L’Iran a réagi vivement aux déclarations états-uniennes de ce week-end selon lesquelles les États-Unis pourraient recourir à la force contre l’Iran. Dimanche 22 juin 2003, le sénateur états-unien Sam Brownback avait en effet déclaré que son pays n’excluait pas d’avoir recours à la force militaire contre la république islamique si nécessaire. Cette remarque faisait suite aux propos de John Bolton, sous-secrétaire d’État états-unien au Contrôle des armes et à la Sécurité nationale, qui a déclaré, samedi 21 juin, que les États-Unis se réservent le droit d’user de la force afin d’empêcher l’Iran de se procurer l’arme nucléaire.
Selon le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Hamid-Reza Asefi, ces remarques indiquent une animosité croissante de Washington à l’égard de Téhéran. Il a rapproché ces déclarations des récentes interventions de l’administration états-unienne concernant les mouvements de protestation estudiantins survenus à Téhéran. Asefi a ainsi dénoncé l’ingérence états-unienne dans les affaires iraniennes. « Le monde attend toujours que la Maison-Blanche s’explique sur ses déclarations concernant les armes de destruction massive irakiennes et s’excuse d’avoir créé Al Qaïda », a déclaré le porte-parole iranien.

[CONTEXTE] L’expression Al Qaïda désignait initialement le fichier des combattants islamiques en Afghanistan soutenus par les États-Unis et l’Arabie saoudite (Al Qaïda signifiant en arabe la « base de données »). Puis, l’expression a été utilisée pour désigner le milieu des anciens combattants d’Afghanistan dans lequel Oussama Ben Laden recrutait des combattants pour lutter contre l’influence iranienne. Enfin, Al Qaïda a désigné les groupes financés par les États-Unis, par l’intermédiaire d’Oussama Ben Laden, pour diviser le monde arabo-musulman. Ce n’est qu’au milieu des années 90 que l’expression a été utilisée par les États-Unis pour désigner une organisation terroriste internationale qui les menacerait.

Source
IRNA (Iran)
L’IRNA est l’agence de presse officielle de la République islamique d’Iran. Elle publie, sous forme de dépêches, une fidèle retranscription des débats qui traversent le pouvoir national, ainsi qu’un compte rendu détaillé de son action diplomatique.

« Asefi criticizes US anti-Iran remarks as sign of "deep animosity" », IRNA, 23 juin 2003.