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3 février 2005
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Auteurs et sources des Tribunes et décryptages
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« Mes remerciements au peuple britannique »
Auteur
Iyad Allaoui
Source
The Times (Royaume-Uni)
Référence « My thanks to the British people », par Iyad Allaoui, Times, 3 février 2005.
Résumé Pour ceux qui ont la chance de vivre dans un pays stable, pacifique et démocratique comme la Grande-Bretagne, il est difficile de comprendre l’importance de l’élection de dimanche en Irak. Mais pour des millions d’Irakiens, ce jour a été très important. Je n’ai jamais douté, malgré la violence, que les Irakiens démontreraient leur courage et leur amour de la liberté car ils savaient l’importance de ces élections et que le monde les regardait. Ils ont défié les terroristes, les fanatiques et les couards. Toutes les communautés d’Irak se sont avancées telle une armée vers les urnes avec comme seule arme leur détermination à vivre en liberté.
Nous ne savons pas encore qui est élu, mais on sait que ceux qui ont gagné, ce sont les millions d’Irakiens qui veulent un pays libre et pacifique, un pays qui soit un symbole dans la région, et que les perdants sont les extrémistes qui ont peur de la liberté. L’élection de dimanche ne veut pas dire que la violence cessera vite mais, après les élections, les Irakiens sauront que les terroristes ne peuvent pas gagner car ils n’ont pas le soutien de la population. Nos forces de sécurité ont intercepté sept kamikazes le jour des élections et, sans surprise, aucun n’était Irakien.
Les élections de dimanche n’étaient pas parfaites (il faut du temps après des années de dictatures) et les menaces terroristes ont diminué la participation, mais cela n’a pas empêché des milliers de personnes de mettre leur liberté avant leur sécurité. Certains n’ont pas voté car ils ne se sentaient pas concernés par l’élection, cela changera.
Aujourd’hui, nous devons rédiger notre constitution et, avec les dirigeants des principaux partis irakiens, nous nous sommes mis d’accord pour organiser un dialogue national. Il faut que les Irakiens, qu’ils aient ou non voté, se rassemblent. Tout cela n’aurait pas eu lieu sans la Grande-Bretagne, les États-Unis et les autres qui ont payé un lourd tribut à la démocratisation de l’Irak. Grâce à votre sacrifice et au courage des Irakiens, nous avons fait un grand pas vers la démocratie.

« Les leçons de 1787 »
Auteur
Leslie H. Gelb
Sources
International Herald Tribune (France), New York Times (États-Unis)
Référence « The Lessons of 1787 », par Leslie H. Gelb, New York Times, 2 février 2005.
« A fairer path to an Iraqi constitution », International Herald Tribune, 3 février 2005.
Résumé Il est peu probable que la prochaine assemblée irakienne avec des Kurdes minoritaires, des sunnites sous-représentés et des chiites majoritaires rédige une constitution qui protègera les minorités. Beaucoup d’Irakiens et d’États-uniens perçoivent ce problème et estiment que si l’assemblée élue devra ratifier la constitution, ce n’est pas elle qui doit l’écrire. Il faut laisser ce soin à une commission spécialement formée dans ce but et dont les membres seront nommés conjointement par le gouvernement irakien et l’assemblée.
La composition de cette assemblée sera une question critique. Il faut que les sunnites arabes soient bien représentés. Il faut que la commission inclut en son sein les James Madison et Benjamin Franklin d’Irak, les personnes influentes dans les domaines religieux, politiques et commerciaux. De telles nominations renforceront le processus d’approbation.
Il est convenu que la constitution sera refusée si les deux tiers des électeurs de trois provinces la rejettent (ce qui pourrait être le cas si les trois provinces kurdes ou les quatre provinces sunnites la refusent), mais en cas de refus, on court à la guerre civile. En fait, la seule forme de gouvernement acceptable est une confédération de régions autonomes avec un gouvernement central ayant peu de pouvoirs, mais une grande légitimité.
Cette question de la légitimité a été sous-estimée par les États-Unis alors qu’elle est cruciale si on veut recruter des Irakiens qui seront prêts à se battre pour ce gouvernement. Pour que le gouvernement soit légitime, il faut commencer par constituer une commission de rédaction de la constitution.

