« L’homme du KGB »

The KGB’s Man
Wall Street Journal (États-Unis)

[AUTEUR] Ancien général des services secrets roumains dans les années 70, Ion Mihai Pacepa est le plus haut responsable des services de renseignements à être passé à l’Ouest en provenance du bloc soviétique. Auteur de Red Horizons en 1987, il est en train de terminer un livre sur les racines de l’actuel « anti-américanisme ».

[RESUME] Le gouvernement israélien présente Yasser Arafat comme un « obstacle à la paix », mais il est plus que cela : c’est un terroriste de métier, entraîné et armé par l’URSS et ses satellites pendant des décennies.
Avant de quitter la Roumanie pour les États-Unis, je devais fournir 200 000 dollars par mois à Arafat et j’envoyait deux avions cargo de matériel à Beyrouth toutes les semaines. Les autres pays du bloc soviétique devait faire de même. C’est ce qui explique que, d’après le magazine Forbes, il dispose d’une fortune de 300 millions de dollar en Suisse.
C’est le KGB qui a inventé le détournement d’avion de passagers en 1960, mais c’est Arafat qui a innové en inventant les poseurs de bombes suicide, un concept qui a entraîné le 11 septembre. Arafat et ses réseaux terroristes étaient une priorité des services de renseignements du bloc soviétique. Le rôle de Bucarest était de le rendre présentable aux yeux de Washington. C’est pour cette raison que j’ai traité le dossier personnel d’Arafat. J’ai donc appris qu’il étais né au Caire dans un milieu bourgeois et non à Jérusalem comme des faux rédigés par le KGB le laissent croire. Ce sont également les services secrets soviétiques qui ont rédigé les publications du Fatah et qui ont défini son idéologie en y mêlant l’anti-impérialisme, l’antisémitisme et une adaptation moderne du « Protocole des Sages de Sion » sur le complot juif.
Si Arafat a été choisi, c’est en raison de sa capacité à la tromperie et parce qu’il savait faire croire qu’il était prêt à reconnaître Israël tout en organisant les groupes terroristes pour faire de plus en plus de morts chez les Israéliens.

« Proche-Orient : la paix est dans la rupture »

Proche-Orient : la paix est dans la rupture
Libération (France)

[AUTEURS] Yézékiel Ben-Ari est directeur de l’Institut de neurobiologie de la Méditerranée ; Edgar Morin est philosophe et écrivain ; Véronique Nahoum-Grappe, anthropologue, enseigne à l’École des hautes études en sciences sociales et François Tanguy est directeur du Théâtre du Radeau au Mans.

[RESUME] L’agonie de la « feuille de route » et des accords d’Oslo démontre que la seule solution viable au conflit entre Israéliens et Palestiniens est l’internationalisation du conflit et la séparation des deux parties.
Nous proposons un plan de paix fondé sur un retour aux frontières du 6 juin 1967, gardées par une force multinationales de l’ONU. Durant une période transitoire de deux ans, l’autorité dans les territoires palestiniens sera confiée à un gouverneur nommé par l’ONU qui commandera la force d’interposition et gèrera l’application d’un plan Marshall pour la Palestine. Ce plan sera piloté par le Quartet et surtout par l’Union européenne en raisons de ses liens équilibrés avec les deux parties et de l’échec de l’approche américaine. La démission de l’Autorité palestinienne est certes injuste, mais elle est nécessaire pour créer un État stable. Il faut, dans le même temps, organiser des sanctions économiques au cas où Israël poursuivrait son opposition à l’internationalisation du conflit.
Une résolution du Conseil de sécurité demandera donc que le gouverneur nommé dispose des pouvoirs étatiques, mais les maires élus resteront en poste. Une assemblée constituante sera nommée par le secrétaire général de l’ONU six mois après le début de l’application du plan. Douze mois plus tard, les organes de gouvernement seront élus afin qu’ils assument les fonctions régaliennes à la fin de la période transitoire. Les forces israéliennes et les colons devront quitter les territoires palestiniens et Israël n’aura aucune possibilité d’intervenir dans les territoires. Israël conservera la contrôle de Jérusalem pendant les deux ans, mais le secrétaire général fera des propositions pour le statut de la ville. Sans accord Israélien sur ce point, la ville sera divisée en deux. Une amnistie sera prononcée pour tous et un plan de démilitarisation sera prévu dans l’accord.
Sur le plan économique, la Palestine recevra une aide de dix milliards d’euros et les produits palestiniens exportés seront détaxés pendant dix ans. Les colons seront dédommagés en fonction de l’état de ce qu’ils ont laissé et leurs logements seront ré-attribués. Les Palestiniens expulsés seront en partie dédommagés et Israël devra contribuer à 10 % de la somme fixée par l’ONU.

