Examen de la posture nucléaire US 2018
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Examen de la posture nucléaire US 2018

| Washington D. C. (États-Unis)
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Résumé analytique

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Introduction

Le 27 janvier 2017, le président Donald Trump a chargé le secrétaire à la Défense James Mattis d’entreprendre un nouvel examen de la posture nucléaire (Nuclear Posture Review ou NPR). Le président a indiqué clairement que sa principale priorité est de protéger les États-Unis, leurs alliés et leurs partenaires. Il a également souligné l’objectif à long terme de l’élimination des armes nucléaires et l’exigence que les États-Unis disposent de capacités nucléaires modernes, flexibles et résilientes qui se trouvent dans des conditions de sécurité physique et matérielle jusqu’au moment où les armes nucléaires pourront être éliminées de notre planète en toute prudence.

Les États-Unis restent fermes dans leurs efforts en vue de l’élimination totale à terme des armes nucléaires, biologiques et chimiques. Ils ont réduit l’arsenal nucléaire de plus de 85 % depuis les années les plus intenses de la guerre froide et n’ont pas déployé de nouvelles capacités nucléaires depuis plus de vingt ans. Néanmoins, les menaces mondiales ont nettement augmenté depuis le NPR le plus récent, qui date de 2010, y compris des menaces nucléaires de plus en plus explicites provenant d’éventuels adversaires. Les États-Unis se trouvent maintenant dans un environnement de menaces nucléaires plus diverses et technologiquement avancées que jamais auparavant, en présence d’un dynamisme considérable sur le plan des programmes de développement et de déploiement de systèmes de vecteurs et d’armes nucléaires des éventuels adversaires.

Un environnement sécuritaire international incertain et en évolution

Tandis que les États-Unis ont continué de réduire le nombre et l’importance des armes nucléaires, d’autres, parmi lesquels la Russie et la Chine, sont allés dans la direction opposée. Ils ont ajouté de nouveaux types de capacités nucléaires à leurs arsenaux, accru l’importance des forces nucléaires dans leurs stratégies et leurs plans, et adopté un comportement de plus en plus agressif, y compris dans l’espace orbital et le cyberespace. La Corée du Nord continue sa recherche illicite de capacités en matière de missiles et d’armes nucléaires en violation directe des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies. L’Iran a accepté de limiter son programme nucléaire en vertu du Plan d’action global commun, mais il conserve les compétences technologiques et une grande partie de la capacité nécessaires pour mettre au point une arme nucléaire dans un délai d’un an suivant la décision de le faire.

Il existe maintenant une gamme et une variété sans précédent de menaces, qui incluent de graves menaces conventionnelles, chimiques, biologiques, nucléaires, dans l’espace orbital et le cyberespace, ainsi que des acteurs non étatiques violents. Tout ceci a entraîné une augmentation de l’incertitude et des risques.

La détérioration rapide de l’environnement au vu de ces menaces depuis le NPR de 2010 doit désormais influencer notre raisonnement lorsque nous formulons des politiques et des stratégies, et entreprenons le maintien en puissance et le remplacement des forces nucléaires des États-Unis. Le présent NPR de 2018 évalue les politiques et les exigences nucléaires antérieures établies dans le contexte d’un environnement nucléaire plus bénin et de relations plus amicales entre les grandes puissances. Il se concentre sur l’identification des politiques, des stratégies et des capacités correspondantes dans le domaine nucléaire nécessaires pour protéger l’Amérique face aux menaces grandissantes pour les États-Unis, leurs alliés et leurs partenaires. Il est imposé par la stratégie et fournit des orientations au sujet de la posture de la force nucléaire et des exigences politiques nécessaires actuellement et à l’avenir.

Les États-Unis ne souhaitent pas considérer la Russie ou la Chine comme un adversaire et aimeraient avoir des relations stables avec celles-ci. Nous recherchons depuis longtemps le dialogue avec la Chine afin de mieux comprendre nos politiques, doctrines et capacités nucléaires respectives, d’améliorer la transparence et de contribuer à la gestion des risques d’erreurs de jugement et d’interprétation. Nous espérons que la Chine partagera cet intérêt et qu’un dialogue constructif pourra être lancé. Les États-Unis et la Russie ont mené des dialogues stratégiques par le passé afin de gérer la rivalité concernant les armes nucléaires et les risques nucléaires. Au regard des actions de la Russie, notamment son occupation de la Crimée, cet engagement constructif a diminué énormément. Nous espérons le retour de conditions qui permettraient de nouveau cet engagement constructif et transparent avec la Russie.

Néanmoins, le présent examen décrit franchement les difficultés posées par les politiques, les programmes et les capacités stratégiques de la Russie, de la Chine et d’autres États, en particulier dans le domaine nucléaire. Il présente les capacités nucléaires américaines flexibles, adaptables et résilientes nécessaires à présent pour protéger les États-Unis, leurs alliés et leurs partenaires, et favoriser la stabilité stratégique.

