Une source proche du ministre des Affaires étrangères israélien, Silvan Shalom, a confié à Ha’aretz, jeudi 30 octobre 2003, que le ministre approuvait les déclarations du chef d’état-major israélien, Moshe Ya’alon, qui a fait part mercredi de la nécessité de lever de manière conséquente les restrictions qui pèsent sur la population palestinienne dans les territoires occupés.
La radio officielle de l’armée israélienne a également cité le ministre du Commerce et de l’Industrie, Ehud Olmert, qui a déclaré que la position de Ya’alon était légitime et qu’il devrait avoir le devoir d’exprimer son opinon d’une manière appropriée.
Les diplomates européens sont déstabilisés par ces déclarations du chef d’état-major israélien. Celui-ci se range habituellement, par ses prises de position, dans le camp des faucons. Cette fois, il se place dans une optique plus rationnelle, humaniste et moraliste que le gouvernement d’Ariel Sharon.
Le militaire israélien s’est ainsi vu sévèrement réprimander par le ministre de la Défense, Shaul Mofaz. Ariel Sharon avait auparavant appelé Mofaz pour lui faire part de sa colère concernant les propos de Moshe Ya’alon.
Ce dernier avait notamment déclaré que le gouvernement israélien n’avait pas traité convenablement l’ancien Premier ministre israélien, Mahmoud Abbas, ajoutant qu’Israël avait contribué à sa chute en n’effectuant pas assez de gestes de bonne volonté. Des propos qui ont déclenché la fureur du Cabinet du Premier ministre, qui a laissé fuiter l’information selon laquelle Ya’alon devait soit s’excuser, soit démissionner.
D’après Ha’aretz, ce nouvel épisode survient dans un contexte de tensions accrues entre le ministre de la Défense israélien et l’état-major de Tsahal, les déclarations de Ya’alon étant interprétées comme une attaque directe de l’armée à l’encontre de la politique gouvernementale.

Source
Ha&8217;aretz (Israel)
Quotidien de référence de la gauche intellectuelle israélienne. Propriété de la famille Schocken. Diffusé à 75 000 exemplaires.

« Shalom, Olmert back Ya’alon call to ease restrictions », par Aluf Benn, Amos Harel et Uzi Benziman, Ha’aretz, 31 octobre 2003.