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Tribunes et décryptages - 19 mai 2005
Torture : la partie émergée de l’iceberg

Décryptage

Le site du département d’État états-unien l’annonce fièrement en première page : Newsweek s’est rétracté ! Le journal nie aujourd’hui que des gardiens de la prison de Guantanamo aient jeté dans les toilettes des copies du Coran pour briser psychologiquement les détenus. L’hebdomadaire a affirmé que, finalement, sa source n’était pas fiable et a plié devant les exigences du pouvoir politique. Les citoyens sont priés de noter que l’affaire est close. Dans Gulf News, l’analyste Linda S. Heard s’agace des démentis de Newsweek. En effet, l’article de l’hebdomadaire n’avait rien d’un scoop. Des ONG comme Amnesty International ou Human Right Watch ou des journalistes d’Associated Press ou du Daily Mirror avaient déjà révélé ces pratiques (et d’autres) commises à Guantanamo. La seule différence est que Newsweek était le premier journal mainstream états-unien à s’en faire l’écho. Ce qui est choquant, ce n’est pas l’article, puisqu’il ne révèle rien, mais que la rédaction se couche devant les pressions. En se pliant aux desiderata de la Maison-Blanche, la presse permet l’impunité pour les crimes commis par les militaires et mercenaires de l’Empire. Pourtant, pour l’éditorialiste néo-conservatrice Claudia Rosett, cette docilité de la presse est insuffisante. Dans le Wall Street Journal, elle rappelle à ses confrères que les médias US sont l’objet de toutes les attentions, il convient donc qu’ils suivent davantage la propagande d’État, cessent de dénoncer les crimes de Guantanamo ou d’Abu Ghraib et se concentrent sur la dénonciation des futurs adversaires de Washington.

Le débat autour du traitement des prisonniers dans la guerre au terrorisme fait également rage en Australie. The Age rend compte des arguments de chacun.
Le professeur de droit Mirko Bagaric résume l’article qu’il a écrit avec sa consœur Julie Clarke dans la University of San Francisco Law Review justifiant la torture. Il estime que quand un terroriste est arrêté lors de la préparation d’un attentat, la torture peut éviter que cet attentat n’ait lieu et permet donc de sauver des vies. Par conséquent, dans la lutte contre le terrorisme, la torture peut être assimilée à de la légitime défense. Lors des prises d’otage, la police est autorisée à abattre les preneurs d’otage qui menacent la vie de leurs prisonniers car on estime que la vie des innocents est plus importante. Par conséquent, il devrait être permis aux forces de l’ordre de blesser intentionnellement des criminels pour sauver des vies.
Le lendemain de la publication de cet article, Sarah Joseph et Marius Smith du Castan Centre for Human Rights Law de l’université Monash dénonçaient ces arguments. On ne peut jamais être sûr lors d’une enquête qu’un individu est lié à un attentat et la torture ne permet pas d’obtenir des informations fiables. En outre, une telle légalisation aurait un impact sur toute la société : comment croire que la création de professionnel de la torture est un acte neutre ? Le surlendemain, c’est au tour de l’ancien Premier ministre australien, Malcolm Fraser, de dénoncer les thèses de Bagaric et Clarke. Une légalisation de la torture serait un retour en arrière sur des siècles de lutte pour les droits des prévenus et n’apporterait aucun nouveau renseignement puisque d’après les spécialistes interrogés, les informations recueillies sous la torture ne sont que rarement fiables.
Les deux critiques manquent toutefois un élément essentiel de l’argumentaire de Bagaric : il n’est pas l’auteur de ce qu’il écrit, il ne fait que reprendre les thèses d’Alan M. Dershowitz, conseiller juridique du gouvernement Sharon et théoricien de la torture légale. Il ne s’agit pas d’un débat strictement australien, mais d’une campagne internationale contre les Droits de l’homme et les conventions les garantissant. À ne voir que les développements nationaux de ce débat, les défenseurs des Droits de l’homme perdent une partie de la compréhension du problème.

La question nucléaire iranienne est l’occasion pour Israël et les États-Unis de justifier une modification de leur stratégie nucléaire, en invoquant la légitime défense.
Le directeur du Projet Daniel, Louis Rene Beres, demande à Israël de se tenir prêt à une riposte contre l’Iran dans le Washington Times. Pendant trop longtemps, Israël a maintenu une ambiguïté nucléaire qui aujourd’hui ne lui sert plus. Il faut que Tel-Aviv affiche clairement sa puissance et « sorte ses missiles de ses bases ». De son côté, l’analyste militaire états-unien William Arkin s’inquiète face aux nouvelles stratégies de Washington qui gomment la distinction entre frappes conventionnelles et frappes nucléaires. Dans le Washington Post, il appelle les citoyens à reprendre possession de leur politique de défense et à susciter un débat sur la place du nucléaire.