La valeur des capacités nucléaires des Etats-Unis

Les raisons fondamentales pour lesquelles les capacités nucléaires et les stratégies de dissuasion américaines sont nécessaires pour la sécurité des États-Unis, de leurs alliés et de leurs partenaires se comprennent facilement. Les capacités nucléaires des États-Unis apportent des contributions essentielles pour empêcher les actes d’agression de nature nucléaire et non nucléaire. Leurs effets dissuasifs sont uniques et essentiels pour prévenir toute attaque nucléaire par des adversaires, ce qui est la plus haute priorité des États-Unis.

Les capacités nucléaires des États-Unis ne peuvent pas empêcher tous les conflits, et il ne faut pas s’attendre à ce qu’elles le fassent. Mais elles apportent une contribution unique à la prévention des actes d’agression de nature nucléaire et non nucléaire. Elles sont essentielles à ces fins et elles le resteront dans un avenir prévisible. Les forces non nucléaires jouent également des rôles dissuasifs essentiels, mais elles n’ont pas d’effets dissuasifs comparables, comme l’ont prouvé les échecs passés, périodiques et catastrophiques de la dissuasion conventionnelle à empêcher la guerre entre les grandes puissances avant l’avènement de la dissuasion nucléaire. De plus, à elles seules, les forces conventionnelles ne suffisent pas pour donner une assurance aux nombreux alliés qui à juste titre attachent une très grande valeur à la dissuasion nucléaire élargie des États-Unis pour ce qui est de leur sécurité, ce qui parallèlement représente également un élément essentiel pour la non-prolifération.

Les capacités nucléaires des États-Unis et les objectifs nationaux persistants

La principale priorité de la politique et de la stratégie nucléaires des États-Unis est de dissuader d’éventuels adversaires de lancer une attaque nucléaire, quelle qu’en soit l’ampleur. Toutefois, prévenir une attaque nucléaire n’est pas le seul but des armes nucléaires. Au regard des menaces variées et des profondes incertitudes concernant les menaces actuelles et futures, les forces nucléaires américaines jouent les rôles critiques suivants dans la stratégie de sécurité nationale des États-Unis. Elles apportent une contribution à :
- la dissuasion à l’égard de toute attaque nucléaire et non nucléaire ;
- l’assurance envers les alliés et les partenaires ;
- la réalisation des objectifs des États-Unis en cas d’échec de la dissuasion ; et
- La capacité de se prémunir contre les incertitudes de l’avenir.

Ces rôles sont complémentaires et corrélés, et l’adéquation des forces nucléaires des États-Unis doit être évaluée en fonction de chaque rôle et de la stratégie conçue pour le remplir. Prévenir la prolifération et interdire aux terroristes l’accès à des armes finies, des matériaux ou des connaissances spécialisées représentent également des considérations clés dans l’élaboration de la politique et des exigences des États-Unis pour ce qui est des armes nucléaires. Ces rôles et objectifs multiples constituent les principes directeurs de la politique et des exigences des États-Unis pour ce qui est des armes nucléaires.

Dissuasion à l’égard de toute attaque nucléaire et non nucléaire

Pour garantir l’efficacité de la dissuasion des États-Unis à l’égard de toute attaque nucléaire et de toute attaque stratégique non nucléaire, il faut que les éventuels adversaires ne fassent pas d’erreur de jugement sur les conséquences de l’emploi en premier d’une arme nucléaire, soit à un niveau régional soit contre les États-Unis mêmes. Ils doivent comprendre qu’ils ne pourront tirer aucun bénéfice de tout acte d’agression non nucléaire ou de toute escalade nucléaire limitée. Il est maintenant essentiel de corriger de telles erreurs d’interprétation si l’on veut maintenir la stabilité stratégique en Europe et en Asie.

Les adversaires éventuels doivent comprendre que pour ce qui est des menaces et des contextes émergents variés : 1) les États-Unis sont en mesure de les identifier et de les obliger à répondre de leurs actes d’agression, y compris de nouvelles formes d’agression ; 2) nous triompherons des attaques stratégiques non nucléaires ; et 3) toute escalade nucléaire ne leur permettra pas d’atteindre leurs objectifs, et aura plutôt des conséquences inacceptables pour eux. La dissuasion ne se prête pas à une approche uniforme. Par conséquent, les États-Unis adopteront dans ce domaine une approche flexible et conçue spécialement en fonction de chaque adversaire, de chaque menace et de chaque contexte. Des stratégies de dissuasion spécialement conçues indiquent aux différents adversaires éventuels que leur agression s’accompagnerait de risques inacceptables et de coûts intolérables pour ce qui est de leurs calculs particuliers des risques et des coûts.

Les capacités nucléaires des États-Unis, et le système de commandement, de contrôle et de communications concernant les armes nucléaires (NC3), doivent être de plus en plus flexibles pour concevoir des stratégies de dissuasion sur mesure en fonction de la gamme des éventuels adversaires et menaces, et permettre des ajustements au fil du temps. En conséquence, les États-Unis maintiendront toute la gamme des capacités nucléaires flexibles nécessaires pour faire en sorte que tout acte d’agression nucléaire ou non nucléaire contre les États-Unis, leurs alliés et leurs partenaires n’atteigne pas ses objectifs et s’accompagne du risque crédible de conséquences intolérables pour les éventuels adversaires, actuellement et à l’avenir.

