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Tribunes et décryptages - 6 avril 2005
Énergie : les masques tombent, la partie s’accélère

Décryptage

L’OPEP a déclaré à demi-mot qu’elle avait atteint son plafond de production. Le pic mondial de la production de pétrole brut avant la fin de la décennie, dont nous vous entretenons souvent dans ces colonnes et sur lequel un des administrateurs du Réseau Voltaire travaille régulièrement depuis trois ans, auprès notamment de géologues pétroliers internationaux et confirmés, est ainsi dorénavant officiellement admis par l’ensemble des gouvernements des pays industrialisés.
Si l’industrie pétrolière communique toujours timidement ses révisions de réserves et prévisions de production à la baisse, craignant la sanction des actionnaires, l’Agence Internationale à l’Énergie vient d’inverser sa courbe de prévision pour la production future. En France, les principaux dirigeants politiques s’expriment tour à tour dans ce sens, parfois gênés d’être forcés d’entrevoir la fin - momentanée du moins - de la sacro-sainte croissance, parfois enthousiastes d’y découvrir un nouveau terreau sur lequel ils peuvent développer un discours solidaire. Aux États-Unis, un représentant du Maryland a animé un atelier pédagogique du Congrès sur ce thème.
Mais nous ne sommes encore qu’au tout début d’une prise de conscience collective et progressive d’un phénomène qui n’a pas d’équivalent dans l’histoire de l’humanité, qui risque, à un moment ou à un autre, de provoquer des mouvements de panique et de prédation.

Toujours est-il que les conséquences politiques de ce début de prise de conscience se dessinent chaque jour plus nettement. Ainsi les négociations sur le nucléaire iranien se sont inévitablement recentrées sur le partenaire européen, qui tient un discours beaucoup plus rationnel : ce pays ne montre en effet aucun signe menaçant, sauf pour la survie de l’industrie pétrolière anglo-saxonne, tant que le pétrole iranien n’est pas privatisé du moins. Or avec sa population jeune, son développement rapide et sa production de brut qui va chuter dès les années 2010, l’Iran agit de façon très sage en optant pour le nucléaire civil. Il maintiendra ainsi des exportations de brut qui contribueront à assurer la transition énergétique du reste du monde.
Mohammad Khatami, le président de la République islamique d’Iran, tient dans Le Figaro un discours politique nationaliste, clair et raisonnable, à ce sujet et au-delà sur la démocratisation de la région : dans le fond, le peuple reconnaît toujours sont intérêt, mais dans la forme que prend la démocratie et le temps qu’elle met à s’installer, il n’y a pas de modèle absolu. Par ailleurs, il réaffirme sans surprise sa satisfaction devant un pouvoir shiite plus fort en Irak, ce qui va encore une fois dans l’intérêt de tous les Iraniens. Lorsqu’il confirme que son pays n’écarte pas la possibilité d’une attaque états-unienne ou israélienne, on peut s’étonner qu’il ne soit pas plus inquiet du chaos régnant toujours en Irak et des risques que cela implique.
Ayant compris le rejet par toutes les parties de l’agressivité néo-conservatrice sur cette question du nucléaire, deux chantres du "soft power" font l’apologie de la méthode douce dans l’International Herald Tribune. George Perkovich suggère d’acheter la bonne volonté du gouvernement iranien, technique qui fut employée avec la Corée du Nord par Bill Clinton dans les années 90 et consistait alors à fournir du pétrole à Pyongyang en échange du gel de son programme nucléaire (la fin impromptue de ces livraisons en 1994 étant l’une des causes principales de la fameuse famine qui sévit alors). Malheureusement il semble comprendre moins bien la thermodynamique en jeu cette fois ; c’est précisément le pétrole iranien ou ses dividendes dont les États-Unis ont besoin, et un Iran nucléaire les empêcherait définitivement de l’obtenir.
L’influent homme d’affaires Stanley Weiss est quant à lui partisan de l’invasion économique, qui selon lui finirait par déloger les "Mollahs" du pouvoir. En fait, comme c’est le cas pour George Soros, on comprend qu’il défend avant tout ses intérêts personnels, car il affiche une profonde méconnaissance de la société iranienne, de son expérience de l’ingérence capitaliste sous le régime du shah, qui l’a convaincue que ce fonctionnement n’était pas la panacée des États pétroliers. Contrairement à George Perkovich, il ne prend pas en compte la composante nationaliste, le fait que le peuple tienne naturellement à garder nationalisées les ressources qui lui appartiennent.

