Après le massacre de 14 Serbes à Gracko, Tony Blair a appelé les Albanais à pardonner à leurs ennemis et à construire un Kosovo nouveau au-delà des haines ethniques. Ce point de vue l’honore mais est totalement irréaliste. Les Alliés n’ont pas été capables d’imaginer la déportation planifiée des Albanais et ont été surpris devant le flux des réfugiés. De même, aujourd’hui, ils ne sont pas capables d’imaginer ce que vivent les Kosovars. En retournant au pays, ils n’ont trouvé que l’odeur des cadavres. Ceux qui n’avaient pu fuir ont été tués. Chaque corps que l’on retrouve, et à qui on offre une sépulture décente, accuse ceux qui ont eu la force de fuir d’avoir laissé les faibles sans défense. La vengeance étant inévitable, les Serbes s’en vont à leur tour, errants sans but, car Milosevic ne veut pas d’eux en Serbie, tant ils sont la preuve vivante de sa défaite.

Il n’y a plus de temps pour rêver. Que nous le voulions ou non, il ne reste plus qu’à construire un Kosovo libre, ethniquement Albanais.