À ces fins, les États-Unis vont maintenir en puissance et remplacer leurs capacités nucléaires, moderniser le NC3 et renforcer l’intégration de la planification militaire nucléaire et non nucléaire. Les commandements de combat et les composantes des services seront organisés et dotés en moyens pour cette mission, et ils feront des activités de planification, de formation et d’entraînement pour intégrer les forces nucléaires et non nucléaires des États-Unis afin qu’elles soient opérationnelles dans des situations de menaces et d’usage de l’arme nucléaire. Les États-Unis coordonneront les activités d’intégration avec leurs alliés confrontés à des menaces nucléaires et examineront les opportunités de partage supplémentaire par les alliés des obligations de la mission de dissuasion nucléaire.

Assurance envers les alliés et les partenaires

Les États-Unis ont pris des engagements officiels étendus en matière de dissuasion qui donnent une assurance à leurs alliés de l’Europe, de l’Asie et du Pacifique. L’assurance est un but commun fondé sur la collaboration avec les alliés et les partenaires visant à prévenir ou vaincre les menaces auxquelles nous sommes confrontés. Aucun pays ne devrait douter de la force de nos engagements étendus en matière de dissuasion ou de la force des capacités des États-Unis et de leurs alliés à prévenir, et au besoin vaincre, tout acte d’agression nucléaire ou non nucléaire d’un adversaire éventuel. Dans de nombreux cas, la fourniture efficace d’une assurance aux alliés et aux partenaires dépend de la confiance de ceux-ci dans la crédibilité de la dissuasion nucléaire de grande envergure des États-Unis, qui permet à la majorité d’entre eux de s’abstenir d’avoir des armes nucléaires, ce qui va ainsi dans le sens des objectifs de non-prolifération des États-Unis.

Réalisation des objectifs des États-Unis en cas d’échec de la dissuasion

Les États-Unis envisageraient d’utiliser des armes nucléaires dans des circonstances extrêmes pour défendre des intérêts vitaux des États-Unis, de leurs alliés et de leurs partenaires. Néanmoins, en cas d’échec de la dissuasion, les États-Unis s’efforceront de mettre fin à tout conflit avec le niveau le plus bas possible de dégâts et dans les meilleures conditions réalisables pour les États-Unis, leurs alliés et leurs partenaires. Pendant des décennies, la politique nucléaire des États-Unis a régulièrement inclus cet objectif de limiter les dégâts en cas d’échec de la dissuasion.

Se prémunir contre les incertitudes de l’avenir

Les États-Unis continueront de s’efforcer de créer un environnement sécuritaire plus coopératif et bénin, mais ils doivent également se prémunir contre les risques futurs et imprévus. Les stratégies pour y parvenir aident à réduire les risques et à éviter les menaces qui, autrement, pourraient apparaître avec le temps, notamment sur le plan géopolitique, technologique, opérationnel et programmatique. Elles favorisent également la dissuasion et peuvent aider à réduire la confiance des éventuels adversaires qui pensent pouvoir obtenir un avantage au moyen d’une « percée » ou d’une expansion des capacités nucléaires. Du fait de l’importance accrue des armes nucléaires dans les stratégies et les politiques de défense des éventuels adversaires et des incertitudes concernant les menaces futures, les capacités nucléaires des États-Unis et la faculté de modifier rapidement ces capacités peuvent jouer un rôle essentiel pour atténuer ou surmonter les risques, y compris les risques imprévus.

Le personnel du dispositif nucléaire des Etats-Unis

Un dispositif de dissuasion efficace serait impossible sans les milliers de membres des forces armées et du personnel civil des États-Unis qui consacrent leur vie professionnelle à la prévention de la guerre et à la protection de la nation. Ces hommes et ces femmes exceptionnels doivent respecter les normes les plus rigoureuses et apportent la contribution la plus vitale aux capacités nucléaires des États-Unis et à la dissuasion.

Les membres des forces armées et le personnel civil jouant un rôle dans la mission de dissuasion nucléaire le font sans rechercher la reconnaissance du public et sans tapage. Ils remplissent des fonctions méconnues d’une importance primordiale. Ils méritent le soutien du peuple américain pour la sûreté, la sécurité et la stabilité qu’ils fournissent au pays et, en vérité, au monde. Les réformes des forces armées que nous avons mises en oeuvre en conséquence auraient dû être adoptées il y a longtemps, et le département de la Défense reste absolument résolu à soutenir correctement les membres des forces armées qui protègent les États-Unis contre les menaces nucléaires.

La triade : le présent et l’avenir

La triade nucléaire stratégique actuelle, déployée en grande partie pendant les années 1980 ou auparavant, se compose de sous-marins nucléaires lanceurs d’engins balistiques (SNLE) équipés de missiles mer-sol balistiques stratégiques (MSBS), de missiles balistiques intercontinentaux basés à terre (ICBM) et de bombardiers stratégiques équipés de bombes gravitaires et de missiles de croisière à lanceur aérien (ALCM). Les forces nucléaires non stratégiques et de la triade, avec l’appui du NC3, offrent la diversité et la flexibilité nécessaires pour adapter les stratégies des États-Unis à des fins de dissuasion, d’assurance, de réalisation des objectifs en cas d’échec de la dissuasion et pour se prémunir contre les incertitudes.

