Réseau Voltaire
Capitalisme d’États

BP-Amoco, coalition pétrolière anglo-saxonne

BP-Amoco n’est pas seulement une compagnie pétrolière, la troisième au monde, c’est aussi le fournisseur d’énergie du Royaume-Uni et des Etats-Unis et le pilier de leur intégration économique. Directement articulée aux intérêts de ces États, la firme s’est appuyée sur les actions secrètes du MI6 et de la CIA pour s’emparer de gisements en Asie Centrale, en Afrique et en Amérique latine. Son nom reste associé au renversement des gouvernements démocratiques de Mossadegh en Iran et d’Elchibey en Azerbaïdjan.

| Paris (France)
+
JPEG - 9.4 ko

Fondée au début du 20ème siècle sur les assises de l’Empire britannique et mise au service de la Royal Navy par Winston Churchill, BP, la compagnie pétrolière dont le nom à lui seul résonne encore comme un credo impérialiste (British Petroleum, « pétrole britannique »), demeura étroitement liée aux intérêts de la Couronne jusqu’en 1976, date de sa privatisation. Après le rachat de plusieurs compagnies, dont l’états-unienne Amoco en 1998, elle prend la troisième place mondiale et est dorénavant présente dans plus de 70 pays. Au cœur de l’une des activités les plus sujettes à convoitises et destructrices de la planète, mais d’une importance économique et stratégique capitale, elle s’applique à lisser son image. Compte tenu de sa binationalité, le sigle BP ne veut plus rien dire aujourd’hui. Aussi la compagnie a-t-elle été rebaptisée « au-delà du pétrole » (Beyond Petroleum) par son directeur général John Browne et affublée d’un soleil vert et jaune à la place du bouclier qui lui servait de logo.

Les origines

En 1901, un certain William Knox d’Arcy, Anglais fortuné et retiré en Australie pour un temps, prend connaissance des travaux d’un géographe français qui prédisait la découverte de gisements en Perse. Il se lance dans l’aventure, fasciné par les avancées réalisées outre-Atlantique dans ce domaine. Il obtient du Grand Vizir de Téhéran une concession importante contre la somme de 20 000 livres, la cession de 20 000 actions d’une livre ainsi que 16 % du bénéfice net annuel. Après trois ans de prospections infructueuses, il obtient le soutien financier de la Burmah Oil, pionnière des compagnies britanniques qui travaille beaucoup pour la marine royale. Il obtient son premier succès, le 26 mai 1908, quand le pétrole jaillit à 15 mètres du sol au milieu d’une région torride de Perse. Le destin et l’ascendance économique de cette association, qui devient l’ Anglo-Persian Oil Company (APOC) un an plus tard, seront décisifs pour l’évolution de la Perse durant les décennies suivantes.

Déjà sous la protection militaire de l’Empire britannique, l’AIOC développe le premier pipeline du Moyen-Orient, qui s’étend sur 200 kilomètres jusqu’à la raffinerie et au terminal d’Abadan, qui resteront pendant longtemps la plus importante installation pétrolière au monde. L’APOC invoque la menace du monopole de la Shell, compagnie « étrangère », pour obtenir les faveurs d’un gouvernement britannique au premier abord réticent à s’aventurer dans une nouvelle entreprise coloniale. Soucieux de contrôler au moins une partie des sources d’approvisionnement, Churchill, qui est pourtant un farouche opposant aux nationalisations, fait acquérir 51 % du capital de l’APOC par l’Amirauté en 1914, lui conférant un rôle essentiel dans la puissance maritime du Royaume. Le gouvernement impose que tous les administrateurs de la société soient britanniques et nomme à sa tête un homme de confiance, quoique relativement incompétent, Charles Greenway.
Assurant de très bons revenus à l’État et du carburant à bas prix pour la Royal Navy, l’APOC n’en devint pas moins un monstre difficile à contrôler à l’intérieur, et à l’extérieur perçu par les pays d’accueil comme un outil impérialiste de Sa Majesté. Si l’exploitation du pétrole de Perse par BP constituait une source inestimable de pétrole à bas prix, l’immuable loi qui fait de la diversité la principale condition de la sécurité risquait également, un jour ou l’autre, de contraindre la Couronne à s’immiscer dans les affaires internes de l’Iran.

