Abu Musab al-Zarqawi est présenté comme le nouveau ben Laden et il serait venu en Irak afin de mener les pires attaques terroristes pour le compte d’Al Qaïda. Le Pentagone vient de le rajouter à son jeu de cartes des méchants irakiens. La plupart d’entre nous n’en ont pas entendu parler avant le discours de Colin Powell au Conseil de sécurité pour justifier la Guerre d’Irak. A cette occasion, Powell avait montré des photos satellite d’un camp se trouvant au Nord-Est de l’Irak où, dit-il, les terroristes fabriquaient des bombes et de la ricine, un poison aux effets terrifiants. C’est peut-être ce caractère terrifiant qui a amené la plupart des observateurs à oublier que ce camp se situait dans la partie de l’Irak que ne contrôlait pas Saddam Hussein : le Kurdistan autonome couvert par l’aviation états-unienne. Si nous savions où il se trouvait, pourquoi ne pas avoir envoyé de missiles sur le camp comme nous le faisons si souvent ? Parce que cela aurait pu nuire au dossier en faveur de la Guerre d’Irak.
Nous avons laissé des terroristes bien connus tuer et tuer encore pour justifier l’invasion d’un pays riche en pétrole. Si Zarqawi est derrière toutes les attaques que les États-Unis lui attribuent, il est responsable de la mort de 700 personnes. C’est moins que le 11 septembre mais ce n’est qu’un début.

Source
Moscow Times (Fédération de Russie)

« U.S. Harbored Terrorists to Bolster Its Case », par Matt Bivens, Moscow Times, 15 mars 2004.