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Ingérence états-unienne

1962-1979 : L’AFL-CIO et la « contre-insurrection » syndicale

Pour défendre les intérêts de leurs grandes compagnies en Amérique latine face aux gouvernements socialistes, les États-Unis ne se contentent pas d’infiltrer les armées. Ils recrutent aussi des gros bras dans la société civile sous couvert de formation de syndicalistes. Un institut spécialisé de l’AFL-CIO, créé par le Pentagone et la CIA, administré par de grands patrons, participe directement à la déstabilisation du Guyana, du Brésil ou du Chili. C’est le deuxième volet de notre enquête sur l’ingérence syndicale.

| Paris (France)
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Cet article est la suite de « AFL-CIO ou AFL-CIA ? » par Paul Labarique, Voltaire, 2 juin 2004.

Après avoir participé à la politique menée par Washington de manipulation des forces de gauche contre le communisme, l’AFL-CIO se réorganise en 1962, au moment où le président John F. Kennedy crée l’agence d’aide au développement (USAID). Les activités internationales du syndicat sont confiées à trois organismes distincts, qui se répartissent des zones géographiques.

L’AIFLD : « contre-insurrection » syndicale en Amérique latine

Le premier d’entre eux est l’American Institute for Free Labor Development (AIFLD), qui se consacre au contrôle des mouvements syndicaux en Amérique latine. George Meany, président de l’AFL-CIO, en prend la direction administrative. Il en délègue la direction exécutive à Willliam C. Doherty Jr, dont l’expérience professionnelle se limite à quelques mois de travail au sein du Plan Marshall, ce qui pourrait paraître insuffisant pour un « leader syndicaliste » [1]. Un conseil d’administration, composé de grands patrons ayant des intérêts en Amérique latine, détermine les priorités d’action de l’AIFLD. Des personnalités réputées pour leurs positions anti-sociales y siègent comme David Rockfeller. Le Pdg du géant de chimie W.R. Grace Corporation et président du Chapitre nord-américain de l’Ordre de Malte, J. Peter Grace, en assume la présidence [2]. Ce casting reflète la réalité de l’AFL-CIO, une organisation qui promeut la collaboration de classe et unit de manière verticale les syndicats ouvriers et patronaux selon un modèle proche de celui des corporations fascistes.

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George Meany
Patron d’AFL-CIO de 1955 à 1979.

Après la Seconde Guerre mondiale, et avant la fusion avec le CIO, l’AFL avait déjà installé en Amérique latine une fédération de syndicats intitulée ORIT, l’Inter-American Regional Organization of Workers. Cet ancêtre de l’AIFLD était dirigé par un exilé italien, Serafino Romualdi. Bien qu’il ait fait merveille au Guatemala, en 1953, lors du renversement du président Jacobo Arbentz dont la politique sociale menaçait les intérêts de l’United Fruit Company, il se montra incapable face à la révolution cubaine. C’est pourquoi Washington décida de donner davantage de moyens à l’AFL-CIO, c’est-à-dire en l’occurrence à l’AIFLD.

La décision de créer l’AIFLD n’a pas fait l’objet de discussions dans le mouvement ouvrier états-unien. Elle a été prise par les patrons du réseau stay-behind d’ingérence des États-Unis dans les États de leur zone d’influence, alors intégré dans la Direction de la planification de la CIA, mais articulé au Pentagone [3]. Les statuts sont élaborés entre 1959 et 1962, et rédigés par deux des plus grands spécialistes de l’action secrète : le général Richard G. Stilwell et le colonel Edward G. Lansdale. Ce dernier était à l’époque le patron de la NSA et le concepteur des opérations Mangoose et Northwood dirigées contre Cuba [4]. Le projet est validé par le Conseil des relations étrangères (Council on Foreign Relations - CFR), l’association de l’élite washingtonnienne. « Cela devint l’amorce de la contre-insurrection », commente le colonel à la retraite de l’US Air Force L. Fletcher Prouty [5]. En effet, les deux hommes étaient des « agents de terrain [pour lesquels] le moment était venu de (..) former une force internationale paramilitaire massive, sous commandement para-civil et [dissimulé derrière] un voile monstrueux de sécurité » [6].

