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Tribunes et décryptages - 5 juillet 2006
Le démembrement de l’Autorité palestinienne en question
Décryptage
Comme nous l’avions déjà noté dans ces colonnes, le conflit entre le Hamas et le Fatah a été instrumentalisé par les mouvements pro-sionistes. C’est avec une excitation à peine dissimulée ou une légère affliction feinte que certains éditorialistes ou analystes traditionnellement liés à Israël ont annoncé une future « guerre civile palestinienne ». Un tel conflit interne anéantirait en effet une grande partie des forces de résistance palestinienne et, quoi qu’il en soit, les détourneraient de la résistance aux forces d’occupation.
Face à la dégradation de la situation, on avait bien vu certains dirigeants arabes, tel le roi Abdallah de Jordanie dans le Jordan Times et l’International Herald Tribune, lancer de très timides appels à l’apaisement, mais rares étaient ceux qui, dans la presse occidentale dominante, semblaient vouloir empêcher une confrontation. Après tout, ne marquait-elle pas l’aboutissement logique de la « guerre interne à l’islam » entre « modérés » et « radicaux » qui fait couler tant d’encre dans les pages opinion ?
Certes, certains jusqu’au-boutiste, comme l’ancien président du Likoud international Zalman Shoval, assurait dans le Jerusalem Post, qu’on ne pouvait pas plus faire confiance à Mahmoud Abbas qu’au Hamas. Mais cette position restait minoritaire.
En coulisse, comme l’a expliqué Jennifer Loewenstein, dans nos colonnes, les États-Unis et Israël donnaient même à Mahmoud Abbas les moyens militaires nécessaires à une confrontation avec le Hamas.
Mais, malheureusement pour Israël, la guerre civile n’a pas eu lieu. Le Hamas et le Fatah se sont entendus sur le « document des prisonniers », un texte reconnaissant Israël comme un fait, mais demandant un retour aux frontières de 1967, réaffirmant le droit au retour des réfugiés et soutenant la lutte armée tant que cet objectif ne serait pas atteint.
Cet accord fut vigoureusement dénoncé par l’ancien fonctionnaire du département d’État, Aaron David Miller dans le Los Angeles Times et par l’ancien ministre israélien des Affaires étrangères Schlomo Ben-Ami dans l’International Herald Tribune.
Au milieu de ce débat, l’ancien assistant du représentant du Quartet diplomatique James Wolfensohn, Christian Berger, s’inquiétait dans le Daily Star d’une destruction prochaine de l’Autorité palestinienne par Israël. Ce point de vue était alors isolé. L’auteur estimait qu’une telle disparition priverait les Palestiniens de tout prestataire de service public, ruinerait la solution des deux États et n’était donc absolument pas souhaitable.
Il semble que cette anticipation d’une possible disparition des autorités palestiniennes était pourtant plus que judicieuse. En effet, la concorde palestinienne autour du « document des prisonniers » a disparu des gros titres de la presse internationale dominante concernant le Proche-Orient. Elle a laissé place à un événement dramatique mais anecdotique dans une guerre continue de plus de 50 ans : l’enlèvement d’un caporal franco-israélien, Gilad Chavit. Ce fait, monté en épingle par les services de communication militaire, sert aujourd’hui de prétexte à une offensive israélienne d’une violence inouïe contre les Palestiniens à Gaza. Il est probable que cette offensive vise principalement à reprendre ou détruire les stocks d’armes livrés par Israël à Mahmoud Abbas pour mener la guerre civile et dont Tel-Aviv peut craindre, après l’accord sur le document des prisonniers, qu’ils ne servent aux factions palestiniennes réunies à reprendre la résistance. Toutefois, dans les médias israéliens, cette offensive est presque exclusivement présentée sous l’angle officiel d’une réaction à l’enlèvement et le débat ne porte que sur une question : la dissolution de fait de l’Autorité palestinienne.
C’est ce que demande concrètement l’éditorialiste associé du Jerusalem Post, par ailleurs directeur du programme d’étude des gestions de conflit de l’université Bar-Ilan, Gerald M. Steinberg. Il estime que les derniers développements ont démontré que le retrait de Gaza était une erreur et qu’il faut que les forces armées israéliennes réoccupent non seulement Gaza mais conservent le contrôle de la Cisjordanie. Par conséquent, après avoir servit de légitimation à l’annexion de territoires de Cisjordanie derrière le Mur, le « retrait » de Gaza, ne serait finalement qu’une parenthèse. Notons que ce point de vue n’est malheureusement pas isolé puisque d’après un sondage réalisé par Ha’aretz, 64 % des lecteurs de ce quotidien réputé de gauche sont favorables à une nouvelle occupation directe de Gaza.
Le président du Washington Institute for Near East Policy et ancien conseiller de Bill Clinton pour le Proche-Orient, Dennis Ross, ne va pas aussi loin. Dans le Jerusalem Post, il assure cependant qu’il faut continuer à « affaiblir » le Hamas et qu’il faut rendre l’intégralité du pouvoir à Mahmoud Abbas à la tête d’une milice de 10 000 hommes qui devra pacifier les territoires palestiniens. Bref, il faut mettre en place une milice de collaboration chargée de faire le travail pour Israël dans la lutte contre la résistance. Au passage, l’auteur accuse Damas d’avoir inspiré l’enlèvement du caporal Chavit. En somme pour M. Ross, il faut en revenir au plan initial, avant la signature de l’accord du Hamas et du Fatah.
