« Un fonds pour la démocratie »
Auteur
George W. Bush

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[George W. Bush] est président des États-Unis.
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Source
Réseau Voltaire
Référence « President Speaks to the United Nations General Assembly », par George W. Bush. Version française intégrale disponible sur le fil diplomatique du Réseau Voltaire.
Résumé C’est un honneur pour moi de m’adresser à cette Assemblée générale car les États-Unis respectent les hommes et les femmes de l’ONU qui défendent la paix et les Droits de l’homme dans chaque région du monde. Bienvenue à New York, et bienvenue aux États-Unis d’Amérique.
Après trois années de temps tragiques pour mon pays, nous sommes aujourd’hui dans une période de possibilités extraordinaires pour l’ONU et pour toutes les nations pacifiques. L’ONU et mon pays partagent des valeurs communes, inscrites dans la déclaration universelle des Droits de l’homme et la Déclaration d’indépendance. Ces deux textes affirment que la nette ligne de démarcation entre la justice et l’injustice - entre le Bien et le Mal - est la même à chaque époque, dans chaque culture et dans chaque nation. Les gouvernements avisés défendent également ces principes pour des raisons très pratiques et réalistes car chaque nation amoureuse de la paix profitera des dividendes d’un monde plus libre. Chaque nation avide de paix a le devoir d’aider à bâtir ce monde. À l’aube de ce siècle, notre monde a besoin d’une nouvelle définition de la sécurité qui tienne compte du progrès des droits de l’humanité. Au contraire, les terroristes et leurs alliés s’attaquent à ces droits et sont prêts à tout pour cela, le drame de Beslan l’a montré. Nous sommes résolus, avec nos alliés à qui nous sommes reconnaissants, à détruire les réseaux terroristes, à mettre fin à la tutelle qu’offrent certains États au terrorisme, à prévenir la prolifération des armements et à faire respecter les exigences du monde.
Mon pays est reconnaissant envers les soldats des nombreux États qui nous ont aidés à délivrer le peuple irakien de la férule d’un dictateur hors-la-loi. En 1991, il s’était engagé à respecter entièrement toutes les résolutions de l’ONU, mais il s’est moqué de ces textes et le Conseil de sécurité a finalement promis que cette attitude aurait des conséquences graves. Les engagements que nous prenons doivent avoir une signification et c’est pourquoi une coalition d’États est intervenue pour faire respecter les justes exigences du monde.
Parce qu’ils croient en la dignité de l’homme, l’Amérique et de nombreux autres pays ont établi un Fonds mondial afin de lutter contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Parce qu’ils croient en la dignité de l’homme, l’Amérique et de nombreux autres pays ont uni leurs efforts pour affronter le fléau qu’est la traite des être humains. Parce que nous croyons en la dignité de l’homme, nous devrions prendre très au sérieux la protection de la vie contre l’exploitation, quel qu’en soit le prétexte. Parce qu’ils croient en la dignité de l’homme, l’Amérique et de nombreux autres pays ont changé leur façon de lutter contre la pauvreté, d’entraver la corruption et d’apporter une aide. Parce qu’ils croient en la dignité de l’homme, l’Amérique et de nombreux autres pays ont pris des mesures pour atténuer le fardeau écrasant de la dette des pays en voie de développement. Parce qu’il croit en la dignité de l’homme, le monde doit avoir des moyens plus efficaces pour stabiliser les régions en proie aux troubles, mettre fin à la violence à motif religieux et stopper le nettoyage ethnique. À ce titre, les États-Unis et l’Italie ont proposé une Initiative mondiale sur les opérations de paix : les pays du G8 formeront 75.000 soldats pour le maintien de la paix, originaires d’Afrique au début, de façon à ce qu’ils puissent monter des opérations sur ce continent et ailleurs. À l’heure actuelle, il y a un génocide au Darfour. Les États-Unis ont joué un rôle clé lorsqu’il s’est agi de négocier un cessez-le-feu et fournissent une aide humanitaire au peuple soudanais. Le Rwanda et le Nigeria ont déployé des forces afin d’aider à améliorer la sécurité et le Conseil de sécurité a adopté une nouvelle résolution qui appuie l’élargissement d’une force de l’Union africaine. Je demande instamment au gouvernement du Soudan de respecter le cessez-le-feu qu’il a signé et d’arrêter la tuerie au Darfour.
Enfin, parce qu’elles croient en la dignité de l’homme, les nations pacifiques doivent appuyer les progrès de la démocratie, le système qui protège le plus les droits des individus. Lorsqu’il s’agit du désir de liberté et de justice, il n’y a pas de conflit de civilisation, tous les peuples sont capables d’avoir la liberté et méritent la liberté. Arriver à la liberté prend du temps mais elle est en train de se frayer un chemin en Afghanistan et en Irak, là où, il y a peu, des régimes dévoyés menaçaient la paix et parrainaient les terroristes. Les Afghans vont bientôt pouvoir voter et l’Irak a retrouvé sa souveraineté. Il est représenté ici par son Premier ministre Iyad Allaoui. L’Irak fait encore face toutefois à des attaques de groupes terroristes qui s’en prennent à des innocents, les forces de la Coalition en Irak affrontent les terroristes et les combattants étrangers avec les forces irakiennes afin que les nations pacifiques du monde n’aient jamais à les affronter à l’intérieur de leurs propres frontières. 35 pays participent à la reconstruction de l’Irak et en payent le prix. Ces deux pays seront un modèle pour le « Grand Moyen-Orient », cette région où des millions d’êtres humains se voient privés de leurs droits fondamentaux et où trop longtemps, l’oppression a été tolérée au nom de la stabilité. La réforme démocratique de la région est essentielle à la résolution du conflit israélo-palestinien, un dossier dans lequel nous avons subi des revers mais la « feuille de route » est encore applicable si ceux qui aspirent à diriger un nouvel État palestinien adoptent les moyens pacifiques de faire triompher les droits de leur peuple et de créer les institutions réformées d’une démocratie bien assise. Les États arabes doivent mettre fin aux provocations de leurs propres médias, cesser de financer le terrorisme et établir des relations normales avec Israël. Israël, pour sa part, doit imposer le gel des implantations et démanteler les colonies illégales.
Je suis persuadé que la voie de la liberté est le chemin qui mène à un monde meilleur et plus sûr. Aussi je propose aujourd’hui la création, au sein des Nations unies, d’un Fonds pour la démocratie. Ce fonds aiderait les pays à poser les fondements de la démocratie en instituant un État de droit doté de tribunaux indépendants, d’une presse libre, de partis politiques et de syndicats de travailleurs. Les États-Unis y verseront une contribution initiale et j’invite les autres pays à y contribuer également car ensemble nous pouvons accomplir de grandes choses. Je crois au pouvoir transformateur de la liberté.
Que Dieu vous bénisse.