Qui plus est, le besoin croissant de cette diversité et de cette flexibilité est l’une des principales raisons pour lesquelles le soutien et le remplacement de la triade nucléaire et des capacités nucléaires non stratégiques, ainsi que la modernisation du NC3, sont nécessaires maintenant. La synergie et les caractéristiques faisant double emploi de la triade aident à assurer les chances de survie de nos capacités de dissuasion contre une attaque et notre capacité à menacer toute une gamme de cibles sur le territoire de l’adversaire pendant une crise ou un conflit. L’élimination de l’une quelconque des composantes de la triade faciliterait énormément la planification d’une attaque par un adversaire et permettrait à celui-ci de concentrer ses ressources et son attention sur la lutte contre les deux composantes restantes. Nous continuerons donc d’utiliser nos anciens systèmes appartenant à la triade jusqu’au déploiement des programmes de remplacement prévus.

Les États-Unis disposent actuellement de 14 SNLE de la classe Ohio et continueront de prendre des mesures pour que les SNLE Ohio demeurent efficaces et durables d’un point de vue opérationnel jusqu’à leur remplacement par des SNLE de la classe Columbia. Le programme Columbia produira un minimum de 12 SNLE pour remplacer la flotte actuelle de la classe Ohio et il est conçu pour fournir les capacités de dissuasion requises pendant plusieurs décennies.

La force de missiles balistiques intercontinentaux se compose de 400 missiles Minuteman III à ogive unique déployés dans des silos souterrains et répartis dans plusieurs États. Les États-Unis ont lancé le programme GBSD (Ground-Based Strategic Deterrent ou Dissuasion stratégique basée à terre) pour entamer le remplacement des missiles Minuteman III en 2029. Ce programme modernisera également les 450 bases de lancement d’ICBM qui soutiendront la mise en service de 400 ICBM.

La composante aérienne de la triade se compose de 46 bombardiers stratégiques B-52H à capacité nucléaire et de 20 bombardiers stratégiques furtifs B-2A à capacité nucléaire. Les États-Unis ont lancé un programme pour développer et déployer le bombardier de la prochaine génération, le B-21 Raider. Il commencera par compléter, pour remplacer à terme les éléments de la force de bombardiers conventionnels et de bombardiers à capacité nucléaire à partir du milieu des années 2020.

Les bombes gravitaires B83-1 et B61-11 peuvent menacer toute une gamme de cibles protégées. Par conséquent, elles resteront dans l’arsenal, au moins jusqu’à ce qu’on fasse suffisamment confiance dans la bombe gravitaire B61-12 qui sera disponible en 2020.

À partir de 1982, les bombardiers B-52H ont été équipés d’ALCM. Grâce à ces missiles, les B-52H peuvent rester hors de portée des systèmes de défense aérienne de l’adversaire et garder leur efficacité. Toutefois, les ALCM ont dépassé de plus de 25 ans leur durée de vie nominale et sont confrontés à des systèmes de défense aérienne en amélioration constante. Le programme de remplacement des missiles de croisière LRSO (Long-Range Stand-Off ou missile à longue portée tiré à distance de sécurité) maintiendra pour l’avenir la capacité de la force de bombardiers d’emporter des armes tirées à distance de sécurité qui peuvent pénétrer des systèmes perfectionnés de défense aérienne intégrée et y résister, appuyant ainsi l’efficacité à long terme de la composante aérienne. La force nucléaire non stratégique actuelle se compose uniquement d’un nombre relativement limité de bombes gravitaires B61 emportées par des F-15E et des avions alliés à double capacité (DCA). Les États-Unis incorporent une capacité nucléaire dans les F-35 à capacité nucléaire déployés à l’avant en tant que replacements des DCA actuels vieillissants. De concert avec le programme en cours de prolongement de durée de vie de la bombe B61, cela apportera une contribution cruciale au maintien de la stabilité de la dissuasion régionale et de l’assurance envers les alliés.

Des capacités nucléaires flexibles et sûres : une priorité abordable

Tout au long des dernières décennies, les hauts responsables américains ont souligné que la plus importante priorité du département de la Défense était de prévenir une attaque nucléaire et de maintenir les capacités nucléaires nécessaires pour ce faire. Bien que les estimations des coûts du programme de maintien en puissance et de remplacement des capacités nucléaires des États-Unis varient, même les projections prévoyant les coûts les plus élevés estiment que les coûts maximums futurs représenteront environ 6,4 % du budget actuel du département de la Défense (DoD). L’entretien et le fonctionnement de nos forces nucléaires actuelles vieillissantes engagent actuellement entre 2 et 3 % du budget du DoD. Le programme de remplacement qui reconstruira la triade pour des décennies de service atteindra pendant plusieurs années un maximum d’environ 4 % au-delà des 2 à 3 % utilisés actuellement pour la maintenance et les opérations. Ce niveau de 6,4 % du budget actuel du DoD exigé pour le programme de remplacement à long terme représente moins d’1 % du budget fédéral global. Ce niveau de dépenses pour remplacer les capacités nucléaires des États-Unis se compare favorablement aux 10,6 % du budget du DoD requis pendant la dernière période d’investissement similaire dans les années 1980, qui représentaient à cette époque près de 3,7 % du budget fédéral, et aux 17,1 % du budget du DoD requis au début des années 1960.

