Certains libéraux sont tentés de voter non sous prétexte que ce traité constitutionnel porterait en lui les germes d’un super Etat européen générateur d’une fiscalité et d’une réglementation supplémentaire, restreignant les libertés individuelles. Ces dérives nous paraissent tout à fait évitables et il nous semble approprié de ratifier ce Traité pour trois raisons principales. :
- Pour la première fois, un traité européen consacre le « droit de sécession », et pour les libéraux ce droit est fondamental.
- De même l’application du principe de subsidiarité est placée sous le contrôle des parlements nationaux et devrait donc empêcher tout empiétement de l’Union européenne hors de ses domaines de compétences
- Enfin, l’institution d’un droit de pétition permettra à un million de citoyens de demander des modifications à la loi européenne.
En outre, ce texte s’appuie sur l’acquis européen et réaffirme les libertés économiques comme vecteur de progrès social. En outre, l’Europe a un rôle puissant comme levier de réforme dans notre pays. Sans Europe, la France n’aurait pas mis en oeuvre une politique de la concurrence luttant contre les monopoles et les oligopoles. Sans Europe, la libéralisation des marchés réglementés qu’étaient ceux de l’énergie, de la distribution du courrier, de l’électricité ou du gaz n’aurait pas été engagée. Notre oui est un oui qui constate que l’Europe nous donne les outils des adaptations que trop souvent nous refusons de faire nous-mêmes.

Source
Le Figaro (France)
Diffusion 350 000 exemplaires. Propriété de la Socpresse (anciennement créée par Robert Hersant, aujourd’hui détenue par l’avionneur Serge Dassault). Le quotidien de référence de la droite française.

« Un oui porteur de réformes », par un collectif de députés libéraux français, Le Figaro, 20 mai 2005.