« Une alliance des civilisations »
Auteur
José Luis R. Zapatero
Source
Service de presse du gouvernement espagnol (Espagne)
Référence « Discurso del présidente del Gobierno », par José Luis Rodriguez Zapatero, Services de presse du gouvernement espagnol, 22 septembre 2004. Ce texte est adapté du discours prononcé à la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies le 21 septembre 2004.
Résumé C’est la première fois, M. le président, que je me présente devant cette assemblée. Je parle au nom d’un pays aux nombreuses langues et aux nombreuses cultures. Nous sommes une démocratie, mais nous avons connu la dictature et nous connaissons le terrorisme. Nous avons appris à lui résister et à le combattre. C’est pour cela que nous avons compris la douleur des États-Unis le 11 septembre et j’exprime, ici à New York, ma profonde solidarité avec les États-Unis. Nous comprenons également la douleur ressentie à Jakarta, à Bali, à Casablanca, à Riyad ou à Beslan. Nous mêmes avons été touchés le 11 mars. Il n’y a pas d’excuse au terrorisme. C’est un mal dangereux, mais comme tout mal, il faut le combattre par les racines et surtout le combattre rationnellement : il faut corriger les grandes injustices politiques et économiques afin de priver les terroristes de soutien populaire. Quand les gens vivent dans des conditions dignes, nous sommes tous plus en sécurité.
M. le président, en Irak, des milliers de civils et de militaires ont perdu la vie. Je leur exprime ma solidarité. Nous n’étions pas favorables à cette guerre et nous l’avons exprimé dans des manifestations et à l’Assemblée nationale, c’est pour cela qu’aujourd’hui, nous nous sommes retirés d’Irak. Quoi qu’il en soit, il est essentiel de rendre sa souveraineté à l’Irak, un Irak démocratique et en paix avec ses voisins. On ne pourra toutefois pas stabiliser la région tant que le conflit au Proche-Orient ne sera pas résolu. Il faut appliquer la « feuille de route » et constituer un États palestinien viable. Contre le terrorisme, Israël pourra compter sur le soutien de la communauté internationale tant qu’il respectera le droit international, mais avec la construction de son Mur de séparation ce n’est pas le cas. L’Espagne veut participer aux efforts internationaux pour relancer la feuille de route.
M. le président, l’Espagne débloque plusieurs millions d’euros pour faire face à la terrible crise du Darfour. Il est important que le gouvernement de Khartoum fasse tout pour normaliser la situation dans la région, mais il est également essentiel que les groupes rebelles respectent le cessez-le-feu. L’Espagne estime d’une manière générale qu’il ne faut plus tolérer les crises en Afrique et, avec les autres membres de l’Union européenne, elle travaille à une initiative de paix pour l’Afrique qui vise à apporter des solutions régionales aux crises dans le continent. L’Espagne est particulièrement attentive aux problèmes du Maghreb et est impliqué dans la résolution du conflit au Sahara occidental. L’Espagne est impliqué dans des forces de maintien de la paix partout dans le monde quand elles bénéficient de mandat explicites du Conseil de sécurité de l’ONU. Pour établir la paix et la sécurité, il faut des Nations unies fortes et une légalité internationale forte. Pour cela, en tant que représentant d’un pays créé et enrichi pas des cultures diverses, je propose à cette Assemblée une alliance des civilisations entre le monde occidental et le monde arabo-musulman. L’Espagne demande à l’ONU de constituer en son sein un groupe de discussion de haut niveau pour cet objectif.
M. le président, l’Espagne estime qu’il faut renforcer les instances internationales et cet objectif est l’un des piliers de notre politique étrangère. Il faut cependant réformer l’ONU pour la rendre plus transparente et démocratique.
M. le président, je ne peux terminer mon intervention sans réaffirmer que l’Espagne est favorable au développement de la démocratie en Amérique latine et qu’elle souhaite régler le différend sur Gibraltar avec le Royaume-Uni via des négociations bilatérales qui devront bénéficier à toute la région.
Merci beaucoup M. le président.