« Faites un procès à Arafat ou laissez-le »

Put Arafat on Trial or Leave Him Be
Los Angeles Times (États-Unis)

[AUTEUR] Aryeh Neier est président de l’Open Society Institute et ancien directeur exécutif de Human Right Watch.

[RESUME] Israël souhaite que Yasser Arafat quitte les territoires palestiniens en le présentant comme un complice des terroristes. Toutefois, la décision israélienne d’expulser, ou peut-être de tuer Arafat, est une erreur. En effet, ce type d’action extrajudiciaire entraîne toujours un contrecoup. Si Israël a réellement des preuves de son implication dans des actes terroristes, il vaut mieux le juger et lui accorder la possibilité de se défendre. Si les seules accusations d’Israël sont qu’Arafat n’a pas utilisé son pouvoir, son prestige et son influence pour arrêter les actes terroristes, les Israéliens doivent bien réfléchir avant d’entreprendre une action. En effet, si le péché par omission est grave politiquement, il n’est pas un crime.
Expulser Arafat serait une triple erreur. D’abord politique, car il gagnerait en prestige et pourrait rallier tous les ennemis d’Israël. Ensuite, ce serait une erreur morale car cela priverait les Palestiniens du droit de choisir leur dirigeant. Enfin, ce serait une erreur juridique, car cela reviendrait à admettre qu’Israël n’a pas de preuve de l’implication d’Arafat et les Israéliens violeraient la quatrième Convention de Genève. De même, Israël doit cesser les assassinats ciblés contre les dirigeants du Hamas et du Jihad islamique pour les mêmes raisons.
Le but du terrorisme est de déstabiliser les États qu’il frappe et de les faire agir d’une façon qui les délégitime. C’est pour cette raison précisément qu’Israël doit apporter une réponse légale au terrorisme.

« Sharon abat un nouvel obstacle sur sa route »

Sharon flattens another bump in the road
The Jordan Times (Jordanie)

[AUTEUR] Ahmed Bouzid est président de Palestine Media Watch et l’auteur de Framing the Struggle.

[RESUME] La démission de Mahmoud Abbas et l’attaque contre le leader spirituel du Hamas, le Sheikh Yassin, sont des signaux clairs que nous sommes entrés dans une nouvelle phase de la guerre contre le peuple palestinien voulue de longue date par la machine de guerre d’Ariel Sharon. Le sommet d’Aqaba a été un léger contre temps pour lui, mais il a géré cet obstacle en rendant impossible toute négociation avec les Palestiniens tout en faisant des gestes symboliques que George W. Bush pouvait présenter comme des progrès à son opinion publique.
Cette attitude aurait pu durer jusqu’en 2004 et l’élections aux États-Unis, mais comme la position de George W. Bush est en train de s’affaiblir progressivement, Sharon a bien compris que le président états-unien ne pouvait plus l’empêcher de faire quoi que ce soit. Aujourd’hui, Israël peut donc affirmer que les États-Unis doivent le laisser résoudre ses problèmes de sécurité en éradiquant le Hamas et les autres groupes. Dans le même temps, la propagande, reprise par les médias états-uniens, insultera honteusement l’intelligence de la population états-unienne et cachera les refus de Sharon de voir se créer un État palestinien stable, sa brutalité, ses crimes de guerre et ses sabotages contre toute possibilité d’instaurer un dialogue politique. Les médias présenteront à nouveau ceux qui ont détruit la paix comme des victimes, tandis que les Palestiniens dépossédés et sans défense seront présentés à la vindicte populaire. Les seuls vainqueurs de cette situation sont ceux qui croient que les crimes peuvent être pardonnés tant que le criminel est victorieux.