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19 mai 2005

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 Torture
 Droit international

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« Newsweek s’est-il vraiment fourvoyé ? »

Auteur Linda S. Heard

Analyste politique et journaliste, Linda S. Heard est spécialiste du Moyen-Orient. Ses articles paraissent dans Gulf News, Dar Al-Hayat, Al Jazeera ou le Christian Science Monitor.

Source Gulf News (Émirats arabes unis)
Référence

« Did Newsweek really err ? », par Linda S. Heard, Gulf News, 17 mai 2005.

Résumé

Le monde musulman en entier s’est soulevé après la publication par Newsweek d’un article affirmant que les interrogateurs de Guantanamo, le plus fameux goulag américain, avaient jeté un Coran dans les toilettes. Il y a eu des manifestations violentes en Afghanistan et des dirigeants musulmans ont demandé que les coupables soient jugés. Condoleezza Rice a promis d’enquêter sérieusement sur le sujet juste avant que le rédacteur en chef de Newsweek suggère que son magazine avait pu se tromper. Apparemment, un porte-parole du Pentagone a dit au journal que les militaires n’avaient trouvé aucune preuve d’un tel acte. Conséquence ? Tout le monde peut rentrer chez lui et oublier cette histoire.
Toutefois, avant d’oublier totalement cette question, il faudrait se souvenir que ce n’est pas la première fois que des événements de cette sorte sont rapportés, même si ceux-là n’ont pas eu le droit d’être diffusés par les médias de masse. En se fondant sur les témoignages d’anciens détenus de Guantanamo ou d’autres sources Human Right Watch, Amnesty International, Associated Press ou le Daily Mirror ont tous fait part d’événements étayant la thèse initiale de Newsweek. Le démenti du magazine est donc une insulte à notre intelligence.
Ce que reflète avant tout cette histoire c’est que l’administration Bush ne rend absolument pas son armée ou ses mercenaires (pardon, ses sous-traitants) responsables des abus commis. Les Britanniques ne semblent pas faire mieux. Ce n’est pas comme cela que la guerre au terrorisme peut être gagnée car elle apparaît dans ces conditions comme une guerre à l’islam et cela ne peut qu’augurer de crises futures.


« Nos médias insulaires »

Auteur Claudia Rosett

Ancienne membre du comité éditoriale du Wall Street Journal, Claudia Rosett est membre de la Foundation for the Defense of Democracies et de l’Hudson Institute.

Source Wall Street Journal (États-Unis)
Référence

« Our Insular Media », par Claudia Rosett, Wall Street Journal, 18 mai 2005.

Résumé

Les démentis de Newsweek ont relancé le débat sur les pratiques des médias états-uniens et l’usage des sources. Ce faisant on perd de vue la vraie question : pourquoi les musulmans offensés par une information, vraie ou fausse, d’un magazine états-unien réagissent en organisant des émeutes qui finissent dans le sang.
La publication de cet article a entraîné des rixes qui, en Afghanistan ont fait 16 morts avant que le rédacteur en chef de Newsweek ne se rétracte. Cette déclaration sera un faible réconfort pour les soldats états-uniens qui, à Kaboul, ont dû affronter une foule en colère qui a détruit des voitures, des magasins, les bureaux des agences de l’ONU ou les installations du Swedish Committee For Afghanistan. Ces manifestations avaient peut-être été conçues initialement comme pacifiques mais elles ont dégénéré dans un torrent de rage. Cette rage a également été notée au Pakistan, en Indonésie et en Égypte. En fait, ces émeutes sont la cause de la rencontre entre la rage du monde musulman, causés par des années de mauvaise direction, et la fascination pour les médias états-uniens.
En effet, nos médias sont plus riches, plus libres et plus fiables que la plupart des médias du monde. Le problème est que nos médias n’aiment rien tant que dénoncer la politique des États-Unis. La conséquence est qu’on insiste donc sur Guantanamo et Abu Ghraib mais on ne connaît pas le nom des prisons du monde musulman. C’est pourtant là-dessus qu’il faudrait travailler.


« Un dossier en faveur de la torture »

Auteur Mirko Bagaric

Mirko Bagaric est professeur de droit et directeur de la Deakin Law School.

Source The Age (Australie)
Référence

« A case for torture », par Mirko Bagaric, The Age, 16 mai 2005. Cet article est l’adaptation d’un article plus long co-écrit avec Julie Clarke et publié dans la University of San Francisco Law Review.