« Pour une force internationale »
Auteur
Shlomo Ben-Ami

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Shlomo Ben-Ami a été ministre des Affaires étrangères travailliste dans le gouvernement d’Ehud Barak. Il a participé aux négociations de Camp David en 2000 et dirigeait l’équipe de négociation israélienne à Taba.
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Source
Ha’aretz (Israel)
Référence « For an international task force », par Shlomo Ben Ami, Ha’aretz, 21 septembre 2004.
Résumé Ariel Sharon semble vouloir abandonner Gaza pour imposer un accord de transition qu’il n’a pas obtenu par des moyens diplomatique et politiques. Toutefois, ce retrait unilatéral pourrait aboutir à une situation dangereuse pour Israël en raison de l’anarchie qu’il provoquera, une situation bien loin du calme espéré par le Premier ministre.
Gaza pourrait être une source de terreur pour toute la région. Gaza, sous l’influence de l’Iran et du Hezbollah, ne laissera pas Israël tranquille. Il est donc dans l’intérêt d’Israël et dans celui du Premier ministre de s’assurer que Gaza ne deviendra pas un refuge pour les terroristes qui maintiendraient Israël dans un état de guerre permanent. Sharon doit faire face aux contradictions de son plan et coordonner le désengagement avec les forces palestiniennes sous l’autorité d’un corps international. Cela donnerait plus de chance de stabilité que le traumatisme que Sharon souhaite provoquer.
Il vaut mieux laisser Gaza dans les mains d’un gouvernement palestinien d’union nationale qui rassemblera toutes les forces palestiniennes (du Fatah à la branche politique du Hamas) avec l’aide d’une force internationale sous mandat de l’ONU. Nous nous inspirerons ainsi de la situation au Liban où même le Hezbollah respecte la frontière « légitime ».
Ce qu’il faut retenir de la situation des États-Unis en Irak, c’est que les actions unilatérales ne fonctionnent pas par manque de légitimité et qu’une insurrection nationale, surtout fondée sur la ferveur religieuse, ne disparaît qu’avec la fin de l’occupation.