Étant donné l’importance cruciale d’une dissuasion nucléaire américaine efficace pour la sécurité du peuple américain, de ses alliés et ses partenaires, il ne fait aucun doute que le programme de maintien en puissance et de remplacement devrait être considéré comme nécessaire et abordable.

Renforcer la dissuasion avec des capacités nucléaires non stratégiques

Des éléments existants du programme de remplacement de la force nucléaire datent d’avant la détérioration majeure de l’environnement stratégique. Pour répondre aux besoins émergents de la stratégie américaine, les États-Unis rechercheront maintenant des compléments spécifiques en sus du programme de remplacement afin d’améliorer la flexibilité et la réactivité des forces nucléaires américaines. Le fait que seuls des compléments modestes soient nécessaires actuellement dans cet environnement bien plus complexe sur le plan des menaces reflète la polyvalence et la flexibilité de la triade américaine.

Ces compléments renforceront la dissuasion en empêchant les éventuels adversaires de croire à tort que le recours limité à l’arme nucléaire peut fournir un avantage utile par rapport aux États-Unis et à leurs alliés. L’opinion de la Russie selon laquelle un emploi limité en premier de l’arme nucléaire, impliquant peut-être des armes de faible puissance, peut procurer un tel avantage est fondée, en partie, sur le sentiment de Moscou que son nombre supérieur et sa plus grande variété de systèmes nucléaires non stratégiques représentent un avantage coercitif pendant les crises et à des niveaux plus bas des conflits. De récentes déclarations de la Russie sur cette doctrine en évolution en matière d’armes nucléaires semblent baisser la barre au sujet de l’emploi en premier d’armes nucléaires par Moscou. La Russie exprime ce sentiment concernant l’avantage offert par ces systèmes au moyen de nombreux exercices et déclarations. Il est d’une importance stratégique de corriger ce sentiment erroné de la Russie.

Pour faire face à ces types de difficultés et préserver la stabilité de la dissuasion, les États-Unis vont accroître la flexibilité et la portée de leurs options de dissuasion adaptées aux diverses situations. Soyons clairs, cela n’a pas pour objet de « mener une guerre nucléaire », et cela n’en donne pas non plus les moyens. L’expansion actuelle des options nucléaires flexibles des États-Unis, y compris des options de faible puissance, est importante pour la préservation d’une dissuasion crédible contre une agression régionale. Elle montera la barre dans le domaine nucléaire et aidera à garantir que d’éventuels adversaires se rendent compte qu’une escalade nucléaire limitée ne présente aucun avantage possible, ce qui rendra moins probable le recours à l’arme nucléaire.

Par conséquent, les États-Unis vont maintenir, et améliorer en fonction des besoins, les capacités de déployer à l’avant des bombardiers nucléaires et des DCA à travers le monde. Nous sommes résolus à remplacer les DCA par des avions F-35 à capacité nucléaire. Nous coopérerons avec l’OTAN pour assurer au mieux – et améliorer s’il y a lieu – la disponibilité, la capacité de survie et l’efficacité opérationnelle des DCA basés en Europe.

De plus, à court terme, les États-Unis vont modifier un petit nombre d’ogives de MSBS existants afin de fournir une option de faible puissance et, à plus long terme, chercher à se doter d’un missile de croisière à lanceur naval (SLCM) moderne à charge nucléaire. À la différence des DCA, une ogive de MSBS de faible puissance et un SLCM n’ont pas besoin de l’appui d’un pays hôte pour produire un effet dissuasif ou ils ne compteront pas sur celui-ci. Ils offriront une diversité supplémentaire dans le domaine des plateformes, de la portée et de la capacité de survie ainsi qu’une protection précieuse contre de futurs scénarios de « percée » nucléaire.

Le DoD et l’Administration nationale de la sécurité nucléaire (NNSA) mettront au point une ogive de MSBS de faible puissance pour son déploiement afin de disposer d’une option de réponse rapide capable de pénétrer les défenses de l’adversaire. Il s’agit d’une modification comparativement peu coûteuse et à court terme d’une capacité existante qui aidera à combattre toute idée erronée selon laquelle il y aurait une « lacune » exploitable dans les capacités de dissuasion régionale des États-Unis.

En plus de cette mesure à court terme, dans une perspective à plus long terme, les États-Unis vont chercher à se doter d’un SLCM à charge nucléaire, en tirant parti des technologies existantes pour en assurer l’efficacité par rapport au coût. Ce SLCM fournira une présence régionale non stratégique nécessaire, une capacité de réponse assurée. Il fournira également une réponse respectant le contrôle des armements au non-respect par la Russie du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire, à son arsenal nucléaire non stratégique et à ses autres comportements déstabilisateurs.