« Le Pentagone échoue encore à protéger les troupes »
Auteurs
Edward M. Kennedy, Brian et Alma Hart
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Edward M. Kennedy, frère de l’ancien président John F. Kennedy et de l’ancien sénateur Robert Kennedy, est sénateur démocrate du Massachusetts.
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Brian et Alma Hart sont les parents du soldat états-unien John Hart, tué en Irak.
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Source
The Boston Globe (États-Unis)
Référence « Pentagon still failing to protect the troops », par Edward M. Kennedy, Brian Hart et Alma Hart, Boston Globe, 3 février 2005.
Résumé Nous nous sommes rencontrés en novembre 2003, au cimetière d’Arlington où John Hart a été enterré après avoir été tué en Irak dans un Humvee non protégé. Nous avons discuté de la question du blindage et nous travaillons ensemble depuis pour que nos troupes disposent du matériel dont elles ont besoin dès que possible.
Le problème des Humvees non-blindés nous est apparu en août 2003 quand des soldats du Massachusetts ont été tué dans un véhicule de ce type par une bombe. Depuis, nos troupes ont appris que les blindages improvisés ne peuvent rien contre les explosifs de l’insurrection et nous avons vu des parents acheter des protections personnelles et mêmes des véhicules blindés et les envoyer à leurs fils et filles dans un effort désespéré pour faire face à ce problème. Quand la question du blindage a été posée à Donald Rumsfeld par le soldat Thomas Jerry Wilson au Koweït, les médias s’y sont intéressés, mais cela n’a pas duré longtemps.
Lors des auditions au Congrès, nous avons demandé à ce que plus de matériel blindé soit envoyé ,mais le Pentagone ne l’a pas fait. Rumsfeld a gardé sa logique qui lui faisait prédire que l’invasion serait du gâteau et cela a eu pour résultat de nombreux morts parmi nos soldats. Suite à la question du soldat Wilson, le Pentagone a annoncé une augmentation de la production des Humvees de 20 %, mais cela est insuffisant car l’insurrection s’adapte et frappe également les camions. Le Pentagone ne s’y intéresse malheureusement pas. Peut-être faudra-t-il une nouvelle question d’un militaire après de nombreux morts pour qu’il réagisse.

« L’armée états-unienne peut toujours aider les Irakiens en partant »
Auteur
Edward M. Kennedy
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Edward M. Kennedy, frère de l’ancien président John F. Kennedy et de l’ancien sénateur Robert Kennedy, est sénateur démocrate du Massachusetts.
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Source
The Independent (Royaume-Uni)
Référence « The US military can still help the Iraqis - by leaving », par Edward Kennedy, The Independent, Ce texte est adapté d’un discours prononcé à la School of Advanced International Studies de l’université Johns Hopkins.
Résumé George W. Bush nous a laissé avec peu de bons choix en Irak. Que restions ou que nous partions, cela aura un coût. Toutefois, plus nous restons, plus ce coût sera élevé. Partir sera difficile, mais nous devons commencer. Nous avons en effet franchi le point au-delà duquel la présence étzts-unienne en Irak n’est plus productive ni pour l’Irak, ni pour les États-Unis.
Notre présence est devenue une partie du problème de l’Irak et nous avons besoin d’un nouveau plan pour retirer nos troupes. Les enjeux sont énormes. Les États-Unis et la communauté internationale ont intérêt à construire un Irak fort, tolérant, pluraliste et libéré du chaos et de la guerre civile. Pour cela il faut que l’ONU, et non les États-Unis, fournisse une assistance et des conseils dans l’établissement d’un système de gouvernement et dans la rédaction d’une constitution. Une conférence internationale doit également être organisée sur ce point. Mettre au point une stratégie de départ ne garantit pas le succès, mais ne pas le faire garantit notre échec.