Les Russes réagissent inévitablement de la même façon en soutenant la politique de réappropriation des ressources de Vladimir Poutine qui vient par exemple de décider d’exiger une majorité d’investissements russes pour l’exploitation des gisements de l’Est sibérien. C’est tout à l’avantage d’Israël, dont les liens économiques avec la Russie augmentent à mesure que des Russes s’y installent, au moment où les États-Unis remettent en cause leur soutien inconditionnel à l’État juif et s’embourbent en Irak.
Les trois oligarques russes installés en Israël, Leonid Nevzlin, Vladimir Dubov et Mikhail Brudno, ont récemment fait une entrée magistrale dans un secteur énergétique israélien bien mal en point ces derniers temps, qui plus est secoué par des scandales de blanchiment d’argent. Ils viennent en effet de prendre, avec leur société Menatep, filiale de Yukos héritée de Michael Khodorkhovsky, une part décisive au capital de la société Israel Petrochemical Enterprises.
Cette dernière pesant de plus en plus lourd sur le marché israélien, l’économie israélienne va progressivement se retrouver sous perfusion de la production pétrolière russe, qui est pour partie contrôlée par Yukos.
Dans la foulée, ces trois oligarques ont accepté de régler la dette de Michael Khodorkhovsky envers l’État russe, et Leonid Nevzlin explique dans Vremya Novostyey qu’il va cesser de soutenir financièrement les publications des Nouvelles de Moscou, qui servaient de tribune aux oligarques contre Poutine, espérant bien calmer les Russes encore sous le coup du pillage de leur État. De quoi réchauffer sérieusement les poignées de main lorsque Vladimir Poutine rendra visite à Ariel Sharon en Israël prochainement. Ariel Sharon qui justement ne mâche pas ses mots lorsqu’il joue sur les sentiments pour s’adresser aux Russes dans Trud. Il y rend un vibrant hommage à la contribution de la Russie dans la lutte contre le nazisme, dénonce les amalgames entretenus entre Hitler et Staline, réaffirme ses bonnes relations avec Poutine et ses propres origines en Russie. Mais il voudrait lui aussi que la Russie soit plus indulgente à l’égard d’Israël, au conseil de sécurité de l’ONU notamment.

Enfin, l’ambassadeur états-unien en Biélorussie George Krol s’adresse lui aussi aux Russes, dans Vremya Novostyey. Il tente de les rassurer sur l’intention qui se cache derrière la proposition de loi sur la démocratie, qui prend des airs de révolution colorée. Il élude bien entendu soigneusement les questions stratégiques et donne une image idéalisée, purement compassionnelle de l’action des ONG états-uniennes dans le pays. Les données générales sur le gaz naturel, pierre d’angle de l’interdépendance économique russo-biélorusse croissante, contredisent pourtant son affirmation selon laquelle les États-Unis ont les mêmes intérêts que l’Europe et la Russie vis-à-vis de ce pays. En effet la Biélorussie a un avenir économique en tant que courroie de transmission du partenariat russo-européen essentiellement, et comme pour le nucléaire iranien, Washington tente de semer la discorde afin d’en récolter les fruits.

Réseau Voltaire




6 avril 2005

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 Approvisionnement en énergie

Auteurs et sources des Tribunes et décryptages

« Renoncer au nucléaire pacifique serait inacceptable »

Auteur Mohammad Khatami

Mohammad Khatami est président de la République islamique d’Iran.

Source Le Figaro (France)
Référence

« Renoncer au nucléaire pacifique serait inacceptable », par Mohammad Khatami, Le Figaro, 5 avril 2005. Ce texte est adapté d’une interview.

