Le peuple d’Ossétie du Sud a adopté le statut de république en 1992 par référendum ; 99,8% des participants ont voté pour notre indépendance vis à vis de la Géorgie. Mikhail Saakashvili nous a proposé, au parlement de Strasbourg, une autonomie étendue. Nous ne voyons là rien de nouveau ni de constructif. La révision du statut de la République d’Ossétie du Sud (ROS) n’est pas à l’ordre du jour. Saakashvili a manqué l’occasion de devenir un héros pour l’Ossétie et pour la démocratie ; s’il avait reconnu l’indépendance de l’Ossétie à l’Assemblée Européenne, le peuple ossète l’aurait accueilli à Tskhinvali avec des bouquets de roses.
A chaque fois que le pouvoir change en Géorgie, l’Ossétie est l’objet d’agressions de sa part, comme cela a été le cas en 1920, entre 89 et 92 et de nouveau pendant l’été 2004. Quand Salomé Zourabichvili déclare que son gouvernement n’exclut pas d’utiliser les rangers formés dans le cadre des accords militaires américano-géorgiens contre l’Abkhazie et l’Ossétie, elle fait preuve d’une très grande incompétence.
Les commentaires du président géorgien nous font redouter une agression mais nous sommes prêts à assurer la défense de notre pays. Si la Russie a refusé de nous intégrer en son sein, c’est que contrairement à d’autres nations qui affirment leurs positions par la force, elle entend agir en accord avec le droit international.
Existe-t-il un seul document qui prouve que l’Ossétie fait partie de la Géorgie ? Je tiens à souligner qu’à partir du moment où la Géorgie a cessé d’être une république de l’Union Soviétique, nous n’avons plus rien à voir avec elle. Si la Biélorussie par exemple s’était comportée comme la Géorgie à l’égard d’une minorité nationale, il y a longtemps que l’Union européenne aurait procédé à des frappes aériennes.
Il y a des forces qui, ignorant la mentalité caucasienne, essayent de modifier le découpage de la région afin d’éloigner la Russie de la Transcaucasie.

Source
Rosbalt (Fédération de Russie)

« Страсбургское выступление Саакашвили - отвлекающий маневр », Edouard Kokoïta, Rosbalt, 28 Janvier 2005. Ce texte est adapté d’une interview.