« Il est temps d’annoncer un échéancier »
Auteurs
Michael E. O’Hanlon, James Steinberg
Source
Washington Post (États-Unis)
Référence « Time to Announce a Timetable », par James Steinberg et Michael O’Hanlon, Washington Post, 2 février 2005.
Résumé Dans leur tribune du 25 janvier, Henry Kissinger et George P. Shultz dénoncent par anticipation toute stratégie de sortie d’Irak qui prévoirait un calendrier. Cette logique a été adoptée par l’administration Bush et elle serait cohérente dans les Balkans et l’a été en Allemagne ou au Japon pendant l’après-guerre, mais elle perd toute pertinence dès lors que l’on fait face à une insurrection qui ne cesse de prendre de l’importance en raison précisément de la présence de nos troupes.
Il ne faut pas un retrait abrupte ou radical, mais nous devons mettre au point un retrait progressif. L’annonce d’une forte diminution de la présence étrangère devrait aider à stabiliser l’Irak. Il ne faut toutefois pas un retrait total sous peine de voir une guerre civile éclater. Nous devons accepter que la coalition est devenue une partie du problème et que la forte croissance des effectifs de l’insurrection est essentiellement liées à l’engagement en son sein des Arabes sunnites qui rejettent l’occupation étrangère et croient que les États-Unis sont là pour piller leurs richesses. Cette image est injuste, mais elle se propage et contre cette image, il faut annoncer un retrait substantiel de nos troupes. Il faut qu’entre les deux tiers et les trois quarts de nos troupes aient quitté le pays à la mi-2006 et que ce retrait commence dès l’élection d’un gouvernement constitutionnel en 2005.
Cette stratégie est risquée, mais il n’y a plus de stratégie sûres à présent.

« La débâcle d’Irak »
Auteur
Noam Chomsky
Source
El Periodico (Espagne)
Référence « La debacle de Irak », par Noam Chomsky, El Periodico, 2 février 2005.
Résumé Outre le nombre de morts causées par l’invasion, l’agression de l’Irak a violé le fragile pacte international qui avait été adopté après les horreurs de la Seconde Guerre mondiale pour interdire le recours à la force dans les relations internationales. Cette violation et la persistance du terrorisme ont obligé l’ONU à réfléchir aux justifications de l’usage de la violence.
L’usage de la force par un gouvernement est toujours accompagné de déclarations de bonnes intentions, mais il faut avoir une foi surprenante pour croire à ces promesses. Les États-Unis ont affirmé vouloir instaurer la démocratie en Irak et ils ont été obligés de concéder quelques éléments formels, mais l’Irak n’aura ni une vraie démocratie, ni une vraie souveraineté, à moins que la pression des citoyens états-uniens et irakiens ne deviennent trop forte. Si l’Irak devenait une vraie démocratie, il aurait une majorité chiite, se rapprocherait de l’Iran et des chiites saoudiens et on assisterait à la naissance d’une région chiite qui contrôlerait les principales réserves d’hydrocarbures de la planète. Au contraire, contrôler cette région pour les États-Unis permet d’empêcher l’émergence d’un monde tripolaire et d’une Europe et d’une Asie indépendantes comme l’a observé Zbigniew Brzezinski en 2003. Un Irak indépendant pourrait également profiter de l’argent du pétrole pour se réarmer contre Israël.
Dans la Charte des Nations Unies, une guerre d’agression est présentée comme le crime absolu, mais depuis les années 90, sous le mandat de Bill Clinton, les États-Unis ont élaboré une nouvelle doctrine dans laquelle ils se réservent le droit d’agir par la force unilatéralement. L’administration Bush n’a fait qu’approfondir cette nouvelle doctrine en se fondant sur la croyance de la destinée divine de la nation états-unienne. À l’opposé, l’ONU a réaffirmé dans les conclusions du rapport des experts de haut niveau que l’usage légitime de la force se limitait à la légitime défense. Dans ces conditions, la tension entre les États-Unis et le reste du monde ne peut que croître.