Dans le NPR de 2010, les États-Unis ont annoncé le retrait du service de leur précédent SLCM à charge nucléaire, qui avait pendant des décennies contribué à la dissuasion et à l’assurance envers les alliés, en particulier en Asie. Nous allons prendre immédiatement des mesures pour rétablir cette capacité en entamant une étude des capacités qui mènera à une Analyse des alternatives pour le développement rapide d’un SLCM moderne.

Ces compléments du programme de remplacement prévu de la force nucléaire sont des options prudentes pour améliorer la flexibilité et la diversité des capacités nucléaires des États-Unis. Ils respectent tous les traités et accords et, globalement, ils fourniront un ensemble varié de caractéristiques améliorant notre capacité à adapter la dissuasion et l’assurance à chaque situation ; ils étendront la portée des options crédibles dont disposent les États-Unis pour réagir à une attaque stratégique non nucléaire ou nucléaire ; et ils amélioreront la dissuasion en indiquant à d’éventuels adversaires que leur escalade nucléaire limitée ne présente pas d’avantage exploitable.

ModerniSation du système de commandement, de contrôle et de communications concernant les armes nucléaires (NC3)

Les États-Unis doivent avoir un système NC3 qui permet de contrôler leurs forces nucléaires à tout moment, même sous la pression énorme d’une attaque nucléaire. Les capacités du NC3 doivent garantir l’intégrité des informations transmises et avoir la résilience et la capacité de survie nécessaires pour surmonter efficacement les effets d’une attaque nucléaire. En temps de paix et en cas de crise, le système NC3 remplit cinq fonctions cruciales : détection, alerte et caractérisation de l’attaque ; planification nucléaire adaptative ; concertation pour la prise de décisions ; réception des ordres du président ; et activités permettant la gestion et la direction des forces.

Le système NC3 actuel est un legs de la guerre froide et il a été actualisé en profondeur pour la dernière fois il y a près de trois décennies. Il comprend des éléments interconnectés composés de radars et de satellites d’alerte, de satellites de télécommunications, d’aéronefs de liaison et de stations terrestres, de postes de commandement fixes et mobiles et des centres de contrôle des systèmes nucléaires.

Alors qu’il était à un moment à la pointe de la technologie, le système NC3 connaît maintenant des difficultés du fait de ses composantes vieillissantes et des nouvelles menaces en augmentation du XXIe siècle. Les sujets particulièrement préoccupants sont les menaces qui augmentent dans l’espace orbital et le cyberespace, les stratégies d’escalade nucléaire limitée de certains adversaires, et la grande dispersion au sein du DoD de l’autorité et de la responsabilité de la gouvernance du système NC3, une fonction qui, de par sa nature, doit être intégrée.

Compte tenu du besoin critique de garantir la continuation de la survie et de l’efficacité de notre système NC3, les États-Unis vont entreprendre une série d’initiatives. Elles comprendront : le renforcement de la protection contre les menaces dans le cyberespace, le renforcement de la protection contre les menaces spatiales, l’amélioration de l’alerte tactique intégrée et de l’évaluation de l’attaque, l’amélioration des postes de commandement et des lignes de communication, des progrès dans le domaine des technologies de soutien de la prise de décisions, l’intégration de la planification et des opérations, et la réforme de la gouvernance du système NC3 dans son ensemble.

L’infrastructure liée aux armes nucléaires

Une infrastructure efficace, réactive et résiliente liée aux armes nucléaires est essentielle pour permettre à la capacité des États-Unis de s’adapter de façon flexible aux conditions changeantes. Une telle infrastructure donne des preuves tangibles aux alliés ainsi qu’aux éventuels adversaires des capacités des armes nucléaires américaines et contribue ainsi à la dissuasion, l’assurance et la protection contre les circonstances défavorables. Elle décourage également les éventuels adversaires de prendre part à la rivalité concernant les armes nucléaires.

Le DoD établit les exigences militaires concernant les ogives nucléaires qui seront emportées sur des vecteurs. La NNSA supervise les programmes de recherche, de développement, d’essai, d’évaluation et de production correspondant aux exigences du DoD en matière d’ogives.

Au cours des dernières décennies, l’infrastructure liée aux armes nucléaires américaines a souffert des effets de l’âge et de l’insuffisance de fonds. Plus de la moitié de l’infrastructure de la NNSA a plus de 40 ans et le quart remonte à l’époque du projet Manhattan. Tous les NPR précédents ont souligné le besoin de maintenir une infrastructure moderne liée aux armes nucléaires, mais les États-Unis n’ont pas réussi à maintenir une infrastructure moderne qui soit résiliente et ait la capacité de réagir à des évènements imprévus. Il n’est plus possible d’attendre davantage pour refinancer l’infrastructure physique nécessaire pour produire les matériaux stratégiques et les composants pour les armes nucléaires américaines. Tout comme nos forces nucléaires sont une priorité abordable, il en est de même d’une infrastructure résiliente et efficace liée aux armes nucléaires, sans laquelle notre dissuasion nucléaire ne peut pas exister.