Rare analyste à traiter du sujet hors de la presse israélienne ou arabe, le professeur Shlomo Avineri développe une analyse similaire dans une tribune diffusée par Project Syndicate et publiée, à l’heure où nous écrivons ces lignes, par les seuls Daily Star et Korea Herald. Il estime que les derniers évènements sont la faute du Hamas qui, comme les Palestiniens depuis 60 ans, refusent tout compromis et attaquent Israël. Le document des prisonniers n’est pas une solution acceptable non plus pour l’auteur puisqu’il légitime la résistance armée. Par conséquent, M. Avineri pose ouvertement la question de l’existence du gouvernement du Hamas et de son maintien.
L’historien pacifiste israélien Ze’ev Sternhell est bien isolé dans la presse israélienne pour condamner l’action du gouvernement Olmert. Il estime qu’elle ne fait que reprendre les grandes lignes de la politique du Likoud, qu’elle ne peut mener qu’au chaos et ne cherche pas la paix. Il voit dans l’action israélienne une politique criminelle qui prétend répondre à des actes terroristes en s’en prenant sciemment à une population civile. Pour lui, les actions d’Olmert ne visent qu’à continuer d’annexer des territoires, ce qui ne peut être une solution si on cherche la stabilité.
La presse des pays arabes développe bien entendu une toute autre approche que la position israélienne dominante.
L’éditorialiste pan-arabe, Patrick Seale, analyse dans une chronique de Gulf News, exceptionnellement reprise dans The Guardian, les motivations des attaques israéliennes. Pour l’auteur, il ne fait aucun doute que l’enlèvement du caporal Chavit n’est qu’un prétexte. Les vraies raisons sont d’ordre militaire (empêcher les Palestiniens de riposter aux attaques israéliennes en les brisant) et politique (empêcher l’application de l’accord trouvé autour du « document des prisonniers »).
Le journaliste palestinien Jaouad Elbechiti, Alquds al-Arabi partage cette manière de voir. Il estime lui aussi que l’enlèvement du soldat est sans rapport avec la violence actuelle. Il s’intéresse cependant davantage aux actions du gouvernement que le Hamas devrait entreprendre selon lui. Il demande à ce dernier de se mettre en grève politique afin de pousser les dirigeants arabes à réagir. On peut s’interroger sur la pertinence de cette proposition quand on observe le souhait de nombreux éditorialistes de la presse dominante d’en finir avec le gouvernement du Hamas. Par ailleurs, il estime que l’enlèvement du caporal israélien est en réalité un acte de guerre classique et que par conséquent, celui-ci doit être traité comme un prisonnier de guerre de l’Autorité palestinienne.
Dans AlarabOnline, Ali Ouhida, correspondant du quotidien auprès de l’Union européenne, se désole de la façon dont Bruxelles réagit, ou plutôt ne réagit pas à la destruction du gouvernement du Hamas par Israël. Pour lui, Javier Solana a fait le travail d’Israël en faisant adopter des positions anti- Hamas aux États européens. Ces positions d’hier privent aujourd’hui l’Union européenne de toute possibilité de critiquer l’action « anti-terroriste » d’Israël. Il se désole par ailleurs que les pays arabes n’aient pas plus réagis que l’Union européenne.
Réseau Voltaire
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5 juillet 2006
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Paris (France)
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Pays
Palestine/Israël
Thèmes
Résistance en Palestine
Auteurs et sources des Tribunes et décryptages
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« Avons-nous vraiment besoin de l’Autorité palestinienne ? »
Auteur
Christian Berger
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Actuellement Haut fonctionnaire à la Commission européenne en charge de la gestion de crises et de la prévention des conflits, Christian Berger a travaillé au Proche Orient pour le compte de l’ONU et de l’Union européenne. Il a été le représentant de l’envoyé spécial du « Quartet diplomatique », James Wolfensohn.
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Source
Daily Star (Liban)
Référence « Do we actually need the Palestinian Authority ? », par Christian Berger, Daily Star, 13 juin 2006.
Résumé L’Autorité palestinienne ne pourra bientôt peut-être plus assurer ses fonctions, faute de financement, Israël ayant saisi le fruit des taxes qu’elle devait toucher et l’aide internationale n’étant plus versée. Ce possible effondrement est symptomatique d’un plus grand problème qui met à mal le processus de paix et l’application de la solution des deux États.
Il est temps que la communauté internationale se demande quelle solution à long terme, elle souhaite au Proche-Orient. La solution des deux États ? Autre chose ? Ce n’est que quand nous aurons répondu à cette question que nous pourrons déterminer quelle valeur donner à l’Autorité palestinienne. Avons nous besoin d’elle ? N’est-elle pas que le dernier résidu de l’accord d’Oslo aujourd’hui largement discrédité ?
L’Autorité palestinienne a servi jusqu’ici à pourvoir à la mise en place de services aux Palestiniens. Elle ne l’a pas toujours fait de la meilleure façon qui soit, mais pour la première fois des Palestiniens exerçaient cette responsabilité. L’Autorité palestinienne était également un interlocuteur et un organisme gérant les donations internationales. La destruction de l’Autorité palestinienne empêchera les Palestiniens de disposer de services publics. Si l’Autorité palestinienne est détruite, qui effectuera ces tâches ? Une administration israélienne ? C’est douteux compte tenu de la volonté de désengagement actuelle. La communauté internationale ? Ce n’est pas une solution à long terme. Les voisins arabes ? Ce n’est pas plus une solution viable.
Peut-être qu’une disparition de l’Autorité palestinienne permettrait de construire une nouvelle organisation et des institutions plus démocratiques. Mais peut-être aussi que cela ne serait pas possible et nous aurions alors détruit 12 ans de travail.