La Première Guerre mondiale consacra le règne du pétrole. L’industrialisation et l’avènement de l’automobile engendrèrent un nouveau mode de vie basé sur une énergie à bon marché. L’importance stratégique des réserves du Moyen-Orient prit conséquemment de l’ampleur. Le partage du gâteau à l’issue de la guerre permet à l’APOC d’exploiter le pétrole irakien par l’intermédiaire de la Turkish Petroleum Company (TPC) dont elle détient alors près de la moitié des parts. Elle en cède une partie aux États-Unis, qui réclament leur dû pour leur contribution à l’effort de guerre, avant d’obtenir un renouvellement des concessions très désavantageux pour les Irakiens : ceux-ci n’obtiennent que des modestes redevances, sans aucune participation à la TPC devenue entre temps l’Iraq Petroleum Company. Ce geste est à l’origine d’une défiance des Irakiens vis-à-vis des pétroliers occidentaux qui a perduré jusqu’à nos jours. En 1936, la Perse devient l’Iran et l’APOC est rebaptisée AIOC.

Occupée à exploiter les importantes réserves d’Iran et d’Irak, l’APOC échoue à prendre part au développement de l’industrie pétrolière d’Arabie Saoudite et du Bahreïn voisins, qui seront essentiellement le domaine des compagnies états-uniennes et françaises. La Seconde Guerre mondiale, qui voit une brève incursion des nazis en Iran, n’entame pas le monopole de BP une fois ces derniers chassés du territoire, ni son quasi-monopole en Irak. La compagnie assure toujours à ses actionnaires de gros bénéfices qui flirtent régulièrement avec les 30 %. Les Soviétiques, qui s’étaient à leur tour installés, sont repoussés. Reza Shah, qui avait pris le pouvoir en 1921, est contraint à l’exil pour son indulgence vis-à-vis des nazis. Enfin les Britanniques installent sur le trône son jeune fils qu’ils jugent plus facilement manipulable. L’AIOC contrôle la principale source de revenus nationaux et devient progressivement un « État dans l’État iranien », selon les propres mots du Shah [1]. Ses revenus pétroliers sont supérieurs à ceux de l’État iranien, s’élevant à 170 millions de livres pour la seule année 1950. La Couronne empoche 30 % des bénéfices nets, rien que par les taxes, quand l’Iran n’en perçoit que 10 à 12 %. De plus, l’AIOC exerce un contrôle de facto sur les régions où se situent les gisements. Un responsable britannique, observant les conditions de vie misérables de certains employés iraniens de l’AIOC, commente : « Tous les Iraniens vivent ainsi. ». L’AIOC les considère comme « de simples métèques » [2]. Ce monopole de la BP sur l’économie du pays favorise l’accroissement du sentiment national et l’ascension d’un homme politique hors du commun, Mohammad Mossadegh, animé par un militantisme à toute épreuve et un sens aigu de la politique.

Nationalisation et coup d’État en Iran

D’abord chargé de la question des hydrocarbures, le docteur Mossadegh s’inspire du mouvement de renégociation des contrats dans la région, notamment de l’accord de l’Arabie Saoudite avec les compagnies étrangères lui attribuant 50% des bénéfices, pour réclamer la nationalisation des intérêts de l’AIOC en février 1951. Le Premier ministre, le général Ali Razmara, s’y oppose ; il est abattu quelques jours plus tard après une grève de 6 semaines et l’instauration de la loi martiale. Mossadegh est élu Premier ministre par le Parlement. Il nationalise aussitôt les intérêts pétroliers de BP. Contrairement à ce qu’affirme à l’époque la propagande britannique, Mossadegh est résolument démocrate, populaire, nationaliste et non-communiste. Il présente une offre d’indemnisation aux Britanniques, qui exigent une compensation pour la totalité des revenus dont ils seront privés dans les 40 années suivantes, ce qui revient à annuler la nationalisation. Ils ne souhaitent pas négocier avec Mossadegh, mais estiment au contraire que « des espoirs existent pour qu’un changement mette au pouvoir des éléments plus modérés » [3].

