Ana Karim, une pasteure états-uno-cubaine s’est souvent rendue à Cuba durant la dernière décennie pour voir ses deux vieux oncles malades en utilisant une autorisation fournie aux citoyens états-uniens originaires de Cuba pour soigner les membres de leur famille. Mais les nouvelles sanctions adoptées par l’administration Bush l’empêchent désormais de s’y rendre. Elle se lamente du fait qu’elle ne rêvera peut-être jamais ses oncles en vie et qu’ils ne peuvent plus bénéficier du soutien médical qu’elle leur apportait et dont ils dépendent.
George W. Bush a adopté ces nouvelles restrictions de déplacement pour déstabiliser l’économie cubaine, mais cette stratégie n’affectera que la population et n’aura pas plus d’impact sur le pouvoir que les mesures adoptées par les États-Unis depuis 45 ans. Ce plan n’autorise plus qu’une visite tous les trois ans pour les États-uniens d’origine cubaine, redéfinis la famille pour en exclure les oncles et cousin et limite les dépenses que les voyageurs peuvent faire dans l’île, sans distinction sur les motifs du séjour.
Ce plan est une idée horrible pour plusieurs raisons :
 Il va développer la faim, causée par l’économie centralisée, mais aussi par l’embargo. Les familles cubaines ont besoin de l’aide de leur famille aux États-Unis pour survivre.
 Ce programme de sanction vise la mauvaise cible. Jamais un plan de sanction, même pendant la Guerre froide, n’a autant touché les familles vivant aux États-Unis.
 Ce plan viole les principes de la politique étrangère des États-Unis en utilisant la faim comme arme. En 2000, George W. Bush, alors candidat, s’était d’ailleurs engagé à ne pas y recourir.
 _ Il faut honorer des personnes comme Ana Karim et ouvrir les frontières.

Source
Christian Science Monitor (États-Unis)

« Bush aims weapons of malnutrition at Cuba », par Sarah Stephens, Christian Science Monitor, 6 juillet 2004.