« Israël doit contrôler les frontières de Gaza, toutes les frontières »
Auteur
Gerald M. Steinberg

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Editorialiste associé du Jerusalem Post, Gerald M. Steinberg est directeur du programme d’étude des gestions de conflit de l’université Bar-Ilan.
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Source
Jerusalem Post (Israël)
Référence « Israel must control Gaza’s borders - all of them », par Gerald M. Steinberg, Jerusalem Post, 1er juillet 2006.
Résumé Le retour de l’armée israélienne à Gaza marque la fin de la première phase de l’expérience de désengagement dont les conséquences sont négatives. Nous redécouvrons que tant que la guerre palestinienne durera, il n’y aura pas d’alternative à une présence militaire sur le terrain. Le retrait a échoué. Les observateurs égyptiens et européens n’ont pas réussi à empêcher les Palestiniens de s’équiper de roquettes.
Les Égyptiens devaient garder la frontière et empêcher l’arrivée d’armes. Les conseillers diplomatiques israéliens considéraient qu’ainsi nous pourrions affirmer que l’occupation était terminée. Et que nous ne serions plus considéras comme responsables du sort des Palestiniens. Ariel Sharon accepta de cesser de contrôler la frontière à la demande de Condoleezza Rice et de Javier Solana. Les États-Unis et l’Union européenne étaient alors enthousiasmés par Mahmoud Abbas.
Mais leurs espoirs n’ont mené nulle part. Les Palestiniens ont utilisé le retrait pour développer leur infrastructure terroriste. Comme en 1948, 1967, 1973 Israël redécouvre la nécessité de contrôler la frontière de Gaza. Cette leçon doit également être retenue pour la Cisjordanie.

