce dernier n’aura pas entrepris des réformes fondamentales.

En outre, nous avons imposé des sanctions sévères, mais calibrées, au régime socialiste de Maduro au Venezuela, qui a mené une nation naguère prospère au bord de l’effondrement total.

La dictature socialiste de Nicolas Madura a infligé de terribles souffrances aux braves gens de ce pays. Ce régime corrompu a détruit une nation prospère en imposant une idéologie qui est une faillite et qui a produit pauvreté et misère partout où elle a été mise à l’essai. Pis encore, Maduro a défié son propre peuple en volant le pouvoir à ses représentants élus de façon à préserver son régime désastreux.

Les Vénézuéliens meurent de faim, et leur pays s’effondre. Leurs institutions démocratiques sont en cours de destruction. Cette situation est complètement inacceptable, et nous ne pouvons pas rester les bras croisés à regarder ce qui se passe.

En tant que voisin et ami responsable, nous avons, et d’autres avec nous, un objectif. C’est de les aider à recouvrer leur liberté, reprendre leur pays et restaurer la démocratie. Je tiens à remercier les dirigeants ici présents d’avoir condamné ce régime et fourni un soutien vital à la population du Venezuela.

Les États-Unis ont pris des mesures importantes pour tenir le régime responsable de ses actes. Nous sommes prêts à en prendre d’autres si le gouvernement du Venezuela persiste sur la voie dans laquelle il s’est engagé pour imposer un régime autoritaire au peuple.

Nous avons la chance d’entretenir des relations commerciales extraordinairement robustes et saines avec de nombreux pays d’Amérique latine réunis ici aujourd’hui. Nos liens économiques constituent une base cruciale pour promouvoir la paix et la prospérité à l’intention de tous nos peuples et de tous nos voisins.

Je demande à chaque pays représenté ici aujourd’hui d’être prêt à faire davantage face à cette crise très réelle. Nous appelons au rétablissement intégral de la démocratie et des libertés politiques au Venezuela. (Applaudissements)

Le problème au Venezuela, ce n’est pas que le socialisme a été mal mis en œuvre ; c’est au contraire qu’il a été fidèlement mis en œuvre. (Applaudissements) De l’Union soviétique à Cuba et au Venezuela, où que le socialisme ou le communisme ait été adopté, il a apporté le désarroi, la dévastation et l’échec. Ceux qui prêchent les principes de ces idéologies discréditées ne font que contribuer au maintien des souffrances des gens vivant sous ces systèmes cruels.

L’Amérique se tient aux côtés de quiconque vit sous un régime brutal. Notre respect de la souveraineté est aussi un appel à l’action. Tous les gens méritent un gouvernement qui se soucie de leur sécurité, de leurs intérêts et de leur bien-être, y compris de leur prospérité.

En Amérique, nous cherchons à resserrer les liens des affaires et du commerce avec toutes les nations de bonne volonté, mais ces échanges doivent être équitables et ils doivent être réciproques.

Pendant trop longtemps, on a dit aux Américains que les gigantesques accords commerciaux multilatéraux, les tribunaux internationaux qui ne rendent de comptes à personne et les puissantes bureaucraties mondiales constituent le meilleur moyen de les aider à réussir. Mais au fil de ces promesses, des millions d’emplois ont disparu et des milliers d’usines ont mis la clé sous la porte. D’autres ont exploité le système et n’ont pas respecté les règles du jeu. Et notre merveilleuse classe moyenne, naguère le socle de la prospérité américaine, a été oubliée et laissée à la traîne, mais on ne l’oublie plus aujourd’hui et on ne l’oubliera plus jamais.

Tout en poursuivant la coopération et les échanges commerciaux avec d’autres pays, nous renouvelons notre engagement envers le premier devoir de tout gouvernement : le devoir envers nos citoyens. Ce lien est la source de la force de l’Amérique et celle de tout pays responsable représenté ici aujourd’hui.

