L’Afghanistan a produit, l’année dernière, 3 600 tonnes d’opium, soit la plus grande quantité produite depuis 1999. Cette récolte représente plus des trois quarts de la production mondiale illicite d’opium.

Publiée aujourd’hui à Vienne, une étude de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime intitulée « Afghanistan Farmers’ Intention Survey 2003/2004 » a examiné les tendances de la culture pour l’année 2004, les motivations des cultivateurs et leur contexte socioculturel. L’étude a été lancée par l’Office des Nations Unies et le Directoire afghan contre les stupéfiants (CND), en octobre 2003, peu de temps après le début de la saison de l’opium. 

L’étude montrant que la culture du pavot pouvait prendre encore plus d’ampleur en 2004, le Directeur exécutif de l’Office des Nations Unies, Antonio Maria Costa, explique ces tendances par la pauvreté, le prix élevé de l’opium et les prêts accordés aux trafiquants. Il a d’ailleurs mis en lumière les résultats de l’étude lors de Conférence internationale sur la lutte contre les stupéfiants qui s’est tenue à Kaboul, les 8 et 9 février.

Personne n’ignore en Afghanistan l’interdiction qui frappe la production d’opium. Mais il semble que l’attrait des gains à court terme annihile la peur de tomber sous le coup de la loi. La plupart des cultivateurs sont propriétaires de leur terre et choisissent eux-mêmes le type de culture. En 2003, un quart des cultivateurs afghans avaient choisi l’opium dont les plantations couvrent 27% des terres qu’ils cultivent, mais génèrent plus de 60% de leurs revenus annuels. Qu’il s’agisse des récoltes précédentes ou du marché local, les graines de pavot sont très faciles à obtenir. 

La lutte contre la production d’opium et l’assistance économique n’ont eu qu’un impact limité sur l’intention des Afghans de cultiver de l’opium. Le volume, l’ampleur et les modalités de ces interventions doivent, en conséquence, être réévaluées. 

L’étude peut être consultée sur le site Web de l’Office de l’ONU http://www.unodc.org/afg/en/reports....

Source : ONU
Références : AFG/249, SOC/NAR/890