« Trop confus pour se rendre »
Auteur
Dennis Ross
Source
Jerusalem Post (Israël)
Référence « Too confused to surrender », par Dennis Ross, Jerusalem Post, 2 juillet 2006.
Résumé Israël fait face à une crise avec l’Autorité palestinienne qui manque de clarté. Le Hamas en Palestine affirme n’être pour rien dans les attaques de roquette. Cela pourrait être de la responsabilité du Hamas de Damas, mais il aurait eu besoin d’agents sur place. Mahmoud Abbas a condamné les attaques et elles le desservent. Peut-être faut-il donc aller chercher les responsables ailleurs. En Iran ou en Syrie par exemple.
Toutefois, plus la crise dure, plus les Européens et d’autres vont juger que la prix payé par les Palestiniens est trop élevé. L’arrestation de membres du gouvernement du Hamas a provoqué un choc, même au sein du Fatah, mais on admet désormais qu’on pourrait voir un gouvernement sans le Hamas. Or, du fait des attaques et des pertes civiles, le Hamas pourrait capitaliser sur les pertes subies par la population et rapidement compter de nouveaux membres.
Il faut continuer, à court terme à affaiblir le Hamas, mais il faut aussi aider Mahmoud Abbas à assumer son rôle pour le bien des Palestiniens instrumentalisés par la Syrie et le Hamas.
Il faut que les États-Unis et les dirigeants arabes fassent pression sur Bachar El Assad pour récupérer le caporal Gilad Shalit. Sur le court terme, il faut aider Abbas à construire un gouvernement sans le Hamas et à construire une force de sécurité professionnelle de 10 000 hommes pour stabiliser les territoires palestiniens.

« Quel avenir pour le Hamas après les actions israélienne à Gaza ? »
Auteur
Shlomo Avineri

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Shlomo Avineri est professeur de sciences politiques à l’université hébraïque de Jérusalem. Il est ancien directeur général du ministère des Affaires étrangères israélien. Membre d’un institut satellite de la CIA chargé de l’assistance aux partis de gauche, il a été impliqué dans les processus de démocratisation de nombreux pays de l’Est européen
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Sources
Daily Star (Liban), Korea Herald (Corée du Sud)
Référence « What future for Hamas after Israel’s actions in Gaza ? », par Shlomo Avineri, Daily Star, 3 juillet 2003.
« Can Hamas stay in power ? », Korea Herald, 4 juillet 2006.
Résumé Avec un tiers du gouvernement du Hamas en prison, l’escalade des relations israélo-palestiniennes va au-delà de la confrontation militaire. Une question fondamentale émerge : un gouvernement palestinien qui tire son autorité d’un accord avec Israël peut-il rester en place s’il est dirigé par une organisation qui demande la destruction d’Israël ? L’enlèvement d’un soldat israélien et l’enlèvement puis le meurtre d’un civil israélien de 18 ans mettent en lumière cette question qui hante la relation israélo-palestinienne depuis la victoire électorale du Hamas.
La communauté internationale a posé trois conditions au Hamas : il doit reconnaître Israël, cesser toute action terroriste et accepter les accords passés signés par l’Autorité palestinienne. Cela semble des demandes raisonnables mais pour le Hamas, on s’attaque à sa raison d’être. Il a donc rejeté ces conditions. Dans le même temps, Mahmoud Abbas a tenté de faire adopter un ambiguë « document des prisonniers ». Ce texte reconnaît tacitement le droit à l’existence d’Israël mais cela n’apparaît pas explicitement. Au contraire, le texte légitime les attaques contre les civils en Cisjordanie.
La croyance messianique des États-Unis dans les élections n’a fait que donner plus de légitimité au Hamas. Ce parti, comme les partis fascistes et communistes avant lui, utilise les élections comme un moyen politique mais il ne respecte pas les valeurs démocratiques. La violence actuelle va peut-être faire chuter le gouvernement du Hamas mais d’un autre côté, la négociation pourrait mettre fin aux tirs de roquettes et permettre la libération du soldat Shalit. Historiquement, les Palestiniens ont toujours refusé les compromis.
La crise actuelle est un grand test pour Olmert, mais plus encore pour les Palestiniens qui vont enfin devoir faire un choix.

