Omar Ahmad du Council on American-Islamic Relations observe dans l’International Herald Tribune la montée du sentiment anti-musulman aux États-Unis, qu’il s’agisse de l’opinion publique, des comportements, ou des discours politiques et religieux. Les mosquées ont ouvert leurs portes pendant le Ramadan, mais cela ne suffit pas et l’incompréhension croît.

L’atlantiste libéral, Sylvain Charat, déplore dans le Jerusalem Post que la France, l’Allemagne et la Russie aient refusé d’annuler totalement la dette irakienne. En effet, une dette contractée par un dictateur au détriment de son peuple ne devrait pas être remboursable par ce dernier, une fois libéré. En outre, si les États renonçaient à ce type de dettes, ils cesseraient de financer des dictateurs.
Cependant, ce raisonnement juste trouve rapidement sa limite. Quelle instance, et à partir de quels critères, peut déterminer qu’un régime est une dictature ? Comment distinguer les dettes ayant profité aux populations de celles ayant profité aux dictateurs ? Il y a pourtant nécessité d’appliquer une telle règle, comme le firent par exemple les Révolutionnaires russes en 1917, en refusant d’honorer les dettes contractées par le régime tsariste, mais il ne s’agit probablement pas là d’un exemple qui sied à M. Charat. Il faudrait pousser plus loin encore le raisonnement et admettre, comme Damien Millet, qu’il s’applique à tous les régimes illégitimes : ce qui, dans le cas de l’Irak signifie aussi bien celui de Saddam Hussein, que ceux de Paul Bremer III et d’Iyad Allaoui (voir « La dette de l’Irak n’existe pas »).

L’ambassadeur John Holmes dresse dans Le Figaro un bilan satisfait du travail accompli par la Coalition en Irak : des élections démocratiques vont bientôt avoir lieu, des forces de sécurité sont en cours de formation, et des progrès ont été réalisés dans les secteurs hospitalier, éducatif et en matière de liberté de la presse. La communauté internationale devrait donc se joindre à cet effort méritoire lors de la conférence de Charm el-Cheikh. Un enthousiasme que l’on aimerait partager, mais qui semble déconnecté de la réalité : le pays est à feu et à sang, la Coalition vient de martyriser les villes de Samarra et de Falloudja, les hôpitaux ont été massivement détruits et personne n’a vu qu’ils aient été reconstruits, et le gouvernement provisoire vient de suspendre la liberté de la presse.

Le président de l’International Crisis Group (ICG), Gareth Evans, présente dans l’International Herald Tribune les recommandations de son association pour résoudre la crise nucléaire nord-coréenne. Ce document est un chef-d’œuvre de « communication » : il analyse la crise avec une remarquable précision, mais en l’extrayant de son contexte. Pas un mot sur la guerre de Corée, ses conséquences et ses séquelles ; pas un mot sur l’isolement du pays et la famine qui y sévit. Rappelons que l’ICG, qui rassemble la fine fleur des stratèges démocrates et de leurs alliés étrangers, ne comprend pas d’administrateur coréen.
S’exprimant juste avant dans le Washington Post que le résultat de l’élection présidentielle ukrainienne ne soit connu, le professeur Stephen Sestanovitch explique que le pays se divise entre deux cultures, un Ouest pro-occidental et un Est pro-russe, et non entre des conceptions politiques individuelles. Mais cet antagonisme est positif, assure-t-il, c’est lui qui a créé la démocratie ukrainienne. Un discours qui vise à justifier à l’avance une éventuelle « insurrection » pro-occidentale en cas de victoire du candidat pro-russe.

Enfin, Aryeh Neier, président de l’Open Society Institute de George Soros, regrette dans le Daily Star que l’administration Bush ne se rend pas compte du tort qu’elle cause aux Droits de l’homme. On touche là la limite des ONG de ce type : elles reprennent à leur compte la langue de bois du Parti démocrate et font donc semblant de croire à la bonne volonté de l’administration Bush en particulier et à la générosité des États-Unis en général.