Résumé

Pendant des siècles, mon pays a connu la dictature. Aujourd’hui, la population peut prendre la parole et en plus le gouvernement l’encourage à le faire. C’est une grande satisfaction pour moi. Les jeunes sont déçus car leurs attentes ne sont pas satisfaites sur le court terme. Pour moi, la démocratie est un processus lent et j’espère que la société finira par atteindre une plus grande maturité qui lui permettra de réaliser ses objectifs sans avoir recours à la violence. Je pense toujours qu’il est possible de concilier démocratie et islam, à condition de ne pas avoir une vision étroite de la religion et d’accepter l’adaptation de la démocratie aux différentes cultures. Si l’on considère que l’islam peut accepter un pouvoir terrestre, responsable face à la population et que la population peut changer si elle le veut, alors l’islam est compatible avec la démocratie. Il y a eu des intellectuels et des weblogueurs arrêtés en Iran, mais cela n’est pas à mettre sur le compte de la religion ; il s’agit de la façon dont certains responsables gèrent les affaires de l’État. En outre, certains ont vraiment commis des délits, même si je suis personnellement contre ces emprisonnements. Enfin, il faut se souvenir que l’Iran a fait sa révolution il y a peu et que cela va prendre du temps pour que notre pays devienne une démocratie. J’aurais souhaité aller plus loin, mais si l’on compare à beaucoup de pays du tiers monde on constate le chemin parcouru. Quand je quitterai la présidence, je pense que je continuerai l’action politique dans le cadre d’une ONG.
Sur le dossier nucléaire, nous sommes heureux que les forces qui voulaient instrumentaliser ce dossier, pour mettre la pression sur l’Iran devant le Conseil de sécurité, soient isolées. L’accord avec les Européens peut se résumer à ceci : d’un côté, l’Iran donne une garantie objective, selon laquelle ses activités nucléaires ne se dirigent pas vers l’armement nucléaire ; de l’autre, l’Europe offre une garantie ferme qu’elle assurera la sécurité et le développement de l’Iran. Et, en échange de ces conditions, l’Iran suspend provisoirement ses activités nucléaires. C’est ce que nous avons fait. Il faut toutefois que les Européens admettent que l’Iran a le droit, en vertu des traités internationaux, de posséder un programme nucléaire civil. Aujourd’hui, nous ne discutons pas avec les États-Unis, nos seuls interlocuteurs sont les Européens et l’AIEA. Les néo-conservateurs états-uniens ont compliqué la situation avec l’Iran, mais aussi dans bien des pays où leur action n’a fait que renforcer l’extrémisme qu’elle prétendait combattre. Les frappes contre nous nous paraissent peu probables mais nous nous y préparons.
En Irak, les chiites, pourtant majoritaires, ont été victimes de répressions pendant plus d’un siècle. Toutefois, compte tenu des réalités irakiennes, nous pensons que le meilleur système pour eux dans ce pays est un État national et démocratique, dans le vrai sens du terme. Un État qui soit capable de représenter toutes les ethnies. Le meilleur gouvernement pour l’Irak est un gouvernement démocratique, respectueux de l’islam, mais aussi des autres religions.


« Un Iran nucléaire II : La seule façon de changer les règles »

Auteur George Perkovich

Ancien rédacteur des discours et conseiller en politique étrangère du sénateur états-unien Joseph R. Biden, George Perkovich est vice président de la Carnegie Endowment for International Peace et membre du Council on Foreign Relations. Il est co-auteur de Universal Compliance : A Strategy for Nuclear Security et de WMD in Iraq : Evidence and Implications.

Source International Herald Tribune (France)
Référence

« Nuclear Iran II : The only way to change the rules », par George Perkovich, International Herald Tribune, 6 avril 2005.

Résumé

Si vous voulez une expérience de nationalisme nucléaire, l’Iran est le cas parfait. Tous les Iraniens s’accordent pour affirmer que le programme nucléaire est ce qui lui permettra de devenir un pays développé, et tous le décrivent comme un programme exclusivement civil. L’ancien président Rafsandjani affirme que l’Iran a besoin de ce programme, compte tenu de l’essoufflement du pétrole. Il estime que l’Iran ne sera pas un pays développé tant qu’il ne disposera pas de cette énergie et que c’est précisément ce que les États-Unis veulent empêcher. L’Iran affirme ne pas avoir d’objectifs militaires et avoir la même attitude vis-à-vis de cette énergie que le Japon.
Seulement voilà, l’Iran n’est pas le Japon. Le Japon reconnaît l’existence de tous ses voisins tandis que Téhéran ne reconnaît pas Israël. En outre, même si ce qu’affirme l’Iran est vrai, le monde ne peut pas se permettre d’avoir de nouveaux Japon nucléaires. Même si l’Iran est pacifique, la multiplication des structures d’enrichissement des combustibles nucléaires offre pour les terroristes des opportunités de se saisir de ce matériel.
Malheureusement, la règle qui veut qu’on limite ces infrastructures est perçue comme injuste par bien des pays et l’Iran instrumentalise ce sentiment contre les États-Unis. Si on veut la faire admettre, il n’y a qu’un seul moyen : en échange de l’abandon de ces constructions, il faut faire des compensations économiques.