La solution de l’intervention militaire directe est rapidement écartée, le Royaume ne pouvant déployer suffisamment de troupes sur place. Dès lors, c’est le plan de l’intervention indirecte qui est privilégié. Avec l’aide des États-Unis qui mettent en place un boycott du pétrole iranien, le Royaume-Uni commence par assécher l’économie du pays, dans le but de créer des conditions propices à un coup d’État. Parallèlement, il prépare des actions secrètes et dépêche son homme sur place, un universitaire d’Oxford, Sayyid Zia, dans le but de l’installer au poste de Premier ministre lors d’un coup d’État perpétré au nom du Shah. Selon l’ambassade britannique à Téhéran, « cela signifierait un régime autoritaire. » [4]. Cet « homme fort » serait à même de « régler le problème du pétrole en termes raisonnables »…

JPEG - 5.4 ko
Mohammad Mossadegh

Le gouvernement iranien, informé du complot britannique, ferme l’ambassade, en mars 1952. Le MI6, privé de sa base opérationnelle, demande alors l’aide de la CIA pour renverser Mossadegh. Londres convainc Washington de participer à l’opération, non pas en évoquant ses intérêts pétroliers propres, mais en agitant le spectre imaginaire d’une entrée du Parti communiste Tudeh au gouvernement. Après l’accord formel de Churchill et de Kermit Roosevelt [5], directeur régional de la CIA à l’époque, l’ordre est donné au Shah de déposer Mossadegh et d’installer à sa place le général nazi, Fazlollah Zahédi, au poste de Premier ministre [6]. C’est la BBC qui se charge de donner le signal de « l’opération Ajax », faisant débuter son programme quotidien en Perse, non pas par la phrase habituelle « Il est maintenant minuit à Londres », mais par « Il est maintenant exactement minuit à Londres ». À coups de très grands frais, les services occidentaux recrutent 6 000 figurants pour marcher sur le palais du gouvernement et donner une apparence populaire au coup de force [7].

Trois cent morts plus tard, le coup réussi et l’ordre rétabli, un accord est passé pour répartir la production entre le Royaume-Uni et les États-Unis à hauteur de 40 % pour chaque partie [8].

JPEG - 3.5 ko
Porté par le MI6 et la CIA,
le général nazi Zahédi (à droite)
installe le régime le plus répressif
de son époque tandis que Reza Shah
(à gauche), empereur d’opérette,
donne le change à l’opinion
publique occidentale.

S’ensuivit une période de dictature sanglante exercée par un empereur d’opérette, le Shah, qui fit plus de 10 000 victimes. En 1975, Amnesty International notait que l’Iran avait « le taux le plus élevé d’exécutions capitales, aucun système judiciaire civil valide et une pratique de la torture qui dépasse l’entendement. Aucun pays au monde n’a un dossier aussi épais sur les violations des droits de l’homme. », en plus d’une terreur constante exercée sur la population. Aux États-Unis, Henry Kissinger qualifie le Shah de « leader d’une trempe rare, un allié inconditionnel » [9].

Sa police secrète, le SAVAK, fut créée par les États-Unis en 1957 et plus tard formée par le Mossad et la CIA aux techniques de torture notamment [10]. Le directeur du MI6, Maurice Oldfield, entretenait de très bonnes relations avec le Shah. Il lui avait promis que les services de Sa Majesté ne se livreraient à aucune activité d’espionnage en Iran tant qu’il serait au pouvoir [11].