« En finir avec l’occupation »
Auteur
Alan M. Dershowitz

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Célèbre avocat pénaliste, Alan M. Dershowitz est professeur de droit à Harvard. Il est l’auteur de America on Trial. Opposant à la Convention de Genève, partisan de l’usage de la torture dans la guerre au terrorisme et défenseur des assassinats de militants palestiniens par Israël, c’est lui qui, avec Daniel Bethléem, a recommandé au ministère de la justice israélien de ne pas se défendre au procès de La Haye sur la légalité du Mur d’annexion.
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Source
Jerusalem Post (Israël)
Référence « End the occupation », par Alan M. Dershowitz, Jerusalem Post, 21 septembre 2004.
Résumé La Syrie occupe le Liban depuis 20 ans et elle dirige cette nation christiano-musulmane d’une poigne de fer grâce à ses 20 000 soldats et des centaines « d’officiers de renseignement ». Sous sa coupe, le Liban est devenu un État terroriste où le Hezbollah et d’autres groupes terroristes ont les mains libres pour opérer des actions contre les civils israéliens et américains. La Syrie demeure sur place grâce à l’intimidation, les enlèvements et les assassinats. Sa présence est largement rejetée par les Libanais. Pourtant la Syrie affirme qu’il n’y a pas d’occupation, mais une « invitation » à rester.
Ceux qui versent des larmes de crocodiles sur le sort des Palestiniens oublient le sort du Liban, certains, comme les dirigeants palestiniens, l’approuvent même. Beaucoup de ces hypocrites soutiennent également l’occupation du Kurdistan par la Turquie, la Syrie et l’Irak et celle du Tibet par la Chine. Ils ne se plaignaient pas plus de l’occupation de la Cisjordanie par la Jordanie pendant 20 ans car ce n’est pas l’occupation qu’ils combattent, mais Israël.
Toutefois, la Syrie a été trop loin (on voit qu’un pays arabe a été trop loin quand même les Français condamnent son attitude) en forçant le Parlement libanais à reconduire pour trois nouvelles années le favori de Damas. Cela a été acquis après que Rafik Hariri eut reçu en pleine nuit la visite d’agents syriens qui l’ont « persuadé » d’accepter. Une proposition qu’il ne pouvait pas refuser. L’ONU a condamné cette attitude et la Syrie s’en est plainte.
Je m’oppose à toutes les occupations et j’ai beaucoup critiqué celle de Gaza et de la Cisjordanie par Israël. Cependant Tel-Aviv cherche à mettre fin à l’occupation, ce n’est pas le cas des autres puissances occupantes dans le monde.

« Un "J’accuse" empoisonné en provenance d’Amérique »
Auteur
Jean Daniel
Source
International Herald Tribune (France)
Référence « A poisoned ’j’accuse’ from America », par Jean Daniel, International Herald Tribune, 21 septembre 2004.
Résumé Aussi loin que l’antisémitisme est concerné, une des raisons du malaise franco-américain actuel est le problème de définition de ce terme fortement chargé du point de vue des évocations. En effet, on peut être anti-français, anti-américain ou anti-arabe sans être soupçonné d’imaginer une solution finale, mais l’antisémitisme évoque le nazisme et l’extermination. Ceux qui utilisent cette accusation savent d’ailleurs très bien ce que cela implique. Quand ils accusent la France d’être antisémite, il n’est d’ailleurs plus question de critiquer des actes antisémites, mais de juger une nation toute entière. Pour les accusateurs, il n’est pas étonnant dès lors que la France prenne le côté des Arabes contre Israël, un État juif.
Ces accusations ne sont pas extrêmes et je ne remets pas en cause les textes écrits par d’éminents intellectuels américains, mais malheureusement, ces critiques empirent. Aujourd’hui, certains affirment que l’antiaméricanisme en France est le fruit du soutien des États-Unis à Israël et que les Français croient que les États-Unis ont été se battre en Irak pour les juifs. Il ne faut pas que les États-Unis se trompent eux-mêmes ou se laissent tromper par certains commentaires de milieux ultra-sionistes qui accusaient déjà le gouvernement français de partialité avant même le début des actes antisémites en France. Il est très possible que certains juifs français se sentent inquiétés par la montée des actes antisémites et qu’ils l’associent au nazisme. Il existe également une vraie sympathie pour Israël chez les juifs, mais il ne faut pas que chaque critique d’Israël ou commentaire sur les actes antisémites soit assimilé à une complaisance vis-à-vis du nazisme. On évoque le passé de la France pour la condamner, mais s’il fallait juger d’une nation en fonction de son histoire, on pourrait beaucoup dire des États-Unis également. N’oublions pas le soutien fort de la France à Israël jusqu’en 1967 pour le gouvernement et jusqu’en 1975 pour la population. Aujourd’hui, une bonne part de l’intelligentsia française soutient Israël. Rien ne laisse penser que les juifs en France vont être persécutés. Les actes antisémites sont souvent le fait de minorités mal intégrés, de musulmans qui jalousent la vitalité de la communauté juive ou sont influencés par le conflit israélo-palestinien. Les relations franco-américaines se sont tendues avec la Guerre d’Irak. Rien ne sert de les envenimer en parlant d’antisémitisme.