« Un Iran nucléaire I : le principe est posé, maintenant, quel est le prix ? »

Auteur Stanley A. Weiss

Stanley A. Weiss est fondateur et président de Business Executives for National Security Il est également membre du Rand’s Center for Middle East Public Policy et de l’International Crisis Group, du Council on Foreign Relations et du Groupe de Bilderberg. Il est ancien président d’American Premier, une entreprise minière et chimique américaine.

Source International Herald Tribune (France)
Référence

« Nuclear Iran I : The principle is set, now what’s the price ? », par Stanley A. Weiss, International Herald Tribune, 6 avril 2005.

Résumé

Depuis la révolution islamique de 1979, Washington s’est posé pour principe de ne pas négocier avec l’Iran, de ne pas abandonner l’embargo économique et de n’avoir aucune relations diplomatique tant que Téhéran n’aura pas cessé de soutenir le terrorisme et de développer des armes de destruction massive. Mais cette politique a échoué et n’a absolument rien changé au comportement de l’Iran. En revanche, elle a privé les États-Unis d’un partenaire pour combattre le terrorisme sunnite d’Al Qaïda ou pour stabiliser l’Irak.
Aujourd’hui, l’Iran est à trois ans d’acquérir l’arme nucléaire et Washington a sagement décidé de changer de stratégie et de négocier avec l’Iran par l’intermédiaire des Européens. Pour savoir si cette politique a des chances d’aboutir, il faut répondre à ces questions : l’Iran voit-il la bombe comme une fin en soi ou comme un moyen d’obtenir de l’aide économique et des concessions concernant sa sécurité ? L’Union européenne est-elle prête à prendre des mesures au Conseil de sécurité en cas d’échec des négociations ? L’administration Bush est-elle prête à offrir des garanties de sécurité et des offres économiques contre des concessions iraniennes ? L’administration Bush s’est d’ores et déjà déclarée prête à accepter que l’Iran entre à l’OMC et qu’il puisse acquérir du matériel pour son parc aérien vieillissant. Les négociateurs iraniens ont présenté ces avancées comme insignifiantes, mais elles montrent au moins que Washington a compris que le bâton ne donnait rien sans la carotte. Les sanctions unilatérales sont inefficaces et n’ont fait que renforcer le régime qui profite du marché noir.
La meilleure façon de renverser la mollahcratie est d’annuler l’embargo et de pratiquer une invasion économique.


« J’ai décidé d’arrêter de financer les « Nouvelles de Moscou » »

Auteur Leonid Nevzlin

Ancien président du congrès juif russe, Leonid Nevzlin était l’un des oligarques russes. Adjoint de Mikhail Khodorkovsky depuis 1988, il a été membre du conseil de direction de Menatep jusqu’en 1999 et il fut l’un des principaux actionnaires de Yukos.

Source Vremya Novostyey (Fédération de Russie)
Référence

« Я принял решение приостановить финансирование « Московских новостей » », par Leonid Nevzlin, Vremya Novostyey, 5 avril 2005. Ce texte est adapté d’une interview.

