La souffrance humaine au Darfour dépasse l’entendement. On pouvait espérer qu’après deux millions de morts au Soudan dans la guerre civile entre le Nord et le Sud, on arriverait à la paix via des pourparlers. Mais il ne peux y avoir de paix sans une résolution du conflit entre Khartoum et les rebelles au Darfour.
La tragédie humanitaire dans cette région est la conséquence d’un échec politique. Elle ne pourra être résolue que par des moyens politiques, même si cela ne doit pas empêcher d’apporter une aide humanitaire et de mener un travail d’aide aux populations qui ne doit pas tenir compte de ce qui se passe sur le plan politique. Le travail humanitaire doit être mené sans tenir compte des ethnies, religions ou orientations politiques des victimes. Cette aide humanitaire doit s’accompagner d’une protection des populations. C’est pourquoi nous soutenons le déploiement des troupes de l’Union africaine. Nous demandons également au gouvernement du Soudan de protéger sa population.
L’ONU a demandé une aide financière de 535 millions de dollars pour fournir une aide humanitaire à la population. Les pays de la région y ont contribué, mais il faut faire plus et l’inaction tue. La contribution des pays musulmans peut faire la différence et il faut donner des fonds à l’ONU, seule organisation capable de mener des opérations humanitaires efficaces dans la région.

Source
Dar Al-Hayat (Royaume-Uni)
Dar al Hayatest un quotidien arabe de politique international, basé au Royaume-Uni. Tirant à 110 000 exemplaires, ce journal mêle des articles purement informatifs et un grand nombre d’analyses et d’éditoriaux écrits par des intellectuels du monde arabe. L’une des figures les plus éminentes de la rédaction est Jihad Al Khazen, figure détestée des éditorialistes néo-conservateurs états-uniens. Libanais à l’origine, il a été racheté en 1990 par le prince et maréchal saoudien Khaled ibn Sultan.

« Islamic States Can Play Key Humanitarian Role in Darfur », par Jan Egeland, Dar al Hayat, 17 octobre 2004.