Le train de vie fastueux du Shah et de son entourage, ainsi que le pillage des richesses du pays par le Royaume-Uni et les États-Unis accrurent dramatiquement les inégalités sociales en Iran. Ils provoquèrent la révolution Islamique de 1979 et l’éviction définitive de l’AIOC, devenue BP entre temps, hors du pays.

L’exploitation du pétrole de la Mer du Nord, qui débuta à la fin des années 70, permit à BP de tempérer la perte des marchés du Moyen-Orient et les offensives de l’OPEP. Au début des années 80, elle dépense même 20 milliards de dollars pour absorber son principal concurrent dans cette région, Britoil, ainsi que la compagnie états-unienne Sohio.

Soutien à l’Apartheid

Ses activités s’étendent jusqu’en Afrique du Sud, où elle a été sévèrement critiquée pour avoir mené ses affaires jusqu’au bout avec le régime de l’Apartheid [12], en dépit de l’embargo international pesant sur le pays. BP fournissait des produits pétroliers à l’armée sud-africaine. La compagnie exploitait en partenariat avec Shell [13] la raffinerie de Durban, tristement célèbre pour les dégâts environnementaux qu’elle a causés,. Elle contournera de même l’embargo des Nations unies pesant sur la Rhodésie (aujourd’hui Zimbabwe), fournissant du pétrole acheminé secrètement par l’Afrique du Sud et le Mozambique au gouvernement raciste blanc jusqu’à l’indépendance du pays, en 1980.
En 1990, la branche états-unienne de BP interrompt son financement d’un événement annuel, le dîner du fonds de la liberté de l’association nationale de Cleveland pour la promotion des gens de couleur, lorsque ses responsables apprennent que le thème de la collecte de fonds est l’Afrique du Sud et qu’elle sera animée par un lobbyiste anti-apartheid.

Un grand pollueur qui se pare de vert

La compagnie tire une part significative de ses revenus des activités pétrochimiques et de raffinerie.
Une étude de 1991 du Citizen Action de Washington, basée sur les analyses de l’agence pour la protection environnementale, plaçait BP parmi les 10 plus grands pollueurs aux États-Unis. Les seules installations de Lima en Ohio avaient dégagé plus de 30 000 tonnes de polluants en 1987, dont environ 4 000 tonnes répandues dans l’atmosphère, 25 000 tonnes dans le sol et plus de 200 tonnes dans la rivière Ottawa. La plupart de ces matières sont considérées comme cancérigènes, comme le benzène, le chrome et l’acrylonitrile, certaines autres pouvant occasionner des mutations génétiques et des déformations de naissance, selon le département d’études sur la santé de l’Ohio.
En 1992, Greenpeace International plaçait BP en tête des pollueurs de l’Écosse. Selon l’agence, du pétrole, des organochlorines toxiques ainsi que des métaux lourds étaient déversés par une usine BP dans les estuaires et sur le littoral écossais.

Ces deux exemples ne constituent qu’une petite partie de la longue liste des dégâts environnementaux imputables à BP. Néanmoins la firme se targue depuis quelques années d’avoir adopté une stratégie respectueuse pour l’environnement, en investissant notamment dans l’énergie solaire. Mais qu’en est-il exactement ?

En 1999, BP s’engage à réduire ses propres émissions de gaz à effet de serre de 10 % à l’horizon 2010. C’est manifestement l’effet d’annonce qui est recherché : ses propres émissions sont ridiculement faibles par rapport à celles générées par les hydrocarbures qu’elle vend ! Le 7 mars 1999, elle achète Solarex pour 45 millions de dollars, devenant ainsi la plus grande société d’énergie solaire au monde, avant d’annoncer l’installation de panneaux solaires dans 200 stations service (sic) à travers le monde, créant ainsi un marché pour ses propres produits.