Le programme s’inspire notamment de celui développé par Joseph A. Beirne à la fin des années 50, alors qu’il était président de Communications Workers of America (CWA). Il avait invité, au centre de formation du CWA à Front Royal, des leaders des syndicats liés aux services postaux, télégraphiques et téléphoniques d’Amérique latine pour un séminaire de trois mois sur le « syndicalisme démocratique ».

Alors que les militaires d’Amérique latine sont formés, pendant toute la période à l’École des Amériques à Panama ou à l’Académie des cadres de la guerre politique à Taïwan [7], l’AIFLD va assurer, en quarante ans, la formation de plus de 200 000 personnes, de toutes les branches et particulièrement de la presse, à Front Royal, en Virginie [8]. L’idéologie enseignée est résumée ainsi par William Blum : « tous les problèmes des travailleurs seront résolus par un système de libre-entreprise, de coopération des classes et de négociation collective, et par la collaboration avec les patrons et le gouvernement dans la lutte anticommuniste » [9].

L’AIFLD remplit des activités de propagande et de diplomatie parallèle en cette période de guerre froide contre l’URSS. Son rôle est alors inconnu du grand public, et même de la plupart des membres de l’AFL-CIO. Les premières révélations éclatent en 1967, au cours d’une réunion de 520 responsables syndicalistes de haut niveau organisée à Chicago à l’initiative du Labor Leadership Assembly for Peace, un groupe de travailleurs opposés à la guerre du Vietnam. L’un des leaders présents, Victor Reuther, raconte comment l’AFL-CIO sert en réalité de paravent pour les activités du département d’État états-unien et de la CIA. La centrale syndicale, alors dirigée par George Meany, aurait, selon Reuther, « participé [avec la CIA] au coup d’État de 1964 qui renversa le gouvernement libéral élu de Joao Goulart au Brésil et, par la même occasion, aidé à affaiblir les syndicalistes du secteur automobile sur place. L’obéissance aveugle de l’AFL-CIO au département d’État et ses alliances avec la CIA rendent difficile pour l’UAW (International Union, United Automobile, Aerospace and Agricultural Implement Workers of America ), qui est affilié à l’AFL-CIO, de garder la confiance de syndicalistes confirmés outre-Atlantique » [10]. Dans ses mémoires, Victor Reuther explique que « les lieutenants de Meany dans la sphère des intrigues internationales avaient tissé un réseau mondial financé par des sommes énormes. Parfois, ils utilisaient des structures syndicales fantoches, internationales ou régionales. À d’autres moments, ils noyautaient les secrétariats internationaux de syndicats, pourtant de bonne foi. Les sommes d’argent que ces derniers manipulaient les rendaient vulnérables au contrôle du donateur ». Une stratégie particulière de la part d’une centrale syndicale, d’autant que « la politique étrangère de l’AFL-CIO était élaborée dans l’atmosphère feutrée de Washington, généralement en liaison avec le département d’État et d’autres agences. Il y avait rarement de discussion préalable devant les membres du Conseil exécutif ; il n’y avait même pas un semblant de processus démocratique » [11].

Expérience de déstabilisation syndicale en Guyana

Le coup brésilien de 1964 n’est pas le premier. L’American Institute for Free Labor Development a déjà activé une première fois deux ans plus tôt, dans le cadre de la déstabilisation politique menée par le département d’État en Guyana. La petite colonie britannique, membre du Commonwealth, est dirigée à l’époque par le Dr Cheddi Jagan, président fondateur du Parti progressif du peuple (PPP). Son soutien aux ouvriers des plantations sucrières menace les intérêts de la firme Brooker Bros McConnell. Avant de donner son indépendance au Guyana, Londres décide de le faire renverser et d’installer un gouvernement fantoche.