« Patriotes et envahisseurs »

Patriots and invaders
The Guardian (Royaume-Uni)

[AUTEUR] Sami Ramadani a été un réfugié politique du régime de Saddam Hussein. Il est professeur de sociologie à la London Metropolitan University.

[RESUME] Après m’être rendu à Bagdad, avoir vu les réactions de la population irakienne face aux soldats étrangers et discuté avec la population, j’ai compris que la cité de mon enfance est désormais un territoire occupé dans lequel la population s’oppose aux forces militaires étrangères présentes. George W. Bush et Tony Blair n’ont pas compris que le régime brutal de Saddam, les nombreuses guerres et 13 ans de sanctions ont rendu la population indomptable. Ils ont préféré écouter l’écho de leurs propres discours répétés par les groupes d’oppositions irakiens financés et entraînés par le Pentagone et la CIA, aujourd’hui membres du conseil de gouvernement irakien.
Récemment, le Washington Post a repris les rumeurs que j’avais entendu à Bagdad selon lesquels les États-Unis recruteraient les officiers brutaux de Saddam pour combattre la résistance. Ainsi, au nom de la lutte contre le régime de Saddam, les États-Unis sont en train de reconstruire la structure d’un régime qu’ils avaient soutenu et équipé en armes de destruction massive. Les relations entre les États-Unis et Saddam sont résumées par ce proverbe à Bagdad : « le disciple s’en va, le maître arrive ».
Le conseil de gouvernement est haï et ridiculisé par la population et seuls les activistes des groupes dans lesquels ont été choisis ses membres le soutiennent Dans le même temps, le Conseil suprême de la révolution islamique en Irak, le parti Da’wa et le Parti communiste irakien ont de plus en plus de mal à convaincre leurs membres que la collaboration avec l’envahisseur est souhaitable pour instaurer l’indépendance et la démocratie.
Les États-Unis sont détestés dans le centre et le Sud du pays. Si au Kurdistan la population est reconnaissante à Washington de l’avoir protégé de Saddam et des Turcs, elle ne soutient pas les objectifs régionaux des États-Unis. Les Irakiens soutiennent majoritairement l’action des « patriotes », même s’ils jugent généralement l’action armée prématurée. La division de Washington entre un triangle sunnite hostile et un Sud accueillant est totalement artificielle.

« Les flics de Bagdad »

Baghdad City Cop
Wall Street Journal (États-Unis)

[AUTEUR] Bernard B. Kerik est ancien chef de la police de New York. Il revient d’une mission de quatre mois à Bagdad comme conseiller spécial pour la police de Paul Bremer.

[RESUME] Quand je suis arrivé dans l’Irak libéré, j’ai vu Bagdad, une cité ravagée par la guerre. Ce que j’ai appris plus tard, c’est que la plupart des dommages avaient surtout été causés par trois décennies de direction par un tyran. C’est à nous désormais de reconstruire ce pays.
Durant les quatre mois que j’ai passé avec la police irakienne, j’ai vu les atrocités commises par les fedayin de Saddam, qui entreprennent des attaques à la grenades contres des innocents, et une cassette montrant Saddam assistant à la mort d’un de ces généraux dévoré vivant par des dobermans. Aujourd’hui, cependant, l’Irak est un nouveau pays et ses rues sont pleines de vies. Pour cela, il faut de l’ordre et ma tâche a été de former la nouvelle police irakienne pour qu’elle restaure l’ordre et défende la loi tout en respectant les Droits de l’homme, un concept inconnu en Irak. Pour l’instant, nous avons formé 40 000 policiers, mais c’est encore insuffisant et il faudra du temps et de l’argent pour parvenir à un résultat.
Nous faisons aussi vite que possible. Les New-Yorkais doivent se souvenir qu’il fallu huit ans à Rudolph W. Giuliani pour faire de New York une ville sûre. On ne peut pas aller plus vite dans un pays de 24 millions d’habitants sans infrastructures. Pourtant, certains trouvent que nous sommes trop lents et exigent plus de troupes états-uniennes en Irak. Ce n’est pas la solution et il vaut mieux que ce soit la police irakienne qui combatte les ennemis de la liberté en Irak. Il faut donc également dans cette optique organiser les services de renseignements irakiens.

