Le ministre des Affaires étrangères iranien, Kamal Kharazzi, a déclaré, samedi 3 janvier 2004, à Damas, que l’aide humanitaire offerte par les États-Unis, après le dramatique tremblement de terre qui a fait 50 000 morts en Iran, n’avait rien à voir avec le renouvellement de liens diplomatiques. Selon lui, « les questions politiques doivent être examinées et résolues en tant que telles, et il existe des conditions ».
Les États-Unis, qui n’entretiennent plus de relations diplomatiques officielles avec Téhéran depuis 1980, ont en effet proposé, vendredi 2 janvier, d’envoyer une mission humanitaire emmenée par la Sénatrice Elizabeth Dole et comprenant un membre de la famille du président George W. Bush. Une équipe de 80 sauveteurs états-uniens est déjà sur le site de la catastrophe, avec l’accord des autorités iraniennes.
Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hamid-Reza Asefi a déclaré, vendredi 2, que « le fait d’offrir une aide aux survivants du tremblement de terre doit se poursuivre sans se transformer en une question politique, car il s’agit d’une question humanitaire ».
La proposition états-unienne a donc été rejetée, samedi, d’après des sources officielles iraniennes anonymes citées par l’AFP. Le ministre du Renseignement, Ali Yunessi, a déclaré pour sa part qu’« il ne peut y avoir en aucune manière une mission politique états-unienne en Iran ». Selon lui, une telle mission ne peut se rendre dans le pays que si Washington accepte de reconnaître le régime de Téhéran.
Les relations irano-états-uniennes semblent néanmoins s’orienter vers un réchauffement certain. Ainsi, Hamid-Reza Asefi a déclaré, dimanche 4 janvier, que l’inflexion de politique de Washington envers Téhéran pourrait permettre de briser la glace qui gèle les relations diplomatiques entre les deux pays. Le porte-parole iranien a indiqué que le rejet iranien concernant la venue d’une délégation états-unienne était liée au fait que la période n’était pas encore mûre pour une telle démarche. Selon lui, les États-Unis devraient auparavant « prendre des mesures concrètes pour marquer un changement tangible dans leur politique et créer une atmosphère différente ».
Des sources issues du milieu politique iranien, citées par l’IRNA, ont indiqué que l’une de ces mesures pourrait être la fin du gel de 12 milliards de dollars d’avoirs iraniens déposés dans des banques états-uniennes.

Source
IRNA (Iran)
L’IRNA est l’agence de presse officielle de la République islamique d’Iran. Elle publie, sous forme de dépêches, une fidèle retranscription des débats qui traversent le pouvoir national, ainsi qu’un compte rendu détaillé de son action diplomatique.

« Iran rejects `linking humanitarian aid to political ties` », IRNA, 3 janvier 2004. « Iran rejects US humanitarian mission », AFP, 4 janvier 2004. « Washington`s policy change towards Iran may lead to breaking ice », IRNA, 4 janvier 2004.