L’AFL-CIO est active sur place, pour le compte du réseau stay-behind dans le cadre des accords anglo-états-uniens : Serafino Romualdi écrit : « dès ma première visite en Guyane britannique, j’ai fait tout mon possible pour renforcer les forces syndicales démocratiques opposées à Jagan » [12]. Comme l’écrit William Blum, « ce fut l’une des rares occasions où l’Agence a été officiellement autorisée à opérer en zone britannique ». La stratégie de la CIA est simple : il s’agit de renforcer les syndicats proches de Forbes Burnham, principal opposant politique de Jagan. L’Agence s’appuie sur le Public Services International (PSI), « une association de syndicats internationaux de fonctionnaires, basée à Londres, qui se donnait pour mission d’exporter le savoir-faire syndical des pays industrialisés vers les pays moins développés ». Le dispositif devient particulièrement efficace après l’arrivée au pouvoir de John F. Kennedy et la création de l’AIFLD : en février 1962, la CIA organise et finance des manifestations d’opposition à Jagan, des grèves et des émeutes. Grâce au noyautage des organisations syndicales, Langley parvient à fomenter, en avril 1963, la grève générale la plus longue de l’histoire, qui dura 80 jours. L’appel à la grève avait été lancé par le Trade Union Council (TUC) [13]. Le président du TUC, Richard Ishmael, « avait été formé, comme tant d’autres responsables syndicaux guyanais, aux États-Unis - plus précisément par la CIA, à l’American Institute for Free Labor Development » [14]. Par son intermédiaire, la CIA soutient la grève à hauteur d’au moins un million de dollars, via le PSI et d’autres organisations syndicales dans l’orbite de l’AIFLD. Par « solidarité avec les grévistes », les compagnies pétrolières états-uniennes cessent d’approvisioner le pays en pétrole, ce qui oblige Jagan à demander de l’aide à Cuba, accréditant la thèse de Washington selon laquelle il est un « dangereux communiste ». Cette intense campagne de déstabilisation aboutit, en décembre 1964, à l’obtention d’une simple majorité relative par le PPP de Jagan, qui est rapidement contraint à démissionner. Forbes Burnham, arrivé deuxième, prend la tête du gouvernement.

S’il est un succès sur le moment, cet épisode n’en est pas moins un échec sur le long terme. Vingt-huit ans plus tard, les Guyanais ramènent Cheddi Jagan au pouvoir et l’élisent président. Inflexible, le président Clinton rappelle de son côté William Doherty Jr qu’il nomme ambassadeur au Guyana, mais devant le tollé provoqué par cette décision, il finit par y renoncer. Mauvais joueur, il interdit alors la déclassification des documents de la CIA relatifs au coup de 1964 dont le secret arrivait à la prescription trentenaire [15].

Bis repetita au Chili

Le scénario va se répéter quasiment à l’identique, au Chili à partir de 1970. Cette année-là, près d’un milliards de dollars sont investis par différentes entreprises états-uniennes dans le pays. La plus grosse multinationale à être représentée est l’International Telephone and Telegraph (IT & T). Le processus de déstabilisation comprend, selon les auditions menées par la Chambre des représentants états-unienne en 1975, « d’importantes manipulations électorales, le financement de médias à des fins de propagande et de désinformation, des conspirations politiques, des connexions miliaires, la pénétration des syndicats (...) ». Il est initié par la décision du gouvernement de Salvador Allende de nationaliser IT&T et des sociétés d’exploitation du cuivre. Robert O’Neill est alors le directeur de programme de l’AIFLD au Chili. De 1970 à 1973, la centrale syndicale multiplie la formation de responsables syndicaux, dont près d’une centaine par an sont envoyés aux États-Unis [16].

Comme en Guyana, Washington opte non pas pour l’intervention militaire, mais pour la déstabilisation. Juste avant l’investiture du président Allende, l’ambassadeur états-unien Edward Korry avait averti que « pas un seul boulon, pas un seul écrou n’arriveront au Chili sous Allende ». De 1970 à 1973, les États-Unis supprimèrent la quasi-totalité de leurs programmes d’aide sur place, l’Export-Import Bank cessa d’accorder des prêts, tout comme la Banque inter-américaine de développement. De même, la Banque mondiale n’accorda aucun nouveau prêt au Chili entre 1971 et 1973. L’idée, développée par IT&T dans un mémorandum, était que « parmi ceux qui veulent faire barrage à Allende, certains, plus réalistes, espèrent que la détérioration de l’économie déclenchera une vague de violences menant à son tour à un coup d’État » [17]

Les États-Unis imposent publiquement des sanctions financières au Chili comme mesures de rétorsion face aux lois sociales du gouvernement Allende. Simultanément, ils suscitent en secret des grèves prolongées, notamment dans les transports routiers, un secteur stratégique dans un pays de 4 000 km de long. Ces actions provoquent des pénuries de produits de consommation quotidienne, tels que le savon, l’huile, la farine, ou les cigarettes. Le climat social se détériore.