Résumé

Je considère que je ne suis pas en droit de me mêler de la politique de nomination des cadres du journal par le rédacteur en chef et le directeur de publication. Ma position serait restée inchangée si les journalistes n’avaient pas fait de cette affaire un scandale public. La situation est difficile et j’ai décidé d’arrêter de financer cette publication. Le contenu du journal n’est pas pire qu’avant, il s’est même amélioré, il est en couleur, avec un supplément et le tirage est plus important, la version anglaise est de meilleure qualité et la version Internet aussi. Les objectifs ne sont cependant pas atteints ; actuellement le journal n’a pas d’influence et il ne gagne pas d’argent, non seulement ça mais je suis désormais dans les chroniques judiciaires. Si les journalistes s’étaient adressés à moi dès le début, nous aurions trouvé un terrain d’entente, ils n’avaient pas à rendre cela public, ils sont venus me voir trop tard. Je n’ai pas besoin de ce journal et pour l’instant j’interromps ma participation financière. Si Bérézovski veut mettre de l’argent, je ne peux pas le lui interdire, mais je ne pense pas qu’il le fasse.
Je pense que ce que l’on dit est faux. Ces scandales en Israël, auxquels sont mêlés des Russes, n’ont pas pour but d’attendrir la Russie à la veille de la visite de Poutine en Israël fin avril. C’est une enquête israélo-israélienne. Je vis en Israël et, si comme Goussinski, la police du pays avait voulu m’entendre, ce serait déjà fait ; tout ce que je pourrais leur dire, ils le savent déjà, mes comptes ne sont pas gelés. Il est vrai que le groupe « Menatep » a acquis le plus gros paquet d’actions de la société « entreprises pétrochimiques israéliennes », c’est le 1er investissement et je pense que ce n’est pas le dernier. Le reste de mes activités est humanitaire. Je suis un juif de longue date et c’est un devoir pour moi d’investir dans l’avenir d’Israël. Je gère des allocations et des bourses, les thèmes privilégiés sont la diaspora et la judéité est-européenne. Je n’ai remarqué aucune animosité en Israël envers le « business russe », par contre le gouvernement russe est sans cesse sur notre dos. Je n’ai pas l’intention de faire de politique en Israël, mes connaissances de la langue et de la situation politique sont insuffisantes. Dans un pays démocratique on peut se permettre ça, il n’y a pas d’urgence démocratique. Si j’avais quitté la Russie avec l’intention d’y revenir un jour, je serais allé aux États-Unis ou en Angleterre, mais je vis en Israël.


« Je connais votre pays mieux que beaucoup d’autres »

Auteur Ariel Sharon

Ancien général et ministre de la Défense israélien responsable des massacres de Sabra et Chatilla au Liban, Ariel Sharon est Premier ministre israélien.

Source Trud (Fédération de Russie)
Référence

« Я ПОНИМАЮ ВАШУ СТРАНУ ЗНАЧИТЕЛЬНО ЛУЧШЕ, ЧЕМ МНОГИЕ », par Ariel Sharon, Trud, 6 avril 2005. Ce texte est adapté d’une interview.

Résumé

Les relations entre nos deux pays sont très importantes, et la Russie doit participer à la régulation du conflit au Proche-Orient. J’ai cependant dit à Igor Ivanov que la Russie devrait être plus objective vis-à-vis d’Israël et de ses problèmes. Nous aimerions par exemple que la Russie ne soutienne pas exclusivement les positions arabes à l’ONU. Nous sommes prêts à beaucoup d’efforts pour la paix, mais jamais au détriment de la sécurité de nos citoyens. Avant, nous étions seuls sur le chemin de la paix, après l’élection de Mahmoud Abbas, les négociations sont possibles.
J’ai servi dans l’armée israélienne, j’ai participé à toutes les guerres de notre pays, du grade de simple soldat à celui de général, j’ai connu toutes les horreurs de la guerre, j’ai perdu mes meilleurs amis et j’ai été grièvement blessé, c’est peut-être pour cela que je comprends mieux le prix et la signification de la paix que d’autres politiciens qui ne font qu’en parler. Je sens sur mes épaules une responsabilité historique, l’Israël est le seul pays au monde où les juifs ont la possibilité de se protéger. Moshe Katzav prendra part aux commémorations de la victoire sur le fascisme, au nom de tous les vétérans, en mai à Moscou. Le peuple juif n’oubliera jamais le prix payé par les Russes pour la libération de l’Europe, il y avait 500 000 juifs dans les rangs de l’armée rouge, 200 000 sont morts. On ne peut pas comparer l’Allemagne nazie et l’URSS parce que nous savons bien qui a sauvé des centaines de milliers de juifs en Europe. On ne peut pas comparer Hitler et Staline. Il faut cependant rendre possible la constitution d’une société civile en Russie pour ne pas répéter ce qui s’est passé du temps du stalinisme.
J’aimerais faire à nouveau une visite en Russie, le président m’a proposé d’aller au Birobidjan la prochaine fois, il m’a dit que le nombre de juifs a augmenté là-bas. J’aimerais un jour me rendre dans le petit village à côté de Moguilev, où ma maman est née, et où ont vécu quatre générations de mes ancêtres. Mon père a servi dans l’armée russe, il a été décoré, huit de ses sept enfants ont étudié à l’université, quatre sont devenus médecins.
J’ai de bonnes relations avec Poutine et je comprends votre pays mieux que beaucoup de gens à l’Ouest, il ne s’agit pas juste d’un état mais d’un continent énorme. Je m’efforce toujours d’expliquer, aux États-uniens notamment, que la Russie veut revenir parmi les grandes puissances et conserver ce statut, ce qui est normal. Les problèmes actuels ne sont pas éternels. (il élude la question sur les hommes d’affaires russes qui vivent en Israël pour se protéger du pouvoir judiciaire et qui sont souvent des opposants à Poutine). Je dois souligner que les nouveaux citoyens israéliens (aujourd’hui, 1 Israélien sur 6 vient de l’ex URSS) apprennent très vite l’Hébreu. Notre objectif principal est inchangé ; accueillir 1 million de juifs dans les dix prochaines années. 1 million 200 mille d’entre eux ont regagné leur patrie historique dans les dix dernières années. Les ressortissants de la CEI constituent aujourd’hui 15% de la masse salariale du pays, ces nouveaux citoyens sont très nombreux mais nous n’avons pas peur de la nouvelle « rousskaïa ulitsa » (la « rue russe » pour l’opinion des nouveaux citoyens), les journaux, les télévisions, le théâtre russe sont une réalité de l’Israël moderne.


