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A propos du 11 septembre, de quel complot parlons-nous ?

| Rome (Italie)
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Giulietto Chiesa à la conférence « Axis for Peace 2005 »
De gauche à droite : Jhannett Madriz Sotil, Ahmed Tibi, Issa El Ayoubi, Giulietto Chiesa, Antonio Alberto Vulcano, Mateusz Piskorski.

A propos du 11 septembre : qui est le comploteur ? Celui qui accepte la version officielle, selon laquelle 19 inadaptés, guidés par un monsieur qui ne sait pratiquement rien de ce qu’ils sont en train de faire, et qui se trouve à une distance de 20 mille kilomètres, dans une grotte afghane, arrivent à réaliser 75 % de leurs objectifs (trois avions sur quatre) en tuant environ 3000 personnes et en semant la panique la plus totale dans la première et unique superpuissance mondiale ? Ou bien, celui qui ne croit pas à une telle fantaisie, ridicule et insoutenable version des faits, et demande, simplement, qu’on lui en donne une version plus crédible, correspondante aux données qui vont désormais s’accumulant depuis cinq ans et ne peuvent plus être démenties ?

Bien que le complot soit, selon toute évidence, celui qui est décrit et fourni par l’Administration américaine ; bien qu’on ait tous la preuve que le président des Etats-Unis, et son adjoint, sont des menteurs patentés ; bien que ceux-ci aient déjà fait mourir (en Irak), en les envoyant combattre sur la base d’une série de mensonges criants, au moins autant d’américains que ceux qui sont morts dans les attentats du 11 septembre (sans compter les morts civils en Afghanistan et en Irak, qui, pour l’occident, ne comptent de fait pour rien) ; bien que tout ceci soit déjà largement connu, ce sont ceux qui demandent la vérité qui sont qualifiés de « comploteurs » et leurs idées « des théories du complot ».

Et qui sont les accusateurs ? Tous les plus importants organes d’information du monde. Lesquels, au lieu de faire du journalisme, en soumettant la version officielle aux vérifications normales que requiert toute version officielle, sont devenus des mégaphones propagandistes, attachés de presse du gouvernement étasunien. Depuis cinq ans, une chape de silence lourd comme le plomb est tombée sur l’affaire qui « a changé l’histoire du monde ». Rien de moins. On a continué à parler du 11 septembre, comme d’un mantra répété à l’obsession ; de ses conséquences, la guerre contre le terrorisme international, on a rempli les pages et les écrans du monde entier. Mais toute question a été tue. Au contraire, les rares individus qui essayaient d’opposer quelque timide objection, en se fondant sur les plus gigantesques incongruités de la version officielle, c’est-à-dire du complot officiel, étaient simplement tournés en dérision, quand ils n’étaient pas traités de fous, déments, ou dangereux alliés de ces terroristes islamiques.

Arrivé en ce point, le mainstream de l’information s’est tu, a menti, déformé les faits, intimidé, censuré en s’autocensurant, au point de contraindre à en conclure que s’il y a eu un complot, ça a été celui des grands médias d’information : pour empêcher que le vrai complot, officiel, soit découvert et dénoncé. Une colossale opération de détournement de l’attention a été accomplie et la tromperie est devenu un fait historique d’une puissance granitique telle qu’il ne peut plus être, je ne dis pas démoli, mais même rayé de la moindre ombre de doute.

Mais, à cinq années de distance, les fissures se sont élargies dans le mur de silence. Et il n’est plus possible de se taire, pas même aux Etats-Unis où parler équivaut à être taxé de terroristes (en Italie à peine un peu moins). Ainsi s’explique que Matrix ait décidé de parler du 11/9 déjà deux fois au moins en quelques jours. C’est arrivé après que Beppe Grillo, sur son blog, ait décidé de publier une de mes lettres, invitant à « Rompre le mur du silence ». En conséquence de quoi, non seulement le blog a été envahi de commentaires, de soulagements en grande partie, des gens qui attendaient d’un moment à l’autre que le bouchon saute, mais le site de Megachip (www.megachip.info ), et son dossier 9/11, a été assailli par plus de 220 mille visites individuelles en l’espace de trois jours.

Histoires italiennes, de banlieue de l’empire, dira-t-on. Et au contraire, il ne s’agit pas de ça. Parce que quelques jours avant, le 23 mai précisément, le premier sondage d’opinion en la matière, effectué aux Etats-Unis par le très autorisé Zogby, pour le compte du groupe de recherche « Vérité sur le 9/11 » (celui qui a organisé une grande rencontre qui s’ouvre ces jours ci à Chicago) a permis de découvrir que 45 % des américains trouvent acceptable l’idée de rouvrir l’enquête sur les attaques du 11 septembre, pendant que 42 % pensent qu’il y a eu un complot (cover up), mais que ceux qui l’ont mené, pour cacher la vérité, ce sont les autorités fédérales. Ils sont minoritaires, ceux qui pensent ça, mais ils ne sont plus « marginaux ». Peut-être est-ce pour cette raison que quelque chose commence à filtrer, pour empêcher que le petit ruisseau ne devienne un torrent. C’est ainsi que sortent des films mystérieux qu’on gardait secrets, auparavant. Et d’autres choses sortiront, pour hausser des écrans de fumée, et brouiller les pistes. Le meilleur va arriver, il suffit d’être attentifs, et d’ouvrir les yeux.

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Article publié dans l’édition du vendredi 2 juin 2006 d’Il Manifesto.

Giulietto Chiesa

Giulietto Chiesa Giulietto Chiesa est journaliste. Il fut correspondant de presse d’El Manifesto et d’Avvenimenti, et collaborateur de nombreuses radios et télévisions en Italie, en Suisse, au Royaume-Uni, en Russie et au Vatican. Auteur de divers ouvrages, il a notamment écrit sur la dissolution de l’URSS et sur l’impérialisme états-unien. Ancien député au Parlement européen (Alliance des démocrates et libéraux, 2004-2008), il est membre du Bureau exécutif du World Political Forum.

 
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