« Souffrir d’une paralysie de la pensée »
Auteur
Ze’ev Sternhell

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Ze’ev Sternhell est historien, spécialisé dans l’étude des mouvements fascistes et de leurs racines historiques ainsi que sur les racines du sionisme. Il est professeur de Sciences politiques à l’université hébraïque de Jérusalem.
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Source
Ha’aretz (Israel)
Référence « Suffering from a paralysis of thought », par Ze’ev Sternhell, Ha’aretz, 30 juin 2006.
Résumé L’invasion violente de Gaza, semant la destruction à un niveau inimaginable, ne fait qu’alimenter deux grands périls pour Israël. Le premier danger est que le gouvernement Olmert mène une politique de gouvernement Likoud II, à la fois cruel et malchanceux, incapable d’accepter le « document des prisonniers ». Le second danger découle de la même paralysie de la pensée : le nouveau gouvernement croit en la vertu de la fixation unilatérale des frontières afin d’annexer des territoires.
Ariel Sharon savait que la nouvelle frontière n’apporterait pas la paix et ne protègerait pas la population. Mais Sharon ne voulait pas la paix ou un accord. C’est pourquoi la victoire du Hamas ne change rien. Ce qui est honteux, c’est que les travaillistes soient tombés dans le piège. Olmert va continuer cette politique et fixer seul des frontières qui n’apporteront pas la paix.
Aujourd’hui, dans le Sud, les Palestiniens entreprennent des actes de terrorisme, puisqu’ils visent délibérément des civils. Mais ils se voient répondre par des actes de contre-terrorisme encore plus violents. Il n’y a donc pas de limites dans ce conflit entre ce qui est acceptable et ce qui en l’est pas. Aujourd’hui, à Gaza, il n’y a pas de frontières nettes entre combat légitime et action menée dans le but de détruire une population civile.

« Olmert et Peretz ont échoué au test »
Auteur
Patrick Seale

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Patrick Seale est un analyste et auteur réputé sur le Proche-Orient. Contributeur régulier à Gulf News. Il a notamment publié des ouvrages sur l’histoire contemporaine de la Syrie et une biographie d’Abu Nidal.
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Sources
Gulf News (Émirats arabes unis), The Guardian (Royaume-Uni)
Référence « Olmert and Peretz have failed the test », par Patrick Seale, Gulf News, 3 juillet 2006.
« Anything but negotiation », The Guardian, 3 juillet 2006.
Résumé En utilisant des forces disproportionnées contre Gaza, Israël a une fois de plus montré son mépris pour la loi internationale et son indifférence aux souffrances humaines. Il n’en souffrira pas à court terme mais, à long terme, il pourrait en payer le prix du fait de la colère des Arabes et des musulmans. Les pressions politiques européennes pour mettre fin à l’occupation pourraient s’accentuer et les dirigeants européens accepteront moins facilement les retrait unilatéraux qu’Olmert a en tête. Le chef d’État-major israélien pourrait être recherché pour crime de guerre. L’attitude israélienne va renforce l’anti-sionisme et peut-être même l’antisémitisme.
La destruction d’une station électrique d’une valeur de 150 millions de dollars, privant la population d’électricité en pleine chaleur, et l’arrestation de 64 dirigeants de l’aile politique du Hamas ont particulièrement choqué. Mais Benjamin Ben-Elizer a quand même déclaré que le gouvernement du Hamas n’était pas un gouvernement, mais une organisation criminelle. Cette définition peut s’appliquer également à son gouvernement.
Pourquoi Ehud Olmert et Amir Peretz ont-il fait cela ? Pour prouver qu’ils tuent aussi bien les Arabes que leur prédécesseurs malgré leur manque d’expérience militaire ? Il semble en réalité qu’il y a deux raisons à cette attaque et aucune n’a de lien avec l’enlèvement d’un caporal franco-israélien. La première est d’ordre militaire : il faut empêcher les Palestiniens de disposer des moyens de riposter aux attaques israéliennes en détruisant leur arsenal. La seconde est politique : il faut empêcher l’émergence d’un partenaire arabe avec qui négocier et rendre inopérant l’accord entre le Hamas et le Fatah.