Les États-Unis doivent pouvoir maintenir et certifier un arsenal nucléaire sûr, sécurisé et efficace. En synchronisation avec les programmes de remplacement du DoD, les États-Unis maintiendront en puissance et livreront à temps les ogives nécessaires pour appuyer les capacités nucléaires stratégiques et non stratégiques en :
- Complétant le programme de prolongement de durée (LEP) des W76-1 d’ici à l’année budgétaire 2019 ;
- Complétant le programme de prolongement de durée des B61-12 d’ici à l’année budgétaire 2024 ;
- Complétant les modifications des W88 d’ici à l’année budgétaire 2024 ;
- Synchronisant le programme de prolongement de durée des W80-4 de la NNSA avec le programme du DoD portant sur les missiles de croisière LRSO et en complétant le LEP des W80-4 d’ici à l’année budgétaire 2031 ;
- Avançant d’un an à l’année budgétaire 2019 le remplacement des ogives W78 pour soutenir la mise en service dans le cadre du programme GBSD d’ici à 2030 et examiner la faisabilité de la mise en service du dispositif explosif nucléaire dans un aéronef de la marine ;
- Maintenant en puissance les B83-1 au-delà de leur date de retrait du service prévue actuellement en attendant l’identification d’un remplaçant adéquat ; et
- Examinant les exigences en matière d’ogives pour les futurs missiles balistiques en se fondant sur les menaces et les vulnérabilités des éventuels adversaires, y compris la possibilité de systèmes de rentrée communs entre les systèmes de l’armée de l’air et de la marine.

Les États-Unis mèneront des initiatives pour assurer l’aptitude, la capacité et la réactivité nécessaires de l’infrastructure liée aux armes nucléaires et les compétences nécessaires de la main d’oeuvre, y compris les initiatives suivantes :

- Rechercher une capacité conjointe de développement de technologies avancées du DoD et du département de l’Énergie pour que les activités soient intégrées de manière appropriée pour satisfaire les besoins du DoD.
- Offrir l’aptitude et la capacité durables de produire des charges de plutonium à un rythme de 80 charges au minimum par an d’ici à 2030. En cas de retard dans ce domaine, il faudrait adopter un rythme plus élevé de production de charges à un coût plus élevé.
- Veiller à ce que les plans actuels de reconstitution de la capacité des États-Unis à produire des composés de lithium soient suffisants pour satisfaire les exigences militaires.
- Financer entièrement l’installation de traitement de l’uranium et garantir la disponibilité d’une quantité suffisante d’uranium faiblement enrichi pour satisfaire les exigences militaires.
- Garantir la capacité du réacteur nécessaire pour produire une quantité de tritium adéquate pour satisfaire les exigences militaires.
- Garantir la continuité de la capacité des États-Unis de développer et de fabriquer des systèmes microélectroniques stratégiques de confiance sûrs et résistant aux effets des rayonnements au-delà de 2025 pour soutenir la modernisation de l’arsenal.
- Poursuivre rapidement le programme de réactivité de l’arsenal établi par le Congrès pour offrir de nouvelles opportunités aux jeunes scientifiques et ingénieurs de faire progresser la conception, le développement et les compétences de production d’ogives.
- Établir une feuille de route pour la NNSA qui définit la capacité de production en fonction des exigences en matière de modernisation et de protection.
- Continuer de compter sur les bombes gravitaires nucléaires nécessaires pour satisfaire les besoins de la dissuasion.
- Maintenir et améliorer les capacités expérimentales, de calcul et d’essai nécessaires pour évaluer les armes nucléaires chaque année.

Combattre le terrorisme nucléaire

La stratégie suivie par les États-Unis pour combattre le terrorisme nucléaire comprend une grande gamme d’activités qui constituent une défense en profondeur contre les dangers actuels et émergents. Au moyen de cette approche multicouche, les États-Unis s’efforcent d’empêcher les terroristes d’obtenir des armes nucléaires ou des matériaux, des technologies et des connaissances spécialisées pouvant être utilisés pour fabriquer des armes, de bloquer leurs efforts pour obtenir, transférer ou employer ces moyens et de réagir aux incidents nucléaires en localisant et désactivant un engin nucléaire ou en gérant les conséquences d’une explosion nucléaire.

Pour que la dissuasion soit efficace, les États-Unis obligeront à répondre de leurs actes tous les États, groupes terroristes ou autres acteurs non étatiques qui appuient ou facilitent les efforts menés par des terroristes pour obtenir ou utiliser des engins nucléaires. Bien que le rôle des armes nucléaires américaines dans la lutte contre le terrorisme nucléaire soit limité, nos adversaires doivent comprendre qu’une attaque nucléaire terroriste contre les États-Unis ou leurs alliés et leurs partenaires représenterait une « circonstance extrême » dans laquelle les États-Unis pourraient envisager le recours à l’ultime forme de représailles.