« La loi sur la démocratie n’est pas une tentative de dicter au peuple biélorusse comment il doit vivre »

Auteur Georges Krol

Ancien ambassadeur en en Pologne, Inde, URSS, Russie et Ukraine, Georges Krol est ambassadeur des États-Unis en Biélorussie depuis le 13 Août 2003.

Source Vremya Novostyey (Fédération de Russie)
Référence

« Акт о демократии — это не попытка навязывать народу Белоруссии определенный образ жизни », par George Krol, Vremya Novostyey, 5 avril 2005. Ce texte est adapté d’une interview.

Résumé

Cette loi du Congrès contient les mesures prises pour soutenir les forces démocratiques dans le pays et les sanctions éventuelles envers de hauts fonctionnaires. Il y a deux rapports en préparation, l’un sur les comptes personnels de Loukatchenko et l’autre sur certains fonctionnaires ainsi que sur des ventes d’armes. Le texte propose de soutenir les médias indépendants et la société civile biélorusse. L’administration va renforcer son travail pour soutenir nos conceptions de la démocratie et du marché, cela en coopération avec d’autres pays. Ce n’est pas une tentative de dicter un mode de vie, c’est un appel aux dirigeants biélorusses, pour l’intérêt national de leur pays. La Biélorussie doit remplir ses obligations au sein de l’OSCE, les États-Unis et l’Europe ont le même but, le développement démocratique de la Biélorussie, pour de bonnes relations transatlantiques, et ils espèrent que la Russie va les soutenir. Je lis la presse russe et j’ai l’impression que votre pays est vraiment préoccupé par la situation politique et économique de la Biélorussie, cela permet d’espérer que nous serons à l’unisson. Le président nous accuse de vouloir organiser une révolution colorée, mais je ne pense pas que la création d’instituts démocratiques suffise à déstabiliser un pays. L’histoire a prouvé que les pays démocratiques ont des perspectives de stabilité sur le long terme. Nous n’essayons pas de placer la Biélorussie sous influence occidentale ; nous ne voyons plus le monde en terme de « guerre froide » mais nous voulons la coexistence pacifique et le partenariat. Nous attribuer des intentions malhonnêtes sert uniquement à susciter la peur de la population, les médias gouvernementaux diabolisent l’opposition alors que la liberté de parole permet de résoudre pacifiquement les problèmes les plus complexes. J’ai vécu et travaillé en URSS en tant que diplomate, je sais qu’il est difficile de s’adapter au système démocratique dans des pays dont l’expérience en ce domaine est minime : c’est un pas vers l’inconnu. Nos pays n’ont pas pour l’instant de vision commune des principaux problèmes, les élections en Biélorussie ne sont pas démocratiques car les opposants sont enfermés. Nous rêvons tous de la paix, de la prospérité économique et d’un futur meilleur pour nos enfants, le but du dialogue est de trouver un moyen de mettre en pratique des valeurs démocratiques. Au nom de beaucoup d’États-uniens, je voudrais dire que nous avons de la considération pour votre pays même si nos relations ne sont pas historiquement aussi étroites qu’avec la Russie.


 



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AFL-CIO
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« Le nouveau Pearl Harbor » par David Ray Griffin


« Le dossier Robert Ménard », par Jean-Guy Allard


« La terreur fabriquée Made in USA », par Webster G. Tarpley


 

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