« L’Autorité palestinienne est invitée à se mettre en grève ! »
Auteur
Jaouad Elbechiti

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Jaouad Elbechiti est écrivain et journaliste palestinien. Il est spécialiste dans les affaires israélo-palestiniennes. Il est correspondant de plusieurs journaux arabes dont Asharq al-Awsat et Alquds al-Arabi.
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Source
Al Quds Al Arabi (Royaume-Uni)
Référence « السلطة الفلسطينية مدعوة لـ الإضراب ! », par Jaouad Elbechiti, Alquds al-Arabi, 03 juillet 2006.
Résumé Les différentes composantes de la résistance palestinienne sont invitées avant tout à confirmer que l’opération qui a visé le check point israélien, et qui a aboutit à l’emprisonnement du soldat franco-israélien, fait partie de la légitime défense de la résistance armée palestinienne. Ce soldat doit rester emprisonné jusqu’à ce que le gouvernement Olmert accepte les conditions palestiniennes. Car son éventuelle libération risque d’être la plus mauvaise option dans les conditions actuelles.
Il faut que les leaders palestiniens du Hamas et de Fatah lui attribuent le statut de prisonnier de guerre de l’Autorité palestinienne. Surtout que le nombre des prisonniers de guerre palestiniens de l’Autorité israélienne est estimé à presque dix milles personnes. L’autorité d’Abou Mazen doit traiter son prisonnier de la même façon qu’on traite ses compatriotes dans les prisons israéliennes.
La guerre déclenchée par le gouvernement de Tel Aviv il y’a quelques jours n’a rien à voir avec l’opération militaire palestinienne ou la capture du soldat israélien. C’est une guerre qui confirme la sauvagerie et l’agressivité et de la politique adoptée par Olmert.
Le fait d’enlever des parlementaires et des ministres de Hamas doit donner plus de légitimité au gouvernement de ce mouvement, qui a besoin plus que jamais de la reconnaissance et de l’appui de tous les composants de la scène politique palestinienne. De même, l’autorité, à savoir le président et le gouvernement, devait avoir déclaré officiellement que la guerre israélienne la place dans une situation où elle ne peut pas jouer de rôle politique ou diplomatique pour résoudre les nouveaux problèmes.
L’Autorité palestinienne doit se mettre en grève politique et diplomatique pour obliger les intermédiaires arabes et internationaux à multiplier leurs efforts où il le faut. Tout en traitant Israël comme une force d’occupation manifeste et directe.

« La confusion européenne vis-à-vis de l’épreuve de Gaza »
Auteur
Ali Ouhida
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Ali Ouhida est journaliste dans le quotidien AlarabOnline, basé à Londres. Il travaille depuis Bruxelles, d’où il est correspondant de plusieurs publications telles Palestine-info et d’autres. Il est spécialisé dans les affaires de l’Union européenne.
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Source
Alarabonline.org
Référence « ضبابية أوروبية تجاه اختبار غزة », par Ali Ouhida, AlarabOnline, 02 juillet 2006.
Résumé La division au sein de l’Union européenne, concernant les derniers événements à Gaza, s’affiche aujourd’hui plus que jamais. La position des responsables au niveau de l’Union européenne, reflète un embarras réel semblable à celui enregistré dans les différentes capitales arabes actuellement. Une position qui prouve l’absence d’une stratégie claire et crédible envers la politique du gouvernement Olmert.
Ce dernier jouit de la bénédiction de Bruxelles grâce notamment à l’influence du lobby israélien sur tous les plans au sein de l’U.E. Le premier ministre israélien cherche, en complicité avec me chef de la diplomatie de L’U.E, Javier Javier Solana, à enterrer le gouvernement du Hamas. Cela devient possible à travers différentes étapes dont, entre autres, la destruction des infrastructures palestiniennes.
Le fait de mettre le mouvement islamique du Hamas sur la liste européenne des organisations terroristes, rend légitime les attaques israéliennes des territoires palestiniens et l’arrestation de certains membres de ce mouvement. L’Union Européenne sert de référence éthique pour les Israéliens, justifiant et légitimant ainsi leur agressivité envers le peuple palestinien.
Du côté arabe, nous constatons une flagrante faiblesse de la diplomatie, déjà visible sur bien d’autres sujets.

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Sondage 11-09
42 % des états-uniens doutent de le version officielle
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