« Mentionner la guerre »

Do mention the war
The Guardian (Royaume-Uni)

[AUTEUR] Andrew Murray est président de la Stop the War Coalition qui a organisé la manifestation de Londres de samedi : « No more War, No more Lies ». Cette tribune a été publiée le jour de la manifestation.

[RESUME] Aujourd’hui, la voix de la majorité anti-guerre britannique se fera entendre une fois de plus à Londres alors que, dans le même temps, Tony Blair qui a perdu ses arguments pour sa guerre illégale et la confiance du pays, tente d’éviter le sujet.
La nouvelle stratégie « ne mentionnons pas le guerre » du Premier ministre ne parviendra pas à calmer le vaste mouvement d’opposition à cette guerre et aux mensonges qui l’ont provoqué. Il est vrai que, malgré une manifestation de deux millions de personnes en février à Londres, Blair a préféré poursuivre son alliance privée avec George W. Bush plutôt que d’écouter son peuple. Toutefois, à cause de nous, le gouvernement n’a pas pu minimiser les conséquences du conflit. Il lui est désormais impossible de s ’associer à une nouvelle guerre menée par les États-Unis. Aujourd’hui, Bush cherche le soutien de l’ONU à cause des pertes de soldats états-uniens. De son côté, les problèmes de Blair viennent du fait que les Britanniques savent qu’il a délibérément trompé le pays sur la question des armes de destruction massive comme l’a prouvé l’enquête de la commission Hutton.
Notre action empêchera peut-être à l’avenir tout Premier ministre de s’engager dans une guerre agressive et illégale par peur de perdre sa place.

« Tous dans le même navire »

Tous dans le même navire
Le Figaro (France)

[AUTEUR] Pierre Lellouche est député UMP de Paris, membre de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale et vice-président de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN.

[RESUME] Six mois après la fin « officielle » des opérations de guerre en Irak, il existe trois fractures nourrissant une situation périlleuse pour la communauté internationale :
- La première fracture est l’aggravation de la situation en Irak en raison de l’absence de planification de la reconstruction du pays par le Pentagone. L’administration Bush a eu raison d’en finir avec Saddam Hussein, mais elle avait sous-estimé la difficulté de l’exercice lié à la composition ethnique et religieuse particulière du pays et à trente ans de dictature criminelle. Les réseaux baasistes se sont alliés aux islamistes. Ils visent à saigner les forces d’occupation et à empêcher l’émergence de tout pouvoir politique organisé, y compris via l’ONU. Aujourd’hui, on estime qu’il faudra 500 000 soldats installés en Irak jusqu’en 2008 pour sécuriser le pays.
- La deuxième fracture est l’aggravation de la situation stratégique dans les pays alentour, la reconstitution d’Al Qaïda, la guerre quasi ouverte entre Israéliens et Palestinien, la crise nucléaire ouverte avec l’Iran.
- La troisième fracture est le désaccord entre les Occidentaux des deux côtés de l’Atlantique.
Pour sortir de cette situation, il faut que tous comprennent que c’est la sécurité du monde qui est en jeu dans ces trois fractures. Les Européens doivent comprendre qu’ils sont dans le même navire que les États-Unis et que si les Américains échouent, ce sera la fin des régimes modérés arabes et un signal dévastateur pour tous les « Ben Laden » du Proche-Orient, du Maghreb… ou d’Europe. Il faut œuvrer à la reconstruction de l’Irak. Une résolution de l’ONU pourrait ainsi confier à l’OTAN les missions militaires et les États-Unis et l’Union européenne s’occuperaient de la reconstruction économique sur un modèle proche de ce qui se passe en Afghanistan.

« Les risques de la guerre moderne »

The Risky Business of Modern War
Los Angeles Times (États-Unis)

[AUTEUR] William M. Arkin est analyste en questions militaires, rédacteur du site The U.S. Military Online. Il est chroniqueur du Los Angeles Times.