Comme l’explique William Blum, l’Agence a d’autant plus de facilité à paralyser l’économie quelle s’appuie sur « plus d’une centaine de membres d’associations professionnelles et de syndicats patronaux chiliens [issus] de l’école gérée par l’American Institute for Free Labor Development à Front Royal (Virginie) surno mmée "la petite école antirouge" ». L’AIFLD a également réussi à assurer la formation, en mai 1971, « d’une deuxième association professionnelle : la Confédération des professionnels chiliens », très active contre Allende.

Cette politique est couronnée de succès : une nouvelle grève massive des routiers paralyse le pays en 1973, aboutissant, le 11 septembre, au coup d’État mené par le général Pinochet. Salvador Allende est suicidé dans son palais présidentiel, et le Chili retombe dans le giron états-unien. Une répression politique féroce, corollaire quasi-systématique des politiques contre-insurectionnelles, peut s’abattre sur le pays.

Syndicalisme planétaire

L’AFL-CIO met également en place deux autres organismes à vocation internationale, quelques années après l’AIFLD, toujours grâce à un financement de l’USAID. Pour l’Asie, c’est l’Asian American Free Labor Institute (AAFLI), fondée en 1968.

En réalité, la zone asiatique était depuis longtemps la cible de l’attention de Washington. Déjà, en Indonésie en 1965, l’AFL-CIO avait soutenu des syndicats non-communistes afin de miner l’autorité de la grande figure de l’indépendance, le général Sukarno, considéré comme trop proche des idées socialistes [18]. De plus, l’AFL-CIO s’opposait de façon répétée à la Confédération internationale des syndicats libres (CISL / ICFTU), qu’elle avait pourtant créée, à cause de l’orientation trop socialiste et social-démocrate de certains de ses membres. D’autant que certains des syndicats membres de la confédération militaient contre la guerre du Vietnam.

Selon des documents internes à l’AFFLI, sa création est liée à l’échec de l’offensive du Tet menée par les troupes états-uniennes au Vietnam. L’organisation se serait d’abord introduite sous un prétexte humanitaire, en acheminant l’aide de CARE aux GI’s, puis aurait sensiblement dérivé vers la formation de gros bras ouvriers anti-communistes. Elle aurait surtout bénéficié à Tran Quoc Buu, le dirigeant corrompu et anticommuniste de la Confédération vietnamienne des Travailleurs (CVT). Il s’allie avec le régime de Nguyen Van Thieu, soutenu par la CIA, afin de s’assurer que les ports du pays restent ouverts pour l’approvisionnement des troupes états-uniennes [19].

L’influence de l’AAFLI se ressent durablement sur la région. D’après Dave Spooner, analyste au sein de l’Asia Monitor Resource Center, « les structures, les pratiques des syndicats, et les codes du travail de pays tels que la Corée du sud, Taïwan, les Philippines, la Malaisie, l’Inde ou ailleurs, sont autant le résultat des soutiens, de l’imposition ou de la manipulation des gouvernements, des partis politiques et des syndicats d’Europe et des États-Unis, que des actions des travailleurs [locaux] ». Aux Philippines, l’AAFLI a largement soutenu la croisade anticommuniste du dictateur Ferdinand Marcos, en subventionnant allègrement les syndicats proches du pouvoir.

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Jacques Foccart
Avec des leaders gaullistes,
en tête de la manifestion
du 30 mai 1968.

Le troisième institut, l’African Labor College, a comme terrain de prédilection l’Afrique récemment décolonisée. Il est placé sous la direction d’Irving Brown, l’ancien émissaire de l’AFL-CIO en Europe et membre éminent du stay-behind. À l’époque, les pays francophones doivent affronter la multiplication des « coups tordus » orchestrés par le responsable Afrique du général de Gaulle, puis de Georges Pompidou, Jacques Foccart, lui-même proche d’Irving Brown [20]. L’absence de documentation sur les activités d’Irving Brown en Afrique empêche malheureusement, à l’heure actuelle, de savoir comment s’est articulée l’action commune des États-Unis et de la France pour maintenir l’ensemble des pays nouvellement indépendants hors de l’orbite soviétique.