« Les pillages d’une autre guerre »
Auteur
Neil Clark
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Neil Clark est un écrivain spécialisé sur les Balkans et l’Europe de l’Est.
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Source
The Guardian (Royaume-Uni)
Référence « The spoils of another war », par Neil Clark, The Guardian, 21 septembre 2004.
Résumé Beaucoup n’ont plus besoin qu’on leur démontre les liens entre le pillage des ressources irakiennes par les entreprises états-uniennes et l’action militaire états-unienne dans ce pays. En revanche, il y a une autre guerre « humanitaire » récente qui a permis un autre pillage et qui a été beaucoup moins observée : celle du Kosovo.
Les bombardements occidentaux ont été causés, selon l’histoire occidentale, par le refus de la Yougoslavie d’accepter les accords de Rambouillet. En fait ces accords contenaient des clauses secrètes prévoyant l’occupation militaire de toute la Yougoslavie, ce qui était inacceptables pour les autorités du pays. Le chapitre quatre de ces accords montrait de façon assez explicite les intérêts occidentaux dans cette affaire. Il était consacré à l’économie kosovare et appelait au développement d’une économie de marché et à la privatisation de toutes les entreprises publiques. À cette époque, il faut noter que la Yougoslavie était le dernier pays d’Europe à ne pas être colonisé par les capitaux étrangers. La Yougoslavie possédait des industries pétrolières, minières, automobiles et de tabac. 75 % d’entre elles étaient la propriété de l’État ou de ses employés en vertu d’une loi prévoyant qu’en cas de privatisation d’une entreprise, 60 % du capital devait appartenir aux salariés de l’entreprise. À Davos, en 1999, Tony Blair critiqua la Yougoslavie sur ce seul point, pas sur le Kosovo.
Durant la guerre, les attaques de la Coalition visèrent spécifiquement les industries publiques. Les frappes détruisirent 14 chars, mais touchèrent 372 entreprises, toutes publiques, aucune usine privée ne fut touchée. Après la chute de Milosevic, on abolit la loi de 1997 sur les privatisations et on autorisa les entreprises étrangères à posséder jusqu’à 70 % du capital des entreprises.
Le Kosovo possède la deuxième plus grande réserve de charbon d’Europe et de la lignite, du zinc, de l’or, de l’argent et du pétrole. Aujourd’hui, les autorités kosovares privatisent largement ces industries dans des conditions extrêmement avantageuses pour les investisseurs étrangèrs.

« Protéger la fierté américaine »
Auteur
Malcolm Wallop
Source
Washington Times (États-Unis)
Référence « Protect America’s pride », par Malcolm Wallop, Washington Times, 21 septembre 2004.
Résumé Vous n’êtes peut-être pas au courant, mais cette année, il y a deux campagnes présidentielles. La deuxième n’intéresse pas beaucoup les sondeurs bien qu’elle soit aussi pasionnante et riche en symbole que l’autre. Il s’agit du choix de l’entreprise qui fournira des hélicoptères Marine One au futur président. Pour la première fois, Marine One pourrait être construit par une firme étrangère, Agusta-Westland. Pourquoi le Pentagone se tourne-t-il vers l’étranger pour fournir un symbole de la fierté américaine ?
Il semble que cette idée soit venue de Tony Blair qui a demandé à George W. Bush de regarder avec attention l’offre de cette compagnie au moment de la guerre d’Irak. Il se serait agit d’une récompense aux Britanniques pour leur fidélité puisque l’entreprise était possédé par une firme britannique, GKN. Mais depuis, Agusta-Westland a été rachetée par Finmeccanica, une entreprise italienne et le soutien britannique ne doit donc plus rentrer en ligne de compte, surtout que l’Italie n’a pas toujours été un allié fiable par le passé.
Fournir ce contrat à un consortium européen est risqué pour trois raisons :
 Plus que 23 appareils, ce contrats implique des aides aux investissements en recherche et développement et un transfert technologique qui permettra aux Européens d’améliorer leurs produits et de dépasser l’industrie des hélicoptères états-unienne, la transformant en simple sous-traitant des Européens.
 D’un point de vue technique, les hélicoptères Sikorsky sont plus fiables.
 Les règles de sécurité strictes imposées aux pilotes (ils ne doivent même pas être mariés à une étrangère) ne doivent pas être rabaissées. Cela créerait un précédent.

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