« Berezovski, c’est seulement la partie visible de l’iceberg »
Auteur
Un groupe de politologue russes et ukrainiens
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Les auteurs sont Vadim Karassev, directeur de l’Institut des stratégies globales, (Kiev) ; Vladimir Malenkovitch, directeur de l’Institut international de recherches politiques, (Kiev) ; Andreï Piontkovski, président du Centre de recherches stratégiques, (Moscou) ; Gleb Pavlovski, président de la Fondation pour l’efficacité politique, (Moscou) et Marc Urnov, président de la Fondation Expertise, (Moscou).
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Source
Gazeta (Fédération de Russie)
Référence « Березовский - это лишь верхушка айсберга, par un groupe de politologue russes et ukrainiens, Gazeta, le 2 Février 2005. Différents spécialistes sont interrogés à propos du retour de Boris Berezovski en Ukraine et de ses conséquences pour l’opposition russe.
Résumé Vadim Karassev : Boris Berezovski ne représente pas toute l’opposition russe et même seulement une petite partie. Son arrivée à Kiev, si elle a lieu, ne signifie pas que l’Ukraine va devenir la Suisse du début du 20ème siècle où se sont reposés, ont travaillé, se sont rencontrés les leaders bolchéviques. Je ne pense pas qu’une internationale libérale se forme à Kiev bien que Berezovski à titre personnel ait des possibilités d’action.
Vladimir Malenkovitch : Il ne s’agit pas seulement de Berezovski, des Allemands vont et viennent en Ukraine avec des écharpes oranges, Iavlinski se promène aussi en orange à Moscou. Et Berezovski va s’y mettre. Pour moi, il s’agit d’une tentative par des politiques au bord de la faillite d’utiliser la situation en Ukraine à leur avantage. Cette révolution orange qui a lieu ne permettra en rien la démocratisation du régime politique. Installer une voleuse au pouvoir ne signifie en rien passer d’un régime autoritaire à un régime démocratique. Il s’agit d’un moyen fallacieux pour les libéraux russes de remonter dans les sondages où ils sont très bas.
Andreï Piontkovski : J’espère que Berezovski n’ira pas en Ukraine, qu’il n’aura pas de visa. Tout ce qu’il fait depuis qu’il a été soit disant expulsé de Russie, rend de grands services à Poutine. Il essaye toujours de s’allier à n’importe quel groupe d’opposition, d’en prendre le contrôle et il finit par le discréditer. Souvenez-vous de ce qui s’est passé avec le parti « Russie Libérale » d’Ivan Ribkine. C’est inévitable parce que Berezovski est détesté par la majorité des gens de ce pays car il représente pour eux le grand architecte du capitalisme criminel et oligarchique de Russie.
Gleb Pavlovski : Personne ne peut interdire à Berezovski d’aller à Kiev. Cependant je ne pense pas que son arrivée réjouisse beaucoup de monde car il pourrait créer des problèmes supplémentaires. Il est une figure archaïque, il appartient à la politique des années 90, celle des clans et des intrigues. Je ne pense pas que son retour en Ukraine lui donne une place dans l’opposition russe, il y est indésirable.
Marc Urnov : Le retour de Berezovski ne changera pas grand-chose. Ce dont je suis certain, c’est que si la situation évolue bien en Ukraine et mal en Russie, alors non-seulement les politiques viendront se réfugier là-bas, mais aussi une part importante du capital russe.