La non-prolifération et le contrôle des armements

Des mesures efficaces de non-prolifération nucléaire et de contrôle des armements peuvent appuyer la sécurité des États-Unis, de leurs alliés et de leurs partenaires en contrôlant la propagation des matériaux et technologies nucléaires, en limitant la production, le stockage et le déploiement des armes nucléaires, en réduisant les erreurs d’interprétation et de jugement et en évitant une rivalité déstabilisatrice concernant les armes nucléaires. Les États-Unis poursuivront leurs initiatives pour : 1) minimiser le nombre des États dotés d’armes nucléaires, y compris en maintenant la crédibilité de la dissuasion nucléaire de grande envergure et de l’assurance des États-Unis ; 2) interdire aux organisations terroristes l’accès aux armes et matériaux nucléaires ; 3) contrôler strictement les matériaux pouvant être utilisés pour fabriquer des armes ainsi que les connaissances spécialisées et les technologies connexes ; et 4) rechercher des accords sur le contrôle des armements qui renforcent la sécurité et qui sont vérifiables et exécutoires.

Le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) est une pierre angulaire du régime de non-prolifération nucléaire. Il joue un rôle positif dans la recherche d’un consensus en faveur de la non-prolifération et renforce les actions internationales menées pour faire subir des conséquences à ceux qui rechercheraient des armes nucléaires en dehors du Traité.

Toutefois, de nos jours, la non-prolifération nucléaire connaît de graves problèmes. Avant tout, la Corée du Nord poursuit des activités nucléaires en violation directe du TNP et en opposition directe aux nombreuses résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU. Au-delà de la Corée du Nord se pose le problème de l’Iran. Bien que le Plan d’action global commun limite peut-être le programme d’armes nucléaires de Téhéran, il ne fait guère de doute que l’Iran pourrait se doter rapidement de la capacité de produire une arme nucléaire s’il décidait de le faire.

Dans le cadre de leur appui continu à la non-prolifération nucléaire, les États-Unis oeuvreront à l’augmentation de la transparence et de la prévisibilité, comme il convient, pour éviter d’éventuelles erreurs de jugement entre les États dotés d’armes nucléaires et d’autres États détenteurs par l’intermédiaire de dialogues stratégiques, de voies de communication visant à réduire les risques et du partage des meilleures pratiques portant sur la sûreté et la sécurité des armes nucléaires.

Les États-Unis ne chercheront pas à obtenir la ratification du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires, mais ils continueront de soutenir la Commission préparatoire de l’Organisation du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires ainsi que le Système de surveillance international et le Centre international de données. Les États-Unis ne reprendront pas les explosions nucléaires expérimentales à moins que cela ne soit nécessaire pour garantir la sûreté et l’efficacité de l’arsenal nucléaire américain et ils invitent tous les États possédant des armes nucléaires à déclarer ou maintenir un moratoire sur les essais nucléaires.

Le contrôle des armements peut jouer un rôle dans la sécurité des États-Unis en aidant à gérer la rivalité stratégique entre les États. Il peut favoriser la transparence, la compréhension et la prévisibilité dans les rapports d’opposition, ce qui réduit ainsi le risque de malentendus et d’erreurs de jugement.

Les États-Unis sont en faveur d’initiatives en matière de contrôle des armements qui favorisent leur sécurité, ainsi que celle de leurs alliés et leurs partenaires, qui sont vérifiables et applicables et qui incluent les partenaires qui respectent leurs obligations de manière responsable. De telles initiatives en matière de contrôle des armements peuvent renforcer la capacité des États-Unis à soutenir la stabilité stratégique. Toutefois, il est difficile d’envisage de nouveaux progrès dans un environnement caractérisé par la poursuite du non-respect notable d’obligations et d’engagements existants en matière de contrôle des armements et par d’éventuels adversaires qui cherchent à modifier les frontières et à bouleverser les normes existantes.

À cet égard, la Russie continue de violer une série de traités et d’engagements en matière de contrôle des armements. Dans le domaine nucléaire, la violation la plus grave de la Russie porte sur un système interdit par le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire. Plus généralement, la Russie rejette ou évite de s’acquitter de ses obligations et engagements en vertu de nombreux accords et elle a opposé une fin de non-recevoir aux efforts entrepris par les États-Unis pour faire suivre le nouveau Traité de réduction des armes stratégiques (START) par une autre série de réductions négociées et rechercher la réduction de forces nucléaires non stratégiques.

Néanmoins, le nouveau traité START est en vigueur jusqu’en février 2021 et peut être prorogé d’un commun accord pendant cinq ans, jusqu’en 2026. Les États-Unis ont déjà fait ce qu’il fallait pour en respecter les limites centrales qui entrent en vigueur le 5 février 2018 et ils continueront de mettre en application ledit traité.

Les États-Unis restent disposés à participer à des activités prudentes concernant le contrôle des armements. Nous sommes prêts à considérer des opportunités en matière de contrôle des armements qui ramènent les parties sur la voie du respect, de la prévisibilité et de la transparence, et nous demeurons réceptifs à de futures négociations sur le contrôle des armements si les conditions le permettent et si l’issue potentielle améliore la sécurité des États-Unis, de leurs alliés et de leurs partenaires.

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