Résumé

Des événements récents dans la guerre au terrorisme ont mis en lumière l’emploi de la torture. L’interdiction de cette pratique est pourtant quasiment universelle. Toutefois, la croyance selon laquelle la torture est toujours une mauvaise option est typique d’une pensée réflexe. La torture devrait être autorisée quand toutes les preuves permettent de conclure qu’elle est la seule option pour sauver des vies innocentes.
Le droit à l’autodéfense est un droit inviolable et s’il faut choisir entre faire mal à un criminel et sauver ainsi des personnes ou bien ne rien faire, il est irresponsable de préférer la défense des criminels. Si un preneur d’otage place une arme sur la tempe d’un otage, la police l’abattra si elle en a l’occasion et ce sera légal. Pourquoi s’interdire de faire moins que le tuer si cela peut également sauver des vies. On nous dit que si l’on autorise la torture dans certains cas, elle se généralisera. Mais d’après Amnesty International, la torture se pratique de façon illégale dans 132 pays. Dans ces conditions ne vaut-il pas mieux encadrer sa pratique ? On prétend que la torture déshumanise les sociétés mais pourquoi ne dit-on pas la même chose de la légitime défense ? Enfin, on affirme que quand on torture quelqu’un on n’est jamais sûr que ça sauvera des vies. Mais cela est également vrai pour tout acte de légitime défense.
Bien sûr, les conditions dans lesquels la torture est possible ne se rencontreront peut-être jamais, mais il ne faut pas se priver de cette option. Rappelons-nous qu’aucun droit n’est absolu.


« La torture est inhumaine, illégale et futile »

Auteurs Sarah Joseph, Marius Smith

Sarah Joseph est directrice du Castan Centre for Human Rights Lawde la Monash University.

Marius Smith est responsable des projets du Castan Centre for Human Rights Lawde la Monash University.

Source The Age (Australie)
Référence

« Torture is inhuman, illegal and futile », par Sarah Joseph et Marius Smith, The Age, 17 mai 2005.

Résumé

La guerre au terrorisme a fait renaître l’idée selon laquelle la torture serait un moyen efficace de lutter contre le terrorisme. C’est notamment la thèse de Mirko Bagaric et Julie Clarke de la Deakin university. Leur postulat de départ est qu’au cas où une bombe à retardement est posée quelque part, il serait alors légitime de torturer les personnes dont on ne doute pas qu’elles sont impliquées dans l’attentat. L’idée fondatrice de cet argumentaire est que la torture permet d’obtenir des informations fiables. Or, quand on torture quelqu’un, on peut le tuer ou obtenir des informations que la personne révèlera pour que les souffrances cessent, mais qui seront fausses ou difficilement vérifiables.
Les tortionnaires ne peuvent jamais savoir quand ils doivent arrêter la torture. Quand ont-ils obtenus toutes les informations possibles ? Comment savoir si elles sont vraies ? Faut-il continuer la torture jusqu’à la vérification des renseignements obtenus ? Cette absence de possibilité de vérification rapide exclut en tout cas le scénario de la bombe à retardement. En outre, quand peut-on dire qu’on est « sûr » de l’implication de quelqu’un ?
La légalisation de la torture aurait un effet sur l’ensemble de la société car une telle pratique obligerait à former des spécialistes et à construire des infrastructures dédiées à disposer d’un corps de professionnels dont la torture serait le métier. Comment prétendre que refuser la torture si elle peut sauver des innocents est immoral alors qu’on va pousser un pan de la société à devenir des bourreaux ? Cet argumentaire est faux moralement et légalement.


« Un argument qui échoue au test de la société civilisée »

Auteur Malcolm Fraser

Malcolm Fraser est un ancien Premier ministre libéral australien (1975-1983). Il est membre de l’International Crisis Group

Source The Age (Australie)
Référence

« An argument that fails the test of civilised society », par Malcolm Fraser, The Age, 18 mai 2005.

Résumé

Le test de toute société est le respect qu’elle porte au bien être des individus. La bataille pour les droits des individus s’est étalée sur des siècles afin de développer l’État de droit. Il y a des siècles, les cours de justice britanniques ont commencé à rejeter les preuves obtenues sous la torture. Au cours du dernier siècle, la plupart des pays l’ont interdit et l’ONU a rédigé une convention l’interdisant. Les professeurs de la Deakin University qui affirment que, dans certaines circonstances, la torture devrait être autorisée oublient qu’il n’y a jamais de moment où l’on est sûr qu’elle apportera quelque chose de positif. Les personnes torturées disent en effet tout ce qu’on veut pour que la torture s’arrête.
D’après une enquête réalisée par le New York University Center, la plupart des responsables de la CIA et du FBI ne croient pas que la torture est une bonne méthode pour obtenir des renseignements fiables. En outre, beaucoup de soldats estiment que cette méthode les mets en danger car dans un conflit le traitement des soldats se fondent sur la réciprocité. La comparaison du professeur Bagaric entre la torture et l’autodéfense ne tient pas. Si une personne pose une arme sur la tempe d’un innocent on est sûr de sa culpabilité. Ce n’est pas le cas de quelqu’un qui est arrêté dans le cadre de la préparation d’un attentat. Le professeur de droit affirme également qu’en autorisant la torture sous certaines conditions on évitera son usage illégal, rien ne vient prouver cet argument. On trouvera toujours des gens qui iront plus loin.
En allant dans cette direction en affirmant que la fin justifie les moyens, on balaye des siècles de luttes pour les droits.