JPEG - 6.2 ko
Station essence à énergie solaire

Une semaine avant l’achat de Solarex, BP avait également racheté la compagnie pétrolière ARCO, cette fois pour 26,5 milliards de dollars. Corporate Watch fait remarquer que BP a dépensé 588 fois plus pour l’achat d’ARCO que pour Solarex, et que la combustion des hydrocarbures vendus par BP Amoco et ARCO génère alors environ 2 % de la totalité des gaz à effet de serre émis sur la planète [14].

Exactions et coups d’États tous azimuts

Pour protéger ses installations pétrolières en Colombie, BP a fait appel à la société Defense Systems Limited (DSL), qui entraîne des membres de la police nationale colombienne non seulement à la protection des pipelines contre les actes de sabotage des FARC, mais aussi, de manière plus générale, aux techniques de contre-insurrection qui incluent la manipulation d’armes de précision et le combat rapproché [15]. Ces forces de police sont tombées sous le coup de nombreuses accusations de kidnapping, torture et meurtres d’opposants aux activités de BP dans la région, comme en témoignait un rapport d’Amnesty International en 1997 : « Ces dernières années, des membres des communautés locales impliqués dans des protestations légitimes contre les activités des compagnies pétrolières, dont BP, ont fréquemment été qualifiés de subversifs et ont été conséquemment victimes de violations des Droits de l’homme par les forces de sécurité et leurs alliés paramilitaires. » [16].

À ce jour, ces mesures de protection n’ont guère apporté de solution à la guerre civile faisant rage en Colombie ; elles ont au contraire attisé les haines internes dans le pays, mais les exportations de brut, qui financent les opérations de contre-insurrection, vont bon train.

JPEG - 3.1 ko
Tony Blair, contrat en main,
reçoit le président Aliyev.

Après l’effondrement de l’URSS, BP tente de récupérer l’exploitation des gisements de Bakou, mais la compagnie se heurte rapidement au très populaire président azéri, Aboulfaz Elchibey. Celui-ci s’efforce de dégager son pays à la fois de l’étreinte russe et des appétits occidentaux. En collaboration avec la firme états-unienne Amoco, avec laquelle elle a formé un consortium, BP, alors dirigé par le travailliste Lord Simon of Highbury, finance un coup d’État qui porte au pouvoir Heydar Aliev, un ancien responsable du KGB qui a conservé la brutalité de la police secrète bien qu’il soit passé au capitalisme le plus débridé [17]. BP a reconnu avoir versé 360 millions de dollars aux golpistes, mais nie leur avoir directement fourni des armes. L’opération a fait 40 morts, mais a assuré au consortium un contrat mirifique de 8 milliards de dollars.

JPEG - 3.2 ko
Gale Norton, secrétaire à l’intérieur
(environnement), représente les intérêts
de BP Amoco dans le gouvernement Bush.

BP Amoco est aujourd’hui le pilier de l’intégration économique entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis. La firme peut compter, comme à l’époque du Shah, sur l’action conjointe du MI6 et de la CIA pour promouvoir ses intérêts. Elle apporte de son côté une part considérable de l’énergie nécessaire aux économies des deux pays. La multinationale est représentée au sein du cabinet Bush par Gale Norton, secrétaire à l’Intérieur, c’est-à-dire à l’environnement. Madame Norton, qui joua un rôle crucial dans les négociations pétrolières avec les Talibans, a fait carrière comme lobbyiste anti-environnementaliste pour le compte de l’industrie pétrolière et automobile. Le recours de BP Amoco à des actions militaires a été récemment évoqué en Tchétchénie et en Bolivie.

[1] Les sept sœurs, Anthony Sampson, éditions Alain Moreau, 1976, p.187.

[2] Musaddiq and the struggle for power in Iran, par Homa Katouzian, Tauris and Co, 1990, p.139.

[3] Document déclassifié : Persia : The State Department’s views, Foreign Office Memorandum, 16 avril 1952, PRO, FO 371/98688.