Les différentes opérations menées par les filiales internationales de l’AFL-CIO révèlent, lorsqu’elles sont analysées dans leur ensemble, un nouveau mode d’action de la diplomatie états-unienne dans ses stratégies d’ingérence. En effet, les coups d’État militaires font l’objet d’une importante littérature, et sont les plus immédiatement observables. Les mécanismes de propagande visant à construire un « ennemi de l’intérieur », que ce soit sur des critères ethniques, religieux, politiques, voire tout cela en même temps, ont également été étudiés dans des travaux plus récents. En comparaison, le processus de « déstabilisation sociale » qui apparaît ici comme une autre technique de contre-insurrection, reste assez méconnu. Il s’agit pourtant d’une alternative tout à fait pertinente, d’un point de vue stratégique, à la politique dite « de la canonnière », lorsque les pays visés ne sont pas des cibles diplomatiquement acceptables pour la communauté internationale. Cette politique n’a pas été abandonnée avec la démission de George Meany, en 1979. Son remplaçant, Lane Kirkland, a au contraire poursuivi dans cette voie. Les institutions d’« ingérence syndicale » ont même été renforcées et articulées dans un dispositif plus vaste, en 1983, puisqu’elles ont été intégrées au sein de la National Endowement for Democracy créée par Ronald Reagan [21].

[1] Le père de William Doherty Jr était agent de la CIA et fut ambassadeur des États-Unis en Jamaïque.

[2] J. Peter Grace est connu pour avoir récupéré le chimiste nazi Otto Ambrose, ancien directeur d’IG Farben. Par ailleurs, chrétien fondamentaliste, Grace fournit un emploi au révérend Pat Robertson et devint le parrain de ses enfants.

[3] Voir « Stay-behind, les réseaux d’ingérence américains » par Thierry Meyssan, Voltaire, 20 août 2001.

[4] Voir « Opération Northwoods : Quand l’état-major américain planifiait des attentats terroristes contre sa population » par Thierry Meyssan, Voltaire, 5 novembre 2001.

[5] The Secret Team : The CIA and Its Allies in Control of the United States and the World, par L. Fletcher Prouty, Ballantine Books, 1974.

[6] Ibid.

[7] Voir « La Ligue anticommuniste mondiale, une internationale du crime » par Thierry Meyssan, Voltaire, 12 mai 2004.

[8] The Rise and Decline of the CIA, par John Ranelagh, Simon & Schuster, 1987.

[9] Les guerres scélérates, de William Blum, Parangon, 2004.

[10] Ces révélations ont été retranscrites par Fred Halstead, activiste anti-guerre socialiste, dans son livre Out Now consacré aux mouvements d’opposition à la guerre du Vietnam. Voir « Victor Reuther’s Revelations About U.S. Labor and the CIA », par Charles Walker, IWW-News, 23 Mars 2003.

[11] Ibid. Le plus paradoxal est que Victor Reuther a été, auparavant, l’émissaire du syndicat CIO en Europe, avant la fusion avec AFL en 1955. À l’époque, il était donc l’alter ego d’Irving Brown, responsable AFL pour l’Europe.

[12] Les guerres scélérates, de William Blum, Parangon, 2004.

[13] William Blum définit le Trade Union Council comme « la mafia syndicale internationale de la CIA ». Les Guerres scélérates, op.cit.

[14] Les guerres scélérates, op.cit.

[15] « A Kennedy-C.I.A. Plot Returns to Haunt Clinton », par Tim Weiner, New York Times, 30 octobre 1994.

[16] « CIA, AFL-CIO and Pinochet », par Kim Scipes, 2 décembre 1998.

[17] Cité par William Blum, in Les guerres scélérates, op.cit.

[18] Voir « 1965 : Indonésie, laboratoire de la contre-insurrection » par Paul Labarique, Voltaire, 25 mai 2004.

[19] « Inside the AFL-CIO’s International Program », extrait de Workers of the World Undermined, de Beth Sims, South End Press, 1992.

[20] Jacques Foccart est lui-même membre du stay-behind. En 1968, lorsqu’il décide de créer un syndicat étudiant pour contrecarrer le mouvement estudiantin de mai, l’UNI, il fait financer l’opération par Irving Brown.

[21] Voir « La nébuleuse de l’ingérence démocratique » par Thierry Meyssan, Voltaire, 22 janvier 2004.

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