« Combat politique ou complot ? »
Auteur
Alexandre Douguine
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Alexandre Douguine est président du mouvement Evrazija (Eurasie) et de l’Association d’études géopolitiques, qui édite la revue Elementy.
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Source
Trud (Fédération de Russie)
Référence « ПОЛИТИЧЕСКАЯ БОРЬБА ИЛИ ЗАГОВОР ? », par Alexandre Douguine, Trud, le 1 Février 2005. Ce texte est adapté d’une interview.
Résumé Je pense qu’il y a un lien entre les évènements, allant de la crise bancaire déclenchée artificiellement jusqu’aux récentes manifestations au sujet de la suppression de certains avantages sociaux. Il s’agit clairement d’une volonté de chavirer la barque gouvernementale. Ces méthodes ont déjà été utilisées du temps de l’URSS, les objectifs affichés de soutien au people ne sont pas les objectifs réels.
Je ne suis pas contre les réformes de marché, mais il faut aller progressivement, en adaptant le marché aux particularités de la Russie, sans radicalisme, ni fanatisme libéral. Le mépris des Russes pour les oligarques est en train de prendre un caractère révolutionnaire.
Le complot contre Vladimir Poutine est en marche depuis qu’il a été élu. L’entourage de Eltsine ne s’attendait pas à ce que Poutine renforce les pouvoirs du gouvernement aux dépends des minorités libérales, oligarchiques ou pro-états-uniennes. Désormais, les opposants ont décidé de le faire sauter où au moins d’affaiblir sa position au maximum. C’est une forme de complot ou agissent deux centres, un pour l’extérieur à Washington et Londres et un pour l’intérieur constitué par les groupes oligarchiques et les libéraux au gouvernement. La zone de contact se trouve être dans certains pays de la CEI comme l’Ukraine ou la Géorgie.
Pour moi, Mikhail Khodorkovsky a mené une véritable campagne contre la souveraineté de notre pays par l’intermédiaire de corporations transnationales et des États-Unis.
Je soutiens Poutine. J’étais un opposant farouche de Elstine et si on m’accuse d’être réactionnaire, je suis prêt à répondre et argumenter. Notre démocratie est encore virtuelle dans de nombreux domaines mais je suis convaincu que les cadres nouvellement arrivés, orientés vers l’intérêt national, lui seront d’un grand secours.

« Combat politique ou complot ? »
Auteur
Alexeï Pouchkov
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Alexeï Pouchkov est présentateur de l’émission « Post-scriptum » sur la chaîne TVCentre.
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Source
Trud (Fédération de Russie)
Référence « ПОЛИТИЧЕСКАЯ БОРЬБА ИЛИ ЗАГОВОР ? », par Alexeï Pouchkov, Trud, le 1 Février 2005. Ce texte est adapté d’une interview.
Résumé Dans la vie réelle, certaines situations concomitantes peuvent ressembler à ce que certains politologues férus de littérature appelleraient des complots. Certaines personnes utilisent ces circonstances pour affaiblir le pouvoir, mais cela ne signifie pas qu’un plan de déstabilisation ait été établi à l’avance, ce qu’impliquerait la notion de complot. Si le pouvoir donne du grain à moudre à l’opposition qui utilise ses erreurs, on ne parle plus de complot, mais de combat politique. Cette idée romanesque de complot impliquerait des transactions secrètes, entre les décideurs économiques mis en place par Vladimir Poutine et sa propre opposition. Cela me semble exclu.
S’il existe un centre décisionnel pour ces actions contre le pouvoir en place, il s’agit du groupe Berezovski-Khodorkovsky-Nevzlin, mais je ne pense pas qu’il soit assez solide pour donner quelque garantie que ce soit à ses alliés dans ce jeu dangereux contre le président.
Le gouvernement a parié sur la popularité de Vladimir Poutine et la traditionnelle passivité du peuple pour faire passer cette réforme. S’il continue dans cette direction, il va tomber de haut. Je crois savoir cependant que le pouvoir est déjà en train de prendre les mesures adéquates. Le président doit trouver un équilibre entre un gouvernement social et des réformes libérales. Si on continue à transporter des dizaines de millions de gens gratuitement chaque année, alors les services publics vont s’effondrer. On doit pouvoir faire en sorte que les usagers payent pour les services publics sans pour autant pénaliser les couches les moins favorisées. Le président a la fibre sociale, mais les libéraux appliquent le principe « après moi le déluge ».
Je ne pense pas que les révolutions colorées soient le fruit d’un complot, mais plutôt de l’utilisation des erreurs du pouvoir.

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