Si cette organisation a la moindre chance de relever les défis auxquels nous sommes confrontés, cela dépendra, comme l’a dit le président Truman il y a environ 70 ans, de « la force individuelle de ses membres ». Si nous voulons saisir les possibilités de l’avenir et surmonter les dangers actuels tous ensemble, rien ne peut remplacer des nations fortes, souveraines et indépendantes — des nations ancrées dans leur histoire et investies dans leur destinée ; des nations en quête d’alliés pour s’en faire des amis, et non d’ennemis à conquérir ; et, surtout, des nations qui abritent des patriotes, des hommes et des femmes prêts à se sacrifier pour leur pays, pour leurs compatriotes et pour tout ce qu’il y a de mieux dans l’esprit humain.

Quand nous nous rappelons la grande victoire qui a mené à la fondation de cette organisation, nous ne devons jamais oublier que ces héros qui se sont battus contre le mal se sont aussi battus pour les nations qu’ils aimaient.

C’est le patriotisme qui a poussé les Polonais à sauver la Pologne, les Français à se battre pour une France libre et les Britanniques à résister pour la Grande-Bretagne.

Aujourd’hui, si nous ne nous investissons pas dans nos pays, de tout notre cœur et avec toute notre âme, si nous ne construisons pas des familles fortes, des communautés sûres et des sociétés saines, personne ne le fera pour nous.

Nous ne pouvons pas compter sur quelqu’un d’autre, sur des pays lointains ou des bureaucrates à distance — ce n’est pas possible. Nous devons résoudre nos problèmes, bâtir notre prospérité, sécuriser notre avenir, ou alors nous risquons le déclin, la domination et la défaite.

La vraie question qui se pose aujourd’hui à l’ONU, aux populations du monde entier qui nourrissent l’espoir d’une vie meilleure pour elles et pour leurs enfants, est bien simple : sommes-nous toujours des patriotes ? Aimons-nous suffisamment nos pays pour protéger leur souveraineté et être les artisans de leur avenir ? Les révérons-nous suffisamment pour défendre leurs intérêts, préserver leur culture et assurer un monde pacifique pour nos citoyens ?

L’un des plus grands patriotes américains, John Adams, a écrit que la Révolution américaine « s’est produite avant le début de la guerre. La Révolution s’est faite dans l’esprit et le cœur des gens. »

C’est le moment où l’Amérique s’est réveillée, le moment où nous avons regardé autour de nous et compris que nous formions une nation. Nous avons pris conscience de ce que nous étions, de ce que nous chérissions et de ce que nous étions prêts à défendre au prix de notre vie. Dès le début, l’histoire de l’Amérique a été l’histoire de ce qui est possible quand les gens prennent leur avenir en main.

Les États-Unis d’Amérique comptent parmi les plus grandes forces du bien dans l’histoire du monde, et ce sont les plus grands défenseurs de la souveraineté, de la sécurité et de la prospérité pour tous.

Aujourd’hui, nous appelons à un grand réveil des nations, au renouvellement de leur esprit, de leur fierté, de leur peuple et de leur patriotisme.

L’Histoire nous demande si nous sommes à la hauteur de la tâche. Notre réponse sera un renouvellement de notre volonté, une redécouverte de la détermination et une renaissance de notre dévouement. Nous devons vaincre les ennemis de l’humanité et libérer le potentiel de la vie elle-même.

Notre formons l’espoir d’un monde fait de nations fières et indépendantes, de nations qui embrassent leurs devoirs, recherchent l’amitié, respectent les autres et épousent une cause commune dans le plus grand intérêt partagé de tous : un avenir de dignité et de paix pour tous les habitants de notre merveilleuse planète.

C’est la vraie vision des Nations unies, le souhait ancien de tous les peuples et l’aspiration la plus profonde qui vit dans chaque âme sacrée.

Que ce soit donc notre mission, et notre message au monde : nous nous battrons ensemble, nous ferons des sacrifices ensemble et nous serons solidaires pour la paix, la liberté, la justice, la famille, l’humanité et le Dieu Tout-Puissant qui nous a tous créés.

Merci. Que Dieu vous bénisse. Que Dieu bénisse les nations du monde. Et que Dieu bénisse les États-Unis d’Amérique. Merci beaucoup. (Applaudissements)

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