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Obama dans la continuité de Bush en Amérique latine

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Un malaise est en train de s’installer autour de la politique latino-américaine de la nouvelle administration états-unienne. Alors que les déclarations du candidat Obama laissaient entendre qu’il souhaitait normaliser les relations avec Cuba et le Venezuela, la campagne électorale salvadorienne montre qu’à Washington, les partisans de la Doctrine Monroe ne désarment pas.

Les Salvadoriens sont appelés à élire le 15 mars leur président. Les sondages laissent entrevoir une très nette victoire du candidat de gauche, l’ex-journaliste de CNN-Espagnol Mauricio Funes (FMLN) —dont le fils a été assassiné à Paris en octobre 2007 dans des conditions non-élucidées— face au candidat de droite, l’ancien directeur de la Police nationale Rodrigo Avila (ARENA). Si tel était le cas, le Salvador, gouverné par l’ARENA depuis deux décennies, pourrait échapper à l’influence US.

Lors de la campagne présidentielle salvadorienne de 2004, l’administration Bush avait envoyé le sous-secrétaire d’État Roger Noriega pour soutenir l’ARENA et le sénateur républicain US Tom Tancredo avait annoncé des mesures de rétorsion en cas de victoire de la gauche, notamment interdiction pour les Salvadoriens vivant aux USA d’envoyer de l’argent à leur famille.

C’est dans ce contexte que l’ARENA (dont les membres contrôlent presque toute la presse nationale) diffusent des spots télévisés accusant la gauche de vouloir livrer le pays au président Chávez. Or, certains de ces spots utilisent des propos d’un conseiller d’Obama, Daniel Restrepo. Ils laissent entendre qu’en cas de ralliement d’El Salvador à l’ALBA (le bloc économico-politique bolivarien constitué par (Cuba, le Venezuela, la Bolivie, l’Équateur, le Nicaragua et Saint-Domingue), Washington appliquerait les mesures de rétorsion évoquées en 2004.

À l’initiative de Raúl Grijalva (représentant de l’Arizona) et de Marcy Kaptur (représentante de l’Ohio), 31 parlementaires démocrates US ont donc adressé une lettre ouverte, le 5 mars, au président Obama pour lui demander de ne pas s’ingérer dans le choix des Salvadoriens. Pour toute réponse, la Maison-Blanche a informé la presse de la nomination imminente de Dan Restrepo comme directeur Amérique latine du Conseil de sécurité nationale.

Double national Colombien et États-unien, M. Restrepo est un ami personnel du président colombien Álvaro Uribe, cheval de Troie US en Amérique latine [Photo : réception du président Uribe par Dan Restrepo au Center for American Progress, le principal think tank de l’administration Obama.]

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