[4] Document déclassifié : Tehran to Foreign Office, 26 janvier 1952, PRO, FO 371/98684.

[5] L’historien Kermit Roosevelt est le petit-fils du président Theodore Roosevelt et un cousin éloigné du président Franklin D. Roosevelt. Responsable régional des opérations secrètes de la CIA, il était alors basé à Beyrouth et avait déjà organisé le renversement du roi Farouk, en Égypte, en 1950. À l’issue du renversement de Mossadegh, il quitta la CIA pour être nommé vice-président de la Gulf Oil, chargé des relations avec le gouvernement des États-Unis.

[6] Le général Zahédi avait été arrêté par les Britanniques, en 1941, en raison de son engagement nazi et interné durant toute la Seconde Guerre mondiale en Palestine. Il était soudain devenu l’homme de la situation.

[7] Moins d’une vingtaine d’agents états-uniens encadrèrent l’opération. Parmi eux le général H. Norman Schwartzkopf, père du vainqueur de la Guerre du golfe, en 1991.

[8] MI6, par Dorril, p.583.

[9] The CIA, par Blum, p.70, et Confronting the Third World : United States Foreign Policy, 1945-1980, Pantheon, 1988, p.265.

[10] Voir notre enquête « Les manuels de torture de l’armée des États-Unis », par Arthur Lepic, Voltaire du 26 mai 2004.

[11] Web of Deceit : Britain’s Real Role in the World, par Mark Curtis, Vintage Original, p.314.

[12] « BP : A Legacy of Apartheid, Pollution and Exploitation », Multinational Monitor, novembre 1992.

[13] Voir l’article « Shell, un pétrolier apatride », par Arthur Lepic, Voltaire du 18 mars 2004.

[14] « BP Amoco’s Plug in the Sun Program », par Kenny Bruno, Corpwatch, 1er juillet 1999.

[15] Originairement britannique, DSL emploie d’anciens SAS, mais a été rachetée en 1996 par Armor Holdings. Le contrat pour BP en Colombie a été signé en 1997, alors que DSL encadrait déjà la tristement célèbre 14e Brigade de l’armée colombienne.

[16] « Colombia : British Petroleum risks fuelling human rights crisis through military training », Amnesty International, 30 juin 1997.

[17] La responsabilité de BP fut révélée par le Sunday Times (« BP accused of backing arms for oil coup » par David Leppard, Paul Nuki et Gareth Walsh, 26 mars 2000) alors que Lord Simon venait juste de quitter le gouvernement Blair dont il était ministre du Commerce et de la Compétitivité. En 1998, Tony Blair et Lord Simon avaient reçu en grande pompe le président Aliev. Si cette affaire a nuit à sa carrière politique, Lord Simon n’en a pas été affecté sur le plan professionnel. Il est aujourd’hui administrateur de nombreuses sociétés et membre de la Table ronde des industriels européens.

Arthur Lepic

Arthur Lepic Journaliste et traducteur, basé en Extrême-Orient. Il s’est spécialisé dans l’étude des stratégies énergétiques et des guerres de ressources, dans le contexte de l’épuisement progressif des principaux gisements exploités d’hydrocarbures.

 
Tiraspol, base avancée de l
Tiraspol, base avancée de l’armée russe ?
Pridnestrovie - 2e partie
 
Réseau Voltaire

Voltaire, édition internationale

Articles sous licence creative commons

Vous pouvez reproduire librement les articles du Réseau Voltaire à condition de citer la source et de ne pas les modifier ni les utiliser à des fins commerciales (licence CC BY-NC-ND).

Soutenir le Réseau Voltaire

Vous utilisez ce site où vous trouvez des analyses de qualité qui vous aident à vous forger votre compréhension du monde. Ce site ne peut exister sans votre soutien financier.
Aidez-nous par un don.

Comment participer au Réseau Voltaire ?

Traducteurs de niveau professionnel : vous pouvez nous aider à rendre ce site accessible dans votre langue maternelle.