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La présente fait suite à la lettre de M. Ibrahim Al-Jaafari, Ministre des affaires étrangères de la République d’Iraq, en date du 14 octobre 2016 (S/2016/870).

Mon gouvernement conteste toutes les accusations proférées à l’encontre de la Turquie dans cette lettre, qui a malheureusement été distribuée le jour où une délégation de hauts responsables turcs était en visite à Bagdad, à l’invitation de M. Al-Jaafari, pour participer à la troisième série de consultations bilatérales organisées entre la Turquie et l’Iraq en vue de la conclusion d’un accord sur des questions intéressant les deux États.

La Turquie respecte la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Iraq et n’a eu de cesse d’en défendre le principe, tant sur le terrain que dans les instances internationales.

Depuis la terrible montée en puissance de Daech en Iraq, la Turquie continue d’apporter son soutien au peuple et au gouvernement iraquien et collabore avec la communauté internationale pour faire face à la menace.

En tant que membre principal de la Coalition, la Turquie est déterminée à intensifier son appui à la lutte contre Daech.

La menace que représente cette organisation est bien plus lourde pour la sécurité nationale de la Turquie que pour celle de la plupart des partenaires de la Coalition. En effet, notre pays partage une frontière de 1 295 kilomètres avec la Syrie et l’Iraq, États dans lesquels Daech contrôle toujours de vastes territoires et d’où il continue d’attaquer la Turquie et ses ressortissants.

Pour poursuivre sa lutte contre Daech, le Gouvernement iraquien a besoin de l’appui de la communauté internationale, au nom de laquelle il dit mener ce combat. Dès lors, il est dans l’intérêt de toutes les parties concernées que l’Iraq se ménage le plus grand soutien possible en faveur de cette action capitale.

Par ailleurs, le Parti des travailleurs du Kurdistan, organisation terroriste opérant en Syrie et en Iraq depuis des décennies sous différentes formes et différents sigles, représente une grave menace pour la sécurité nationale de la Turquie. Aucun des gouvernements iraquiens qui se sont succédé n’ayant eu la capacité ou la volonté de l’éliminer, cette menace qui, depuis leur territoire, pèse directement sur leur voisin, s’étend désormais aux provinces iraquiennes de Ninive et de Kirkouk.

La Turquie reste déterminée à résoudre tout désaccord la concernant par les voies bilatérales, mais elle est néanmoins en droit d’invoquer les principes et règles applicables du droit international pour prendre les mesures qu’elle juge nécessaires à la lumière des faits susmentionnés et dans le but légitime de défendre son territoire et ses ressortissants contre les menaces émanant du territoire iraquien.

Je vous serais reconnaissant de bien vouloir faire distribuer le texte de la présente lettre aux membres du Conseil de sécurité en tant que document du Conseil.

Source : S/2016/912