[RESUME] Malgré les déclarations triomphales de la Maison Blanche, les militaires sont loin d’avoir totalement vaincu leurs adversaires en Afghanistan et en Irak. Le général Victor E. « Gene » Renuart Jr. directeur des opérations du Central Command a pour sa part une vision plus objective des opérations conduites depuis le début de la guerre au terrorisme. Il reconnaît que des erreurs ont été commises, mais en discutant avec lui, on comprend ce que les militaires appellent un « échec ».
En effet, chaque choix militaire comprend un risque d’échec, mais cela ne veut pas dire qu’il ne faut rien tenter quand une occasion se présente. C’est ce qui s’est passé le 19 mars quand les États-Unis ont tenté de décapiter le régime irakien ou lorsqu’ils ont tenté d’éliminer Ben Laden à Tora Bora. Une des leçons de la guerre au terrorisme est que les États-Unis ne voient pas tout et que les militaires ne sont pas omnipotents. Depuis le 11 septembre, les États-Unis ont fait des efforts pour mieux regrouper les infos de sources différentes, mais les militaires manquent de personnes capables de collecter et d’analyser toutes les données. Cela signifie que les échecs et les succès partiels continueront, mais cela fait partie de toutes les guerres. Ainsi pour Renuart, la vraie victoire contre le terrorisme viendra de l’éducation et du développement économique dans les pays où le terrorisme prend racine.

« Les armes nucléaires mettent en danger l’avenir de l’Asie »

Nukes Endanger Asia’s Future
Los Angeles Times (États-Unis)

[AUTEURS] Joseph Cirincione est directeur du Non-Proliferation Project du Carnegie Endowment for International Peace. Il est membre du Council on Foreign Relations. Husain Haqqani est chercheur associé au Carnegie Endowment for International Peace. Il a été conseiller des Premiers ministres du Pakistan : Nawaz Sharif et Benazir Bhutto.

[RESUME] Une crise nucléaire est en train de se mettre en place dans la région la plus volatile du monde. L’International Atomic Energy Agency souhaite avoir accès à toutes les activités nucléaires iraniennes. Le Pakistan et l’Inde ont déjà testé leurs armes. La Chine est une puissance nucléaire reconnue. La Corée du Nord est en train d’assembler les différentes composantes de sa bombe. Pour la première fois, des puissances nucléaires sont mitoyennes et cette situation peut faire craindre le pire, à moins que l’Iran et la Corée du Nord ne soient stoppés et que l’Inde et le Pakistan ne négocient.
Le défi actuel, c’est l’Iran. En effet ce pays prétend que ses recherches nucléaires sont conduites à des fins pacifiques, mais vraisemblablement il s’agit d’un rééquilibrage vis-à-vis d’Israël, de l’Inde et du Pakistan. Il est exact que le matériel iranien peut aussi bien avoir une finalité civile que militaire. Téhéran a d’abord affirmé avoir construit lui-même ses centrifugeuses nucléaires, mais devant les preuves de son mensonge, il a reconnu les avoir achetées. Dès lors, certains ont affirmé que c’était le Pakistan qui avait vendu ce matériel, tout comme il avait aidé la Corée du Nord en échange d’un soutien de Pyongyang dans le domaine balistique. Le Pakistan a pu développer son armement nucléaire car il s’agissait d’un allié majeur des États-Unis dans les années 80 dans le cadre de la guerre en Afghanistan des Soviétiques.
On ne peut plus ignorer le danger que représente la possession des armes nucléaires par des pays instables. La détention de ces armes ne crée pas la stabilité, mais au contraire multiplie les conflits de basse intensité pouvant potentiellement dégénérer. Il faut que Washington pousse la communauté internationale à s’intéresser à cette question et entame un dialogue constructif avec l’Iran pour le convaincre de ne pas développer ses armes nucléaires. Les États-Unis doivent, enfin, ne plus seulement voir le Pakistan comme un allié dans la guerre au terrorisme, mais aussi comme un problème dans la lutte contre la prolifération. Il faut donc rassurer le Pakistan sur les questions de sécurité tout en poussant les militaires à favoriser la démocratie et à limiter leur arsenal nucléaire.