« La posture nucléaire d’Israël »

Auteur Louis Rene Beres

Louis Rene Beres est professeur de droit international à l’université Purdue et conseiller pour les questions de défense de l’Ariel Center for Policy Research. Il est président du Project Daniel, un groupe d’analystes réclamant une politique de défense israélienne agressive vis-à-vis de ses voisins.

Source Washington Times (États-Unis)
Référence

« Israel’s nuclear posture », par Louis Rene Beres, Washington Times, 19 mai 2005.

Résumé

Les négociations sur le Traité de non-prolifération à New York ont encore abouti à des débats sur la posture nucléaire d’Israël et sur son « ambiguïté délibérée ». Il est demandé à Israël de révéler clairement la nature de son armement.
Cesser de garder ses bombes cachées dans les bases provoquerait certaines difficultés diplomatiques mais une révélation partielle de l’arsenal israélien accroîtrait de façon substantielle sa sécurité. En effet, il n’est pas suffisant que les ennemis d’Israël « sachent » qu’il a la bombe, il faut qu’ils comprennent qu’il pourra l’utiliser immédiatement en cas d’agression et être capable d’anéantir rapidement le pays qui l’attaquera. Il faut que les agresseurs éventuels sachent que ses villes peuvent être rapidement rasées. Dans ces conditions, aucun dirigeant irrationnel ne planifiera une attaque contre Israël.
Une fin immédiate de l’ambiguïté volontaire n’est pas nécessaire mais cela pourrait le devenir si l’Iran s’équipe en armes nucléaires. Si un pouvoir irrationnel à Téhéran a la bombe, alors Israël devra faire sortir son armement des bases.


« Pas simplement en dernier recours ? »

Auteur William M. Arkin

Ancien membre des services de renseignement de l’armée états-unienne ayant été trois ans en poste à Berlin Ouest durant la Guerre froide, William M. Arkin est analyste en questions militaires, rédacteur du site The U.S. Military Online. Il est ancien chroniqueur du Washington Post puis du Los Angeles Times.

Source Washington Post (États-Unis)
Référence

« Not Just A Last Resort ? », par William M. Arkin, Washington Post, 15 mai 2005.

Résumé

Au début de l’été, Donald Rumsfeld a approuvé un plan top secret intitulé « Interim Global Strike Alert Order », visant à tenir prêt les militaires pour des frappes contre des pays hostiles ayant des armes de destruction massive. Le général Bruce Carlson, commandant la 8ième division de l’US Air Force a déclaré que désormais, avec ce plan, les États-Unis pouvaient frapper n’importe quel adversaire en 12 heures ou moins, partout sur le globe.
Dans le monde secret du planning militaire, « frappe globale » est le terme pour désigner une attaque préventive spécifique avec un volet nucléaire. La position officielle états-unienne sur l’utilisation de l’armé nucléaire n’a pas changée. L’administration Bush prétend toujours vouloir réduire nos stocks d’armes tout en conservant une force de dissuasion crédible. Toutefois, depuis le 11 septembre 2001, une succession d’événements semble indiquer que nous sommes à la veille d’un changement stratégique majeur. Comprendre ce processus est essentiel alors que l’on se concentre toujours d’avantage sur les intentions nucléaires de l’Iran et de la Corée du Nord.
Désormais, la formule des « frappes globales » mêle frappes conventionnelles et nucléaires, ce qui aggrave encore les risques d’emploi de l’arme nucléaire. Le plan pouvant servir à attaquer l’Iran ou la Corée du Nord est le CONPLAN 8022, censé répondre en urgence, sans emploi de forces terrestre à une menace imminente de type nucléaire ou d’autres armes de destruction massive. Jusqu’ici, ce plan devait permettre de paralyser le pays via un bombardement massif. C’était suffisant, mais récemment on lui a adjoint un volet nucléaire. En effet, l’obsession est de frapper un ennemi vite, sans avoir à déterminer les cibles prioritaires précises et pour cela, il faut utiliser l’arme nucléaire.
Traditionnellement, le Pentagone refuse de discuter de ses plans de batailles mais celui-ci mérite le débat.


 



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